Renoncer au suicide.

William Shakespeare est baptisé le 26 avril 1564 à Stratford-upon-Avon et mort le 23 avril 1616 dans la même ville. Les génies sont intemporels.

Une traduction à la mode d'aujourd'hui (par Pascal Collin):

"Fatiguée de ce monde je demande à mourir,

lassée de voir qu’un homme intègre doit mendier

quand à côté de lui des nullités notoires

se vautrent dans le luxe et l’amour du public,

qu’on s’amuse à cracher sur la sincérité,

que les places d’honneur sont pour les plus indignes,

qu’on offre des corps vierges à des désirs brutaux,

qu’on couvre d’infamies le juste diffamé,

qu’un fort devienne infirme au pouvoir du difforme,

que l’art est bâillonné sous un règne arbitraire,

que des singes en docteurs décident du génie,

qu’un être simple et vrai est traité de stupide,

que le bien asservi est esclave du mal...

Fatiguée de tout ça, je veux quitter ce monde

sauf que si je me tue, mon amour sera seul."

Ce même sonnet tel qu'écrit par William William Shakespeare:

"Tired with all these for restful death I cry:

As to behold desert a beggar born,

And needy nothing trimmed in jollity,

And purest faith unhappily forsworn,

And gilded honour shamefully misplaced,

And maiden virtue rudely strumpeted,

And right perfection wrongfully disgraced,

And strength by limping sway disabled,

And art made tongue-tied by authority,

And folly, doctor-like, controlling skill,

And simple truth miscalled simplicity,

And captive good attending captain ill:

Tired with all these, from these would I be gone,

Save that to die I leave my love alone."

Une traduction plus proche de l'original que celle de Pascal Collin (qui est néanmoins excellente):

"Las de tout j’aspire au repos de la mort :

De voir le mérite à l’aumône promis,

Et la vacuité en costume éclatant,

Et la plus pure foi, hélas, répudiée,

Et les honneurs honteusement accordés,

Et la vierge pure vilement prostituée,

Et la perfection à tort vilipendée,

Et la vigueur niée par un pouvoir boiteux,

Et l’art par l’autorité bien muselé,

Et la docte bêtise guidant le talent,

Et la vérité calomniée en sottise,

Et le bien captif du mal qui fait la loi:

Las de tout cela, je voudrais m’en aller,

Sauf qu’à mourir je laisse mon amour seul."

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Quelques autres pensées de Shakespeare sur l'amour se trouvent ici: https://blogs.mediapart.fr/wawa/blog/190621/lamour-selon-shakespeare

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