Oui je travaille dans le web, et non je ne sais pas réparer pas ton ordi!

Je travaille dans le digital, mais non maman je ne travaille ni chez Google ni chez Facebook Tu travailles dans le digital et tu sais pas réparer des ordis ? non mais allo quoi ??

D’abord, sais-tu ce qu’est un site internet? Eh bien, un site internet, c’est un support de communication digitale. Cela peut être la présentation d’une organisation, d’une activité. cela peut être une encyclopédie ou un site dans lequel on peut directement acheter des produits ou des services (on appelle ça le e-commerce).

Un site e-commerce (maintenant tu sais ce que c’est !), c’est comme une boutique mais une boutique ouverte 24H/24 et accessible aux acheteurs du monde entier !

Envie d’acheter une paire de basket à 3 h du mat’? Tu n’es plus limité à des heures d’ouverture et fermeture pour faire tes courses... Tu compares les produits, tu regardes des vidéos de démonstration, tu lis les avis clients, tu compares les prix de vente des paires qui te plaisent… et tout ça, sans bouger de ton canapé ! Ça y est tu t’es décidé, tu cliques, ton produit bascule alors dans ton “panier” (il est virtuel!), tu sors ta CB et le produit te sera livré directement chez toi ou à un point de livraison que tu choisis (on appelle cela un point de Click & Collect).

Envie d’un modèle de surf qui n’existe qu’en Australie. Inutile de traverser le continent, tu cliques ! Tu dois changer un joint de tuyauterie en pâte de 2 cm de diamètre ? Plus besoin de passer des heures dans les magasins de bricolage à chercher la bonne référence (qui sera cachée dans le bac 500 du rayon Z)... Tu cliques !

Avoue que c’est top! Le e-commerce plaît tellement aujourd’hui que les ventes en ligne sont en plein boom; Le CA a progressé de 57% entre 2014 et 2018.* Il représente aujourd’hui 2 304 milliards de $, soit 10 % du commerce mondial en BtoC. Dingue!
Un révolution est en marche, elle transforme notre façon de vendre, nos habitudes d’achat et elle va bouleverser notre paysage économique: de nouveaux métiers vont apparaître, des pans entiers de notre activité vont être réalisés via le web. Est-ce la fin programmée des magasins “physiques”, dans lesquels les produits sont exposés et on trouve des conseillers de vente et des caissières, en chair et en os ?

Pour que cette révolution se fasse, il faut que l’internaute soit satisfait de sa navigation sur le web. Si tu mets plus de temps sur internet à trouver le prix de votre paire de chaussures qu’à te rendre dans le magasin, ton choix sera vite fait.

Pas facile pourtant de se retrouver sur le web. C’est comme une énorme galaxie dans laquelle se baladent des millions de sites internet avec des milliards d’informations sur tous les sujets possibles.

Pourtant, toi et moi, nous aimons tous trouver rapidement ce que l’on cherche.

C’est le job des moteurs de recherche de te faciliter la vie sur le web. Tu en connais forcément un, Google, qui est devenu l’archi leader mondial, avec plus de 90% de part de marché, très loin devant Yandex (le russe, avec 7% de Pdm) et Yahoo! (0,8%).
Dans ta barre de recherche Google, on ne citera que lui pour faire simple, tu précises ton besoin, ce que tu cherches. C’est ce qu’on appelle des mots clés.
Google se charge ensuite de te proposer des résultats, classés par ordre de pertinence et selon des critères propres à Google. (C’est ce qu’on appelle le référencement)

L’ordre d’apparition des résultats sur Google est crucial.

Imagine que tu aies décidé d’élever des chèvres dans le Larzac et de produire des fromages. Ta boutique (ou ton stand au marché) au lieu d’être dans la rue, elle est sur Google. Et comme dans la rue, sur Google, ta boutique doit être bien placée pour qu’il y ait des gens qui passent devant.

Si, quand un internaute tape “fromage de chèvre artisanal du larzac”, ta boutique apparaît sur la 51ème page, tu n’as quasiment aucune chance que l’internaute vienne consulter ta page. En revanche, si ta boutique apparaît en 1ère page (le Top absolu étant la 1ère position… c’est un peu comme être l’Arc de triomphe sur les Champs Elysées), tu as de grandes chances que l’internaute consulte ton site, découvre tes produits et les achète.

Mais comment faire en sorte que Google propose ton site en 1ère page ?

Ben en fait, c’est comme ça que je gagne ma vie ! Je suis spécialiste du “SEO”, (Définition: Search Engine Optimization) c’est-à-dire que mon rôle est de faire en sorte que ton magasin soit super bien placé sur Google, pour que les gens le voient et y rentrent. Et donc que tu vendes + !

Mais mon job ne s’arrête pas là… What ? Ben oui, il faut aussi que les gens qui passent devant ta boutique aient besoin/envie de ce que tu proposes !

Imagines que tu sois un restau Thaï et que les gens qui passent devant ton resto n’aiment pas le Thaï, ou qu’ils n’aient tout simplement pas faim... Imagine que tu sois un barbier et que la moitié des personnes qui passent devant soient des femmes....

En fait, ta boutique a beau être bien placée, il n’y a qu’une personne sur mille qui y entrera. Les autres passeront devant sans s’arrêter. Too bad !

Et c’est là que nous les “consultants SEO” (c’est le nom de mon job), on change la donne : on utilise même des domaines expirés, une technique de filous.

Sur Google, nous, on va faire en sorte que ne passent devant ton restaurant Thaï, que des personnes qui aiment le Thaï et qui aient faim, le top!

Devant ton barber shop, ne passeront que des hommes qui veulent se faire tailler la barbe. Si tu vends des vis à bois de 5 cm, ne passerons que des personnes qui cherche justement des vis à bois de 5 cm . Tu es spécialiste de la dératisation dans les hôtels en Papouasie-Nouvelle-Guinée ? Pas de problème, on a des clients pour toi !

Tu l’auras compris, grâce à Google et au SEO, on va pouvoir cibler le bon client, au bon moment, au bon endroit.

Pour expliquer le SEO, on pourrait citer l’histoire de David contre Goliath. Il y a des sites très forts, renommés avec d’énormes moyens, qui paraissent invincibles, tels Goliath.

Et puis, à côté, il y a des petits sites sans prétention qui paraissent frêle comme David. Au début de la bataille, le site fort et puissant nargue le petit site. Il est sûr de gagner puisqu’il est plus grand, plus populaire. Tout le monde le connaît de toutes façons. Il n’a pas d’effort à faire. Il ne se méfie pas et décide de se passer de SEO. Il n’a pas besoin de cibler les personnes, ni les besoins, ni le lieu puisque de toutes façons, tout le monde s’intéresse à lui, a besoin de lui, partout... Le petit site, lui, décide de faire du SEO. Il choisit minutieusement les personnes qu’il peut intéresser. Malin, il décide de s’intéresser à une clientèle moins large mais plus ciblée, pour ne pas être en concurrence frontale avec Goliath. Notre David cherche à connaître précisément les besoins de ses prospects, où les trouver et quels mots clés ils utilisent. Il les séduit, répond à leurs besoins. Les premiers mois, le gros site est toujours plus fort et le petit site, toujours plus faible mais plus les mois passent, plus le petit site remonte dans les résultats Google, en particulier sur des recherches plus ciblées. Après de longs mois, David réussit à rejoindre Goliath sur la 1ère page de Google sur des critères de recherche bien précis et le nombre de visiteurs augmente fortement. Goliath s’en aperçoit alors et mettra des mois à corriger le tir, s’il n’est pas déjà trop tard.

Voilà ma chère grand mère adorée, ce qu’est mon métier, et voilà pourquoi je suis totalement incapable de réparer ton ordinateur malgré mon travail dans le digital ;)

*Chiffres JDN

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