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Billet de blog 12 sept. 2022

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Sandrine Rousseau et le bullshitocène

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Un jour, j’ai fait un exposé sur un livre que j’avais pas lu.

C’était en 1997 ou 1998, à la sortie du Livre Noir du Communisme, et dans la section rennaise de la LCR où je militais alors, on a fait une séance là-dessus et c’est moi qui ai fait le topo d’introduction. Je suppose que c’est parce que j’étais le plus historien de la bande, et le plus au fait des tenants et des aboutissants de tout ça. Mais justement : j’étais venu à Rennes pour préparer l’agrégation d’histoire, et déjà que militer n’était en soi pas une très bonne idée pour maximiser les chances de réussite, alors se taper la lecture d’un volume de 846 pages complètement hors-sujet par rapport aux programmes d’agreg…Bref, j’avais lu quelques articles et brochures sur le sujet (dont un bon papier de Gilles Perrault dans le Diplo, je crois, et une brochure faite par le regretté Daniel Bensaïd), mais pas le bouquin lui-même…

Depuis, je traîne ça comme un boulet, et je me fais vanner à juste titre par ceux qui savent (c’est-à-dire désormais tous les lecteurs de ce billet). Je précise que je n’ai toujours pas lu ce livre depuis. Je peux lire des trucs très anticommunistes, c’est pas la question. - je me suis tapé le Passé d’une illusion de Furet, par exemple, et j’en garde le souvenir de quelque chose de vraiment très mauvais. Mais si je veux lire de l’histoire rédigée avec un point de vue qui n’est pas le mien – un exercice intellectuel qu’il faut pratiquer pour ne pas devenir hermétique à toute contre-argumentation et s’enfermer dans ses croyances – je préfère lire directement les travaux sérieux de Nicolas Werth plutôt que l’opération de propagande de Stéphane Courtois et sa compilation morbide et manipulatrice.

 Mais bref, je m’étais dit : « once in a lifetime », je le referai plus.

Et aussi, je m’étais promis de ne plus écrire de billets de blog jusqu’à ce que j’ai fini de rédiger le livre plus sérieux sur lequel je travaille en ce moment, et qui prend l’essentiel de mon temps libre.

 Et voilà que sort Par-delà l’Androcène, écrit par Sandrine Rousseau, Sandrine Roudaut et Adelaïde Bon.

Et que j’avais déjà des trucs à dire par ailleurs sur Sandrine Rousseau  - qui n’a pas des trucs à dire sur Sandrine Rousseau, en fait ? Y a une chronique rigolote de Guillaume Meurice sur le sujet.

Mais j’étais pas trop motivé par la lecture du livre, et encore moins par son achat (car « je suis contre la surconsommation de produits inutiles et jetables », vannerais-je si j’étais méchant, ce que fort heureusement je ne suis pas)

Sauf que mon collègue Valentin, qu’il en soit ici à la fois remercié et maudit, a entrepris, comme pour me piéger encore un peu plus, de recopier sur sa page Facebook une sorte de worst-off des pires passages du livre. Et du coup, la compilation de tout ça est un pdf de 20 pages, ce qui veut dire que j’ai de fait lu la moitié du tout petit livre de 72 pages en format mini, sans même m’en rendre compte. Bien plus que je n’en lirai jamais du Livre Noir du Communisme, donc… …. Et en vrai, je suis allé en librairie feuilleter le livre et vérifier un ou deux trucs sur lesquels j’avais un doute (du coup en rétribution du service, j’ai acheté au libraire un autre bouquin).

 Avant d’en venir au fond du bouquin commençons par une mise en perspective, avec cette perle dont le culot le dispute à la suffisance :

 « Tandis que l'Androcène humanise les robots, il robotise les humain-e-s. Les réseaux sociaux standardisent les interactions et exacerbent les avis, j'adore/je déteste, plus de place pour le sensible. Deux cent quatre-vingts signes pour développer une pensée ne laissent pas beaucoup de place, non plus, à la nuance. Bientôt l'intelligence artificielle sera davantage capable d'un raisonnement qu'un abonné Twitter. » (p. 28)

 Quelle tartufferie !  Si l’on parle autant de ce livre, c’est parce qu’il est coécrit par Sandrine Rousseau, la plus célèbre des trois auteures. Or, qu’est ce qui a fait la célébrité et la réputation de Sandrine Rousseau ? Précisément  ses tweets frénétiques et tout en nuances...

Ça me fait penser à tous ces autres tartuffes qui sur Facebook font l’éloge du mode de vie simple dans la forêt et pestent contre - au choix - l’omniprésence des écrans, la civilisation industrielle ou la « surconsommation » d’énergie. Le journal Reporterre est le grand spécialiste de cet exercice, que je perçois à travers les pubs pour ses articles où l’on nous explique tranquillement (sur Facebook) qu’il faut retourner à la nature….

 Je n’ai pas suivi en détails la longue carrière de Sandrine Rousseau – je ne suis pas sur Twitter, un peu pour les raisons dites dans l’extrait, d’ailleurs ;  mais la différence est que je ne donne pas de grandes leçons prétentieuses tout en faisant le contraire de ce que je dis.

Mais  j’ ai quand même  vu passer un certain nombre de ses tweets :

 Dans 200 ans, Sandrine Rousseau tweetera : "Lire Pierre Rabhi et découvrir qu'il est un peu homophobe. Et me demander comment cela a pu passer inaperçu". 

Absolument TOUT LE MONDE qui s'intéresse au sujet sait que Proudhon était un vieux con réac et misogyne (et un peu antisémite aussi). Ça n’est juste jamais passé inaperçu.

J’aime bien aussi celui-là, au moment de la nomination de Valérie Pécresse comme candidate LR à la dernière présidentielle. Le concept de « sororité » en action :

Dans le même registre sorore, elle a récidivé il y a peu avec ça :

 On note donc que Rousseau, malgré le terrible épisode du barbecue, s’est réconciliée sur le cercueil  d’Elizabeth  avec Fabien Roussel, qui y est lui aussi allé de son hommage dégoûtant à la tête couronnée décédée.

Oui, Elizabeth II fut incontestablement une « figure féminine », une « femme », quoi, il faudrait être fanatiquement queer et non binaire pour le contester.

On commence à percevoir via ce copinage avec Pécresse et Elizabeth une des dimensions du féminisme de Sandrine Rousseau, qui explique le titre monomaniaque de son livre. Et l’on attend désormais son tweet consoeurternel à l’égard de Liz Truss. Parce que c’est vraiment chouette qu’une femme soit Première Ministre au Royaume-Uni. On avait déjà vu et bien compris avec Margaret Thatcher que toutes les horreurs dénoncées dans Par delà l'Androcène, c’est pas avec une femme au pouvoir que ça arriverait, hein.

Sur la forme littéraire du livre, je voudrais faire deux remarques :

Tout d’abord, c’est écrit dans un style ampoulé post-situationniste qui n’est pas sans rappeler, en plus niais et fleur bleue, la prose prétentieuse d’un Julien Coupat et de sa bande. Entre ça et la publication du Manifeste Conspirationniste, on commence à sentir une vraie ligne éditoriale du côté du Seuil.

Ensuite, on remarque un tic d'écriture typique d'une forme de nullité propre aux mauvaises sciences sociales : tous les trois mots, au lieu de placer une démonstration factuelle, il y a une mention d'un auteur, dont l'autorité (auprès de ceux qui reconnaissent son autorité) vaut semble-t-il démonstration. C'est une sorte d'effet "blouse blanche" très à la mode dans les sciences sociales gaucho-mondaines. 

Pour aborder le fond de ce qui est dit, revenons à la citation précédente. Saurez-vous y retrouver la contradiction fondamentale qui y apparaît en seulement 4 lignes ?

 « Tandis que l'Androcène humanise les robots, il robotise les humain-e-s. Les réseaux sociaux standardisent les interactions et exacerbent les avis, j'adore/je déteste, plus de place pour le sensible. Deux cent quatre-vingts signes pour développer une pensée ne laissent pas beaucoup de place, non plus, à la nuance. Bientôt l'intelligence artificielle sera davantage capable d'un raisonnement qu'un abonné Twitter. » (p. 28)

 Ici, les trois auteures vantent donc le « sensible » et en même temps reprochent (aux autres) de manquer de raisonnement…. Cette tension entre d’une part ce qui est de l’ordre du sensible / de l’instinct / du naturel et de l’autre du côté de la rationalité / de la culture / de la science est me semble-t-il le fil directeur de leur propos tout au long des 72 pages, dans la droite ligne du courant politique dans lequel il s’inscrit, celui de l’écoféminisme. Et,  comme je l’ai déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog – par exemple ici ou ici -  l’écoféminisme, entre le sensible et la rationnel, a clairement choisi son camp :  il est fondamentalement  et profondément anti-science. Voyez ce passage p. 17-18, qui se situe clairement dans la lignée des Carolyn Merchant, Starhawk et autre Silvia Federici :

 " Ce grand mouvement de hiérarchisation du monde n'épargne ni les animaux ni les végétaux. Longtemps jugés incapables de culture, dépourvus d'esprit, ils sont disséqués, hachés, classés, théorisés. Linné, Buffon, Lamarck ou Darwin ont théorisé et rangé la nature dans des cases. Ces recherches ont contribué à ne plus la voir comme un tout, cohérent, interdépendant et équilibré, mais comme une somme, un assemblement de parties. En classifiant, nous avons perdu de vue l'essentiel : les liens, les interactions, les équilibres. Chaque morceau pouvait bien être supprimé ou devenir marchandise, il restait tant d'autres morceaux épars que la nature ne nous en tiendrait pas rigueur. Elle est donc devenue marchandise. Quasi-marchandise au sens de Polanyi. Ainsi a débuté le grand casse de l'Androcène. "

J'insiste sur le "fondamentalement antiscience" : ce que ce passage exprime, c'est le rejet même de toute forme de démarche scientifique en biologie, qui passe forcément par un moment réductionniste et par une ambition taxinomique.

Elles ne détestent pas seulement les applications de la science, et c'est pas juste que comme Sandrine Rousseau elles n'ont pas envie de s'emmerder avec des térawattheures quand elles parlent de l'énergie.

Non, ce qui compte, c'est qu'elles détestent la démarche scientifique elle-même, le matérialisme, la pensée analytique et tout ce qui va avec. 

Sandrine Rousseau semble d’ailleurs avoir un problème tout personnel avec Charles Darwin en particulier.

En mars dernier, elle a donné une conférence à l’Université Catholique de Louvain qui fait beaucoup parler d’elle à retardement ces derniers jours. On a surtout entendu parler du passage où elle évoque, en bonne écoféministe, le sujet de la chasse aux sorcières. Elle y récite les mensonges, trucages et fautes de raisonnement de Silvia Federici, que nous avions analysés avec Christophe Darmangeat ici (pour le fact-checking) et ici (pour la discussion de la grille de lecture). Dans ce passage de son discours, Sandrine Rousseau ânnone son Federici, mais en y ajoutant une petite touche personnelle – c’est le principe de la circulation du bullshit dans ces milieux –, puisqu'elle décrit le phénomène des sorcières comme un « mouvement des sorcières », c’est à dire une sorte de quasi parti politique féministe et probablement lesbien, avec tout un tas d’Alice Coffin du XVIe siècle qui seraient entrées en résistance et anticiperaient nos glorieuses écoféministes actuelles. Cette manière de tripatouiller le passé pour servir ses besoins dans le présent a été décortiquée dans ce thread rédigé par deux historiens médiévistes. Et l’on aurait grand tort de minimiser l'importance de ce genre de choses. Dans le trip "les faits c'est secondaire, à chacun sa vérité", il y a un continuum qui va des fans de Silvia Federici à ceux de Didier Raoult.

 Mais, en fait, ce passage du discours de Louvain n’est pas le pire de sa conférence, et Sandrine Rousseau peut invoquer ici la – mauvaise – excuse du fait qu’elle est sortie de son domaine de compétences. Or, à un autre moment de sa démonstration, elle aborde l’histoire de la pensée économique, un terrain a priori plus solide pour une universitaire qui enseigne l’économie. Et le choc n’en est donc que plus grand. Dans ce passage, Rousseau lie l’histoire de la pensée économique à celle du darwinisme, et commence par poser les choses en évoquant "une science qui aux XVIIIe et XIXe était très inspirée par Darwin".

Et là, on se dit que ce Darwin était vraiment très très fort, parce que, bien que né en 1809, il a réussi à inspirer la science du siècle qui le précède !!! Et même pour le XIXe, d'ailleurs, tout ça est tiré par les cheveux, parce que L’Origine des espèces  date de 1859, et que sa réception n'a pas non plus été immédiate – même si Engels a kiffé tout de suite et bien vu l’importance de la chose. Toute personne qui a lu ne serait-ce que quelques pages sur Darwin sait qu'il a puisé chez Malthus pour concevoir sa théorie de la sélection naturelle. ET NON L'INVERSE !!!

Mais chez Rousseau, qui fait son prêchi prêcha dans une université, c'est Darwin qui influence Malthus, et même Smith et Ricardo. Tous les trois étaient pourtant morts et enterrés depuis des décennies quand paraît le bouquin de Darwin qui a fait connaître sa théorie de l’évolution des espèces.

Bref, Rousseau se crée et veut même diffuser auprès d’étudiants un univers mental alternatif où la chronologie est purement et simplement niée, en jonglant avec les anachronismes pour construire son récit fantasmagorique. Récit qu'elle a préparé à l'avance : on n'est pas face à un propos volé après qu'elle ait trop bu un soir de barbecue chez Fabien Roussel. 

Franchement, pour une universitaire, ça dépasse l’entendement.

 Donc, Sandrine Rousseau et ses co-autrices n’aiment pas la science, et lui préfèrent le « sensible ». Elles préfèrent la nature à la culture, l’instinct à la raison, le corps au cerveau.

Extraits :

 « Individualisme, rationalisme et matérialisme jusqu'à l'absurde, en lieu et place de collectif, de sensibilité et de sens. L'origine du saccage porte un nom : Androcène » (p. 47)

 «'Androcène a érigé le calcul, l'organisation et la rationalité en seules valeurs nobles de ce monde. »  (p. 24)

 « Et si notre sensibilité était aujourd'hui indispensable pour nous permettre de prendre les bonnes décisions ? À l'heure de la sixième extinction, l'écoanxiété, la solastalgie, ces désespoirs pour cause d'état du monde, emplissent les cabinets des psychologues, et ils touchent plus d'un jeune sur deux. Et, au fond, c'est là une preuve de leur lucidité, voire de leur sagesse. Le corps est le creuset de notre intuition. Il nous parle à travers nos boules dans la gorge, nos suées de peur, nos élans de joie. Il nous alerte à travers nos maladies, nos burn out et nos douleurs. Lui ne transige pas avec la vérité. En lui s'inscrivent nos émotions et nos valeurs comme nos rapports sociaux. Contrairement aux idées reçues de l'Androcène, l'émotion n'occulte pas la raison, elle la contextualise. En serions-nous à la 26° COP à faire du surplace si nous avions écouté notre instinct de survie ? » (p. 26-27)

 Face aux dangers liés au réchauffement climatique, oubliez le GIEC et tous ses travaux superflus, avec tous ses calculs et ses courbes qui ne servent à rien, et faites plutôt confiance au sensible et à votre instinct de survie, vous allez voir, ça va passer.

Je l’ai déjà évoqué dans mes billets précédents sur Federici et Vandana Shiva, c’est une constante de de l’écoféminisme que de s’en prendre à la science et la rationalité comme étant une démarche historiquement masculine (cf la première citation ci-dessus), afin de construite des phrases du genre : « Les hommes veulent contrôler la Nature comme ils veulent contrôler le corps des femmes ». On ne dira jamais assez que ce faisant, les écoféministes ne font que répéter et même ressusciter des clichés sexistes parmi les plus éculés, qui font des femmes des êtres de nature et d’instincts là où les hommes sont plutôt du côté de la culture et de la rationalité. A part elles et deux ou trois zombies masculinistes paniqués, qui ose encore raconter des conneries de ce genre ?

 Cette approche natureliste est source de nombreux passages remplis d’une anthropomorphie mièvre, comme celui-là, avec ses équilibres gentils et ses prédateurs pas cupides aux accents vaguement… rousseauistes !  

 « Prenons le temps de dénouer de vieux systèmes de pensée, inspirons-nous des nouveaux. Nous qui sommes nature avant d'être culture. Arrêtons-nous un instant, le temps d'attacher nos lacets, de respirer l'odeur du thym et des genêts. En y prêtant attention, nous entendrons la trame du vivant, ce tissu minutieux des signatures acoustiques propres à chaque espèce. Chacune a sa place, dans l'interstice des autres, nouées, liées, tissées. La nature est une question d'équilibres plus que de dominations. Levons le nez et laissons-nous emporter par la timidité des cimes, la délicatesse des arbres. Les prédateurs naturels ne le sont pas par cupidité. D'une distinction nature-culture, artificielle et dangereuse, passons à celle qui nous permet de distinguer l'essentiel de l'accumulation inutile. Elle nous aidera bien davantage. » (p. 22-23)

Plutôt que de discuter tout ce qui ne va pas dans le livre – et il y aurait matière - , je voudrais souligner trois conséquences particulières de cette démarche de leur part.

La première est d’ordre « épistémologique » ou « philosophique », et leur fait glorifier en permanence les trucs mystiques plutôt que la démarche scientifique. C’est un trait majeur de l’identification aux sorcières qui a tant la cote, notamment depuis le best-seller  de Mona Chollet -  c’est encore Blanche Gardin qui en parle le mieux. Sandrine Rousseau l’a dit clairement : elle préfère les femmes qui jettent des sorts aux hommes qui construisent des centrales nucléaires. Il est donc logique de voir ce genre de pensée mystique affleurer dans le livre, comme dans ce passage délicieux à propos de la précognition animale :

 « Alors qu'une vague gigantesque s'apprêtait à ravager les côtes de l'océan Indien, en 2004, on n'entendait plus un cri d'oiseau, on ne voyait plus un poisson, plus un éléphant. Tous avaient déserté les plages. Tous sauf les humains... Si les pertes humaines furent innombrables, on ne trouva que relativement peu de dépouilles animales. Nous n'avons pas senti l'arrivée du raz-de-marée. Les animaux sont attentifs aux changements de leur milieu, et leur réaction, mêlant l'instinct à l'expérience, est finalement bien plus adaptée aux situations inattendues de la vie que celles induites par la réflexion humaine. » (p. 24)

Osons pourtant une hypothèse : si, au moment du tsunami en Indonésie, beaucoup plus d'humains que d'éléphants sont morts, c'est peut-être parce que sur les plages on trouve souvent beaucoup d'humains et très peu d'éléphants. Et, en ce qui concerne les oiseaux, on ne peut sans doute pas exclure a priori l'idée selon laquelle ils volent, et que c'est pour ça que...

Quant aux animaux marins, si les trois auteures avaient fait l'effort de se renseigner un minimum avant d'écrire des conneries, elles sauraient que si beaucoup d'humains (et notamment de femmes et enfants) meurent dans les tsunamis, c'est souvent parce qu'au moment préalable à la vague, celui  où la mer se retire, les gens pauvres ont tendance à se ruer sur le rivage pour aller y récolter les bestioles marines ainsi mises à découvert (et qui constituent une nourriture riche et facile à collecter).

Il semble en effet que la précognition animale ait oublié de prévenir du tsunami...les animaux marins .

(Pour finir, on pourrait peut-être envisager aussi que les êtres humains sont des animaux. Si ce n'est pas trop demander).

 La deuxième conséquence néfaste des délires écoféministes est pour moi d’ ordre éthique. Un peu comme leurs cousins « appelistes » - les Julien Coupat and co -, les auteurs écoféministes adorent frapper les imaginations – plus que les raisonnements, on l’aura compris – et avancer par empilement de métaphores douteuses et de mise sur le même plan de un peu tout. Quitte à en devenir glauques, et même à saper la base « féministe » de leur démarche, qui confinait pourtant au départ à l’obsession.

 « Françoise Héritier a démontré que le mépris multiséculaire du masculin pour le féminin vient de la volonté des hommes, incapables d'enfanter, de contrôler la reproduction. Ce mépris est une construction sociale, appuyée sur une hétéronormativité fort commode. En favorisant et en normalisant l'hétérosexualité, on distingue les deux sexes, politiques, sociaux, comme le dirait Monique Wittig. Aujourd'hui, cette violence vient de priver des millions de femmes américaines du droit de disposer de leur corps, du droit de vivre une grossesse désirée. Aujourd'hui cette violence s'exerce même in utero par avortement sélectif. Des millions de femmes manquent, en Chine, en Inde, détruites à peine conçues, parce que femmes. Parce que femmes ! Et... rien. Pas d'indignation, de pressions diplomatiques. Nos gouvernements seraient-ils si passifs si, dans un pays quelconque gouverné par des femmes, les hommes étaient éliminés avant de naître? D'autres massacres ont sous-tendu tous les rapports de domination de l'Androcène. La colonisation et l'esclavage en sont les marques les plus évidentes. L'histoire des religions n'est pas en reste. La persécution des Juifs en Europe, celle des Tsiganes sont de longues histoires de domination et de mise sous contrôle. Pour imposer la norme, on assassine celles et ceux que l'on considère comme parias. »(p. 15-16)

 Ce passage n’aide vraiment pas à comprendre les enjeux actuels autour de l’avortement, sujet majeur en ce qui concerne les droits des femmes. Si on pense que le retour en arrière actuellement observé aux Etats-Unis est le produit de la volonté multiséculaire des hommes de contrôler le corps des femmes et la reproduction, alors on ne comprend vraiment rien à rien, et on ne voit pas ce qui se passe. Ce qui est décisif dans le monde pour restreindre le droit à l’avortement et le contrôle par les femmes de leur propre corps, c’est encore et toujours l’arriération religieuse. Aux Etats-Unis comme en Amérique Latine comme en Pologne. Et ce qui aide à contrôler la reproduction « naturelle » et à permettre aux femmes d’être plus maîtresses de leur existence, de ce point de vue, c’est la science. N’en déplaise aux écoféministes qui brassent du mysticisme.

Mais on constatera aussi que, dans le passage cité ci-dessus, les auteures commencent par considérer les fœtus comme des personnes en  voyant en eux des « femmes » (ou des « hommes », dans leur expérience de pensée), et qu’après avoir évoqué des avortements en masse, elles embrayent en convoquant dans la foulée d’ « autres massacres », comme évidemment les génocides de la Seconde Guerre Mondiale.

Elles se livrent donc là précisément aux petits jeux rhétoriques des anti-IVG.

Avec des amies comme ça, le droit à l’IVG n’a plus trop besoin d’ennemis.

Un deuxième passage du livre me pose le même genre de problèmes, en mettant un peu tout sur le même plan :

 « La souillure. Tel sera peut-être le nom donné à l'Androcène par les générations qui nous succéderont de siècle en siècle. Les saccages de notre ère témoigneront si longtemps contre nous ! Les montagnes sont éventrées par les extractions, les sols imbibés de produits toxiques, l'air vicié par les particules fines. Pour des centaines d'annėes, nous remonterons dans les filets de pêche plus de plastiques que de poissons. Nos poumons sont noirs de la suie d'un air devenu nocif, vicié des rejets de nos usines et de nos voitures, les corps des dominé.e.s perclus des douleurs et de blessures qu'un travail dégradant impose, malades des discriminations. Combien de nos vagins ont été salis par des rapports sexuels imposés ? Telle est notre civilisation. Tel est notre aveuglement. » (p. 34-35)

 Là, je suis très gêné pour commenter, parce que j’ai vu qu’une des trois auteures, Adelaïde Bon, a subi un viol dans son enfance et en a tiré un livre.

Pour autant, je trouve que ce genre de glissement textuel qui passe des « montagnes éventrées » aux femmes violées est assez glauque et indécent. Et là aussi, c’est récurrent dans l’écoféminisme, où tout est pareil à tout pour justifier les liens fondamentaux que l’on veut établir entre le féminisme et l’écologie. Vandana Shiva a ainsi pu faire un commentaire ignoble où elle avançait que les OGM, c’est comme un viol de la terre. Loin d’éclairer les enjeux autour de l’environnement, ces procédés contribuent surtout à banaliser  les référents convoqués (la Shoah ou le viol, par exemple).

Et tout cela n’est pas qu’un procédé rhétorique douteux, c’est aussi une émanation d’une vision du monde issue de la deep ecology et de son  vieux fond païen, qui consiste à personnifier la nature. On en a un aperçu p. 44 du livre, avec cette formule qui fleure bon la Pacha Mama tout en faisant entendre des échos de la « Earth Democracy » de Vandana Shiva  :

 « Nous devons sanctuariser des étendues de terres. Nous devons reconnaître la nature comme sujet de droit et non comme objet, et sa destruction volontaire comme un crime. »

 Je ne sais pas si on reverra un jour des procès de sorcières, mais, pour rester dans un trip médiéval, quand on aura fait de la nature un  sujet plutôt qu’un objet de droit, on pourra refaire des procès d’animaux, pour être cohérents.

 Bref, je pense qu’il est grand temps d’arrêter avec ce gloubiboulga argumentatif et avec ces rapprochements glauques. Une montagne éventrée par une mine ou un tunnel ne souffre pas, et ne peut pas et ne doit pas être un sujet de droit.

Contrairement à une femme victime d’un viol.

Troisième conséquence néfaste de la grille de lecture écoféministe : son aveuglement sur le plan politique. L’obsession vis-à-vis d’un insaisissable « patriarcat » omniprésent tout le temps et partout débouche sur de nombreuses outrances gonflantes, mais aussi sur le concept obscur d’ « androcène », qui donne son titre au livre.

On le sait, dans le milieu des sciences sociales mondaines, on n’aime rien tant que de créer des néologismes et des concepts à tout bout de champ, pour marquer de son empreinte l’histoire de la pensée. J’ai moi-même crée celui de « naturelisme »  pour désigner le mode de pensée qui trouve que la nature est bonne et constitue un modèle à suivre, et permettre de distinguer ça du naturalisme (en biologie ou en esthétique) et du naturisme (sur les plages). Je me souviens d’une scène d’un film – peut-être La Chinoise de Godard ?- où un gars disait que sa nouvelle copine est vraiment super parce qu’elle produit un concept par jour. C’est un peu ça l’ambiance.

Donc, là, on apprend – en tous cas « j’apprends » - page 9  que la notion d’Androcène a été forgée par Myriam Bahaffou, Julie Gorecki et l’équipe de la Nouvelle Revue Féministe. On comprend bien que sur le modèle des ères géologiques - Paléocène, Eocène, Oligocène, LupinArcène et tutti quanti – il s’agit de désigner une époque de l’histoire – de l’humanité et pas de la terre, on suppose –, en fonction de critères permettant de distinguer cette époque de la précédente et de la suivante. Sauf que c’est là que ça devient vraiment confus : j’ai lu en entier le passage du livre qui présente la notion, et j’ai pas vu comment se construit leur découpage de l’histoire humaine en périodes. On peut reprocher au schéma simplifié du marxisme, qui découpe l’histoire humaine en stades successifs (communisme primitif / mode de production esclavagiste / féodalité / capitalisme / socialisme à venir) d’être très réducteur ou éventuellement faux sur tel ou tel point, mais au moins, dans le cadre d’une démarche scientifique telle qu’on l’a évoquée plus haut à propos de la biologie, il indique clairement ses critères et propose à partir de là une organisation taxinomique du réel historique.

Rien de tout cela n’est même simplement esquissé chez Rousseau/ Bon / Roudeau, et l’on est forcément à des années-lumières du Manifeste du Parti Communiste en matière de  « petit bouquin de vulgarisation d’une théorie sur le monde». On apprend que l’Androcène est un concept qui décrit «  la structure sociale et culturelle qui nous a menés à l’Anthropocène », cette notion quand même bien moins idiote selon laquelle les activités humaines ont désormais un tel impact sur la planète qu’elles créent en quelque sorte une nouvelle ère géologique. On perçoit bien avec ce changement de registre que le but est de montrer que les effets néfastes des activités humaines – « anthropo » -  ont pour origine quelque chose qui est de l’ordre du masculin – « Andro » -. En gros : tout ça c’est la faute des mecs et de leur patriarcat. De l’ « éco » / « féminisme », donc.

Quand est-ce que ça commence, l’Androcène, cette « ère de l’homme » dans l’histoire de l’humanité ? Et éventuellement pourquoi ça se substitue à une période précédente,  et comment ça se développe ? Telles sont les questions évidentes et immédiates auxquelles… nous n’aurons absolument aucune réponse.  Débrouillez-vous avec ça :

 « Mettre la lumière sur le genre de l'Anthropocéne révèle les relations entre extractivisme, colonialisme, capitalisme et patriarcat. Le nommer permet d'en comprendre les fondements. L'analyser ouvre la possibilité de la radicalité » (p. 10)

 Dit autrement : « le concept  nous permet de prendre la pose radicale et de relier plein de trucs qu’on a envie de relier entre eux. Peu importe si ça n’a aucun sens et si on n’est pas foutues de proposer un embryon de récit historique un minimum crédible, l’essentiel dans notre approche est le but politique qu’on se fixe, pas les moyens intellectuels d’y parvenir. Et de toutes façons, donner un nom à un truc permet de le faire exister, et le tour est joué.»  

Aussi dingue que ça puisse paraître, il n’y a dans le bouquin aucune définition du concept qui lui donne son titre, ni aucune périodisation dans laquelle s’insèrerait cette supposée « ère ». Rien. Après avoir dit que telle et telle personne ont créé le concept – toujours la même méthode de « name-dropping » en guise de démonstration -, les trois auteures vont juste se contenter d’y fourguer pendant tout  le reste du texte tout ce qu’elles ont envie d’y fourrer, selon l’inspiration du moment.  

Il n’est donc logiquement pas nécessaire dans cet état d’esprit de tenter d’organiser/séparer/trier quoi que ce soit. Au contraire : plus on mélange tout et n’importe quoi, mieux c’est. Le moins qu’on puisse dire des auteures, c’est qu’elles ne sont effectivement pas menacées par le réductionnisme.

Enfin, si ce n’est qu’à la base de tous les problèmes du monde, il y a encore et toujours selon elles un patriarcat pas plus historicisé que tout le reste, ce qui est  quand même...un peu réducteur.

Nous sommes donc face à ce qui est décrit comme une « ère », mais qui ne s’insère dans aucune périodisation ni typologie. L’Androcène, c’est en fait une chose aux contours indéfinis, que l’on retrouve  partout et semble-t-il tout le temps. Nous sommes face à la situation classique où un truc qui explique tout et tout le temps au final n’explique …plus rien du tout.  Essayez avec le concept de « Dieu », ça fait pareil.

 On  en est donc réduits à lire des choses comme ça :

 « Quand des enfants meurent de cancers, quand l'eau devient poison, comme à Saint Rogatien, ou que les taux de plomb dans le sol menacent leur vie, comme autour de Metaleurop, les pouvoirs publics rechignent à dépenser l'argent public pour comprendre l'ampleur exacte du désastre. Au nom du rendement, les pesticides continuent d'être épandus en toute légalité, et lorsque la pollution devient trop médiatique, les grandes entreprises l'exportent ailleurs, là où les réglementations sont moins vigilantes — vers d'autres terres, peuplées d'autres enfants. En Androcène, l'économie se moque des bons sentiments comme des frontières. » (p. 31)

 Forçons-nous à ignorer l’obsession habituelle des écolos pour les pesticides, et remarquons que l’attitude décrite ici, celle qui fait passer la recherche du profit avant toute autre considération, ne serait pas, comme on a pu le croire à tort depuis Marx, un marqueur d’une forme d’organisation économique que l’on peut caractériser et situer dans l’histoire, et que l’on appellerait « capitalisme ». Dilué dans un éternel « Androcène », le capitalisme se retrouve ainsi « invisibilisé » par l’effort de radicalité rousseauiste. Et en guise de politique nous est alors proposé tout au long du livre une sorte de catéchisme millénariste qui nous prône l'« humilité » face à la Création -  oups, pardon : la Nature.

(L’ « humilité », encore un attribut féminin à opposer à une Hubris typiquement masculine, je suppose, au cas où il y aurait encore du bon gros cliché sexiste dans le  sous-texte de ce discours sur l’ « Androcène » ?)

 Au final, ce livre est surtout édifiant dans sa méthode, et permet de proposer en guise de synthèse l'idée suivante :

Quand tout est la même chose que tout, on n’y voit et on n'y comprend plus rien du tout.

Yann Kindo

 PS 1: Un dernier mot à propos du couple « sensibilité / raison ».

Il est possible d’articuler concrètement les deux et de définir une éthique rationnelle qui s’appuie sur la « sensibilité », non pas en tant que méthode mais en tant qu’objet. Une éthique où l’empathie s’appuie sur la connaissance scientifique de l’autre pour penser son rapport à lui. Avec comme point d’appui la « sentience », c’est-à-dire en gros la capacité à ressentir des émotions, et notamment de la souffrance. C’est ce qui est au cœur de la philosophie végane, et qui permet de faire la différence entre un caillou et une huitre, une huitre et un lapin, et entre un lapin et un être humain. Plutôt que raconter n’importe quoi sur la « nature » en tant que « sujet de droit », par exemple.

Cette démarche est ancienne et était déjà celle de Jeremy Bentham quand il disait à propos des animaux : « La question n’est pas : « peuvent-ils raisonner ? », mais « peuvent-ils souffrir ? ». A travers l’utilitarisme, dont Bentham est un des pionniers, il s’agissait de penser ses propres actions en essayant de comparer le bénéfice qu’on peut en retirer par rapport à la souffrance que l’on peut créer  chez autrui.  Une sorte de raisonnement calculateur et analytique qui ferait froid dans le dos au trio Rousseau/Roudeau/Bon.
Et qui pourtant est bien plus humaniste et humain que leur apologie des émotions et des instincts.

 PS 2: Une précision pour Sandrine Rousseau :

Jeremy Bentham est mort en 1832, vingt-sept ans avant L’origine des espèces, et n’a donc pas pu être influencé par le darwinisme.

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