Ellis Island ou l’exil en quarantaine

C’est à proximité de la statue de la Liberté que les États-Unis ont longtemps contrôlé de très nombreux migrants venus d’Europe et refoulé plusieurs d’entre eux, après inspection et confinement sur cette petite île du New Jersey. A Ellis Island, un musée aujourd’hui rend compte de cette histoire.

 

Ellis Island et la Statue de la Liberté, confondues (900 mètres les séparent). [Ph. YF] Ellis Island et la Statue de la Liberté, confondues (900 mètres les séparent). [Ph. YF]
Ils étaient des millions et avaient quitté leur village d’Islande, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède, d’Italie, de Grande-Bretagne, d’Autriche-Hongrie, du Danemark, de Grèce, ou de France. Certains venaient de Russie, d’Ukraine ou de Turquie. Ils étaient catholiques, protestants, juifs ou ne croyaient pas mais étaient tous attirés par le Nouveau monde : parfois avec l’espoir d’y faire fortune, mais, le plus souvent, fuyant la misère, le choléra, la répression ou les pogroms. C’est ainsi que 12 millions d’hommes, de femmes et d’enfants quittèrent l’Europe.

La traversée était longue : au moins trois semaines, souvent entassés sur des paillasses, dans des conditions de proximité extrême et d’insalubrité, dans l’entrepôt ou en soute. Mais ceux qui voyageaient ainsi à fond de cale n’allaient pas plus vite que les privilégiés qui se prélassaient sur le pont. Ces derniers avaient payé cher leur billet, alors ils étaient examinés par des médecins avant d’arriver directement à New York. Les autres repartaient aussitôt sur des péniches en direction d’Ellis Island pour y subir une quarantaine afin d’obtenir ou non un visa d’entrée en Amérique (la quarantaine pouvait durer longtemps : un Ukrainien témoigna plus tard qu’il était malade et était resté 8 mois en rétention). Auparavant, ils devaient se livrer à une inspection visant à déterminer leur état de santé physique et à vérifier leur situation administrative.

« Une main d’œuvre fraîche et dynamique »

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L’Amérique avait besoin de bras, elle était plutôt tolérante. Longtemps, elle avait laissé les immigrants entrer sans contrôle (ils arrivaient directement à Battery, sur Manhattan). Puis en 1892, elle avait ouvert Ellis Island. Ainsi en 1907, année record, 1,2 million d’immigrés sont passés par Ellis Island, un jour ils étaient jusqu’à 10 000 sur cet îlot étroit. Mais à partir de 1917, les autorités imposent des restrictions. C’est ainsi qu’il est exigé de savoir lire et écrire dans sa langue natale, les malades incurables, les handicapés, les pauvres, sont refoulés ainsi que les étrangers qui auraient eu des positions politiques radicales. En janvier 1920, le New York Times  titre sur « 500 rouges à Ellis Island », des communistes visant « à faire des États-Unis un État frère de la Russie soviétique ». Parmi 29 questions qui sont posées aux arrivants, l’une interroge : « êtes-vous anarchistes ? » (comme aujourd’hui il est parfois demandé : « êtes-vous terroristes ? »). Les maladies incurables ou invalidantes ne sont pas admises.

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C’est le Service de Santé publique et le Bureau fédéral de l’immigration qui procédaient à ces contrôles. De façon générale, les immigrants auraient plutôt été bien traités, certains ne restant que quelques heures sur l’île. Mais si on la surnommait « l’île de l’espoir » mais aussi « l’île aux larmes », c’est bien parce que la crainte régnait et qu’un grand nombre était mis en quarantaine (c’est le cas de la sœur du personnage joué par Marion Cotillard dans The Immigrant de James Gray), d’autres en détention (jusquà 20 % des immigrants inspectés). Et enfin les expulsés : on dit qu’il y a eu peu de personnes renvoyées dans leur pays (les compagnies de navigation s’engageaient à rapatrier les refoulés) c’est-à-dire 2 à 3 %, mais vu le nombre d’immigrants, cela fait tout de même plus ou moins 300 000 qui durent faire un voyage retour ou vers l’inconnu, soit l’équivalent de plusieurs centaines de bateaux.

Des migrants avant leur "déportation", c'est-à-dire le renvoi dans leur pays [Ph. YF] Des migrants avant leur "déportation", c'est-à-dire le renvoi dans leur pays [Ph. YF]
Le musée annonce lui-même qu’il y avait 1000 refoulés par mois ! Des étrangers ayant été surpris dans le pays, entrés illégalement, violant ainsi les conditions d’admission, ou des immigrants ayant commis un crime, ayant sollicité l’assistance publique, ou étant des travailleurs contractuels, pouvaient être dénoncés aux autorités fédérales qui les envoyaient à Ellis Island, pour étudier leur cas et envisager leur « déportation ».

Médecins « six-secondes »

Le personnel pouvait compter jusqu’à 700 personnes (médecins, infirmières, inspecteurs, interprètes, matrones, sténographes, commis, opérateurs téléphoniques, employés de cuisine et de blanchisserie, gardiens et agents d’entretien). Certains immigrants ont témoigné plus tard de fonctionnaires surmenés, dont certains étaient hostiles et antipathiques, d’autres qui prodiguaient les encouragements nécessaires. Mais la communication était inexistante : ni avec les fonctionnaires du centre, ni avec les autres migrants car tout le monde était concentré sur sa peur. Des médecins (appelés « six-secondes ») se targuaient, en un regard rapide jeté sur les arrivants, de pouvoir déceler les aptes et les inaptes.  Il y avait cependant 60 problèmes de santé à repérer, de l’anémie aux varices, en passant par le trachome. En 1911, l’île comprenait plus de 15 bâtiments pour les soins : un hôpital de 275 lits et des services de 450 lits supplémentaires pour les malades contagieux (beaucoup d’enfants avaient contracté la rougeole, la diphtérie et la scarlatine pendant la traversée) ; un laboratoire ; des salles d’opération, de radiologie, un service psychiatrique. 40 médecins traitaient les blessures légères, les maladies tropicales, les déficiences mentales. Ils retournaient les paupières pour repérer une maladie contagieuse oculaire.

Femme italienne, sans date [Photo Augustus Frederick Sherman] Femme italienne, sans date [Photo Augustus Frederick Sherman]
Avant l’arrivée de médecins femmes, une matrone assistait aux examens pratiqués par des hommes, beaucoup de femmes arrivant de régions où il était inconcevable qu’un homme autre que le mari touche une femme. Certains malades sont marqués sur leur vêtement à la craie avec la lettre L pour lameness (boiteux), E pour eyes (yeux), X pour maladie mentale. Un visiteur dit un jour : « c’est à la fois une maternité et un asile d’aliénés ». On pouvait naître (355 enfants y ont vu le jour) mais aussi mourir à Ellis Island qui avait sa morgue (en 1900, et depuis 18 années que le centre est ouvert, alors même qu’il a été fermé un temps suite à un incendie, 3500 personnes sont décédées dont plus de 1400 enfants, ce qui fait plus de 200 morts par an).

En 1921, les États-Unis tentent de limiter l’immigration et instaure une politique de quotas temporaires mensuels par nationalité. Nombreux furent refoulés car arrivés juste après la fixation des quotas. Des navires de pays à faible quota se précipitaient à New York en début de mois pour que les passagers soient comptés en premier. Puis, une loi de 1924 fixe des quotas permanents et prévoit des formalités pour venir aux USA qui doivent être accomplies avant de partir, dans les consulats américains. A partir de cette date, Ellis Island devient un centre de détention pour immigrants en situation irrégulière, des réfugiés de guerre et, durant la Second Guerre mondiale, carrément une prison pour des Italiens fascistes, des Allemands pro-nazis et des communistes bien réels ou supposés l’être. En 1954, le centre d’Ellis Island est définitivement fermé.

Visite des lieux

Manhattan vu du Central Railroad of New Jersey Terminal [Ph. YF] Manhattan vu du Central Railroad of New Jersey Terminal [Ph. YF]
Le site a longtemps été abandonné. Les bâtiments et les objets qu’il contenait se sont détériorés. Jusqu’à ce que le Président Johnson décide la restauration des lieux, les rattachant au Monument National de la Statue de la Liberté. Il est aujourd’hui un haut-lieu de l’Histoire, non seulement des États-Unis mais aussi de l’Europe.

Lors d’un voyage aux États-Unis, à New York, Philadelphie et Washington, en septembre 2018, j’ai visité Ellis Island et son musée. Depuis longtemps j’en rêvais. J’avais vu à la Cité de l’Immigration, à Paris, début décembre 2008, une exposition photos par Augustus Frederick Sherman, qui avait réalisé les portraits de nombreux immigrants séjournant à Ellis Island.

Entrée du bâtiment [Ph. YF] Entrée du bâtiment [Ph. YF]
Arrivés à deux en taxi vers 8 h sur l’esplanade du Central Railroad of New Jersey Terminal, à proximité du Liberty State Park, nous entrons inquiets dans le bâtiment : pas un chat, c’est bien notre chance, apparemment c’est fermé. Fébriles, nous nous présentons à un guichet : deux employées nous renseignent et nous vendent les billets pour Ellis Island. Un bateau part dans un instant. Nous passons la zone de contrôle : il y a trois fois plus de policiers que de passagers (le bateau suivant, celui de 9 h, sera bondé). Moment d’émotion : être seuls sur ce bateau, avec vue sur Manhattan immobile pas si loin, survolé par les hélicoptères qui ronronnent au-dessus des buildings, mais surtout à l’idée d’arriver bientôt en ce lieu mythique. Debout, appuyé au bastingage, je contemple cette perspective stupéfiante d’Ellis Island presqu’accolée à la statue de la Liberté. A l’arrivée, nous repérons l’emplacement du bateau qui nous ramènera directement sur Manhattan, sans passer par la visite de la statue de la Liberté, qui mérite d’être vue, mitraillée de photos, sans pour autant qu’il soit utile de fouler son piédestal.

The Registry Room

[Photo YF] [Photo YF]

D’emblée, le musée nous donne accès à la grande salle d’enregistrement, qui a été restaurée à l’identique : elle pouvait contenir jusqu’à 5000 personnes. Avec ses grandes fenêtres cintrées, elle ressemble à un hall de gare du XIXe en Amérique. Salle des bagages qui nous suggère tous les biens que ces exilés trimbalaient avec eux, sachant pertinemment qu’ils ne regagneraient jamais leurs terres d’origine. Les photos anciennes nous aident à imaginer les boxes où les registres étaient remplis par des fonctionnaires préposés à cette tâche. A l’étage, un balcon encerclant surplombe cette salle. On déambule de petites salles en petites salles, où des photos et des commentaires décrivent avec précision le parcours que les immigrants effectuaient ici. C’est plutôt bien fait et émouvant. Évidemment, on imagine l’angoisse qui les étreignait, l’incertitude qui pesait sur eux, la hâte d’en finir mais la crainte d’être refoulés ou qu’un membre seulement soit persona non grata. On fait l’effort de percevoir ce que pouvait être l’épreuve de l’exil, avoir perdu définitivement des êtres chers, plonger dans l’inconnu, et pour des femmes ayant effectué le parcours seules avec leurs enfants, espérer retrouver leurs maris, déjà présents sur le sol américain, attendant qu’ils viennent les chercher, n’ayant pas le droit de partir tant que ces hommes n’étaient pas là pour les récupérer.

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Un document du Service de santé publique de 1917 atteste que cette année-là, 9 immigrants sur 100 étaient marqués du X lors de l’inspection et envoyés dans des salles d’examen mental pour un nouvel interrogatoire. On leur demandait de résoudre des problèmes arithmétiques simples comme compter à rebours de 20 à 1 ou compléter un puzzle en bois. On voit de tels puzzles et on nous offre la possibilité d’essayer. Parmi les questions posées, il y en avait de toutes simples : « combien font deux et deux ? » Pauline Notkoff, immigrante juive polonaise en 1917, a témoigné en 1985 qu’on lui avait demandé : « Comment lavez-vous les escaliers, du haut ou du bas ? », elle répondit : « je ne viens pas en Amérique pour laver les escaliers ! » La sélection (Wending Out, au sens littéral, désherbage) était approfondie pour un ou deux avec des tests plus poussés. Les personnes souffrants de troubles mentaux n’étaient pas autorisées à rester sur le territoire.

Rompre le « confinement »

Rompre le confinement sur les toits... Rompre le confinement sur les toits...
L’attente pouvait être longue : les détenus étaient plongés « in a limbo of enforced idleness », dans un vide d’oisiveté forcée, suspendus entre la peur et l’espoir. Ils étaient assis sur des bancs ou tournaient en rond. « Parfois, leur confinement était rompu par des visites au jardin sur le toit [Sometimes their confinement was broken by visits to the roof garden], où ils pouvaient prendre une bouffée d’air frais et leurs enfants pouvaient courir sur une petite aire de jeux ».  

Après l’inspection, les immigrants pouvaient obtenir une collation d’autant plus que l’attente serait encore longue. Le musée affirme que la nourriture était bonne (bœuf bouilli, pruneaux mijotés et fèves au lard, mais parfois américaine comme des crèmes glacées, des bananes et du pain blanc)  Ceux qui partent ensuite peuvent acheter une boîte à lunch contenant des sandwichs, des fruits et des tartes pour 50 cents. Au guichet de change, ils peuvent changer leur devise étrangère en dollars. Ce sont des concessionnaires privés qui s’en chargent. L’Administration se fait aider par des associations caritatives : elle ne dispose pas de services sociaux pour accompagner les personnes dans leur installation sur le territoire. Alors une trentaine d’organisations religieuses ou « ethniques »  d’aide aux immigrants, la YWCA (union chrétienne des jeunes femmes), l’Armée du salut, des mouvements italiens, suédois, polonais, la Croix-Rouge et les Filles de la Révolution américaine sont sur place, donnent des vêtements, de l’argent et les aident dans les paperasses qu’on leur réclame. Ces mouvements prosélytes distribuent des livres de prière, des bibles.

The Registry Room [Photos YF] The Registry Room [Photos YF]

Des travailleurs sociaux mobilisés

Une travailleuse sociale atteste (sur l’un des panneaux) que la multitude des langues parlées (25 au moins) nécessitait qu’un grand nombre d’associations assurent un service social sur une base linguistique. Elles organisent par ailleurs, des fêtes (Noël, Pâques, Nouvel An juif), des programmes musicaux, des services religieux. Ces associations veillaient également à ce que les immigrants ne se fassent pas arnaquer par des courtiers sans scrupules qui cherchaient à leur fourguer des emplois mal payés. Une société pour la protection des immigrants italiens (basée 17 Pearl Street à NY) se propose de leur trouver des emplois dans des camps de travail ou chez des commerçants.

Un panneau du musée indique que « les travailleurs sociaux ont contribué à renforcer le moral des immigrants ». Ils donnaient des vêtements même si certains migrants avaient dans un premier temps du mal à s’affubler d’une tenue à l’américaine. Des travailleurs sociaux auraient accompagné des arrivants directement dans les entreprises pour qu’ils échappent aux « prédateurs ». De la même façon, ils ne laissaient pas une femme sans escorte quitter l’île. Des foyers comme celui d’Alma Mathews (« la Mère des étrangers ») permettaient de secourir les femmes avec leurs enfants dans l’attente de retrouver leurs maris ou de s’insérer dans la société américaine, sans être renvoyées dans leur pays d’origine par l’administration d’Ellis Island, en l’absence d’hommes pour les accueillir.

Après l’admission, les titulaires du visa si longtemps convoité rejoignaient en péniches ou en ferries Jersey City ou Hoboken. Ceux qui voulaient se rendre à New York prenaient un ferry direction de Battery Park où ils retrouvaient des parents, des amis. C’est ce que je fais, après un dernier regard à Ellis Island, installé à la proue du bateau pour admirer les gratte-ciel fascinants, avant de débarquer à Battery, et parcourir Manhattan.

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Maquette d'Ellis Island [Ph. YF] Maquette d'Ellis Island [Ph. YF]
Cette île est située dans la baie de l’Hudson. Malgré sa petitesse (11 ha), elle est à 80 % artificielle, sa surface ayant été décuplée avec les gravats extraits des galeries du métro de New York. A moins de deux mètres d’altitude, elle relève à la fois de l’État de New York et de celui de New Jersey. Elle porte le nom de l’ancien propriétaire de la petite île (Ellis). Le bâtiment en bois de 1892 brûla cinq ans plus tard. Il fut reconstruit en dur et agrandi.

 

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Les objets d’une vie

Une autre partie du musée montre quelques vestiges du bâtiment en état d’abandon puis des vitrines où sont exposés les objets que détenaient les familles à leur arrivée à New York (un peu comme la Cité de l’immigration, à la Porte dorée, à Paris, où sont montrés les contenus des valises des migrants). On ne peut regarder ces vitrines sans émotion, car elles résument les seuls biens que possédaient ces gens en foulant le sol américain, c’est entrer un peu dans leur intimité, c’est tenter d’imaginer leur histoire, alors qu’ils avaient dû tout quitter, abandonner des êtres chers, pour se réfugier ici, en espérant l’Eldorado. C’est aussi penser qu’aucun n’est plus de ce monde aujourd’hui. Il a été évalué que 100 millions d’Américains actuels auraient un ou plusieurs ascendants passés par Ellis Island. 

Vitrine montrant des biens transportés par des immigrants [Ph. YF] Vitrine montrant des biens transportés par des immigrants [Ph. YF]

. Cet article est inspiré de plusieurs sources (dont celles citées ci-dessous), ainsi que d’une brochure de photos proposée par le musée d'Ellis Island et d’une cinquantaine de textes en anglais sur des panneaux ponctuant l’exposition.

. Parallèlement à ce billet de blog et en complément, je publie un portfolio avec d'autres illustrations, intitulé Ellis Island en quarante photos.

. www.libertyellisfoundation.org (avec version française)

. www.geo.fr

. www.history.com (avec version française). Nombreuses photos.

. Portraits d’Ellis Island, 1905-1920. Augustus Frederick Sherman, exposition Cité de l’Immigration (2008-2009)

. Ellis Island, par Georges Perec, P.O.L., 75 pages. Dans ce court texte, Perec décrit les lieux et exprime ce qu’il ressent : « ce que moi, Georges Perec, je suis venu questionner ici, c’est l’errance, la dispersion, la diaspora. Ellis Island est pour moi le lieu même de l’exil, c’est-à-dire le lieu de l’absence de lieu, le non-lieu, le nulle part ».

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Billet n° 548

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   [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique]

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