Chaque jour, Fillon…

François Fillon c'est une sorte de Calendrier de l'Avent : chaque jour, vous tirez un tiroir, et vous y découvrez une casserole. Petites chroniques de la présidentielle, côté Fillon.

La dernière de Fillon

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Hier, Mediapart révélait donc que Pénélope Fillon, contrairement à ce qu'avait dit son mari, avait été employée dès 1982 : sachant qu'il avait auparavant fini par reconnaître 1997, puis 1986, il va lui falloir admettre 1982. Ça ne suffira pas, car aujourd'hui Le Canard révèle que c'est depuis 1980. Le couple n'était même pas encore marié : M., alors chef de cabinet dans un ministère, a décroché pour Mme un poste de "personnel non titulaire de l'Etat" payé 6000 F. de l'époque soit 3 fois le Smic. Sûr que le candidat ne va plus trouver les mots pour dire ce qu'il en pense. D'autant plus que, mine de rien, c'est plus grave encore : car il ne peut plus invoquer le droit d'un parlementaire de faire ce qu'il veut avec ses assistants, car là il s'agissait d'un emploi au contenu inconnu dans un ministère. Sans doute bidon, jamais évoqué nulle part, pendant 15 mois... jusqu'à l'arrivée de la gauche en mai 81. On attend l'info de demain. Le Canard se demande s'il ne va pas falloir remonter jusqu'au berceau de Penelope.

[12 avril]

La "preuve" d'un cabinet noir
Chapeau l'artiste ! François Fillon, l'innocent aux mains pleines, qui s'emploie à ce qu'on lui donne le bon Dieu sans confession. Ses fans réclament qu'on lave le linge sale en famille, et qu'on ne jette pas le bébé Fillon avec l'eau du bain. Surtout que s'il reconnaît des erreurs, n'empêche qu'il est victime. Tellement, qu'il pense à Bérégovoy et le comprend !
Voici la liste qui prouve l'existence d'un cabinet noir :
- avoir salarié sa femme et ses enfants sur des emplois fictifs, au frais du contribuable ;
- avoir exigé que son suppléant, devenu député, embauche sa femme à un tarif supérieur à l'indemnité prévue
(le tout pour environ 1 million d'euros d'aujourd'hui) ;
- avoir obtenu un emploi bidon pour sa femme auprès d'un riche homme d'affaires, patron d'une agence de notation qui se permet de juger la France (100 000 €) ;
- avoir obtenu un prêt de 50 000 € non déclaré de la part du même ;
- avoir obtenu un prêt "familial" de 30 000 € pour payer ses impôts, et il veut désendetter la France ;
- avoir reçu en cadeau des costumes et pulls en cachemire pour une valeur de 48 000 € (dont 13 000 payés en liquide !) de la part d'un individu controversé de la Françafrique, présenté comme un ami de 20 ans, et les avoir acceptés alors même que le Penelopegate avait déjà éclaté ;
- avoir créé un cabinet de conseil, nommé de façon très originale 2F, juste quelques jours avant que cela ne lui soit interdit ;
- avoir fait beaucoup d'argent avec ce cabinet (750 000 €) grâce à ses liens noués quand il était premier ministre ;
- avoir mis en relation, moyennant finance (50 000 $, ce qu'il dément) le PDG de Total avec le président Poutine, dont il ne cesse de prendre la défense ;
- avoir reçu deux montres de luxe (total : 27 000 €) d'un homme d'affaires italo-suisse (info du 25 mars).
Fillon, c'est une sorte de Calendrier de l'Avent, chaque jour vous tirez un tiroir, il y a une casserole !

[25 mars]

. Rajout : avec 24 000 euros en moyenne par mois depuis 5 ans, il ne parvient pas à économiser, selon ses propres déclarations. Ce qui ne l'empêche pas de soutenir que le Smic est à un niveau trop élevé car il ruine la com-pé-ti-ti-vi-té de la France !

Et un de plus !
On pouvait lire en fin de journée [le 14 mars] sur les réseaux sociaux qu'il y avait bien quelques minutes qu'aucun scandale nouveau n'avait concerné François Fillon. Ça n'a pas duré : voilà que Mediapart révèle le nom d'un homme d'affaire milliardaire libanais que l'ancien premier ministre français aurait "conseillé" (Fillon faisait mystère à ce sujet), sans que l'on sache quelle mission il a bien pu accomplir. Les émoluments perçus ont alimenté les 750 000 euros qu'il a encaissés en un peu plus de 3 ans auprès de grandes sociétés. Il va de soi que les citoyens ont droit de savoir si cette activité de conseil est conforme à la déontologie imposée aux parlementaires. Rappelons que Fillon a créé sa société 2F Conseil quelques jours seulement avant que cela ne lui soit interdit. Rien que cette façon de faire donne prise à tous les soupçons.

[14 mars]

Fillon connaît le coupable 
"J'ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué les documents. Ça viendra le moment venu. Je poursuivrai tout ceux qui sont à l'origine de cette affaire", a lancé François Fillon sur France Inter ce matin [6 avril]. Patrick Cohen lui demande s'il pense à François Hollande, il répond : "Bien sûr"

Pourtant dans Le Point sorti hier [5 avril], je lis ce qu'il a déclaré à FOG qui lui disait que "quand on connaît Hollande, il paraît impossible qu'il soit à l'origine de vos ennuis". Il répond alors : "J'ai un vrai doute, vous savez. Il adore ces sujets-là. Il ne gère pas la justice en direct, mais il y a des liens entre les magistrats et ses équipes. C'est lui qui a déclenché l'affaire. Qui a pu préparer les dossiers qui remontent souvent très loin, à plus de 20 ans ? Croyez-vous que toutes ces histoires soient tombées du ciel ?" L'affaire Fillon ne relève pas des services secrets, elle est relativement simple. Une fuite, y compris provenant de l'entourage LR, a pu avoir lieu mais une enquête menée par des journalistes d'investigation peut facilement aboutir aux révélations qui ont été faites. En deux jours, faire des supputations puis soudain affirmer mordicus, montre qu'il s'enferre et cherche à nous enfariner.

[6 avril]

Un mois plus tôt, le présentateur du journal de France 2 avait validé la thèse du complot :

Choquant lorsqu'on a entendu Laurent Delahousse dire à François Fillon sur France 2 dimanche soir : "Est-ce que vous avez une idée sincère et profonde de qui a orchestré tout cela ?" Et Fillon de répondre : "Aucune." Alors le présentateur, compatissant, conclut : "Vous souhaitez le savoir un jour, j’imagine."

[8 mars]

Petite histoire d'une prof

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Une professeure d'histoire-géo en collège, Barbara Lefebvre, était chargée d'interpeller Emmanuel Macron hier soir sur France 2 [6 avril] suite à ses propos tenus en Algérie au cours desquels il avait dit que la colonisation avait été un "crime contre l'humanité". Il avait précisé qu'il voulait dire qu'au cours de la colonisation des crimes contre l'humanité avait été commis. Elle s'indigne : l'histoire n'est pas un tribunal, et elle ne comprend pas qu'on puisse s'exprimer ainsi, attisant les haines.

Interrogée en fin d'émission sur son soutien à Fillon, signalé par des téléspectateurs, elle dément : "Pas que je sache", et ironise sur les "réseaux sociaux qui turbinent" et sur des informations venant de "très haut", comme une allusion à un cabinet noir. Or elle appartient bien à la mouvance filloniste, et semble vouloir imiter son mentor dans l'usage de la dénégation et du complot. France 2 aurait pu tout de même s'en rendre compte avant car cette prof a déjà eu l'occasion de tenir ses positions conservatrices sur un plateau de télé. Ne serait-ce que de nier qu'en Algérie l'armée française ait commis des crimes de guerre, et pire encore. Pour désigner les massacres du Constantinois en mai 1945, qui ont fait des milliers de morts, douars bombardés par l'aviation et pilonnés à partir de bateaux en Méditerranée, sur un pays qui était sensé être la France, je ne crois pas que le terme "crimes de guerre" suffise. Et nommer les choses correctement ne devrait pas offusquer une enseignante.

[7 avril]

Pour que les fonctionnaires fonctionnent

Il y a quelques jours, on a entendu des jeunes fillonistes sortant d'une rencontre avec Roger Karoutchi, ponte LR, annoncer que finalement Fillon ne supprimerait pas de postes d'infirmières, ni d'enseignants. Ni de policiers sans doute. Ni de pompiers peut-être. Oui, mais pourquoi mettre toujours en avant ces professions, de façon démagogique ?Veut-il supprimer des travailleurs sociaux, lever le pied sur la protection de l'enfance, sur la protection maternelle et infantile, sur l'accompagnement à l'insertion, sur l'aide aux personnes âgées ? Veut-il réduire le nombre des personnels d'entretien dans les établissements scolaires ? Les bibliothécaires ? Les agents de la voirie ? Les inspecteurs du travail, les contrôleurs de la répression des fraudes ? Ainsi que les emplois non médiatiques qui permettent cependant à la machine administrative de fonctionner ? Comme le dit l'article d'Alternatives économiques, "c’est bien davantage sur [la] question de l’efficacité de l’action publique que le débat devrait se concentrer, plutôt que sur celle du nombre de fonctionnaires."

http://www.alternatives-economiques.fr/mauvais-proces-aux-fonctionnaires-deconstruit-6-points/00078343

[9 avril]

Froid François Fillon

On fait des tonnes sur la froideur de François Fillon devant le personnel épuisé d'un EHPAD. En réalité, on ne devrait pas s'étonner. Car c'est l'image qu'il donne depuis longtemps. Ce n'est pas nécessaire de déverser sur lui des tombereaux : c'est clair qu'il n'est pas à l'aise au contact des "gens". C'est bien pourquoi il est manifeste qu'il a été choisi par défaut par les militants LR (outre le fait qu'il était bien droitier pour la droite LR qui votait à la primaire). Les pépins auxquels il est confronté sont aussi liés à cette froideur, à cette arrogance, à cette superbe, à cette suffisance. C'est le notaire, le châtelain, le hobereau, certainement bosseur, mais prêt à servir les puissants dans l'ombre et à récolter toutes les miettes qu'ils daigneront lui accorder. Ce n'est pas un politique de terrain. A la différence d'autres hommes et femmes politiques, de tous bords, il n'est pas direct, il n'a pas d'empathie, il n'établit pas la relation, quitte à ce qu'elle soit conflictuelle.

Le figaresque Yves Thréard a cherché à sauver la mise à Fillon, en prétendant que France 2 avait cherché le buzz en le confrontant à des salariés CGT. Mais Mélenchon, dans le même exercice, confronté aux Uber, a su se faire entendre par eux, alors même qu'il conteste sans réserve la plateforme. Cet aspect n'est pas négligeable : outre l'accumulation des affaires, c'est aussi ce qui fait stagner François Fillon dans les sondages, incapable de dépasser le noyau dur de ses fans.

[27 mars]

 

Scoop
C dans l'air traitait hier soir (22 mars) des affaires Fillon et Le Roux. Cette émission est dévolue à la droite économique, mais la droite extrême était absente ce soir-là : ni Yves Thréard, ni Catherine Nay. Pour des raisons que je m'explique mal, une fois de plus, le propos n'était pas tendre pour Fillon (ses imprécisions, ses contradictions, et suspicions de faux en écriture). Claude Weill, soudain, rappelant que c'était pire avant, raconte une confidence que lui avait faite Henri Emmanuelli, décédé cette semaine. Ministre, il reçoit un jour un homme d'affaires très renommé (dont Weill refuse de donner le nom) qui lui a demandé rendez-vous. Il arrive avec une mallette pleine à craquer de liasses de billets ("c'était comme dans un film"), l'offre au ministre et puis s'en va. Il avait à coup sûr donné la même chose auparavant au RPR (ancêtre de LR), dans le but d'obtenir des protections. Claude Weill commente : "c'était les usages", puis en reste là. Interrogé un moment plus tard pour savoir tout de même la destinée de cette mallette, il finit par murmurer que "le contenu est allé, je crois, dans les caisses d'un parti politique". No comment.

[23 mars]

Légal et néanmoins secret

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Dans les affaires Fillon et Le Roux, on note que les deux affirment que ce qu'ils ont fait est totalement légal. Sauf qu'ils ont toujours veillé à ce que cela ne se sache pas. Fillon : même les plus proches sont tombés des nues en apprenant que Pénélope était attachée parlementaire. Quant à Le Roux, il ne semble pas qu'il ait ébruité l'embauche de ses filles adolescentes. Celles-ci le savaient-elles d'ailleurs, si oui, en ont-elles parlé à leurs amis ? En tout cas, quand tout récemment, Bruno Le Roux condamnait les emplois familiaux en pensant à François Fillon, il donne le sentiment qu'il tablait sur le fait que personne ne risquait de lui opposer ses propres pratiques. Ce qui prouve qu'en agissant en catimini ils savaient bien que leurs petites magouilles étaient condamnables. Ils sont donc d'autant plus fautifs.

[23 mars]

Ceux qui stressent et ceux qui se marrent

Une pensée pour Bruno Le Roux qui depuis deux mois stressait à l'idée que ses petites magouilles soient découvertes. Une autre (pensée) pour tous ceux qui continuent à paniquer en se disant que leurs petits arrangements pour augmenter leur pouvoir d'achat en détournant des fonds publics vont bientôt se retrouver dans les médias. Une dernière (pensée) pour les oligarques superfriqués, y compris quelques stars du journalisme qui les servent à 40 000 euros par mois, qui se marrent dans la coulisse : ces élus, petits bricoleurs, leur évitent tout simplement que l'on se penche sur leurs fortunes indécentes.

[22 mars]

La post-vérité
Voilà que François Fillon, causant auprès de femmes faisant potiches auprès de lui, nous refait le coup de la fausse information : quand il était premier ministre, il aurait reçu une lettre d'une jeune fille dévoilant un jeu sordide qui consistait pour les garçons d'envoyer des lames de rasoir dans les jambes des filles aux jupes courtes avec des lance-pierres. Personne ne confirme un tel fait divers. D'ailleurs, il ne dit rien des actions qu'il aurait engagées pour faire cesser cette violence.
Déjà il avait lancé contre toute vraisemblance que les "télés" avaient annoncé le suicide de sa femme ! Du coup, quand il dit dans cette vidéo que des travailleurs sociaux du Nord lui ont confié que des rues entières n'auraient plus aucune fille scolarisée, j'ai des doutes. Ce serait grave, il faudrait agir, mais est-ce vrai ? Que les travailleurs sociaux se fassent connaître.

[12 mars]

Prie-Dieu

Le Canard enchaîné révèle qu'en 2004, quand la nouvelle équipe (socialiste) emporte les élections régionales du Pays de Loire et visite les locaux du Conseil régional, elle découvre un bureau aménagé en chapelle, à proximité du bureau du président, François Fillon. Un crucifix, un prie-Dieu et des images pieuses, pour permettre aux collaborateurs de Fillon et aux élus de venir prier. Sans que le préfet ne trouve à redire. Ça va faire chaud au cœur, s'ils ne le savent déjà, aux membres de Sens commun/Manif pour tous, cathos extrémistes, qui organisait le rassemblement du Trocadéro.

[8 mars]

Mains tendues ?

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Dans l'échange hier soir entre Benoît Hamon et Laurent Wauquiez, ce dernier a déversé comme à l'accoutumée sa bile xénophobe, au point que Hamon a lâché judicieusement que son interlocuteur était l'hologramme de Marine Le Pen. En fait, il n'en est rien : le parti de Marine Le Pen ne se contente pas d'être xénophobe et raciste, il développe tout un programme social (retraites, salaires, durée du travail). Certes, l'objectif est de permettre à l'extrême-droite de ratisser large et de récupérer des voix parmi les classes populaires : seuls les gogos sont dupes, la droite dure et anti-sociale ne s'y trompe pas, elle sait bien qu'il ne s'agit là que d'une tactique. Mais Wauquiez, lui, ne s'embarrasse même pas d'une telle manœuvre. Il défend un programme économique et social tout ce qu'il y a de plus droitier. Tout ce qu'il fait depuis longtemps le situe à la droite… de l'extrême-droite, au point qu'il est en passe de devenir l'homme le plus détestable de la classe politique.
. France 2 : capture d'écran que j'ai réalisée au moment précis où les mains des débatteurs exprimaient tout autre chose qu'un appel au secours.

[10 mars]

Journalistes : tous de gôche ! 
BFMTV, pour commenter le discours de François Fillon au Trocadéro, outre Ruth Elkrief, macroniste, fait appel d'abord à un premier journaliste de Valeurs Actuelles et à une journaliste de Paris-Match. Puis à Éric Brunet, sarkozyste-filloniste de BFM mais aussi éditorialiste à Valeurs Actuelles : un canard de la droite extrême qui, ainsi, est très bien représenté sur cette chaîne en continu et qui, ce soir, pour montrer la réussite du meeting des factieux publie sur son site... la photo du meeting de Sarkozy de 2012 !

[5 mars]

La brochette du Trocadéro

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Bon, d'accord, François Fillon au Trocadéro a enfin compris qu'il lui fallait regretter d'avoir embauché sa femme, et d'avoir eu tant de mal à le faire savoir (on se demande ce que faisait son service de com' depuis le début, ce léger mea culpa arrivant bien trop tard). Il ne s'en est pas pris aux institutions et à la Justice qui le poursuit, tout en s'adressant à une foule de factieux, car l'appel à ce rassemblement avait bien été lancé pour dénoncer les juges chargés de lutter contre la corruption.

Cependant, comme il a été lâché par la plupart des ténors qui le soutenaient jusqu'alors, il avait tenu à avoir tout près de lui : l'histrion Bernard Debré, le duce des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, Gérard Longuet (un ancien de l'extrême droite), Valérie Boyer (une militante de la manif pour tous, qui ne cesse de s'en prendre aux musulmans tout en affichant ostensiblement qu'elle est chrétienne, et qui, à Pâques l'an dernier, faisait des selfies depuis la Syrie, du côté de celui qui l'a ensanglantée) et Malika Sutter-Sorel (collée à lui, jubilant d'être là), essayiste d'origine algérienne, louée par la faschosphère car montant sans cesse au créneau pour vilipender, de façon souvent laborieuse et prétentieuse, l'islam, ne serait-ce que pour prouver aux zemmouriens qu'elle est bien de leur camp. Belle brochette !

[5 mars]

Costards de Fillon 
Encore des sommes folles, parfois en liquide, perçues par François Fillon pour se payer des costards. Selon le Journal du Dimanche, un généreux donateur fait un chèque de 13 000 euros, bien supérieur aux sommes qu'un homme politique peut percevoir en don.
Mais ce qui m'intrigue ce ne sont pas les petites magouilles de Fillon (désormais on sait qu'il n'est pas l'homme intègre qu'il voulait paraître).

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Non, c'est le fait que le JDD cartonne. Quand on aura dit que C dans l'air, l'émission de la droite économique, sur France 5, n'a pas été tendre envers Fillon depuis le début de ses déboires, on peut se demander s'il n'y a pas du règlement de compte sarkozyste dans l'air : en effet, le JDD et C dans l'air (produit par Maximal Productions) appartiennent tous deux à Arnaud Lagardère, PDG du groupe Lagardère qui possède également Europe 1. Et Arnaud c'est le "frère" de Nicolas, très liés. Je veux bien croire à l'indépendance des journalistes, mais manifestement on leur laisse la bride sous le cou.

[photo capture d'écran du récent documentaire d'Envoyé spécial sur France 2, le 16 février]

Faut-il se réjouir ?

Alors que tout parait pourri au Royaume de France, on devrait tout de même se réjouir qu'un candidat qui s'attaque à la Sécurité sociale et remet en cause le modèle de protection sociale français ait dû reculer quelque peu face à la contestation qui se faisait jour. De même, lorsqu'il incitait à une réduction drastique de la dépense publique et qu'il croyait pouvoir jouer au moraliste, la révélation de son absence de probité provoque un tollé qui pourrait aboutir à un échec cuisant d'un homme donné d'abord comme vainqueur assuré de l'élection présidentielle.

Sauf qu'il faudra s'interroger sur : quel est le nom de cette malédiction qui frappe François Fillon ? Car d'autres hommes politiques de premier plan ont des casseroles bien pires. Nicolas Sarkozy n'est pas tombé ouvertement pour les rétrocommissions de l'affaire Karachi, ni pour le financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi, ni pour l'affaire Bygmalion et ses dépassements frauduleux de frais de campagne en 2012, autrement plus graves, véritables scandales d'État.

On peut donc se réjouir, mais il faudrait tempérer notre joie. Pas sûr que ce soit la moralité publique qui soit en train de gagner ces jours-ci. C'est sans doute le décalage entre une posture affichée et la réalité qui insupporte, à juste titre, l'opinion publique. Également la personnalité du personnage qui a su donner le change, un temps, pendant la campagne de la primaire, et, surtout, l'enrichissement personnel. Mais il est fort probable que Sarkozy, s'il avait été mis en cause pour les mêmes raisons, tout en étant l'objet de poursuites judiciaires, s'en serait bien mieux tiré, avec sa faconde habituelle. Ses partisans ne l'auraient pas lâché. De même qu'on ne prête qu'aux riches, on est bien plus tolérant avec les tricheurs patentés.

[3 mars]

Coûte que coûte

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Certains supposaient déjà que le carrosse de François Fillon avait été vu du côté de Varennes. Mais ce qui est cocasse c'est que, dans les états-majors de la plupart des partis politiques, on a soupiré d'aise à l'annonce de son maintien dans la course. Ils ont un temps redouté l'abandon du candidat de la droite, d'autant plus qu'une rumeur courrait selon laquelle Alain Juppé devait participer à sa déclaration de ce midi. Tout le monde souhaite que Fillon tienne le coup : car, à part son socle à 18 ou 20 % qui lui pardonne tout, l'opinion publique est consciente que ce qui est condamnable ce sont moins les sommes détournées que la façon dont François Fillon a caché ses petits arrangements. Il a conforté, y compris chez les gens de droite, cette appréciation donnée par Patrick Buisson (je sais, ce n'est pas une référence) dans son livre La cause du peuple, page 410 : "derrière le masque d'un premier communiant, se dissimulait un être sournois, vicieux et lâche" ! Donc, il continuera à plafonner, et n'a guère de chance de figurer au second tour. Ce qui plaît bien à quasiment tous les autres candidats.

[1er mars]

. Ces petits textes sont parus au préalable sur mon compte Facebook, aux dates indiquées entre crochets. Je n'ai pas respecté ici une chronologie stricte afin de regrouper parfois une thématique proche.

 

Billet n° 317 

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