Religion d'État et discriminations

Alors que le débat public s'agite pour savoir si l'antisionisme est un antisémitisme, une journaliste israélienne, Ofra Yeshua-Lyth, dont les parents sont nés dans la Palestine sous mandat britannique, parcourt la France pour présenter son livre qui dresse un réquisitoire implacable sur le poids de la religion dans l'État d'Israël.

Ofra Yeshua-Lyth [Photo éditeur] Ofra Yeshua-Lyth [Photo éditeur]
Ofra Yeshua-Lyth est née à Tel-Aviv dans les premières années qui suivirent la création de l'État d'Israël. Ses parents étaient nés en Palestine sous mandat britannique. Ils ont combattu dans les rangs de la Hagana. Ses grands-parents paternels, juifs, étaient venus du Yémen avant la Première Guerre mondiale, et ses grands-parents maternels étaient arrivés en Palestine dans les années 1920, en provenance de Crimée. Elle a travaillé longtemps comme journaliste au quotidien israélien Maariv et a été correspondante aux États-Unis et en Allemagne.

Elle a publié en 2016 un livre en Grande-Bretagne qui avait pour titre Politiquement incorrect : Pourquoi un État juif est une mauvaise idée, présenté comme des souvenirs et dont la traduction en français est parue en octobre 2018 : Pourquoi un État juif n'est pas une bonne idée, Mémoire critique. Il s'agit en réalité d'un texte dont une partie a déjà été publiée il y a une vingtaine d'années, et dont le titre aurait pu être État d'esprit, tant elle voulait rendre compte des mentalités régnant chez les habitants d'Israël. Elle réagissait ainsi, par ailleurs, à une loi de juillet 2018 qui n’a fait que renforcer la politique discriminatoire menée dans son pays, imposant par exemple l’hébreu comme langue d’État et rejetant la langue arabe qui avait encore droit de cité, et renforçant les colonisations illégales de territoires habités par des Palestiniens, à l’encontre des résolutions internationales.

Ofra Yeshua-Lyth, entre Pascal Pradon, libraire, et Jacques Pimbel, France-Palestine [Ph. YF] Ofra Yeshua-Lyth, entre Pascal Pradon, libraire, et Jacques Pimbel, France-Palestine [Ph. YF]
S'appuyant sur de nombreux souvenirs personnels, elle entreprend  de décrire les principes de base de ce pays. Elle sillonne actuellement la France, toute seule, pour présenter son livre. Elle était récemment à Auch (Gers), avec 70 participants, après avoir fait salle pleine à Pau la veille, et avant de prendre la route pour Saint-Etienne, Le Puy-en-Velay et Nîmes.

Ofra rappelle qui était Herzl, le fondateur du sionisme, un "économiste éclairé, qui avait élaboré un projet laïc et moderne". Il avait couvert le procès intenté contre Dreyfus à Paris, qui a déchiré la France. Les Juifs, qui pour la plupart relevaient de la middle class, se partageaient politiquement ainsi : les bundistes (socialistes), les communistes et les pro-Herzl, une minorité (tout au plus 5 %) rêvant d'un état en Palestine. Herzl pensait naïvement que le Palestiniens partiraient d'eux-mêmes ailleurs. En réalité, à l'époque, le projet n'est pas religieux : ce sont les Juifs venus d'Europe après 1948 qui ont importé la religion, ce qui fait qu'aujourd'hui le judaïsme a un pouvoir énorme sur la politique israélienne.

Il y a tout juste un siècle

Elle reprend l'histoire du sionisme : la Déclaration Balfour, du nom du ministre britannique des affaires étrangères qui s'engage auprès de la communauté juive sioniste à lui offrir "un Foyer national pour les Juifs", mais qui ne devait pas "porter atteinte […] aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine". La Conférence de Paris de 1919, qui réunit les Alliés vainqueurs, entérinera cette Déclaration. Les sionistes considèrent que cette terre appartient à "la Nation juive". On tolèrera les Arabes, alors même qu'à l'époque les Juifs sont 10 % de la population de cette terre. Beaucoup de Juifs n'approuvent pas ce projet, certains défendaient l'idée d'un gouvernement avec un Parlement démocratique.

Elle a appris après la publication de ce livre que les discriminations avaient précédé 1948 : car les Juifs, sous mandat britannique, avaient des droits à s'installer en Palestine. Il y avait des quotas, alors que les Palestiniens nés en Palestine mais qui partaient perdaient leur droit de résidents. Israël a poursuivi dans cette voie tandis que les Juifs qui s'en vont ont le droit de revenir. Un Juif israélien, par défi, a déclaré qu'il refusait son "droit au retour", mais cette demande a été repoussée par la Justice ("on ne peut pas choisir de ne pas être juif"). Les juges, souvent accusés par le pouvoir d'être d'extrême-gauche, rejettent systématiquement les demandes des Palestiniens à récupérer leurs maisons. Les Palestiniens qui ont été chassés de Palestine, qui vivaient entre Jaffa et Tel Aviv, lors de la Nakba (un million d'expulsés du fait de la guerre ou d'une volonté délibérée de l'armée israélienne) n'ont jamais eu droit au retour, ce qu'ils ne cessent de revendiquer. Ce qui ne signifie pas qu'ils reviendraient tous : Ofra confie que son éditeur à Cambridge, Palestinien, voudrait juste être autorisé à se rendre en Israël.

Partout où elle passe, les salles sont bondées. Ici à Auch, 70 personnes le 12 février [Ph. YF] Partout où elle passe, les salles sont bondées. Ici à Auch, 70 personnes le 12 février [Ph. YF]
Ofra raconte l'histoire de sa grand-mère qui logeait à Jaffa dans un logement appartenant à un Arabe. Comme elle ne pouvait pas toujours payer, il lui accordait des délais. Mais en 1948, lors de ces événements, il a été évacué. Sa maison a été récupérée par une société publique qui reprenait les maisons "abandonnées". A partir de là, ses grands-parents devaient payer leur loyer sans aucun délai de paiement. Ils avaient l'habitude de dire qu'"avec les Arabes c'était mieux".

Elle dénonce les discriminations qui règnent en Israël. Bien sûr, celle des Juifs envers les Palestiniens, mais aussi celle des Juifs askénazes envers les Juifs venus du Maroc, les "Juifs arabes" ou "mizrahim" (qu'on a fait venir du Maghreb, dit-elle, pour servir de prolétariat). Sa mère, qui a épousé un jeune (juif) yéménite a nié toute sa vie cette discrimination, alors même que ce mariage avait été mal accueilli dans sa famille. Elle-même, Ofra, a épousé un non-Juif, malgré l'opposition de ses parents, en particulier de son père, qui pourtant avait lui-même été victime de cette discrimination. La religion s'instille dans tous les aspects de la vie. Être religieux c'est presque une profession. Et le pire est que ce sont des  laïcs, issus du Parti travailliste, qui ont instauré ce régime. Nétanyahou lui-même n'est pas religieux mais il instrumentalise à son profit la religion. Les Juifs russes ne sont pas non plus religieux, qui sont là pour faire nombre. Un de ses amis, membre comme elle d'un groupe anti-sioniste, dit : "Un laïc israélien c'est quelqu'un qui sait que Dieu n'existe pas mais qu'Il a donné cette terre aux Juifs" !

Elle donne l'exemple du mariage : le mariage civil n'existe pas en Israël, seul existe le mariage religieux. La circoncision, "opération cruelle", qui satisfait un véritable lobby (tant juif que musulman, d'ailleurs) pouvait à une époque être encore discutée, mais aujourd'hui c'est impossible. Les religieux militent pour qu'un Juif n'ait aucune relation avec un non-Juif. 50 lois discriminent les Arabes par rapport aux Juifs : elle commente "ce n'est pas bon pour nous, car cela provoque des rages justifiées".

Toute discussion sur l'État d'Israël est tabou : l'idée dominante est que si l'État n'est pas juif, "ce sera la Shoah pour le peuple juif". On a peur de tout non-Juif qui arrive en Israël : Golda Meir disait que quiconque se marie avec un non-Juif c'est Auschwitz qui se poursuit. L'Armée ne peut être critiquée "car c'est elle qui te fait vivre". C'est après les accords d'Oslo, sur lesquels beaucoup de Palestiniens avaient fondé des espoirs, que tout a basculé. Car faute d'avancée, la 2ème Intifada a été enclenchée et en Israël il se disait que les Palestiniens "sont violents parce qu'ils sont violents par nature, ils tuent parce qu'ils sont terroristes". C'est à ce moment qu'elle a décidé d'écrire ce livre.

La salle est à l'écoute, Ofra parle doucement, s'exprime avec logique, elle n'est pas contestée. Excepté par une personne qui s'en prend à elle, lui disant que "s'il n'y avait pas eu la Shoah, il n'y aurait pas eu besoin d'un État juif", ajoutant qu'en tant que juive elle ne comprenait pas qu'une autre juive puisse tenir de tels propos. Ofra ne se démonte pas, elle reste très calme, et poursuit ses démonstrations.

Le seul projet politique acceptable c'est celui d'un État laïc : il ne s'agit pas d'une position anti-religieuse mais d'une affirmation que l'État ne peut reposer sur un projet religieux. Partout l'État a le monopole de la violence, il en a la légitimité : "mais je ne veux pas que ce monopole soit tiré de Dieu. Personne n'accepte un État islamique, l'État juif ce n'est pas pour moi. D'autant plus que je suis femme, et que le judaïsme, comme d'autres religions, discrimine les femmes. En Israël, ce n'est pas l'État qui dit si je peux divorcer mais le rabbin, puisqu'il n'y a pas de mariage civil. La séparation ethnique en Israël est une séparation religieuse. Aucun État ne devrait être basé sur le principe de l'apartheid."

Elle se demande si ses positions politiquement incorrectes ne seraient pas dues au fait que sa famille était déjà en Palestine avant la création de l'État juif. A ma question de savoir si ce point de vue est partagé par ceux qui ont la même histoire qu'elle, elle répond qu'elle le croit mais n'en est pas sûre. Mais elle a espoir dans les jeunes nés en Israël : ils auraient des conceptions différentes des anciennes générations et elle pense que la situation peut évoluer favorablement.

Interrogée pour savoir s'il y a matière à être optimiste, elle répond : "si on n'est pas optimiste, on n'écrit pas de livre". Elle constate que, malgré les difficultés, il y a des mariages entre Arabes et Juifs : "ça fait scandale chez les fondamentalistes mais on assiste à un mouvement favorable". Elle formule l'espoir que les jeunes générations s'opposeront aux discriminations : le programme de télévision qui remporte le plus grand succès actuellement met en scène des Juifs yéménites, jusqu'alors méprisés.

. Ofra Yeshua-Lyth était l'invitée de l'Association France-Palestine Solidarité (AFPS) du Gers et son intervention a eu lieu dans la librairie Les Petits Papiers à Auch, après une présentation par Jacques Pimbel (AFPS) et Pascal Pradon, libraire.

"Pourquoi un État juif n'est pas une bonne idée"

livre
La préface est assurée par Ilan Pappé, historien, né à Haïfa dans une famille juive allemande ayant fui le nazisme dans le années 30. Spécialiste du sionisme, il défend l'instauration d'un État démocratique sur l'ensemble de la Palestine historique. Il constate avec Ofra que "bien que de nombreux Israéliens soient laïcs, ils se soumettent à une idéologie théocratique qui sape la vision des fondateurs de l'État. En effet, si la société israélienne était plus laïque, elle serait plus à même de corriger les crimes du passé - comme la Nabka de 1948, le nettoyage ethnique des palestiniens - et ceux du présent, comme l'oppression des Palestiniens en Cisjordanie et la bande de Gaza".

Le livre d'Ofra se compose de plusieurs parties et de plusieurs chapitres, sans doute pour donner l'illusion d'une organisation, mais il s'agit davantage d'une suite de textes bien écrits, chroniques, anecdotes, qui peuvent se lire séparément, avec quelques répétitions et quelques photos de sa famille. Elle ne fait aucunement abstraction des violences que subissent les habitants d'Israël (attentats-suicide en 2000 dans des bus, des restaurants, des discothèques), des nombreux morts et des "centaines d'innocentes personnes […] paralysées à vie". De part et d'autres, dit-elle, on rêvait que "les autres allaient s'évanouir de la surface de la terre comme par miracle". Au lieu de poser les actes concrets favorisant une entente.

Sur la religion omniprésente et omnipotente, elle l'explique par le fait qu'elle a été un liant pendant les période de persécutions, de pogroms. Puis, après la Shoah, "les fondateurs de l'État, affligés par la perte de la moitié du peuple juif, ont cherché à attacher fortement entre eux tous les survivants avec la seule "colle" qu'ils connaissaient". Elle invoque le poète Saul Tchernichovsky qui prédisait que l'esprit de l'homme était destiné à "briser les chaînes qui le lient à l'irrationnel". Et elle de commenter : "Quelle déception ! Ces chaînes si bien préservées nous servent aujourd'hui de menottes".

La droite et la gauche sont responsables de cet état de fait, avec pour seule nuance : "la gauche éclairée souhaite soustraire les Juifs des zones majoritairement peuplées par les non-Juifs, alors que la droite nationaliste espère expulser les non-Juifs des territoires qu'elle convoite".  Même avec deux États, elle n'est pas optimiste : les Juifs d'Israël pourraient conserver une majorité pendant encore quelques années, mais si les non-Juifs continuent à relever d'un statut légal inférieur, "ils n'en finiront pas de persécuter ces minorités grossissantes en leur sein".

Plutôt que la séparation en vigueur, elle en appelle à la séparation de la religion de l'État, donc pour un État unique démocratique et laïc, sans développer plus avant la façon dont elle verrait le passage de la situation actuelle à celle qu'elle appelle de ses vœux.

"Se languir d'amour à Baltimore" : Ofra nous livre l'histoire de Nurit, jeune fille juive, enceinte d'un amoureux jeune Palestinien (parlant parfaitement l'hébreu), contrainte par sa famille ultra-orthodoxe à partir aux USA, enfermée dans une maison à Baltimore, sans passeport et sans connaître la langue, pour accoucher et donner là-bas son enfant à un couple adoptant : récit hallucinant qu'Ofra raconte magnifiquement, avec le suspens d'un roman policier (car elle dut faire intervenir la police), elle qui a sauvé, par son engagement militant, ce couple, alors qu'elle était correspondante de son journal à New York. Occasion pour elle, à travers cette histoire rare (le couple mixte s'est marié et a eu des enfants), d'aborder les mœurs et la législation israéliennes.

. éditions Scribest.

"Looking for Zion"

Extrait du film Extrait du film
Au cours de l'échange avec Ofra, des membres de l'assistance évoquent le film de Tamara Erde, Looking for Zion, que nous connaissons bien dans le Gers car la jeune réalisatrice a été en résidence ici, dans un quartier populaire. Ofra se réjouit : elle dit bien connaître la mère de Tamara, sa meilleure amie, et Tamara elle-même (ce que Tamara m'a confirmé deux jours plus tard). Peut-être l'occasion de se rappeler qu'Israël n'est pas plus grand que trois départements français (mais avec 9 millions d'habitants, tout de même).

Ce film (Par nos yeux), réalisé par Tamara Erde (non encore diffusé), a été présenté au Festival Indépendance(s) & Création en octobre 2018. La jeune réalisatrice raconte l'histoire de son grand-père, Ephraïm Erde, qu'elle n'a pas connu et qui était membre du mouvement de jeunesse sioniste Hachomer Hatzaïr ("la jeune garde"). Il devint le photographe du mouvement sioniste dans les années 30 (on l'appelait le "palestinographe").

Tamara Erde, entre Sylvie Buscail, déléguée générale de Ciné 32 et Alain Bouffartigue, président de Ciné 32, lors de la présentation de son film au Festival Indépendance(s) & Création le 4 octobre 2018 [Ph. YF] Tamara Erde, entre Sylvie Buscail, déléguée générale de Ciné 32 et Alain Bouffartigue, président de Ciné 32, lors de la présentation de son film au Festival Indépendance(s) & Création le 4 octobre 2018 [Ph. YF]
Ses photos ont été souvent publiées, dans les journaux et dans diverses publications, dans le monde entier. Il a légué ses négatifs à un musée, mais Tamara, sans nous montrer un album mais en projetant quelques unes de ces photos sur grand écran, in situ, donne vie à ces images, en particulier sur des lieux investis aujourd'hui par des religieux. Dans une démarche proche de celle d'Ofra, elle confronte son histoire personnelle familiale à l'histoire de son pays. Son but : montrer que l'idéal de son grand-père sioniste a été dévoyé et n'a rien à voir avec ce qu'est devenu Israël . Elle en appelle à une  refondation, une nouvelle utopie, qui ne serait pas réservée à quelques uns, mais prendrait en compte les droits de tous. "La peur a remplacé le rêve, se remémorer le rêve, car le rêve n'est pas mort".

 

"M"

m
Ce film de Yolande Zauberman, également présenté au Festival de Ciné 32 en octobre dernier, doit sortir en avril prochain. Il décrit les Juifs ultra-orthodoxes de Bnei Brak, la banlieue de Tel Aviv. Enquête sur Menahem Lang, chanteur à la voix d'or, qui témoigne des viols qu'il a subis dans cette communauté (dès l'âge de 7 ans, par plusieurs rabbins). Et d'autres parlent : la réalisatrice, qui a travaillé avec Amos Gitaï, confie après la projection que, paradoxalement, dans cette communauté très fermée, quand la parole se libère les confidences vont très loin. Documentaire-choc qui, par ce voyage au bout de l'horreur, rend compte du fait que la pédophilie est aussi présente dans cette religion, dans ces milieux perclus d'hypocrisie qui passent leur temps à asséner leur morale ultra-puritaine.

Du bon usage de l'antisémitisme en politique

Face à l'instrumentalisation de la question de l'antisémitisme qui a lieu actuellement dans le débat public (discrédit à l'encontre du mouvement social en cours, discours permanent souvent raciste à l'encontre des minorités musulmanes et envers ceux qui combattent pour les droits des Palestiniens), j'approuve sans réserve ce texte de Michel Tubiana, président honoraire de la Ligue des droits de l'homme, publié sur son blog de Mediapart le 18 février : Du bon usage de l'antisémitisme en politique

 

. Mise au point : au terme de ce billet, je suis conscient de l'ambiguïté qui consiste à devoir citer des auteurs le plus souvent juifs pour aborder ces questions, pour ne pas être accusé automatiquement d'antisémitisme, ce qui serait inévitablement le cas si les auteurs, tenant le même propos, étaient non-Juifs, Palestiniens par exemple.

. Anecdote : je me suis fait l'écho de la position d'Ofra Yeshua-Lyth en faveur d'un état démocratique et laïc sur le mur Facebook d'une personne qui évoquait Israël : dans un premier temps, cette personne s'insurge car elle y voit un appel à la suppression de l'État d'Israël et qualifie cette aspiration d'antisioniste. Admettons, sauf qu'elle me reproche ensuite de violer la décision de l'ONU de 1948 et se dit prête à me signaler à Pharos pour "révisionnisme". Une de ses amies commente en disant qu'on n'est pas loin des Protocoles des Sages de Sion. Cette anecdote est le signe que, si effectivement des racistes, des antisémites, des révisionnistes s'en donnent à cœur joie sur les réseaux sociaux, certains qui voudraient  les combattre, peut-être tout à leur peur viscérale, semblent utiliser ces accusations sans même savoir ce qu'elles recouvrent.

 Manifestation contre l'antisémitisme et tous les racismes

montage

 Comme dans beaucoup de villes en France, le mardi 19 février, un rassemblement de 200 personnes a eu lieu à Auch (dans le Gers) à proximité de cette plaque qui rend hommage aux victimes des persécutions racistes et antisémites et des crimes contre l’humanité commis sous l’autorité de fait dite "Gouvernement de l’État français" (1940-1944). Le discours prononcé au nom de plusieurs organisations par un représentant de la Ligue des droits de l'homme se terminait par un appel contre l'antisémitisme, mais aussi contre le racisme, la xénophobie et pour la fraternité, la laïcité et la tolérance [Photos YF].

 

Billet n° 450

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr

Lien avec ma page Facebook

Tweeter : @YvesFaucoup

   [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans le billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, les 200 premiers articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200. Le billet n°300 explique l'esprit qui anime la tenue de ce blog, les commentaires qu'il suscite et les règles que je me suis fixées. Enfin, le billet n°400, correspondant aux 10 ans de Mediapart et de mon abonnement, fait le point sur ma démarche d'écriture, en tant que chroniqueur social indépendant, c'est-à-dire en me fondant sur une expérience, des connaissances et en prenant position.]

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.