Service civique pour jeunes filles

 Parce que les principes républicains se perdent, que l'école n'assumerait plus son rôle en la matière, alors on promeut le service civique. François Hollande et le PS ont même envisagé de le rendre obligatoire. En période de fort chômage, des milliers de jeunes gens rendant des services d'intérêt général à 573 € par mois. Rappel du temps où les gens de gauche combattaient un service civique à caractère social et culturel... pour les jeunes filles. Et veille sociale.

 

Parce que les principes républicains se perdent, que l'école n'assumerait plus son rôle en la matière, alors on promeut le service civique. François Hollande et le PS ont même envisagé de le rendre obligatoire. En période de fort chômage, des milliers de jeunes gens rendant des services d'intérêt général à 573 € par mois. Rappel du temps où les gens de gauche combattaient un service civique à caractère social et culturel... pour les jeunes filles. Et veille sociale.

 

Social en vrac n°40

 

Service public ou service civique ?

Le service civique a été créé en 2010, sous Nicolas Sarkozy, qui faisait suite au service civil promu après les émeutes de 2005 : il s'agit pour des jeunes de 18 à 25 ans de s'engager volontairement dans des actions d'intérêt collectif durant 6 à 12 mois. Dans le contexte d'entente nationale du 11 janvier, le chef de l'Etat actuel voulait contraindre les jeunes à effectuer ce service sur une durée raccourcie à trois mois. RTL prétendait même qu'il aurait eu l'intention d'organiser un référendum sur le sujet.

 

Le premier président de l'Agence chargée de le mettre en œuvre, fut Martin Hirsch, par ailleurs haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté (mise en place du RSA) et à la Jeunesse. Aujourd'hui, il dirige l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (90 000 salariés) et préside un Institut du service civique, qu'il a créé et qui cherche à populariser la mesure auprès des entreprises et des grandes écoles. C'est à ce titre qu'il a consacré dans Le Monde un long article (22 janvier), après les exécutions sommaires djihadistes en France, dans lequel il soutenait l'extension du dispositif tout en s'opposant à ce que cet engagement devienne obligatoire ou même, comme certains le prônaient, militaire.

 

Il constatait que les jeunes s'y intéressent : ils sont quatre fois plus nombreux à vouloir l'accomplir qu'il n'y a de places disponibles. Y compris dans la jeunesse des quartiers défavorisés. Selon lui, ce dispositif affiche le fait que "la société a besoin d'eux". Le service civique viendrait étancher une "soif inextinguible de se rendre utile". Et d'asséner cette phrase frappée du bon sens : "il n'y a pas pire violence que celle qui renvoie à la figure d'un individu sa prétendue inutilité". Certes, mais d'autres se sont déjà servis de ce genre d'argument pour imposer un travail "obligatoire" aux gens aux RSA : "que l'on me comprenne bien, ce n'est pas pour punir, c'est au contraire pour respecter, pour redonner de la dignité. On n'a pas de dignité quand on ne peut survivre qu'en tendant la main" (Nicolas Sarkozy, discours de Bordeaux, le 15 novembre 2011, le doigt levé avec autorité et salle qui l'ovationne).

 

Toujours pragmatique, Martin Hirsch donne des exemples, comme ce jeune homme, volontaire dans un bus pour les sans-abri, qui deviendra " un travailleur social passionné" ou tous ces jeunes intervenant dans les hôpitaux au service des urgences, dans les quartiers défavorisés, auprès des personnes âgées, des sans domicile fixe, des jeunes handicapés.

 

Service_civique_1.jpg[site service-civique.gouv.fr]

François Chérèque, président de l'Agence du service civique, qui n'était pas cité par Martin Hirsch dans son long article, est monté également au créneau pour s'opposer à un service civique obligatoire, mais il a réclamé davantage de moyens, ne pouvant satisfaire que 35 000 demandes sur 120 000 (en 2014). Il a annoncé le 24 févier qu'il avait de grands projets, avec des missions dans les hôpitaux, chez les pompiers. Il a prôné un "parcours citoyen" et le principe d'une "réserve citoyenne" (des jeunes ayant accompli le service civique pouvant être mobilisés en cas de crise).

 

Enfin, Ségolène Royal vient d'annoncer 15 000 places dans le domaine de l'environnement, le tiers étant mobilisé immédiatement.

 

Tout cela est bien sympathique, mais le consensus qui se fait jour autour de ce service civique m'étonne quelque peu, car il fait l'impasse sur le contenu des missions. Il conforte l'idée que les missions sociales sont tellement hors normes, que les bonnes volontés devraient suffire pour intervenir auprès des enfants, des personnes âgées ou handicapées. Or il y a des professions dans ces domaines, c'est-à-dire des intervenants qui ont suivi une formation approfondie, axée sur une éthique et une technique, pour exercer au mieux ces missions.  Donc, s'il est légitime et judicieux de se soucier d'une jeunesse qui cherche à se rendre utile, et qui, à travers diverses activités, pourrait construire sa citoyenneté, il n'est pas inconséquent de s'interroger sur les raisons qui font qu'une partie de cette jeunesse, sans emploi, sorte du pacte républicain. Au moment où les associations voient leurs subventions se réduire comme peau de chagrin, le risque d'un dérapage vers des emplois sous-payés est grand si l'on ne définit pas avec plus de précision les missions que le service civique devrait accomplir et qui ne sont pas et ne peuvent pas être assurées par les professions existantes.

 

Vertus de féminité

Déjà en 1969, un texte de l'Assemblée nationale datée du 6 janvier exposait les motifs d'une proposition de loi "portant sur l'organisation d'un service civique à caractère social et culturel pour les jeunes filles", qui prendrait place à côté du service militaire pour les garçons. Je retrouve copie de ce document dans mes "archives" (vieux document ronéoté) :

"Au moment où l'on s'efforce de mettre en place une nouvelle société*, il importe de s'appuyer sur la jeunesse, cette jeunesse pleine d'un dynamisme désorienté mais à la recherche d'un idéal.

Les besoins dans tous les domaines, notamment domaine social, culturel, sont si nombreux qu'il faut faire appel non à une fonctionnarisation lourde et souvent sclérosante, mais à une force d'intervention souple et dynamique."

 

Maintenant que la guerre est finie, la jeunesse doit agir pour "élaborer un monde solidaire, plus juste et plus social". Le texte prévoit que l'armée moderne aura moins besoin d'effectifs, et qu'il y aura donc de moins en moins de garçons appelés sous les drapeaux. Il faudra les orienter sur des tâches civiles "en France, dans les secteurs économiques, culturels et sociaux en voie de développement". Les filles, quant à elles, elles bénéficient des mêmes avantages que les garçons sans rien offrir à la Nation. "Il paraît bien normal de faire appel à elles, non pour les encaserner, mais pour leur confier des missions en rapport avec leurs vertus de féminité, de dévouement de futures mères de familles gardiennes des traditions de la femme française". C'est "une invite à l'organisation d'un service civique où chaque jeune Française serait appelée à faire l'expérience pratique du civisme pendant un an". Les auteurs répondent à l'avance à la critique : oui, "certains diront que cela va empêcher de gérer des emplois de fonctionnaires au rabais", mais "aucun budget ne saurait donner satisfaction à de tels besoins en personnel" qui se font jour dans les domaines sociaux et culturels.

 

Alors ces jeunes filles pourraient aider les "personnels fonctionnarisés" (et "peu mobiles") à l'hôpital, dans les classes maternelles, seconder les assistantes sociales en milieu rural. Si elles sont sportives, renforcer les effectifs insuffisants des professeurs d'éducation physique, être animatrices socio-culturelles dans les quartiers. Etait prévue une "indemnité journalière mensuelle [sic] à fin de subsistance et d'encouragement" (sans précision du montant).

 

Tollé général : les travailleurs sociaux en formation que nous étions à l'époque se mobilisèrent contre ce projet, en particulier en mars 1970, au moment où ce projet de service civique se précisait. Grève dans la plupart des écoles de travailleurs sociaux en France contre "cette proposition de loi  [qui] vise à employer tous les désœuvrés et dénote un refus du gouvernement de prendre ses responsabilités alors qu'il reconnaît ses lacunes, notamment dans les domaines sociaux et culturels" (tract de mars 1970). On relève que le chômage grimpe (déjà), on ironise sur la conception ancestrale de la femme promue par ces parlementaires et on dénonce cette tentative pour le gouvernement de palier le manque de personnel spécialisé salarié, en faisant appel "à des jeunes filles sans formation réelle et qui travailleraient bénévolement".

 

Nous avions le soutien des syndicats CGT et CFDT, et des partis politiques de gauche. Ce projet de service civique fut finalement abandonné.

 

Service_civique_2.jpg Défilé sur les Champs-Elysées le 14 juillet 2013 [site service-civique]

http://www.service-civique.gouv.fr/

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* Ce terme "nouvelle société" apparaît déjà ici alors que Jacques Chaban-Delmas n'en fera son projet politique qu'un peu plus tard. Georges Pompidou ne lui pardonnera pas cette initiative (de vouloir fonder une "nouvelle société") et se séparera vite d'un premier ministre risquant de lui voler la vedette. La proposition de loi avait dû être écrite par des députés chabanistes !

 

. Nicolas Sarkozy avait envisagé en 2011 un "service citoyen" pour les mineurs délinquants (ainsi dénommé pour le dissocier du service civique)

 

Sur Mediapart :

. Robert Chaudenson a consacré 4 billets sur son blog de Mediapart au service civique, dont le premier ici.

 . Bernard Rouzies s'est prononcé pour un "service civique européen" "consacré aux oeuvres sociales et environnementales".

 . Jean-Marie Charron pense que l'instauration d'un service civique obligatoire de six mois permettrait de créer "une véritable solidarité nationale, voire européenne".

  

Le "lenoirisme"

Dans les années 70, René Lenoir, auteur d'un livre qui fera date (Les exclus), devenu secrétaire d'Etat à l'Action sociale de Giscard d'Estaing, prône le développement du bénévolat dans le secteur de l'action sociale. Le pouvoir, prenant en compte la crise provoquée par le premier choc pétrolier, mesurant que des révoltes se feront jour et que la collectivité devra dépenser de fortes sommes pour les contrer (Lenoir publie un article explicite sur ce point dans la revue Preuves) tend à freiner les recrutements, qu'il compte compenser par des acteurs bénévoles. Je publie, en mars 1975, dans la revue Champ social, un long article critique sur l'idéologie que recouvre cette orientation politique officielle, en créant ce néologisme : Le lenoirisme, ou la société unidimensionnelle (texte qui sera repris dans un ouvrage collectif intitulé Champ social, chez Maspero, l'année suivante).

 Aujourd'hui, j'admets qu'il doit être envisagé, tant au niveau des actions que des fonctions, un rapport de bonne intelligence entre professionnels et bénévoles (toutes les interventions sociales ne pouvant être assurées par les seules institutions, et les gens de métiers). Par ailleurs, je considère René Lenoir comme un humaniste. Mais je pense qu'il importe de rester toujours vigilant car, lorsqu'un pouvoir est confronté à une crise économique couplée avec une crise de société, le risque est grand qu'il instrumentalise plus que jamais la question sociale et prône le dérivatif du bénévolat.   

 

Protection sociale et inégalités sociales de santé

On constate dans nos sociétés développées un accroissement des inégalités face à la santé. Est-ce que cela signifie que notre système de protection n'est plus adapté, comme tant d'"experts" le prétendent ? Marcel Drulhe, professeur émérite de sociologie (Université Jean-Jaurès, Toulouse), publie un article sur le sujet sur le site Mondes sociaux, magazine des sciences humaines et sociales toulousaines.

 Rappelant qu'en général, pour les sociologues, "l’espace social se structure principalement autour des rapports sociaux de genre, de génération, de classe et ethno-culturels", il se demande si les mécanismes biologiques sont eux-mêmes façonnés par des mécanismes et processus sociaux. Il répond par l'affirmative : les études statistiques établissent bien des "écarts sociaux de santé". Par ailleurs, le système de soins est loin d'être le seul responsable de l'amélioration éventuelle de la santé des populations. Si l'on veut rendre la protection sociale plus efficiente, il ne faut pas se contenter de faciliter l'accès aux soins, mais il importe d'œuvrer pour l'égalité des chances : "l'investissement social pour l'avenir doit être un investissement pour une enfance épanouie, solide et égalitaire".

 http://sms.hypotheses.org/3468

 Mondes_sociaux.jpg [illustration extraite du site des Mondes sociaux]


L'état de santé de la population en France

Un rapport de la DREES, publié le 12 février, confirme ce qui précède : si l'état "est globalement bon", l'étude constate "des disparités sociales importantes et qui persistent". "L'écart d'espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 6,3 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes. En outre, plus l'espérance de vie est courte, plus elle est grevée d'incapacités fonctionnelles." Où en est-on sur la négociation sur la pénibilité au travail et les retraites ?

 

 Droits de l'Homme : la France montrée du doigt

Suite à un déplacement en France en septembre 2014 (avant les événements de janvier), le commissaire européen aux droits de l'homme a rédigé un rapport sévère à l'encontre de la France : sur son dispositif d'accueil des demandeurs d'asile, sur son attitude face aux Roms, aux gens du voyage, aux personnes handicapées.

Rapport de Nil Muižnieks publié le 17 février

 

Prisons françaises : taux de suicide élevé

L'enquête Space, effectuée à la demande du Conseil de l'Europe et rendue publique le 11 février, confirme que la France, non seulement voit sa population carcérale augmenter (78 363 en 2013, en comptant les placements sous surveillance électronique), mais elle continue à avoir un taux de surpeuplement très élevé avec 117 personnes pour 100 places. Si l'Italie nous dépasse largement, l'Allemagne, le Royaume-Uni, et l'Espagne présentent un taux bien inférieur. Quant aux suicides, c'est le plus fort taux pour les grands pays : il s'élève à 14,4 (pour 10 000 détenus), contre 8,2 en Allemagne, 7 au Royaume-Uni, 4,2 en Espagne, 8,5 en Italie.

Version résumée : rapport Space 2013 

 

Privilégions le travail social !

C'est ce que défend le sociologue Ouisa Kies dans Le Monde du 27 janvier, estimant que dans les prisons, pour éviter la radicalisation, ce ne sont pas seulement 60 aumôniers musulmans supplémentaires qui sont nécessaires, mais tout un "travail social pour faciliter la réinsertion de l'individu et transformer un cadre répressif en terrain d'apprentissage de la réhabilitation." Cette prise en charge sociale et éducative, dans un Etat laïque, incombe d'abord à des professionnels dont c'est le métier.

 

coindesk.jpg [coindesk]


L'assistant social un peu mamma

L'imam Tareq Oubrou, de Bordeaux, interrogé sur la formation des imams, déclare au Monde (13 février) : "l'imamat en France est d'abord une vocation. La théologie ne suffit pas. L'imam fait aussi l'assistant social, l'exorciste, il résout les problèmes conjugaux. La précarité, les frustrations, les vulnérabilités, la marginalisation..." Allons bon, on avait déjà l'élu local qui se disait un peu "assistant social", pourvu que les assistants sociaux ne se prennent pas pour exorcistes !

 

Sigles variables

En 1949, est créée l'Association nationale d'action sociale "des CRS" (ANAS) devenue plus tard "des personnels de la police nationale et du ministère de l'intérieur". Aujourd'hui, l'un de ses dirigeants, Jo Masanet, est en prison pour malversations, en lien avec les avatars du 36 Quai des Orfèvres.

Le problème est qu'une autre ANAS existe : l'Association nationale des assistants sociaux, qui aurait préféré s'épargner une telle mauvaise publicité. A noter que les policiers n'ont pas été fair-play en piquant ainsi un sigle déjà existant. En effet, l'association des assistants sociaux a été créée, elle, en décembre 1944. Quand on dit que les services sociaux arrivent bien souvent avant la police !

Le Jo en question, orfèvre en la matière, a déjà été condamné en 2003 pour avoir modifier le libellé de chèques versés par des entrepreneurs pour régler des encarts publicitaires parus dans la revue des CRS : avec des amis, il transformait CRS en ORS, et une société créée tout spécialement a ainsi empoché 1,2 millions d'euros. Elle s'appelait ORS. Malin, non ? Et comprenne qui pourra : il a été vite amnistié et n'est pas passé en conseil de discipline.

 

Zéro SDF grâce aux assoces

Anne Hidalgo, maire de Paris, a déclaré le 18 février qu'elle a pour objectif "Zéro SDF dans la rue", à Paris en 2020. Elle ajoute que cela n'aurait pas été possible si elle n'avait pas été interpellée par les grandes associations. Nulle intention de nier l'importance du rôle de ces associations en faveur des sans-abri, mais la Mairie de Paris assure les missions du Département à travers sa Direction de l'Action Sociale, de l'Enfance et de la Santé (DASES) qui a près de 5000 agents, avec un budget de 1,2 milliards d'euros (2013), et donc beaucoup de travailleurs sociaux et médico-sociaux. Ces derniers n'ont jamais rien signalé au sujet des SDF sur Paris ? On pourrait penser que Mme Hidalgo, par sa déclaration, cherche à amadouer les associations. Mais elle n'est pas la seule à fonctionner ainsi : en matière sociale et médico-sociale, les professionnels du secteur public sont sur la brèche, mais chut !, il ne faut pas le dire. 

 

Montaigne ("Les Essais")

Une étude de l'ONG Oxfam constate que 80 "ultra-riches" possèdent la richesse de la moitié de la population mondiale. Montaigne s'étonnait déjà que face aux injustices criantes les nécessiteux ne se révoltent pas. Je relève dans"Les Essais" cette phrase :

 

"Ils avaient aperçu qu'il y avait parmi nous des hommes pleins et gorgés de toutes sortes de commodités, et que leurs moitiés étaient mendiants à leurs portes, décharnés de faim et de pauvreté ; et trouvaient étrange comme ces moitiés ici nécessiteuses, pouvaient souffrir une telle injustice, qu'ils ne prissent les autres à la gorge, ou missent le feu à leurs maisons."

 

 

Billet n°180

Billets récemment mis en ligne sur Social en question :

Jeunesse délinquante aux oubliettes

Petite classe moyenne deviendra grande ?

Voleurs de poubelles et sans-abri (Social en vrac n°39)

Quand l'austérité tue (Social en vrac n°38)

Spartacus et Cassandra

Le Prix à payer

 

Contact : yves.faucoup.mediapart@sfr.fr

@YvesFaucoup

  [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question]

 

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