Tous se plaignaient… mais tous n'étaient pas frappés !

Tandis que le premier ministre et le ministre de l'économie se pavanent au Forum économique de Davos (plus exactement au grand raout de l'ultralibéralisme), les inégalités progressent inexorablement dans le monde et en France. Les démagogues ne cessent de discourir sur la "souffrance" des Français. Mais qui souffre ? Silence assourdissant des élites.

 Comme chaque année, à même époque, Oxfam publie les dernières données sur les inégalités dans le monde : 62 personnes, milliardaires, possèderaient une fortune équivalente à celle de la moitié de l'humanité, soit 3,5 milliards de personnes.

Rapport de l'Oxfam 2016 Rapport de l'Oxfam 2016

Parce que l'étude d'Oxfam s'appuie sur les données d'un annuaire de la richesse mondiale publié par une banque suisse, alors ici ou là on conteste ce constat édifiant. En effet, ce qui est retenu c'est le patrimoine moins les dettes, la méthode serait discutable (le Monde du 19 janvier). L'Opinion ironise : avec un patrimoine de 2950 € on se retrouve dans la moitié de la population mondiale la plus riche. Marianne galèje sur la naïveté et le militantisme des auteurs de l'étude. Qu'importe. Forbes, pour les fortunes mondiales et Challenges pour les nationales, nous instruisent chaque année sur le nombre de milliardaires et sur la progression de leurs fortunes. Car, effectivement, depuis quelques années, elles ne cessent de progresser.

La seule question qui vaut ce n'est pas la méthode de calcul mais le cynisme qui fait que des hauts lieux de la Finance ne craignent nullement d'afficher l'abondance dans laquelle se vautrent les plus fortunés de cette planète en surfant sur une crise économique que certains d'entre eux ont provoquée : délibérément ? on ne sait, mais au moins par irresponsabilité à court terme, faire des profits au plus vite, tant pis si cela provoque des catastrophes.

Le cynisme des puissants

Ce cynisme (c'est-à-dire : ne même pas dissimuler cette infamie) a pour but d'écraser plus encore ceux qui galèrent : vous ne pouvez rien contre ces puissances affichées sans pudeur, vous n'avez qu'à vous incliner, ou à espérer qu'un jour un revers de fortune fera que vous accéderez vous-mêmes au nirvana du ghetto du Gotha.

Appartements de luxe et favellas Appartements de luxe et favellas

Il est possible qu'il y ait quelques zozos qui, dans le domaine de l'édition, aient tenté de démontrer le contraire. Mais je constate qu'un nombre indéfini d'ouvrages actuellement en librairies confortent le constat de l'accroissement incessant des inégalités. Les Américains, même à Wall Street, sont tombés en pamoison devant le Capital au XXIₑ siècle de Thomas Piketty : qu'écrivait-il, lui qui a déjà consacré plusieurs ouvrages aux inégalités et à la redistribution ? Que les inégalités ne tombent pas du ciel : "l'histoire de la répartition des richesses est toujours une histoire profondément politique et ne saurait se résumer à des mécanismes purement économiques". Anthony B. Atkinson, professeur d'économie à la London School of Economics, dans Inégalités, milite pour une autre répartition des richesses et le rôle de l'État pour y parvenir, en organisant un partage du capital et une imposition plus progressive.

Campement en pleine ville en Inde [Photo YF] Campement en pleine ville en Inde [Photo YF]

Ainsi on ne nous cache rien de l'opulence des Bettencourt (et les petits toutous politiciens venus quémander quelques miettes d'une fortune de 40 milliards d'euros qui permettraient de verser le RSA à 2 millions de foyers pendant près de 5 ans), Arnault (encore 4 ans et demi de RSA) et autres Dassault (vivant des commandes généreuses de l'État français).

Des footeux gagnent 100 fois plus qu'un chirurgien qui sauvent des vies humaines : pas pour leur dextérité, mais parce qu'ils font entrer des sommes folles dans les caisses des clubs financés, parfois, par des émirats qui armèrent le terrorisme. Des PDG du CAC 40 à 3 ou 4 millions d'euros par an viennent déverser la bonne parole pour expliquer au petit peuple qu'il vit au-dessus de ses moyens. Des journalistes, leurs laquais, nombreux, alors même qu'ils n'ont aucune conscience politique, se prétendent économistes, et leur emboîtent le pas : ils ressassent jusqu'à plus soif qu'il faut se serrer la ceinture, se moquant du tiers comme du quart des inégalités (dont ils profitent grandement, le salaire de certains pouvant atteindre 2 à 3 fois celui d'un ministre), et veillant bien à ne jamais parler des causes originelles de la crise de 2008 : la dérégulation de la finance qui a mis les économies occidentales à genoux. Mais l'occasion est trop belle pour attaquer en permanence le modèle social, et reprocher au pouvoir en place de ne pas s'en prendre suffisamment aux acquis sociaux, à la protection sociale qui seraient la cause de tous nos maux.

La complainte du patronat…

Et c'est ainsi que le patronat français nous serine, année après année, qu'il pourrait faire des miracles en matière d'emplois, si seulement les charges sociales baissaient, et s'il était plus facile de licencier. D'où l'appel permanent à casser le Droit du travail, avec de nombreux complices dans les médias. Chantage efficace, puisque les hommes au pouvoir ont régulièrement entendu et pris en compte cette complainte. On s'y perd dans la litanie des mesures prises pour "décharger" les bas salaires depuis des décennies, exonérations par ci, allègements par là. Sans remonter à Mathusalem (par exemple les exonérations totales de charges pour le recrutement des jeunes et aussi pendant toute la durée de l'apprentissage, sous Barre en 1977), cela fait bien 20 ans que des mesures régulières sont prises pour réduire les charges patronales : prenons la réduction Fillon (qui prévoit entre 26 et 28 % de réduction de charges patronales pour les salaires au Smic, lissée jusqu'à 1,6 Smic), elle a été prolongée par le gouvernement actuel, en l'accentuant, avec diminution des cotisations sociales familiales jusqu'à 3,5 Smic. Le CICE (20 milliards pour la seule année 2014, pour "la compétitivité et l'emploi") et le pacte de responsabilité (baisse de cotisation et de divers impôts, pour un montant de 6 milliards en 2015), sans exigence à l'égard du patronat en matière d'emplois, ont été pour le moment sans effet, manifestement le surplus engrangé ayant servi le plus souvent à satisfaire les actionnaires.

Une partie de la droite et les dirigeants du patronat n'ont cessé de dire que les "40" milliards ainsi alloués n'étaient qu'une compensation pour les hausses d'impôts précédentes, faisant l'impasse sur les baisses considérables que la première partie du quinquennat Sarkozy avait concédées. Selon un audit sur la dette publique, ce sont ces baisses ainsi que le renflouement des banques suite à la crise des subprimes et des taux d'intérêt à l'époque exorbitants sur les marchés, qui expliquent le montant de la dette publique actuelle, presqu'équivalente au montant du PIB.  

Quant au licenciement, même dans certains milieux patronaux (honnêtes), on se marre en écoutant Gattaz : chacun sait bien qu'il est possible de licencier pour raisons économiques, sans parler du fait que l'essentiel de l'emploi se fait aujourd'hui en CDD. L'argument est donc spécieux. Par contre, le patronat a certainement raison quand il dit que l'emploi ne se décrète pas et qu'il faut un carnet de commandes. Donc pas de philanthropie, OK. Mais alors il ne faut pas venir larmoyer sur le chômage : je ne parle pas de petits entrepreneurs qui, par la force du poignet, ont monté leur boite, sans esprit de spéculation et qui se soucient réellement de la survie de leur entreprise et de leurs salariés, mais je n'arrive pas à croire à leur moindre sincérité quand j'entends certains pontes du Medef, des hommes politiques qui s'accommodent très bien avec les inégalités, et les petits roquets qui les servent (les Yves Calvi, Agnès Verdier-Molinié, Jean-Michel Apathie, et autres Yves Thréard) quand ils prétendent que le problème numéro un, selon eux, c'est l'emploi. Alors que cette situation leur convient pleinement puisqu'elle permet tellement de jouer à la baisse sur les salaires, ce dont ils rêvent sans même s'en cacher. Plusieurs d'entre eux n'hésitant pas à réclamer sans vergogne la baisse du Smic, et même des jobs à l'allemande à 500 €.

Enfin les 35 heures ! Débat purement idéologique de Gattaz et Macron : une partie du patronat n'a rien à faire de ce débat, inutile, dans la mesure même où, dans la loi, rien n'empêche de faire travailler davantage les salariés. Et la défiscalisation des heures supplémentaires (appliquée certes trop brutalement) a été présentée faussement par les sarkozystes comme l'impossibilité désormais d'effectuer des heures sup ! Et tout ça au moment où la réflexion sur les solutions justifierait que l'on s'interroge sérieusement sur la réduction du temps de travail.

Le rêve d'un PDG : la prison pour les grévistes

Au lieu d'aller caresser, dans le sens du poil, les possédants à Davos, nos dirigeants feraient mieux d'égratigner le gratin et de poser réellement le problème des inégalités, facteur de fragilité économique, de recul de croissance (même des tenants des thèses libérales le reconnaissent). Au moment où des salariés menacés de licenciements sont condamnés à la prison pour leurs actions en vue de la défense de leurs emplois, il n'est pas inutile de rappeler les propos odieux, d'un autre âge, tenus par un membre de la caste de Davos, Alexandre de Juniac, ci-devant PDG d'Air France qui, peut-être légèrement bourré, lors des Entretiens de Royaumont (1) rêvait, de façon à peine voilée, à la prison pour les grévistes, comme au Qatar. Après avoir ironisé sur les acquis sociaux "monstrueux" et sur le travail des enfants à 8 ans. Le pire est qu'il fut ovationné par l'assistance. Aveu d'une violence oligarchique qui mériterait sanction pour trouble à l'ordre public.

C'est ainsi que certains s'emploient, avec le sourire, à saper le moral de la société comme si elle n'avait pas suffisamment de raisons de désespérer et de paniquer, avec le terrorisme et des débats malsains, sans fin, sur l'immigration, les réfugiés, l'islam, la laïcité, la déchéance de la nationalité. Avec cette incapacité de notre société à défendre un projet commun, une lutte pour le vivre ensemble, fait de solidarité, de fraternité. Tel ce ministre qui en rajoute sur le contrôle des chômeurs qui abuseraient… et la Cour des comptes qui réclament la baisse des indemnisations ! Et cet autre ministre regrettant que les jeunes ne rêvent pas de devenir milliardaires, et proclamant que la vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié (négligeant le fait que ce dernier vit en moyenne 10 ans de moins). On peut compatir à la charge de travail et de responsabilités d'un entrepreneur sans être obligé de faire ces comparaisons imbéciles. On nous annonce que l'espérance de vie baisse : beaucoup d'explications techniques données, mais aucune sur le report de l'âge de la retraite. Peut-être est-il trop tôt pour en faire le constat, mais je pense qu'on en entendra parler : n'oublions pas que l'espérance de vie en bonne santé est autour de 62 ans et demi et qu'elle est en baisse !

Qui souffre ?

Sur une aire d'autoroute [Ph. YF] Sur une aire d'autoroute [Ph. YF]

90 % des Français, selon un sondage, se déclarent "personnellement préoccupées par la pauvreté". C'est plutôt encourageant. Notre pays crève de cette crise économique : parce qu'une minorité galère comme ce n'est pas possible et une autre redoute de basculer (ce qui alimente le vote FN). Il est vrai qu'il y a eu des hausses d'impôts, mais une partie des classes moyennes supérieures et classes moyennes moyennes, ont su mobiliser en leur faveur. Les professions protégées ont su faire entendre leur voix, l'une après l'autre. On nous ressasse que les Français souffrent. Mais qui souffre ? Essentiellement les minima sociaux, les bas salaires, les petites retraites (et donc aussi des petits paysans et petits commerçants). Il est malhonnête de mettre dans le même sac tous les Français. Le pouvoir socialiste a pris quelques mesures sociales (extension de la CMU, généralisation des mutuelles pour les salariés du privé, baisse du plafond du quotient familial, limitation des salaires des patrons du public), mais il n'a même pas su les "vendre", et a donné sans cesse des gages aux possédants. Il a été très maladroit avec des impôts qui ont touché des petits revenus, épargnés jusqu'alors, quitte, ensuite, à exonérer 650 000 foyers. Politique de gribouille. Quant il a voulu prendre des mesures de justice sociale (taxe de 75 % ou tiers-payant, par exemple), il a été retoqué par un Conseil constitutionnel à l'affût (à se demander si un Cahuzac n'avait pas fait le nécessaire pour que cette taxe soit justement retoquée).

Le pays crève du mensonge généralisé

Une partie des classes moyennes n'a pas modifié son train de vie, ou à la marge. C'est de cela que notre pays souffre réellement : de ce mensonge généralisé qui laisserait entendre qu'ils ne mourraient pas tous, mais que tous étaient frappés. Les plus démunis rasent les murs. Le collectif Morts dans la rue dénombre au moins 448 décès de SDF dans la rue en 2015. Ces sans-abri savent qu'on pense d'eux : "qu'ils le veulent bien". Sympa, on crée une appli (Homeless Plus) pour géolocaliser un sans-abri et indiquer qu'on lui a donné une petite pièce, avis au donateur suivant ! Pendant ce temps : "80 enfants dorment dehors chaque nuit en Isère", selon France Bleue. Certaines collectivités locales (dont l'Essonne et le Nord) font un chantage sur le RSA et sur les impôts locaux, sans qu'aucun intellectuel, si prompt à monter au créneau sur d'autres sujets, ne daigne pousser un cri ou lancer une pétition.

Urban Street Art Urban Street Art

D'ailleurs, une personne seule ayant épuisé ses droits au chômage, touche 462,49 € (une fois déduit le forfait logement) : même des économistes de droite, qui réclament la baisse du Smic, avouent qu'on ne peut pas vivre avec un tel revenu. Si la moindre revendication corporatiste a immédiatement droit de cité, où sont les pétitionnaires face à cette misère, où sont les signataires de points de vue dans les grands médias nationaux ? Où sont les stars, même siliconées, pour venir protester contre les conditions faites aux plus démunis dans ce pays ? On en vient à se demander si le silence assourdissant des élites sur ces questions sociales ne signifient pas qu'elles partagent, sans le dire, la méfiance des "décomplexés" à l'égard des assistés, ces classes dangereuses parce que non laborieuses.

"I have a dream" : un immense mouvement de solidarité en faveur des habitants de ce pays condamnés aux minima sociaux, aux bas salaires et aux petites retraites, à tous ceux dont les revenus sont épuisés bien avant la fin du mois. Que l'on cesse de discourir du social de façon abstraite. Que ces conditions de vie ne soient plus honteusement dissimulées, mais fassent l'objet d'une solidarité publique et citoyenne. Afin que ceux qui sont les plus frappés soient les premiers pris en compte.

 (1) Décembre 2014 : vidéo ici.

. Le rapport d'Oxfam, Une économie au service des 1 %

. Rappel : Rapport sur les inégalités en France, Observatoire des inégalités, 200 pages, juin 2015. Il peut être commandé (7,50 € hors frais d'envoi) ici. De façon générale, le site de l'Observatoire est une mine d'informations : www.inegalites.fr. Présentation du rapport sur ce blog (Inégalité : la crise enrichit les plus riches).

 Complément avec 3 petits billets (postés sur mon compte Facebook) :

Carl Meeus, du "Figaro Magazine" à "C dans l'air" [capture d'écran] Carl Meeus, du "Figaro Magazine" à "C dans l'air" [capture d'écran]

- La droite extrême, C'est dans l'air: Carl Meeus, du Figaro Magazine, et sa tirade contre le RSA et les assistés.

- La CGT face à un quarteron de la pensée unique : une déléguée CGT seule face à Jean-Louis Beffa, ex-patron de Saint-Gobain, à Raymond Soubie, ex-conseiller de Sarkozy, Bernard Vivier, directeur d'un institut pro-Medef, Ghislaine Ottenheimer, de Challenges, et un 5ème larron, Yves Calvi.

 - Les truands de l'économie : présentation du film d'Adam MacKay The Big Short, le casse du siècle, sur la crise financière de 2007. Réquisitoire implacable sur ces financiers qui ont joué la vie des gens : 5000 milliards de dollars partis en fumée, 8 millions d'Américains perdant leur emploi, 4 à 5 millions perdant leur maison, et dommages collatéraux dans le monde entier. Aucun coupable en prison. On sort de ce film avec la rage au ventre.

 Et en vrac :

. Immobilier de luxe en pleine croissance (comme cet immeuble tout neuf près des Invalides avec appartements à 10 à 47 millions d'euros : 54 100 € le m² !) : comment les gens dans la précarité peuvent supporter cette provocation qu'on leur sert chaque soir sur petit écran ?

. L'Organisation internationale du travail prédit 200 millions de sans-emploi  dans le monde, en progression en 2016, à cause, nous dit-on d'une croissance faible, à 3,1% tout de même ! L'emploi précaire concernerait 1,5 milliard de personnes, soit 45 % des emplois. Et le 20 janvier, le Programme alimentaire mondial (PAM) annonçait que 2,5 millions d'êtres humains étaient menacés par la famine. Tandis que le FMI suggérait de ne pas trop payer les réfugiés arrivés en Europe, en incitant à des dérogations sur le revenu minimum !

. François Hollande décide d'une prime à l'embauche de 2000 € (il existait déjà depuis l'an dernier une prime de 4000 € pour le recrutement d'un premier emploi) et de la mise en formation de 500 000 chômeurs. "Mesurettes", dit le patronat.

. Goldman Sachs, pour avoir émis des prêts toxiques (qui violaient tranquillement les lois américaines déjà plutôt tendres pour les spéculateurs), vient d'être condamnée aux USA à 5 milliards de dollars de sanction pour clore les poursuites. Le PDG se dit heureux de cette solution, c'est dire que c'est peanuts pour lui (les litiges sur les subprimes atteignent pour le moment 181 Mds $).

. Plusieurs entreprises ont été arnaquées par des margoulins exigeant des secrétaires de direction d'effectuer des virements, se faisant passer pour le PDG (2300 plaintes pour un préjudice total de près d'un demi milliard d'euros). En insistant sur l'escroquerie elle-même, on évite de s'attarder sur le fait que cela révèle des pratiques bien étranges dans le monde des grosses entreprises, où l'on peut ainsi débloquer des sommes folles sur simple coup de fil (le film de Pascal Elbé, Je compte sur vous, s'inspire d'une histoire vraie, l'industriel Vallourec qui s'est fait délester de 20,6 millions d'euros).

. Pendant longtemps on nous a bassiné avec la dette publique : "vous allez voir ce que vous allez voir" ! La cata bientôt. Et le taux de 100 % du PIB bientôt atteint allait être le signe de l'apocalypse : des économistes capitalistes se gargarisaient avec ces chiffres pour convaincre les citoyens qu'ils devaient tout accepter, perdre tous leurs "avantages" sociaux, pour empêcher le krach d'advenir. Et puis discrétion depuis presqu'un an, pourquoi ? Pourtant, elle a atteint 2100 Mds€, c'est pas rien. Oui, mais elle reste inférieure au PIB, qui continue malgré tout à progresser. Et même, la dette publique a légèrement diminué au troisième trimestre 2015 ! Ce qui est passé complètement inaperçu, vous pensez, ce genre d'annonce désespère les agitateurs de panique.

. Rapport 2016 de la Fondation Abbé-Pierre : Etat du mal-logement

Expo aux Abattoirs, Toulouse [Ph. YF] Expo aux Abattoirs, Toulouse [Ph. YF]

 Billet n° 244

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  [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, tous les articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200]

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