Wauquiez, Mélenchon et Angot… en direct

Jean-Luc Mélenchon vole au secours de Laurent Wauquiez, qui est plongé en plein «caca nerveux», tandis que Christine Angot menace en direct de se suicider. Ambiance.

Mélenchon fait fi de Radio France

Certains pro-France insoumise ne vont pas aimer, mais qu'ils vérifient avant de me répondre s'ils ont écrit autant que moi en faveur des propos tenus par Jean-Luc Mélenchon sur les questions sociales (voir mon compte Facebook et mon blog Social en question ici, sur Mediapart).

1) Cependant, le dernier texte de JLM sur son blog me reste en travers de la gorge quand je vois comment, pour critiquer les médias du service public qui discutent des comptes de campagne de la FI, croit nécessaire de monter en défense de Laurent Wauquiez et de la droite, victime d'un déversement de "seaux de boue" à propos d'une "affaire ridicule", "trois phrases volées dans une conférence". Et d'encourager Wauquiez à ne pas reculer, lui qui a heureusement pu "fortifié son autorité" et se débarrasser "d'une nouvelle poignée de traitres". Plutôt qu'une volée de bois vert à l'encontre des journalistes qui étrillent Wauquiez (homme politique dangereux, pour reprendre le titre d'un livre récemment paru d'un auteur de Lyon qui le connaît bien), on aurait aimé la même hargne envers les Calvi, Lenglet, Aphatie, et autre Thréard qui passent leur temps à nous inculquer que le Smic est d'un montant trop élevé et que les dépenses sociales ruinent la France. Billet de JLM : ici.

2) Par ailleurs, Djordje Kuzmanovic, chargé des questions internationales à la FI, dans un entretien à Causeur, [canard de la droite extrême, islamophobe, anti-immigrés, qui rivalise avec Valeurs Actuelles], déclare : "L'immigration économique n'a aucun sens dans un pays avec 6 millions de chômeurs et 9 millions de pauvres".

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Causeur s'en réjouit ouvertement. Le même Kuzmanovic s'est largement répandu dans les médias pour soutenir Bachar Al Assad, utilisant jusqu'à plus soif, entre autres, cette histoire des deux gazoducs, tant repris depuis par des géopoliticiens en herbe, tout contents d'avoir enfin un argument pour prendre la défense du boucher de Damas.

3) Et voilà que Le Média, proche de la FI, refuse de montrer des images de la Ghouta bombardée, prétendant que l'on ne sait pas si elles sont authentiques et que les publier serait "choisir son camp" (comme si ne pas les publier ce n'était pas aussi choisir son camp). Bien sûr, on ne sait pas non plus si c'est bien Bachar qui utilise du gaz sarin et du chlore (mais puisqu’il y aurait des djihadistes sous les bombes, pourquoi se gêner) ! Des hôpitaux, des centres de soins sont régulièrement bombardés ? Mais c'est parce que des rebelles s'y cachent, parait-il. Quiconque exprime son désaccord à l'encontre d'une ligne ménageant Assad et Poutine se voit accuser aussitôt (éléments de langage consacrés et répétitifs) de fermer les yeux face aux bombardements de Mossoul (par les Américains) et au Yémen (par l'Arabie saoudite).

Pas sûr que tous les militants FI approuvent de tels positionnements.

 

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Pétition d'Amnesty International : ici.

 

 Caca nerveux

Non seulement Laurent Wauquiez a proclamé que ce qu'il disait dans les médias était "de la merde" (de bison, "bullshit") mais encore voulant s'excuser auprès de Nicolas Sarkozy, il a été "pulvérisé" par ce dernier, selon Le Canard enchaîné du 21 février, qui lui a dit qu'il n'était qu'"une grosse merde". Et Gérard Larcher, président du Sénat, en rajoute une couche, toujours selon Le Canard : "on n'a jamais rien à gagner à remuer la merde. Car quand on remue la merde, on finit toujours par se faire saloper". Et pulvériser. On voit que chez ces gens-là, Monsieur, on a le langage châtié ! J’ajoute que dans l’ouvrage sans concession que Philippe Langenieux-Villard consacre à Wauquiez (Le Dangereux, éditions Philippe Rey), l’auteur, pour montrer combien Laurent fut jadis docile à Jacques (Barrot, centriste), l’auteur cite un ancien président du Conseil qui, à propos de l’un de ses ministres fidèle, disait : « Quand c’est moi qui pète, c’est lui qui pue » !

Il est plus qu'emberlificoté le Wauquiez, qui gémit qu'il est une "cible" et, quelque peu gamin, serait à deux doigts de rétorquer "caca boudin" à ses détracteurs. Il en rajoute d'ailleurs en proclamant : "j'assume les propos qui sont les miens"… mais annonce qu'il porte plainte contre Quotidien qui a justement révélé ses propos. Il veut saisir le CSA… qui, notons-le, n'a jamais réagi à ses déclarations souvent "puantes" contre les "assistés".

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[22 février]

. Voir mon billet récent : Le "cancer de l'assistanat" c'était du bullshit

 

Angot va-t-elle se suicider ?

Chez Ruquier samedi dernier (France 2, On n'est pas couché, 24 février), Gaspard Koenig, poupon ultra-libéral, ne prônait pas seulement la liberté des patrons de faire ce qu'ils veulent, mais a défendu la liberté de se droguer, de se prostituer, de ne pas travailler (en touchant un revenu universel, bon moyen en réalité pour le patronat de licencier sans autre forme de procès : "allez toucher votre RU", comme Adrien Quatennens, de la France insoumise, l'a expliqué de façon fort pertinente).

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Et Koenig d'ajouter que l'État n'a pas à s'occuper de tout, pas même de l'inceste entre adultes. Christine Angot s'étrangle et lance une première fois que si c'est ainsi elle est prête à se suicider. L'autre insiste : le grand méchant État n'a pas à l'interdire, seule la société libre et libérale doit pouvoir le condamner. Angot qui avait reproché à Fillon de faire du chantage au suicide, annonce carrément en le répétant de façon indécente : "je me suicide" ! Du coup, Gaspard Koenig tient à préciser que les "libéraux"… sont pour le droit au suicide ! Authentique.

Certes, Christine Angot connaît le sujet de l'inceste puisqu'elle a écrit qu'elle en avait été victime, mais c'est étrange qu'elle ne sache pas que s'il est prohibé (mariage et relation adulte-mineur interdits, filiation impossible) il n'est pas poursuivi pénalement à l'encontre de deux adultes. Manifestement, Koenig ne le sait pas davantage (pourtant il a écrit un bouquin où il en cause). Des cas de relations incestueuses entre adultes consentants existent, non poursuivies. Le journal Le Monde, il y a bien longtemps, a même publié tout une série de témoignages de frères et sœurs (adultes) qui, sous le sceau du secret, avouaient qu'ils vivaient une relation incestueuse. Que l'on soit outré par la permissivité du Code pénal c'est une chose, que l'on agite sur une chaîne de télé le suicide pour combattre l'inceste, tabou contre tabou, ce n'est pas très malin. Mais peut-on attendre autre chose de cette provocatrice que de provoquer ? Elle dont la violence des propos, dans un de ses "romans" en 2011, à l'encontre d'une rivale bien réelle et reconnaissable (elle n'avait même pas modifié le prénom), a été à l'origine d'une tentative de suicide.

[25 février]

Enfance en danger

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On est d’accord qu’une société évoluée, civilisée, devrait condamner sans réserve ce genre de scène [la joie indescriptible d'une ado recevant aux États-Unis son fusil Beretta]. On comprend que les États-Unis n’aient jamais ratifié la Charte internationale des Droits de l’enfant. Le fait que des parents offrent une vraie arme à un enfant devrait provoquer l’intervention immédiate d’un juge des enfants.

[24 février]

Il s'agit d'une pub de Beretta de l'an dernier, qui n'est plus visible sur le site de Beretta car sans doute contre-productive, mais circule sur Facebook (vue 19,5 millions de fois) : ici.

 

Pour finir, une bonne info…

Enseignante en banlieue

 « Je n’ai pas hésité à témoigner que nous sommes nombreux à ne pas reconnaître nos élèves dans la représentation fantasmée des jeunes de banlieue, présentés comme majoritairement et presque essentiellement antisémites dans certains médias, au demeurant peu présents sur les terrains dont ils se prétendent pourtant experts. Celle-ci est à la fois fausse et dangereuse, parce que participant d’une assignation identitaire mortifère sur des adolescents. Ces pratiques peuvent même finir par fabriquer chez certains jeunes des réflexes de mise en conformité avec l’image diffusée, par provocation, incompréhension ou dépit. Finirait-on donc par renforcer ce contre quoi on affirme lutter ? »

Sans prétendre que tout va bien dans le meilleur des mondes, il est réconfortant de lire ce genre de témoignages (il n’est pas le seul) qui va à l’encontre de ceux qui systématiquement, en permanence, se gargarisent de propos insultants envers les jeunes de banlieues, exploitant la moindre information leur permettant de faire le buzz, caricaturant le moindre évènement alimentant leur logorrhée sinon carrément raciste, du moins xénophobe, et le plus souvent ouvertement islamophobe.

Voir sur le blog Mediapart de Pascal Boniface, le témoignage de Nathalie Coste, professeure agrégée d’Histoire-Géographie au lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie : Oui, nous enseignons la Shoah normalement, non, nos élèves ne sont pas antisémites

[24 février]

 

"Élise, ne dézinguez pas les éco-quartiers !"

Le 8 février dernier, un "Envoyé Spécial" était consacré aux éco-quartiers. Avec une critique en règle de quelques expériences ratées, comme celle de Bayonne, qui pose tant problème à ses habitants qui l'appelle "favela". Je recommande ce billet de Jean Lhormoy, que je connais bien, grand spécialiste des économies d'énergie et des questions d'isolation thermique, et qui s'adresse directement à Elise Lucet pour relever un certain nombre d'erreurs méthodologiques dans la réalisation du sujet, d'imprécisions ou d'infos manquantes. Une argumentation technique, mâtinée d'humour : un régal !

France 2 [captures d'écran] France 2 [captures d'écran]

 [25 février]

 

. Les cinq dernières petites chroniques, suivies d'une date entre crochets, sont déjà parues, à la date indiquée, sur mon compte Facebook.

 

Billet n° 380

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  [Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Voir présentation dans billet n°100. L’ensemble des billets est consultable en cliquant sur le nom du blog, en titre ou ici : Social en question. Par ailleurs, tous les articles sont recensés, avec sommaires, dans le billet n°200]

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