Petites chroniques sur la droite et le "libéralisme"

Où l'on retrouve François Fillon, beaucoup, Agnès Verdier-Molinié, "l'égérie de la diète publique", un peu Trump et Teresa May, la saillie de Barbier (Christophe), "Valeurs actuelles" et "Causeur". Et même Rama Yade !

Les "révélations" de François Fillon
Lors de son meeting ce dimanche, il a dit :

[capture d'écran BfmTv, filmé par le staff Fillon] [capture d'écran BfmTv, filmé par le staff Fillon]
"Faut-il être debout ou à genoux ?" On s'attend à une envolée lyrique mais il ajoute platement : "ma réponse est claire : debout toujours, à genoux jamais". Ah bon ?!

"Les Français sont formidables et le jour où la bureaucratie arrêtera de les emmerder [sic], ils le seront beaucoup plus". On oublierait presque qu'il est en politique depuis 40 ans, et a une bonne part de responsabilité dans la façon dont l'administration est administrée.

"N'opposons pas les riches aux pauvres". Est-ce la raison pour laquelle il n'a strictement rien dit au sujet d'un des plus gros scandales français : la fraude et l'évasion fiscale (60 à 80 milliards d'euros pour cette dernière, soit le déficit annuel du budget de l'État, qui produit la dette) ?

"Je redonnerai des droits à la famille : elle est le lieu de la tendresse… donc je relèverai le quotient familial". Le QF c'est ce qui permet aux familles ayant le plus de revenus de réduire leur impôt : il est actuellement de 1500 € par enfant (ce qui correspond en quelque sorte à une subvention de l'État). Fillon veut remonter cette niche fiscale pour les familles les plus aisées. En quoi cela consiste en une défense de la FAMILLE en général ? Il ajoute : je protégerai les droits de l'enfant. C'est bien, sauf qu'une loi sur le sujet a été promulguée en 2016, et que la loi de 2007, qui régit l'essentiel du secteur, a été rapportée à l'Assemblée par Valérie Pécresse. Ça ne mange pas de pain de dire que l'on va faire plus encore.

Et de glisser rapidement sur le fait qu'il instaurera l'uniforme à l'école "pour donner le goût d'être ensemble et d'être égaux" (!). Tout en faisant huer les pédagogues.

Il était acclamé comme un vulgaire Macron toutes les 30 secondes. Malgré tout, les journalistes sur place trouvent que l'ambiance n'était pas à la fête. Wait and see, comme dirait Pénélope.

[29 janvier]

Le discours étriqué de Fillon

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Dans une sorte de melting-pot pas très cohérent, François Fillon a évoqué tout à la fois sa descente récente dans un centre Emmaüs, la bureaucratie des fonctionnaires, sa visite à Auschwitz avec Simone Veil, avec des trémolos dans la voix, puis sa visite à Verdun, qui prouve qu'on est une grande nation "depuis 1000 ans" (bon, il n'a pas dit que ça devrait durer encore 1000 ans). Il a déclaré sa foi religieuse, sa foi en Poutine, mais a tout de même désavoué Trump (par rapport à l'Europe, seulement). Il a assuré que les petites retraites augmenteraient, les petits salaires aussi, de 250 € par an ("soit 500 € pour un couple qui travaille", a-t-il cru devoir préciser !). Il nous a fait le coup du nombre des fonctionnaires français ("6 millions", bon c'est un peu exagéré, le chiffre exact est de 5,5) qu'il compare à celui de l'Allemagne, avec cet éternel abus qui consiste à ne pas tenir compte du fait que chez notre voisin des missions d'intérêt général sont exécutées par des services privés ou associatifs (les emplois hospitaliers, par exemple, ne sont pas publics, mais la dépense d'hospitalisation est, elle, bien réelle). La France a bien moins de fonctionnaires que le Danemark (pour 1000 hab).

Enfin, comme tant d'autres politiques bafouant les politiques publiques, il lui a fallu citer l'Abbé Pierre pour évoquer la pauvreté et la loi de programmation de guerre contre elle qu'il veut faire voter pour que les associations, tellement dévouées, soient davantage aidées. Comme si l'État et les collectivités territoriales n'avaient pas d'abord un rôle à jouer. Enfin, le discours sur l'immigration est un discours qui se fonde sur les terroristes et les islamistes pour jeter le discrédit sur tout une population de confession musulmane montrée du doigt. Tout en se préoccupant des Chrétiens d'Orient. Choisir de rivaliser avec Marine Le Pen, sur ce terrain, n'est pas digne d'un homme d'État.

[29 janvier]

Notre-Dame du libéralisme

M le Magazine du Monde consacre cette semaine un article à Agnès Verdier-Molinié (AVM), "l'égérie de la diète publique". Son institut, qui brocarde le service public, les fonctionnaires et les dépenses sociales, est financé par un millionnaire qui a fait fortune en inventant le compresseur à vis unique, engin produisant de l'air comprimé ! Et effectivement, l'égérie ne manque pas d'air, parcourant sans cesse les plateaux de télévision, très demandée par les rédactions comme parangon d'une hystérie anti-sociale. Bien que bénéficiant d'avantages fiscaux (d'abord en se faisant passer faussement pour un parti politique, puis en étant abusivement "reconnu d'utilité publique", sous Fillon premier ministre), l'IFRAP, l'institut en question, a, à ses débuts, été soutenu par des fondations américaines : aujourd'hui c'est le Medef et Les Républicains qui ne jurent que par lui (et par elle). Et l'un de ses administrateurs est Denis Kessler, Medef, militant ouvertement pour la casse de la Sécu au profit des assurances privées.

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Par ailleurs, j'avais noté qu'AVM était régulièrement sur France 2 pour commenter les primaires : de la droite, le 27 novembre, où elle venait gémir sur le fait que, selon elle, "l'État a fait du tout social" et qu'elle comptait sur la "gauche moderne" pour baisser drastiquement les dépenses publiques. Et primaire de la gauche, le 22 janvier, où elle appelait après le premier tour, "à inverser le vote" et donc à voter Valls. Elle était d'ailleurs justement invitée chez Ruquier le 14 janvier, le jour où se produisait Manuel Valls. Pour faire la promotion de son dernier livre, présenté par Vanessa Burgraff comme "une vraie enquête" : alors même qu'elle ne cesse de décliner des chiffres farfelus (comme l'économie de 800 M€ s'il n'y avait plus qu'une seule Caisse de Sécu au lieu des CPAM), des vœux stupides ("la France manque de milliardaires"), des insultes à l'encontre des syndicats (traités de "mafieux"). Ruquier, qui l'appelle "Madame Fillon" (c'était avant l'épisode Pénélope), constate qu'à chaque parution d'un de ses livres elle a droit à la Une du Figaro.

Tout à fait d'accord pour que les dépenses publiques soient décortiquées, mais par des analystes de référence, pas par des charlatans qui se prétendent économistes.

. AVM veille comme toujours à ce que la caméra filme bien la couverture de son dernier livre, souvent au grand dam des animateurs ou de ses co-invités [capture d'écran le 22 janvier]
[voir mon billet sur Agnès Verdier-Molinié, l'ultra-libérale de choc]

[30 janvier]

Les assistés
Salaire mensuel de Mme Fillon et allocation mensuelle RSA.

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Mme Fillon : en dédommagement de sa lecture assidue de la presse. C'est ainsi qu'elle a dû informer son mari en 2009 que Le Canard enchaîné révélait qu'il avait quadruplé son logement de fonction à Matignon, ou qu'il voyageait souvent à titre privé en Falcon 50, pour se rendre à Marrakech, par exemple. Elle n'a sans doute pas manqué l'annonce faite en 2010, toujours par Le Canard, que son auguste époux passait ses vacances avec le dictateur Moubarak. Ou celle de Capital en 2011, donnant le coût des voyages de Fillon en Falcon 7X pour se rendre dans son manoir de Solesmes : coût : 1,3 million d'euros par an.

Allocataire RSA : pour un chômeur victime des choix économiques de ceux qui soutiennent les politiques dites libérales, qui accusent les assistés de se complaire dans l'assistanat et envisagent une "allocation sociale unique" dans la seule perspective de réduire la "dépense sociale". A noter que le dit allocataire du RSA est tenu à s'engager dans un contrat de recherche d'emploi avec Pôle emploi (ou un contrat d'insertion avec le Conseil départemental si sa situation sociale est particulièrement dégradée).

Quand le chômeur a épuisé ses droits au chômage, il ne perçoit rien si son conjoint a des ressources. Sinon, il a accès au RSA.

[27 janvier]

Les "explications" de Fillon

François Fillon s'explique ce soir sur TF1. Il affirme que son épouse était sa collaboratrice, discrètement, elle lui faisait, par exemple, des revues de presse. Mais il ne dit rien (et Bouleau, le journaliste de TF1, ne l'interroge pas là-dessus) sur le fait que Mme Fillon a bénéficié également des indemnités quand son mari n'était plus député, mais remplacé par son suppléant. Par ailleurs, il s'étonne que rien n'ait été dit sur une affaire connue depuis 1997. Sauf que c'est faux. Personne n'en savait rien, et les rares qui savaient n'ont rien dit. C'est la réforme sur les revenus des élus qui a fait émerger cette affaire. Et si Le Canard enchaîné révèle aujourd'hui, c'est de bonne guerre : il choisit le moment qui lui paraît opportun.

[Petit rectificatif : la réforme sur les revenus des élus a conduit F. Fillon à faire cesser cet emploi fictif, de crainte que cela soit désormais connu. Par contre, la révélation par Le Canard enchaîné est manifestement due à une information recueillie par le journal satirique, sans doute une trahison venue du clan de la droite.]

[26 janvier]

Fillon : mauvaise note
François Fillon aurait pu avoir son épouse comme collaboratrice, payée ainsi aux frais de la princesse, pardon : du contribuable, comme tant de ses collègues députés. Sauf qu'il ne l'a jamais dit, que cela n'est jamais apparu, elle a toujours été présentée comme n'ayant aucune activité professionnelle. Donc Fillon aura du mal à se justifier. Thierry Solère, des LR, aggrave son cas en disant que, tout de même, elle est diplômée ! En quoi cela l'autorise-t-elle à occuper un emploi fictif. Ce n'est que depuis peu, avec l'obligation faites aux élus de déclarer tous leurs revenus que cette anomalie a pu émerger. Quand à La Revue des Deux-mondes, qui rémunérait sur un emploi inexistant Mme Fillon, elle est bien à droite, soutien de Fillon. Elle appartient à Marc Ladreit de Lacharrière, patron de Fimalac (qui produit Johnny, qui possède 4 Zénith, des casinos). Une des plus grosses fortunes de France, le milliardaire possède également l'agence de notation Fitch (vous vous souvenez de ces agences qui faisaient trembler la France en menaçant de baisser la note ? Plus personne n'en parle). Et il a ses œuvres, en soutenant des actions dans les banlieues : c'est ainsi qu'on a pu le voir en 2014 avec François Hollande, l'ennemi de la Finance et Djamel Debouzze à Trappes. Il sait défendre sa cause : "certains investisseurs gèrent des portefeuilles supérieurs au PIB de la France. Ils savent ce qu’ils font." Circulez, y a rien à voir. Et alors que la crise financière est due aux "prédateurs" de la Finance, il ose reprocher aux États de trop dépenser. Pour lui, le social, c'est la philanthropie : au bon vouloir du seigneur, comme lorsqu'il s'agit de verser des prébendes à un homme politique susceptible d'arriver aux affaires.

[25 janvier]

"Les bureaucrates de l'action sociale"

François Fillon en visite à Emmaüs François Fillon en visite à Emmaüs
François Fillon, pour contrer les accusations portées à l'encontre de son programme social, s'était fendu le 3 janvier d'une visite à un centre Emmaüs. Il vient de récidiver en rendant visite à une autre antenne Emmaüs pour SDF. Pour dire quoi ? Pour mettre en cause les pouvoirs publics qui ne trouvent pas de solutions d'hébergement d'urgence. Lui qui a été 5 ans premier ministre, à une époque où il y avait autant de gens à la rue. Il pérore sur son "allocation sociale unique", comme si cette usine à gaz à l'envers sera en mesure de régler en quoi que ce soit le problème des sans-domicile. On sait qu'il veut à tout crin réduire les dépenses publiques (une droite extrême l'a élu pour ça) : alors il croit pouvoir s'en prendre aux professionnels du social assurant le service public, souhaitant réduire leur nombre au profit des associations. Ouvertement, cette droite racornie combat les notions de solidarité (responsabilité des pouvoirs publics) pour ne compter que sur la "générosité" des citoyens (déjà l'UMP avait théorisé sur ce retour à la charité). Le malheur c'est qu'à gauche également on fait pleurer Margot en n'évoquant que l'associatif : lors du 3ème débat de la primaire de gauche hier soir, c'était à celui qui déclarerait le plus sa flamme pour l'associatif en matière de lutte contre la pauvreté. Si les associations caritatives ont un rôle à jouer dans le traitement de cette question, cela ne doit se faire que sous l'impulsion et un engagement fort de l'État et des collectivités locales, ce qui signifie que les plus démunis ne sont pas coupables de leur situation : la société s'engage car cette misère est contraire aux principes démocratiques et républicains. Sinon nous retombons dans l'aléatoire de la charité d'Ancien Régime.
[voir mon billet sur l'ambiguïté du discours UMP sur la générosité : ici]

[20 janvier]

Approximations chez Ruquier

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Rama Yade, qui apparemment est candidate à la présidentielle, était invitée d'ONPC hier soir. On a eu droit à un petit festival d'approximations. Exemple : elle se dit du côté des "petits", alors elle reprend les stats récentes d'Oxfam et dit : "8 % de riches possèdent la fortune de la moitié des moins riches à l'échelle mondiale". Sauf que c'est la fortune de 8 personnes, et non pas 8 %. Puis Rama Yade lâche que le taux d'imposition sur les sociétés en Irlande c'est 15 %, alors que ce "paradis fiscal" européen taxe les sociétés à 12,5 % (contre 33 % en France, bientôt 28). Interrogé par un invité handicapé présent sur le plateau (amputé des bras et des jambes), elle fait son petit couplet d'apitoiement et dit qu'il y a 10 millions de handicapés en France qui sont dépendants et qui devraient bénéficier d'accompagnement. Là encore, si le chiffre est juste, tous n'ont pas besoin d'un accompagnement. Elle s'indigne que les djihadistes partis en Syrie et qui reviennent puissent rester en liberté : ils devraient être jugés comme des criminels de guerre, et devant un tribunal international. Si cette dernière clause n'est effectivement pas en vigueur, il est faux de dire qu'ils sont libres : ils sont incarcérés, hommes et femmes, dès leur arrivée sur le sol français.

Comme Vanessa Burgraff veut tester sa capacité à parler des "petits", elle demande à Rama Yade quel est le montant du RSA pour une personne seule. Rama Yade répond : "500 euros". Et la journaliste d'ONPC, vérifiant ses notes, de contester en annonçant fièrement que c'est "540 euros". Wouaff ! Sauf que le montant réellement perçu (une fois déduit le forfait logement pour quiconque est logé) est de 470,95 euros (535,17 €, chiffre annoncé partout, est théorique). Arroseuse arrosée qui cherchait maladroitement à imiter la méthode prétentieuse de Jean-Jacques Bourdin.

[29 janvier]

Le vrai visage du "libéralisme"

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On est en train de mesurer plus que jamais que le terme "libéralisme" est usurpé. Premièrement, les "libéraux" n'ont jamais été pour l'absence d'État : pourvu que l'État serve leurs intérêts. Exemple : la technocratie européenne est tolérée dans la mesure où elle obéit pour partie aux lobbys des grands groupes industriels et financiers. Tout le pouvoir économique à ceux qui détiennent les capitaux c'est admis y compris par la dictature "communiste" en place en Chine (son président est adulé en ce moment au Forum de l'oligarchie capitaliste de Davos et il peut se permettre de donner des leçons de libéralisme aux autres). Déjà dans le passé, on avait vu ce qu'était le libéralisme de Pinochet, conseillé par les golden boys de Chicago. Et ne parlons pas du despotisme russe à l'ombre duquel fleurissent les conglomérats capitalistes de la pire espèce. Alors que les libéraux n'ont cessé de revendiquer la globalisation, des capitalistes purs et durs prônent aujourd'hui le protectionnisme pur et dur (Trump, Teresa May). Ainsi le prétendu libéralisme, qui, pour assurer des royalties démesurées pour quelques uns, a mis nos économies à genoux (crise des subprimes, entre autres), n'a pas la liberté comme objectif mais seulement les profits, les profits, et encore les profits. Cette fin justifie, pour lui, tous les moyens.

[19 janvier]

 

En commentaire d'une vidéo comparant les discours de Fillon et de Le Pen

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D'abord, dans l'opposition, ils jouent avec le nombre de chômeurs (6 ou 7 millions !). Au pouvoir, s'ils y parviennent, ils trafiqueront les chiffres pour réduire les stats. Par ailleurs, l'exigence de parler français c'est une façon de caresser une xénophobie "naturelle" : or j'ai connu des immigrés, parlant mal le français, ne sachant ni lire ni écrire notre langue, qui se sont battus pour que leurs enfants réussissent à l'école, et ceux-ci ont tous obtenus leurs diplômes (y compris des doctorats). Pourquoi ne pas rendre compte de cette réalité ?

Accès au post et à la vidéo de Brut : ici

[16 janvier]

Le coût des sans-papiers

Francois Fillon prévoit de supprimer l'Aide Médicale d'État (qui s'adresse aux clandestins, afin que nul sur le territoire français demeure sans soins, et afin que les Français ne courent pas de risque à cause de maladies non traitées). Il va sans dire qu'il s'est bien gardé d'informer l'opinion publique sur le fait que les clandestins rapportent ainsi près du double de ce qu'ils coûtent avec l'AME. Or il ne peut pas ne pas le savoir (sauf erreur, il a été 5 ans 1er ministre).

. Positivr.fr du 11 janvier : Les sans-papiers ? 1,3 milliards de cotisations… et zéro contrepartie !

[15 janvier]

La saillie de Barbier

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La saillie de Christophe Barbier à C dans l'air lundi fait le buzz : pour avoir considéré que la proposition de Jean-Luc Mélenchon de payer les femmes au même niveau que les hommes (afin, par le surplus de cotisation, de permettre le départ à la retraite à 60 ans) était dangereuse pour l'économie. Les entreprises ne pourraient pas assumer. Cette levée de boucliers contre une telle assertion est salutaire. Elle permet de mettre l'accent sur le caractère "libéral" de cette émission, c'est-à-dire en défense permanente d'un capitalisme pur et dur. Ghislaine Ottenheimer (pilier de l'émission, journaliste de Challenges, du groupe Perdriel, ex-PDG de L'Obs), dont la compétence essentielle est de bien connaître Neuilly, n'a rien dit mais opinait du chef en écoutant Barbier. Elle ajoutait que Mélenchon était "un Professeur Tournesol, un Cosinus", qu'on ne pouvait en aucun cas "lui confier le volant". Matthieu Croissandeau, de L'Obs, après avoir fait mine d'approuver, sentant peut-être le dérapage, précise plus tard dans l'émission que "personne sur ce plateau ne peut être contre l'égalité des salaires". Barbier, qui a été viré de la direction de L'Express, car il passait plus de temps sur les plateaux de télé qu'à diriger la rédaction, est coutumier du fait, sans que cela ne provoque à chaque fois un tollé, comme lorsqu'il réclamait, entre autres, la suppression d'une semaine de congé payé annuel pour permettre aux entreprises d'être compétitives. Lundi, il dénonçait le projet d'impôt universel lancé par JLM consistant à taxer les Français payant leurs impôts à l'étranger (par la différence avec l'impôt français). "Non praticable", décrète Barbier, alors même que les USA procèdent ainsi.

Le paradoxe dans cette affaire, lorsque l'on connaît un peu la teneur monocolore de cette émission, entre les mains du groupe Lagardère (sur une chaîne publique !), c'est qu'à plusieurs reprises, tout de même, des qualités ont été reconnues à Mélenchon, mais plus au personnage qu'à son programme. Comme s'ils avaient reçu consigne de ne pas trop le descendre en flamme.

[11 janvier]

 "Valeurs" et "Causeur" dans le même bateau

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Les canards de la droite-extrême ou de l'extrême-droite se sont donnés le mot : en ce moment en kiosque ! Il ne s'agit pas de nier que cette tenue pose question, en n'oubliant pas d'ailleurs qu'elle est interdite. Mais il est évident que ces agitateurs xénophobes et racistes se délectent de pouvoir ainsi déverser leur bile anti-musulmane, excitant les haines, préférant détourner l'attention sur ces questions pour ne pas avoir à traiter de la misère dans ce pays, des inégalités, de tous ces gens qui galèrent, quelles que soient leurs origines. Il y a fort à parier, en plus, que leurs photos de couverture soient des mise en scène.

[24 janvier]

. Chroniques tenues sur mon compte Facebook aux dates indiquées entre crochets.

 

Billet n° 302 

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