Alerte: femmes à la rue, femmes en danger

J’avais envie de fêter en rigolades l’anniversaire du premier mois de confinement, mais je viens de voir passer ce texte d’Oriane, ancienne résidente du Palais de la femme à Paris. Je n’ai plus du tout envie de rire et je relaie son cri.

Aujourd'hui distribution de produits de première nécessité dans le 11e arrondissement.
Les hommes SDF sont en groupe, autour le plus souvent des points d'eau que la Mairie a enfin fait rouvrir. La distribution est plus facile pour eux, car on sait où les trouver dans l'espace public.
Pour les femmes, c'est l'errance et la solitude totale. Tout faire pour devenir invisibles ne pas se faire remarquer. Les femmes SDF doivent se cacher.
Elles sont la proie des violeurs, "pointeurs" comme on dit dans la rue.
Voilà pourquoi les affaires que vous voyez ne sont pas à elles. Elles, elles doivent marcher, se contenter du minimum d'affaires pour pouvoir rester mobiles, ne jamais rester au même endroit. Ne pas risquer d'être repérées par un prédateur sexuel, être frappée, droguée, volée et/ou violée. Elles dorment souvent plutôt la journée parce que la nuit fermer l’œil c'est trop risqué.

Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui soutiennent la lutte des femmes du Palais de la Femme - Armée du Salut - Paris 11e. 500 places y étaient encore dédiées aux femmes il y a encore 5 ans.
Avec le soutien des élu.es malgré nos alertes, l'établissement a supprimé environ 150 chambres dédiées à la mise à l'abri des femmes.
La dernière trouvaille de la direction a été de faire construire une crèche, supprimant encore environ 40 chambres.
Depuis la mixité, les affaires de violences sexuelles se sont accélérées au sein de l'établissement.
Je ne veux pas mettre en concurrence les misères, les distributions sont pour toutes et tous évidemment.
Évidemment je demande l'ouverture de places en hôtels pour tous les gens de la rue.
Mais je tiens à dénoncer le calvaire que vivent actuellement les femmes SDF.
Je n'ai pas pour habitude de photographier la misère, cela ne me plaît pas de le faire. Mais j'entends déjà celles et ceux qui diront : « mais non c'est pas vrai, apportez des preuves ».
Alors, sachez bien que je monte des dossiers, des photos, des vidéos, des témoignages.

J'accuse Mme Hidalgo de ne pas faire tout ce qui est possible à leur égard.
J'accuse Mme Schiappa que l'on n'entend pas concernant les femmes SDF en pleine crise du COVID et alors que les rues sont désertes du fait du confinement.
J'accuse tous/tes les élu.es en charge des droits des femmes d'être absent.es et de ne pas monter au créneau pour réclamer la sécurité minimum de ces femmes. De ne pas se révolter hurler se mobiliser pour les femmes les plus vulnérables. Et vous pensez être crédibles à vos postes ? Vous allez ensuite continuer à faire des conférences sur les femmes précaires ? (!!!)

Mais vous êtes où ? Quand allez-vous nous montrer que vous avez du courage, des convictions, des engagements sincères et profonds? Vous allez agir quand ?

Oriane

15 avril 2020, Paris 11e © Oriane 15 avril 2020, Paris 11e © Oriane

15 avril 2020, Paris 11e © Oriane 15 avril 2020, Paris 11e © Oriane

15 avril 2020, Paris 11e © Oriane 15 avril 2020, Paris 11e © Oriane

15 avril 2020, Paris 11e © Oriane 15 avril 2020, Paris 11e © Oriane

15 avril 2020, Paris 11e © Oriane 15 avril 2020, Paris 11e © Oriane

15 avril 2020, Paris 11e © Oriane 15 avril 2020, Paris 11e © Oriane

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