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24
Mai

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Les Vendredis de Sokolo "Le noël de Jeannot Lapin 4/6..."

© Sokolo

La Lapine Mélancolique épia son invité avant d’ouvrir le plus naturellement du monde. Une bourrasque de neige s’engouffra et le perroquet trépigna sur son perchoir avec de puissantes protestations. Jeannot Lapin avisa Ténèbre qui, museau tourné vers le nouvel arrivant, battait de la queue avec langueur. Fallait-il que ces visiteurs, dont un seul émissaire se démasquait, soient des habitués pour ne pas émettre ses grognements habituels…

 

Les Vendredis de Sokolo "Le noël de Jeannot Lapin 3/6..."

© Sokolo

Ankylosé, Jeannot Lapin se tortilla sur sa paillasse, changea de posture, étendit ses pattes, les massant avec douceur. La mésaventure de la Lapine Mélancolique l’avait ému, lui rendant plus odieuses les calomnies de ses détracteurs. Cependant, s’il avait toujours rejeté les médisances de la Lapinerie, simples marques de jalousie de ses congénères, accusant son amie de concocter un breuvage ayant faculté de prolonger la vie, de frayer avec Les lapins Errants, faute la plus blâmable qui fût, nombres d’anomalies s’avéraient toutefois préoccupantes depuis qu’il s’était engagé dans ce terrier insolite.

Les Vendredis de Sokolo "Le noël de Jeannot Lapin 2/6..."

 

© Sokolo

     2/6

La Lapine Mélancolique contrevenait à ses habitudes. Jamais elle n’avait introduit quiconque dans son intérieur et son hôte s’étendit, saisi par l’univers de la vieille Lapine.

 

Les Vendredis de Sokolo "Le noël de Jeannot Lapin 1/6..."

 

© Sokolo

Comme coincé dans la foule je n’allais pas tarder à me faire saucer, j’avais glissé ma seule trouvaille sous l’imper, remontant la file de bagnoles de cette satanée brocante ! Le pauvre type qui m’avait bradé ce manuscrit pour un euro n’étalait pas grand chose sur sa couverture. Quelques Paris  Match, un jeu de dames sans pions, un ours en peluche plat comme une limande, longuement observé tant il me rappelait celui fichu à la poubelle par ma mère. Il était crevé ton ours, on le suivait à la trace sur le carrelage...

 


 

Les vendredis de Sokolo " Les Atelières..."

© Sokolo

Lors de mon dernier voyage à Lyon, la réservation était située juste devant le siège de Pierre le jeune, dénommé ainsi en opposition à Pierre l’astronome, venu lui nous assister dans le désert du Ténéré, au Niger, à l’occasion d’une éclipse de soleil. Quelle surprise, bien des années après cette avancée à l’aveuglette, en lutte contre un vent de sable indéfectible ! Violoncelliste, Pierre le jeune rêvait d’exercer le même métier que son homonyme, œil collé à ses instruments braqués vers les étoiles.

Les vendredis de Sokolo "D comme... Débâcle"

© Sokolo
On ne peut pas décamper d’une soirée comme ça, se disait Sylvaine, vidant un verre qu’elle pensait être le dernier. Un couple, le deuxième à fausser compagnie avec discrétion, s’excusa pour atteindre les vêtements en vrac sur le lit, dans une chambre au bout de l’appartement et dont Léo détenait la clé. D’ici une heure, les lumières éteintes, la sono coupée, l’immeuble retrouverait sa quiétude. À peine cinq heures...

Les vendredis de Sokolo "C comme... Casse-pipe"

© Sokolo

© Sokolo
Ayant toujours refusé d’emprunter l’ascenseur, Valentine gravissait chaque matin les 112 marches de la station Caulaincourt, se rapprochant de la rampe peu à peu au fil des ans et, ces dernières temps, elle trouvait qu’elle soufflait drôlement avant d’atteindre la lumière du jour.

Les vendredis de Sokolo "B comme...Babil"

© Sokolo

Qui se souvient du petit bois près de l’antique château d’eau ? Envahi de broussailles, guère accueillant, peu osaient le pénétrer, et lorsqu’un gamin s’en approchait, c’était pour y cueillir trois mûres dans des odeurs d’ammoniaque. Parfois, du pied de la colline on détectait un campement de bohémiens, à une fumée comme attachée aux nuages.

Les vendredis de Sokolo "A comme... Abrégé"

© Sokolo

Débutant l’alphabet et pour faire court, c’est tout ce que j’ai appris d’elle. Ruminer, pester, persifler avant de vitupérer. Peu de choses en somme, mais bien ancrées. On ne mesure pas tout à trac son héritage, mais il est temps de l’admettre, la supporter a porté ses fruits, au point d’en être une réplique trait pour trait, et dans les grandes largeurs.

Les vendredis de Sokolo " Horatio Street..."

© Sokolo

Peu de contes de Noël se dégonflent à Horatio Street, à un jet de pierre de Jackson Square, et la responsabilité en revient à Jean-Sébastien Protin qui n’avait jamais donné un coup de balayette pour expulser ce quartier de Manhattan d’un racoin de son cerveau. Une vieille histoire, poussiéreuse à souhait, au point qu’il lui arrivait certains jours d’en oublier l’essentiel, le visage de Bérénice.

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