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Billet de blog 7 déc. 2021

Journal d'un complotiste (4)

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21 Mai 2020 - Charges virales

 
A la télé, un type raconte qu'à Singapour, des ouvriers immigrés entassés dans des petits logements ont été révélés positifs au virus, mais sans développer de formes "sévères". Et ça me titille toujours, cette histoire de doses : est-ce qu'un contact minime en quantité, même répété, n'agirait pas finalement comme une sorte de vaccin ? On s'habituerait plus ou moins (quelque chose de cet ordre) ? Mes intuitions n'ont aucune base scientifique, mais il faut bien répondre à la question des zones vertes et rouges, incroyablement différentes. Les rouges pourraient avoir débuté avec des contaminés à forte charge virale, infectant facilement et beaucoup. Sinon pourquoi les zones vertes. Serait-ce que les charges virales y seraient faibles parce que que pas de porteur lourd : faibles et du coup "tolérées" par des gens en bonne santé ? Ça vaut ce que ça vaut mais ça aurait l'avantage d'expliquer le pourquoi de processus de contagions aussi différents.


Et bien entendu, aucune info là non plus. A se demander si ça intéresse les chercheurs, ce genre de chose. J'ai tapé "charges virales et conséquence" sur Google, et ai encore trouvé tout et son contraire, via trois études publiées mi-mars. Une chinoise publiée dans The Lancet, qui rapporte que les formes graves sont associées à une charge virale élevée, avec des charges 60 fois plus élevée que celle des cas bénins ! Qui suggère donc que "des charges virales élevées pourraient être associées à des conséquences cliniques sévères" (comme c’était le cas pour un autre coronavirus, le SRAS). Et puis deux autres qui semblent dire le contraire, en tous cas qu'il n'y aurait "pas de différences significatives entre les charges virales entre symptomatiques et asymptomatiques". On peut encore noter que l'HCQ est supposée justement réduire la charge virale : Raoult défend qu'avec son traitement, la charge virale diminue et qu'au dessous d'un certain seuil, les gens ne sont plus malades. Pas facile d'en tirer grand chose. Sauf si les deux derniers essais s'étaient moins intéressés aux faibles et fortes charges qu'aux rapports entre symptomatiques et asymptomatiques ? Soixante fois pourtant, c'est pas rien !

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23 Mai - Institut Pasteur, enquête  https://blogs.mediapart.fr/aldo-b/blog/220520/institut-pasteur-enquete-0

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25 Mai - La presse sous dictature sanitaire

  https://blogs.mediapart.fr/aldo-b/blog/250520/la-presse-sous-dictature-sanitaire

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27 Mai - Démocratie, fin de partie


Le 22 mai est paru dans Le Lancet une étude dézinguant l'HCQ. Trois jours plus tard, l'OMS suspendait tous les essais comportant la molécule et Véran l'interdisait en France.
Les essais qui auraient pu enfin éclaircir les choses sont désormais stoppés. En attendant d'avoir un jour droit (ou pas) à une information concernant les pays qui ont vaincu le virus, et qui a amené à ce que certains d'entre eux (Vietnam, Cambodge, Laos) aient un bilan de zéro mort, rien ne pourra donc jamais étayer les arguments de ceux qui ont refusé qu'on envoie les gens mourir chez eux avec une boite de doliprane en poche.


La presse n'a plus qu'à en finir avec les quelques voix qui se sont élevées, Douste-Blazy par exemple, ici en proie aux "décodeurs" du Monde :


Douste : "les groupes sous HCQ comportent plus de comorbidités que l’autre".

"""Le Monde : Si les facteurs de comorbidités sont en effet plus importants dans les groupes traités à la CHL ou à l'HCQ, les auteurs ont pris en compte ces variations pour les comparer et tirer des conclusions. Ils précisent "avoir contrôlé l’âge, le sexe, l’origine ethnique, les comorbidités sous-jacentes et la gravité de la maladie au départ" avec un outil statistique bâti précisément pour comparer les groupes. Après application de coefficients, le taux de mortalité associé à l'HCQ ou à la CHL (13 %) est supérieur à celui du groupe de contrôle (9,3 %). Il est donc erroné d’affirmer que la surmortalité constatée avec les quatre traitements est liée aux écarts de comorbidité avec les groupes test."""

On est là dans l'exact cas de figure de l'étude de Pasteur : on considère qu'un mort de 70 ans en vaut 10 de 50 ou 4 obèses de 55 parce que telle est l'actualité de leurs statistiques et vogue la galère ! Et à la fin on parle de 3 millions de morts au lieu de 4 deux semaines avant sans plus d'explications que ça !


Douste : "l’HCQ a été administrée trop tardivement aux patients".

"""Le Monde : Le protocole de Raoult diffère des situations examinées par les auteurs de l’étude, où les patients y ont été traités jusqu’à quarante-huit heures après le test. Mais outre le fait que les auteurs ont pris soin, comme pour les comorbidités, d’utiliser des coefficients de propension pour "aplanir" les différences entre les groupes, cela prend pour présupposé que l'HCQ est efficace à un stade précoce. Or il est, à l’heure actuelle, impossible de conclure que c’est le cas. On ne peut pas tirer des conclusions sans rien pour les étayer. Seul un essai clinique répondant au plus haut standard (randomisé en double aveugle) peut fournir des éléments de preuve sur cette question."""

Je passe sur l'emploi du même outil statistique qui affirme que 3 = 4. Sinon il n'y a aucun "présupposé" comme quoi l'HCQ serait efficace dans cette affaire, c'est grotesque : Raoult dit que son traitement est efficace s'il n'est pas pris trop tard et que cette étude ne teste pas son protocole de soin, un point c'est tout ! Notons encore que Le Monde tait sciemment les conséquences du fait que les traitements débutent 2 jours après les tests, mais de tests fait eux-même quand les gens sont déjà à l'hôpital ! Souvent dix jours après le début des symptômes donc, voire déjà en phase "sévère", soit au moment où Raoult dit lui-même que son traitement ne sert plus à rien !

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29 Mai - Des médecins se mobilisent de partout pour protester contre l'étude du Lancet.

 
Lettre ouverte aux auteurs de "Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19", et à Richard Horton, éditeur du Lancet (traduction google)

C'est long, je résume : on ne sait pas d'où viennent les données (les hôpitaux comme les médecins ne sont pas mentionnés). On n'a aucune indication sur les patients et leur état de santé. On ne sait pas quels dosages sont employés. Le nombre de morts dans les hôpitaux par HCQ en Australie est supérieur au nombre total de décès du pays. Les chinois ont un taux d'obésité comparable aux américains. La proportion de fumeurs est la même partout dans le monde. Les données venant d'Afriques semblent incompatibles avec la technologie de ses hôpitaux. Etc etc.

Tout en rédigeant mon texte, je scrute le petit bonhomme qui remplace Lapix le week-end : il n'a carrément pas jugé bon d'informer les gens de cette info !

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4 Juin - Étude du Lancet : entre débandade et ridicule !

"""Trois des quatre auteurs de l’étude controversée publiée dans le Lancet sur l’utilisation de l’HCQ contre le Covid-19 ont demandé la rétractation de l’article, a annoncé la revue The Lancet jeudi soir. "Nous ne pouvons plus nous porter garants de la véracité des sources des données primaires", écrivent les trois auteurs au Lancet, mettant en cause le refus du quatrième, patron de la société les ayant collectées, de donner accès à la base de données."""
https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/06/04/hydroxychloroquine-trois-auteurs-de-l-etude-du-lancet-se-retractent_6041803_1650684.html

Le Lancet est discrédité. L'OMS est discrédité. La Haute Autorité de Santé est discréditée. Olivier Véran est discrédité. Les types dont l'avis compte en France en matière de santé sont discrédités ! Soit les plus hautes institutions médicales en France voire dans le monde. L'OMS se rétracte très vite. Véran ne le fera jamais.

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6 Juin - Essai Recovery : la chloroquine, "ça ne marche pas".

"""Lancé en mars, l’essai clinique britannique, le seul qui avait continué ses recherches sur la molécule après la publication de l’étude du Lancet, a annoncé sans ambiguïté son inefficacité : "l’HCQ ne réduit pas le risque de décès parmi les patients hospitalisés avec le Covid-19". Pour les chercheurs, il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes après 28 jours d’expérimentation, qu’il s’agisse du taux de mortalité (25,7 % pour ceux traités avec la molécule, 23,5 % pour les autres) ou de la durée d’hospitalisation."""
https://www.liberation.fr/france/2020/06/05/essai-recovery-la-chloroquine-ca-ne-marche-pas_1790491

 
Je doute. Ce qui semble marcher, c'est l'association avec l'AZI. En tous cas ça semble marcher à Marseille. Le problème c'est qu'eux ne doutent jamais. Libé pas plus que Le Monde ou L'Obs. Et donc, ça marche pas, nous assènent-il. Osera-t-on leur demander s'ils ont seulement retenu la leçon d'il y a trois jours avec le Lancet, ou ont-ils déjà tout oublié ? Pas besoin, on a la réponse. Pourtant, s'ils étaient moins obtus, ils se seraient rendu compte qu'il suffit de lire trois lignes de leur propre prose pour voir le biais : "qu’il s’agisse du taux de mortalité (25,7% pour ceux traités avec la molécule, 23,5% pour les autres) ou...". STOP ! L'étude a pris les patients hors du cadre préconisé depuis toujours par Raoult d'avant le stade d'extrême gravité (il avait déjà contesté la décision de Véran qui voulait ne la prescrire que dans ces cas-là). Ou alors il faudra qu'ils nous expliquent comment ils sont arrivés à 25 % de morts dans une maladie dont le taux de létalité semble osciller entre 0,5 et 1 % !


Tous les jours les journalistes se surpassent...

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9 Juin - Faute de mieux ou les études contrôle randomisées

 https://blogs.mediapart.fr/aldo-b/blog/090620/faute-de-mieux-ou-les-etudes-controle-randomisees-ecr

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12 Juin - 40 à 60 % de gens immunisés ?


La dernière piste dont on parle serait qu'un nombre important de personnes pourrait être immunisés du Covid-19 par des défenses immunitaires qu'ils auraient forgées antérieurement contre d'autres virus. Une étude américaine serait arrivée à des chiffres entre 40 et 60 % d'un groupe de contrôle. Raoult évoque 40 à 70 %.

13 Juin - Confinement, masques, chloroquine… Un médecin accuse !

 
Le professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de Garches, ne retient pas ses coups dans un livre-choc qu’il publie : "Y a-t-il une erreur qu'ils n'ont pas commise ?" Extraits d'entretien au Figaro Magazine (et comme toujours, pas un mot sur le livre dans Libé, Le Monde ou L'Obs).

"""Le retard à l’allumage n’a pas seulement concerné les masques, mais aussi la fabrication des tests capables de diagnostiquer le Covid-19.


C’est le moins que l’on puisse dire. La comparaison avec Angela Merkel est cruelle. Quand elle autorise immédiatement la fabrication décentralisée des tests par tous les laboratoires du pays, nous refusons de faire confiance aux laboratoires privés ou publics et attendons des autorisations administratives d’un autre âge (...) On aurait dû passer des commandes beaucoup plus vite. La prise de décision a été erratique. A-t-on fait "la guerre", comme l’a demandé le Président ? Non, on a juste édifié une nouvelle ligne Maginot !


Le dossier "chloroquine" vous met particulièrement en colère…


Rien ne nous empêchait de faire confiance à la chloroquine, un traitement qui paraissait prometteur et dont on connaissait très bien les contre-indications. Si on veut comparer les résultats, on peut le faire entre deux pays voisins et similaires: l’Espagne, qui n’a pas choisi de la recommander, et le Portugal, qui l’a fait dès le début.


Pensez-vous que de l’administrer sous une forme préventive aux patients fragiles aurait permis de réduire le nombre de morts?


J’en suis convaincu. Il était criminel de ne pas la prendre au sérieux, alors qu’on savait par la Chine et par les résultats, certes insuffisants au début, de Raoult, qu’elle était efficace. Encore fallait-il l’administrer de la bonne manière. J’ai été sidéré par le nombre d’études bidon qui étudiaient ses effets dans des conditions défiant tout bon sens. Le scandale de l'étude du Lancet en est la dernière illustration. Mais l’étude anglaise Recovery n’est pas non plus satisfaisante, les doses d'HCQ sont beaucoup trop fortes et les résultats ne sont pas publics.


Vous accusez des membres du Conseil scientifique ou du Haut Conseil de la santé publique d’avoir écarté la chloroquine à cause de liens d’argent avec des laboratoires concurrents...


Je connais le règlement intérieur du Haut Conseil. Plusieurs médecins n’auraient pas dû participer à la délibération sur la chloroquine. Rien n’a été fait dans les règles. Les procédures accélérées existent, mais elles sont sous contrôle. Le professeur Franck Chauvin a rendu deux avis bâclés. Pas de vote, pas de déclaration d’intérêt.


Pourtant, la chloroquine est un médicament tricolore, produit par Sanofi…


Il ne rapporte plus rien et n’intéresse pas Sanofi. En revanche, les laboratoires concurrents ont tenté de promouvoir d’autres médicaments. Et le Conseil scientifique les a souvent mis en avant. L’étude Discovery, une autre mascarade, n’a introduit la chloroquine qu’en dernière minute. Pour qu’elle aboutisse, il aurait fallu trouver des milliers de patients cobayes. Nous savions que ces cohortes gigantesques ne pourraient jamais être constituées. Et cela n’aurait été possible qu’en prenant beaucoup de temps. Mais ils ont prétendu la conduire au pas de charge. Vouloir faire de la science pure et dure sur une infection qui galopait et qui tuait les plus fragiles, comme s’il s’agissait d’une maladie chronique à évolution lente, était totalement à côté de la plaque !


Vous vous moquez des avis contradictoires et des commentaires évasifs du Pr Delfraissy. Que ce dernier répète qu’il ne sait pas, et qu’il change d’avis, c’est au fond assez honnête.


Ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas de certitudes qu’ils ne pouvaient pas prendre certaines mesures. Ils ont immobilisé toute la France et gravement mis en péril l’économie. Cette pandémie ne touchait pas la population active ou les jeunes, mais les populations âgées ou fragiles. S’ils avaient fait des tests au lieu d’attendre. S’ils avaient eu les masques, ils auraient isolé les Ehpad, les patients fragiles et les malades infectés. C’était possible et ils ne l’ont pas fait. Pourtant, à les entendre, ils sont très contents d’eux. C’est aussi cela que je dénonce, leur autosatisfaction!
"""

Le lien du Figaro est réservé aux abonnés, on peut trouver l'interview dans : https://artofuss.blog/2020/06/12/confinement-masques-chloroquine-un-medecin-accuse/

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16 Juin - Audition de Jérôme Salomon à la commission d'enquête de l'Assemblée nationale

Complètement surréaliste. Salomon tourne autour des questions sans jamais y répondre. Les tests : pourquoi à l'inverse de l'Allemagne, la France n'a pas été foutue d'en faire fabriquer ? Il ne répond pas. Il a même le culot de vanter la politique actuelle consistant à tester massivement, tout en racontant en même temps qu'il n'était pas besoin d'en avoir avant... et même qu'on en avait suffisamment ! L'HCQ ? On aurait tout fait pour la faire tester comme les autres ! Pas un mot bien sûr pour dire que la totalité des essais ne se conformaient pas au protocole Raoult (ceci dit, personne ne pose même plus la question). On parle quand même des masques. Il le faut bien puisque pour le coup, le scandale est de notoriété publique. Salomon zigzague en habile contorsionniste, répond répétitivement aux questions répétitives, et le tour est joué ! La foutaise continue. Le direct se termine, les journalistes enchaînent en se commentant uniquement sur les masques, et fin de l'émission.

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25 Juin - Audition de Raoult à à la commission d'enquête de l'Assemblée nationale


Madame Bourguignon, présidente de la commission et accessoirement député LREM, ouvre le débat. Après avoir spécifié que cette commission n'était pas un tribunal, elle fait prêter serment à Raoult de dire toute la vérité etc. Puis elle énonce que mentir serait passible d'une amende voire d'une peine de prison.

Après le propos liminaire de quelques minutes de Raoult, ça part bille en tête : Bourguignon l'attaque sur sa façon de changer d'avis quant à une éventuelle deuxième vague. Raoult lui explique qu'elle n'a visiblement pas tout compris de la différence entre deuxième vague et saisonnalité d'un virus. Hélas la naturel revient au galop, et il ne peut s'empêcher de dire que "deuxième vague", c'est un terme de journaliste et que lui n'emploie pas ces termes. Madame la présidente, pincée au vif, raconte qu'elle se base sur ses déclarations (un pur mensonge donc, mais contrairement à Raoult, elle n'est pas sous serment...). Déstabilisée, elle n'arrivera pas à cacher son courroux pendant les trois heures d'audition, nous gratifiant d'une série ininterrompue de mimiques excédées. En tous cas une chose est sûre, elle a eu raison de dire que c'était pas un tribunal : en justice, non seulement on n'est pas juge et partie, mais les juges connaissent leur dossier !


Après cette passionnante mise en bouche, viennent les questions supposées sérieuses. En gros la moitié tente de lui faire préciser les attaques qu'il formule sans cesse, en particulier sur les responsabilités des uns et des autres : l'autre moitié vient de gens non hostiles (il y en a donc encore), qui l'invitent à développer ses arguments. Raoult répète ce qu'il dit depuis le début dans ses interviews.


-Sur les tests, il attaque clairement : "l'idée qu’on ne pouvait pas faire les tests n’était pas vraie". Il développe en ajoutant qu'on ne peut pas étudier une maladie sans test, autrement dit sans déjà la diagnostiquer : on a selon lui étudié le covid-19 "comme si c'était une grippe", ajoute-t-il (sans plus de précisions).


-Sur l'HCQ, les débats autour de cette molécule ne sont pour lui pas scientifiques, il répète son absence de danger, sous condition bien sûr du respect des dosages. Il lâche que certains détracteurs de l'HCQ seraient financièrement liés au laboratoire Gilead, en renvoyant ceux qui veulent des noms à la consultation de la base de données Transparence Santé. Il en profite pour en remettre une couche avec l'étude du Lancet.


-Sur les soins en général, il pointe que les décisions médicales ont été "préemptées par le politique", refuse l’interdiction faite aux médecins de ville de prescrire autre chose que du doliprane en attendant que les gens appellent les urgences, et note que la dyspnée n'est pas le seul témoin de la gravité de la maladie et que donc ce diagnostic n'a rien d'évident. Il ajoute enfin avoir des doutes sur le fait qu'interdire aux médecins "des choses banales soit constitutionnel".


-Sur les autorités de Santé, il explique qu'à l'avenir, il faudra être attentif à la qualité des gens qui entourent le ministre de la Santé. Il charge en particulier l’ANSM et la Haute Autorité de Santé. Mais aussi l'Inserm et l'Institut Pasteur, et en particulier ses Centres Nationaux de Référence, auxquels on aurait donné trop de pouvoir, et dont les responsables considèreraient que "la maladie est leur territoire", comme des "blaireaux dans leur terrier qui mordent si on s’en approche" (sic) ! Les grands hôpitaux sont selon lui bien plus crédibles de par leur taille et leur nombre de malades : il plaide pour une multiplications d'IHU du même type que le sien (recherche + soins), afin d'être capable de réagir au niveau national en cas de gros problème, et aussi de ne pas décrocher en matière de recherche.

Bref, sous serment Raoult a dézingué l'Inserm, le Conseil Scientifique, la Haute Autorité de Santé, le Conseil Scientifique, l'Institut Pasteur et le Conseil de l'Ordre des Médecins... avec quelques références à des conflits d'intérêt, histoire de pimenter la sauce. Il y a quelque chose que j'aime bien chez ce type...

                                                  ***

26 Juin - Remdesivir de Gilead


Le Monde a-t-il honte de la façon dont il a traité l'info pendant l'épidémie ? Parce que pour arriver à "planquer" le scandale du remdesivir au détour d'un article sur un éventuel rebond du coronavirus, faut le faire ! Mais ailleurs c'est pire : l'info, Libé ou l'Obs l'occultent carrément, et il faut chercher pour en trouver trace au Figaro.

"""L’Agence européenne des médicaments (AEM) a recommandé l’autorisation d’une mise sur le marché de l’antiviral remdesivir au sein de l’Union européenne (UE) pour les patients atteints du Covid-19. Le remdesivir est la première thérapie à avoir démontré une certaine efficacité chez les patients hospitalisés pour le Covid-19 dans un essai clinique de taille significative, même si l’effet est considéré comme modeste. Une étude de l’AEM a démontré que les patients traités avec du remdesivir se rétablissaient en moyenne quatre jours plus vite que les autres malades."""
https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/06/25/coronavirus-l-oms-se-dit-inquiete-d-un-rebond-du-nombre-de-cas-en-europe_6044159_3244.html

 

                                                     ***

30 Juin - Audition de Buzyn à à la commission d'enquête de l'Assemblée nationale


J'avais oublié Buzyn... lamentable et donc égale à elle-même. Elle arrive comme une fleur pour déclarer qu'elle avait tout vu tout prévu, tout fait bien etc... aidée en cela par la présidente LREM du comité, qui fait poser dix questions à la fois, parmi lesquelles il suffit à Buzyn d'en sélectionner trois pour répondre avec trois mensonges préparés d'avance. Et encore lui faut-il hésiter et se perdre à chaque intervention. No way avec celle-là.

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7 Juillet - On a vécu en dictature pendant des mois, et les gens ne s'en sont pas aperçu !

Ça veut dire qu'on est à un stade où tout le monde suit les mêmes schémas de pensée. Cette crise fut monstrueuse, et normalement les situations extrêmes réveillent les gens, les font se questionner etc. Là rien : le vide absolu. Comme si après Hiroshima, les japonais avaient continué à ne parler que football.

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(suite ici)

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