Espagne. In memoriam Puig Antich...

Chanson souvenir de 1977, trois ans auparavant, la dictature franquiste assassinait au "garrot vil" le jeune anarchiste Salvador Puig Antich. Ce fut la dernière "exécution'" du franquisme au "garrot vil" avec celle de son compagnon d'infortune le polonais Heinz Chez. Les responsables directs de cette monstruosité auront échappé à toute mise en examen et condamnation.

Chanson souvenir datant de 1977, trois ans auparavant la dictature franquiste assassinait au "garrot vil" le jeune anarchiste Salvador Puig Antich. Ce fut la dernière exécution-assassinat du franquisme au "garrot vil" avec celle de son compagnon d'infortune le polonais Heinz Chez (les derniers assassinés par condamnation le seront par fusillade deux mois avant la mort du dictateur en novembre 1975). Les responsables directs de cette monstruosité auront échappé à toute mise en examen et condamnation grâce au miracle d'une Transition à la démocratie qui avait posé comme son socle principiel l'amnistie/amnésie vis-à-vis de tous ces crimes. Véritable signifiant de l'impunité caractérisant l'indiscutable anomalie démocratique de la démocratie espagnole comme le démontre, au demeurant, ce qu'elle impose aujourd'hui aux démocrates catalans

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Pour mémoire, il aura fallu que ce soit une juge argentine qui, en 2014, instruise, au nom du principe de la Justice Universelle, le procès du franquisme en sollicitant, entre autres, l'extradition des anciens ministres franquistes qui avaient signé l'ordre d'exécution de Puig Antich. Extradition qui, sous tous les gouvernements, de gauche comme de droite a été refusée ! La Justice Universelle est en effet déclarée "justicia non grata" en Espagne. La loi de la Mémoire Historique de 2007, issue du combat des courageux mémorialistes ouvrant les fosses de l'oubli n'est pas parvenue à porter le fer au coeur de l'amnésie pour poser la nécessité d'en finir avec l'impunité du franquisme, des franquistes. La preuve par la résurgence voxiste du franquisme, résurgence qui, notons-le très précisément, s'est alimentée de la diabolisation catalanophobique par la droite avec la complicité de la gauche socialiste, de la lutte démocratique en faveur de la république catalane. Le revirement "progressiste" de la gauche en question aujourd'hui, c'est aussi à noter, recourt au même ressort que ce qui a permis l'émergence d'une démocratie non totalement défranquisée, l'amnésie : Pedro Sánchez, l'actuel chef du gouvernement voudrait faire oublier qu'il porte une grande responsabilité, comme son parti (n'en déplaise à l'amnésique Pablo Iglesias), quoi qu'il puisse dire, dans ce renouveau du franquisme, par son appui au "putsch" du 155 destituant en 2017 les instances légitimes de la Catalogne.

Le télescopage de ce souvenir de 1974 avec la grande mobilisation perpignanaise des démocrates catalans, samedi dernier, est une invitation à être conscients de ce que les "démocrates" espagnolistes voudraient reconduire de leur antidémocratisme profond : l'amnésie du bon peuple, l'oubli que ce qui s'est produit le 2 mars 1974 avec l'assassinat d'un antifranquiste catalan internationaliste et d'un Polonais n'est pas sans lien avec l'exil aujourd'hui de démocrates catalans persécutés ou la condamnation d'autres à de lourdes peines de prison par les héritiers impunis du franquisme. On n'oublie pas, on ne peut pas, on ne doit pas oublier car le passé honteux et criminel se survit et pourrait même faire pire que se survivre si l'on compose avec lui.

Chanson du souvenir donc, ce fut le 2 mars 1974. La particularité de cette chanson est qu'elle s'adresse à la compagne de Salvador, Margalida, pour mieux convoquer le souvenir de celui qu'elle aima, qui l'aima...

Les paroles en catalan et en espagnol : https://www.cancioneros.com/nc/3025/0/a-margalida-joan-isaac

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