Venezuela : le point de vue de l'économiste marxiste Michael Roberts

Ci-dessous un texte sur le Venezuela en espagnol, mais avec accès à la version anglaise, de l'économiste marxiste Michael Roberts qui situe son point de vue au croisement du politique, de l'économique et du social. Il pose les bases analytiques qui montrent qu'il est intenable, du point de vue de la gauche et, plus précisément, de celui de l'émancipation des peuples, de soutenir Maduro. Adressé, entre autres, à ceux et celles qui, à gauche, ne voient pas la catastrophe politique qu'il y a à donner un appui à un régime se discréditant par la corruption qui le gangrène et par les privilèges, associés à cette corruption, de ce que l'on appelle la "bolibourgeoisie" et ses relais étatiques (1). Ce régime a épuisé les possibilités d'une politique sociale radicale initiée par Chávez et perd ses appuis populaires par les effrayants dégâts sociaux, évoqués dans ce texte, que provoque son refus de rompre avec "l'insertion coloniale du pays dans l'ordre mondial" capitaliste (Edgardo Lander) (2). L'idée juste de couper l'herbe sous les pieds d'une droite et d'une extrême droite désireuses de revenir au schéma régressif de l'ancien régime n'implique aucunement de soutenir ce qui les renforce tout en provoquant le désarroi parmi les couches populaires. C'est du côté de la gauche antiMaduro qu'existe la seule possibilité d'approfondir un processus bolivarien de mobilisation populaire aujourd'hui arrivé au seuil de son dépassement, soit vers la droite, soit vers la gauche, et contre lequel jouent de façon insupportable Maduro et les siens. Une telle position doit au demeurant intégrer en son coeur une attitude de refus intransigeant de toute intervention étatsunienne au Venezuela.

(1) Venezuela. Le chavisme et les négoces financiers, la Bolibourgeoisie à l'oeuvre

(2) Venezuela. Réflexions critiques sur l’assemblée constituante ‘maduriste’

Edgardo Lander: Ante la crisis de Venezuela la izquierda carece de crítica

Voici la traduction, par mes soins, de larges extraits de cet article

"Selon le FMI, le PIB du Venezuela en 2017 est inférieur de 35% à celui de 2013, de 40% par habitant. Par comparaison les Etats-Unis virent baisser leur PIB de 28% lors de la Grande dépression de 1929-1933."

"Chávez avait amélioré les conditions de vie des plus pauvres par l'augmentation des salaires, les services sociaux et la réduction des inégalités. Ces mesures ne pouvaient cependant jouer qu'aux limites de l'économie capitaliste grâce aux revenus des exportations de pétrole à un moment où les prix de celui-ci étaient très haut. Mais ces prix ont commencé à baisser et se sont réduits de moitié ces deux dernières années.

Les exportations de pétrole ont baissé, entre 2012 et 2016, de 2 200 $ par habitant dont 1 500 $ sont dûs à la diminution des prix du pétrole. Le gouvernement de Maduro a commencé à accumuler d'énormes dettes externes pour essayer de maintenir le niveau de vie. Le Venezuela est désormais le pays le plus endetté du monde. Aucun pays n'a une dette extérieure publique supérieure si on la rapporte au PIB ou aux exportations, aucun pays n'a un service de la dette plus élevé en pourcentage de ses exportations.

Le gouvernement a eu recours à la dévaluation monétaire pour booster les revenus en dollars mais cela n'a fait que stimuler une inflation scandaleuse et des coupes dans les salaires réels. En même temps le gouvernement a décidé d'"honorer" tous les paiements de sa dette extérieure et, en corollaire, de réduire les importations. Conséquence : les importations de biens et de services par habitant se sont contractés de 75% en termes réels (compte tenu de l'inflation) entre 2012 et 2016, avec une nouvelle baisse en 2017. "

"Il s'en est suivi un effondrement de l'agriculture et de l'industrie supérieur à celui du PIB global entraînant une réduction supplémentaire de presque 1000 $ par habitant en biens de consommation produits localement.

Le salaire minimum - qui au Venezuela correspond au revenu moyen des travailleurs de par le grand nombre de ceux qui perçoivent ledit salaire minimum - a baissé, en prix constants, de 75% de mai 2012 à mai 2017. Cette chute salariale équivaut en termes de calories les moins chères disponibles pour les salariés à une baisse de 86,7%, ce qui est insuffisant pour nourrir une famille de cinq personnes, en supposant que tous les revenus sont dépensés dans l'achat des calories les moins chères. Avec leur salaire minimum les Venezueliens ne peuvent acheter que moins du cinquième de la nourriture que les Colombiens, traditionnellement plus pauvres, peuvent acheter avec leur salaire minimum.

Les revenus des plus pauvres ont connu un recul de 48% en 2014 et de 82% en 2016. Le poids de 74% des Venezueliens a baissé en moyenne de 8,6kg. La mortalité des personnes traitées médicalement s'est élevée de 10% et de 100% pour les nouveaux nés en milieu hospitalier en 2016."

"Des indices clairs de sous-alimentation infantile ont été relevés par un ensemble d'associations, dont Caritas (Secours Catholique), et d'organismes. Dans certains endroits on peut parler de crise alimentaire. Une enquête menée dans l'Etat de Miranda établit que 86% des enfants vivent dans la crainte de ne pas manger, 50% disent aller au lit en ayant faim."

"Avant Chávez, la majorité des Venezueliens étaient extrêmement pauvres sous les gouvernements de la droite capitaliste. Mais désormais, une nouvelle fois, sous Maduro, on retrouve cette situation que vivent les pauvres et la majorité des travailleurs venezueliens. Il n'est donc pas étonnant que l'appui au gouvernement de Maduro ait baissé tandis que les organisations de la réaction se renforcent. Alors que la majorité des venezueliens lutte, nombreux sont ceux qui, dans la haute hiérarchie du gouvernement de Maduro, vivent aussi confortablement que les capitalistes venezueliens et leurs partisans qui cherchent à renverser ce gouvernement.

Le gouvernement de Maduro dépend toujours plus, non de l'appui de la classe ouvrière, mais des forces armées. Et le gouvernement est à leurs petits soins. Les militaires peuvent ainsi acheter sur des marchés réservés (par exemple dans les bases militaires), ils bénéficient d'un accès privilégié aux prêts et aux achats de véhicules et de logements et ils ont vu leurs salaires augmenter substantiellement. L'armée a également décroché de juteux contrats, en gérant les contrôles des changes et les aides d'Etat - par exemple, sur la vente de l'essence bon marché achetée aux pays voisins - avec de grands profits."

"L'armée exerce un fort pouvoir économique direct par le contrôle d'entreprises, de banques, d'entreprises agricoles, de transports, de systèmes de communication, de télécommunication, des fonds d'investissement, une entreprise du bâtiment, une autre dédiée au conditionnement en bouteilles de l'eau. Sans compter une compagnie militaire minière, pétrolière et gazière anonyme.

Des secteurs importants des élites du gouvernement de Maduro ont utilisé la crise économique à leur propre bénéfice personnel. Ils ont acheté de la dette publique à forts rendements tout en s'assurant qu'il n'y aurait pas de banqueroute publique. Tout cela s'est fait au prix de la chute des niveaux de vie des gens qui doivent payer cette dette à travers les impôts et le non-perçu des revenus du pétrole. Les devises destinées au paiement de la dette externe ont été couvertes par la réduction des importations d'aliments, de médicaments ou d'intrants industriels essentiels

C'est ainsi que, tandis que les manifestants antigouvernementaux luttent contre la police et l'armée dans les rues et que le gouvernement évolue inexorablement vers un régime autoritaire, la classe ouvrière est désamparée. Le programme économique et social de l'opposition est le programme traditionnel des capitalistes nationaux appuyés par l'impérialisme, à savoir, la réforme des lois du travail (autrement dit, dans le sens de plus d'exploitation et d'agressions), la privatisation ou reprivatisation des entreprises d'Etat, la dérégulation des contrôles des investissements (soit la garantie d'un fort taux d'exploitation du travail) et, évidemment, la liberté des prix et l'unification des taux de change. La mise en place d'un tel programme, à l'égal des sanctions prévues par l'impérialisme étatsunien et ses acolytes dans la région, amènerait encore plus d'attaques contre le niveau de vie de la majorité de la population."

"Cette tragédie aurait pu être évitée si la révolution chaviste ne s'était pas arrêtée à mi-chemin, en laissant l'économie majoritairement sous le contrôle du capital. Mais les gouvernements de Chávez et de Maduro se sont appuyés sur les prix élevés du pétrole et leurs énormes réserves d'hydrocarbures pour réduire la pauvreté mais pas pour transformer l'économie à travers l'investissement productif, la propriété d'Etat et la planification.. De 1999 à 2012 l'Etat a obtenu un revenu de 383 milliards de dollars  du pétrole, non seulement grâce à l'amélioration des prix du baril mais aussi  à l'augmentation des royalties versées par les compagnies transnationales. Ces revenus n'ont pourtant pas été utilisés pour transformer les secteurs productifs de l'économie. Il est certain qu'une partie de cet argent a servi à améliorer le niveau de vie des masses les plus pauvres. Mais il n'y a pas eu de plan d'investissement et de croissance. De fait la part de l'industrie dans le PIB est passée de 18% en 1998 à 14% en 2012.

La droite favorable au "libre marché" nous dit maintenant que le Venezuela fait la démonstration que le "socialisme' ne fonctionne pas et qu'il ne peut pas échapper aux contraintes du marché. Mais l'histoire des dix dernières années n'est pas celle de l'échec du "socialisme" ou de la planification mais l'échec de la tentative de mettre fin au contrôle du capital dans un pays capitaliste (toujours plus isolé) à première vue faible ne jouissant que d'une ressource : le pétrole. Il n'y a pas eu d'investissement dans les gens, dans leur formation, dans le développement de nouvelles industries et dans l'innovation technologique : tout cela a été laissé entre les mains du secteur capitaliste. Il suffit de comparer avec le "socialisme  à caractéristiques chinoises", bien qu'il s'agisse d'un pays plus grand qui est aujourd'hui une puissante économie mondiale.

Il y a à peine plus d'un an, j'ai écrit dans une note que, pour sauver les objectifs du chavisme, "il est probable que ce soit trop tard, car les forces de la réaction gagnent tous les jours du terrain dans le pays. Il semble que nous soyons seulement dans l'attente de la décision de l'armée de changer de camp et de mettre dehors les chavistes"."

----------------------------

Le texte traduit de l'anglais en espagnol.

Venezuela

La tragedia de Venezuela

Michael Roberts *

The tragedy of Venezuela

The Next Recession, 3-8-2017

https://thenextrecession.wordpress.com/

Traducción de G. Buster – Sin Permiso

http://www.sinpermiso.info/

Mientras el régimen de Maduro intenta imponer su nueva Asamblea Constituyente como rival o sustituta del actual Congreso de Venezuela y arresta a los líderes de la oposición pro-capitalista, la grave situación económica y social del país sigue empeorando.

Según el FMI, el PIB de Venezuela en 2017 es un 35% inferior a 2013, un 40% en términos per capita. Es una contracción significativamente más dura que durante la Gran Depresión en los EEUU de 1929-1933, cuando se estima que el PIB de Estados Unidos cayó un 28%. Es ligeramente mayor que la sufrida en Rusia (1990-1994), Cuba (1989-1993), y Albania (1989-1993), pero menor que la experimentada por otros ex estados soviéticos en el momento de la transición, como Georgia, Tayikistán, Azerbaiyán, Armenia y Ucrania, o de países en guerra como Liberia (1993), Libia (2011), Ruanda (1994), Irán (1981) y, más recientemente, el sur de Sudán.

Por lo tanto, con estos datos, según Ricardo Haussman, ex economista jefe del Banco Interamericano de Desarrollo, la catástrofe económica de Venezuela empequeñece a cualquier otro en la historia de los EE UU, Europa Occidental o el resto de América Latina.

En 2013, advertí que los logros de la 'revolución bolivariana' con Chávez estaban seriamente amenazados. Chávez había mejorado las condiciones de los más pobres con el aumento de los salarios, los servicios sociales y la reducción de la desigualdad. Sin embargo, estos sólo podían aumentar en los confines de la economía capitalista mediante el uso de los ingresos de las exportaciones de petróleo en un momento de precios muy altos del petróleo. Pero los precios del petróleo comenzaron a caer y prácticamente se han reducido a la mitad en los últimos dos años.

Las exportaciones de petróleo se redujeron en $ 2.200  per cápita de  2012 a 2016, de los cuales $ 1.500 se debieron a la disminución de los precios del petróleo. El gobierno de Maduro comenzó a acumular enormes deudas externas para tratar de mantener el nivel de vida. Venezuela es ahora el país más endeudado del mundo. Ningún país tiene una deuda externa pública mayor en proporción del PIB o de las exportaciones, o tiene un servicio más elevado de la deuda como porcentaje de sus exportaciones.

El gobierno recurrió a la devaluación de la moneda para impulsar los ingresos en dólares, pero esto sólo estimula una inflación escandalosa y recortes en los salarios reales. Al mismo tiempo, el gobierno decidió 'honrar' todos sus pagos de la deuda externa y reducir las importaciones en su lugar. Como consecuencia, las importaciones de bienes y servicios per capita  se redujeron un 75% en términos reales (ajustados a la inflación) entre 2012 y 2016, con un nuevo descenso en 2017. Tal colapso es sólo comparable al de Mongolia (1988-1992) y Nigeria (1982-1986) y mayor que el resto del derrumbe de las importaciones de cuatro años en todo el mundo desde 1960. Esto condujo a un colapso de la agricultura y la industria, incluso mayor que la del PIB global, recortando casi otros $ 1.000 per capita en bienes de consumo producidos localmente.

El salario mínimo - que, en Venezuela es también el ingreso del trabajador medio, debido a la gran proporción de perceptores de salario mínimo - ha disminuido en un 75% (en precios constantes) de mayo de 2012 hasta mayo de 2017. Si se calcula en las calorías más baratas disponibles, el salario mínimo se redujo de 52,854 calorías por día hasta apenas 7.005 en el mismo período, un descenso del 86,7% que es insuficiente para alimentar a una familia de cinco miembros, suponiendo que todos los ingresos se gasten en comprar las calorías más baratas. Con su salario mínimo, los venezolanos podían comprar menos de una quinta parte de la comida que los colombianos tradicionalmente más pobres pueden comprar con los suyos.

La pobreza de ingresos se incrementó de 48% en 2014 al 82% en 2016 , según una encuesta realizada por las tres universidades más prestigiosas de Venezuela. El mismo estudio encontró que el 74% de los venezolanos han perdido involuntariamente un promedio de 8,6 kilos de peso. El Observatorio de Salud de Venezuela señala un aumento del 10% en la mortalidad de los pacientes y un aumento del 100% entre la de los recién nacidos en los hospitales en 2016.

Según un estudio llevado a cabo entre octubre y diciembre de 2016 por Cáritas Venezuela, en colaboración con Caritas Francia, la Comisión Europea y la Confederación Suiza, hay indicios claros de desnutrición crónica entre los niños en Venezuela. En algunas zonas, alcanza niveles cercanos a lo que, según las normas internacionales, es una crisis. El informe dice: “se están registrando estrategias de supervivencia inseguras e irreversibles desde un punto de vista económico, social y biológico, y el consumo de alimentos de venta callejera es especialmente preocupante”. “De acuerdo con una encuesta realizada en junio de 2016 en el estado de Miranda, el 86% de los niños temía quedarse sin alimentos. El cincuenta por ciento dijo que se fueron a la cama con hambre por falta de alimentos en sus hogares“.

Erika Guevara, directora de la Oficina Regional de Amnistía Internacional para las Américas escribió en junio de 2016: “el Hospital de Niños JM. De los Ríos en Caracas, que una vez fue un orgullo como modelo de atención pediátrica en Venezuela, hoy es un símbolo trágico de la crisis que está barriendo al país sudamericano. La mitad del gigantesco edificio se derrumba, las paredes se tambalean, los suelos se inundan y las habitaciones están tan deterioradas que ya no se utilizan. A pesar de ello, cientos de niños están siendo tratados. Pero tanto los medicamentos como los suministros médicos básicos son escasos, y las madres de los niños ya han renunciado a exigirlos. (...)”. “Las Voces del Hambre”, un informe realizado por Telemundo y dirigido por el periodista venezolano Fernando Girón, muestra cómo niños venezolanos luchan con aves de presa por los huesos desechados por los carniceros (El Nacional, 02/28/17).

Antes de Chávez, la mayoría de los venezolanos eran extremadamente pobres tras una serie de gobiernos de la derecha capitalista. Pero ahora, una vez más, bajo Maduro, esta es la situación de los pobres y la mayoría de la clase trabajadora venezolana. No es de extrañar que el apoyo al gobierno de Maduro ha disminuido, mientras que las fuerzas de la reacción se hacen más fuertes. Mientras que la mayoría lucha, muchos en la jerarquía superior del gobierno de Maduro viven tan cómodos como los capitalistas venezolanos y sus partidarios que están tratando de derrocar al gobierno.

El gobierno de Maduro depende cada vez más no del apoyo de la clase obrera, sino de las fuerzas armadas. Y el gobierno se ocupa de ellos también. Los militares pueden comprar en mercados exclusivos (por ejemplo, en las bases militares), tienen un acceso privilegiado a préstamos y compras de automóviles y viviendas, y han recibido aumentos salariales sustanciales. El ejército también ha obtenido contratos lucrativos, gestionando los controles de cambio y los subsidios -por ejemplo, la venta de gasolina barata comprada en los países vecinos- con grandes ganancias.

Como Rolando Astarita ha señalado en una serie de notas, el ejército tiene un fuerte poder económico directo, ya que las FANB dirigen y controlan toda una serie de empresas: el banco BANFANB; AGROFANB para la agricultura; EMILTRA en el transporte; EMCOFANB, una empresa de sistemas de comunicación de la FANB; TVFANB, un canal de televisión digital abierto; TECNOMAR, una compañía de proyectos de tecnología y militares mixtos; FIMNP, un fondo de inversión; CONSTRUFANB, una constructora; CANCORFANB; Aguas Tiuna, una planta embotelladora de agua; Y además está CAMINPEG, la compañía anónima militar minera, de petróleo y gas.

Sectores importantes de las élites del gobierno de Maduro han utilizado la crisis económica para su propio beneficio personal. Han comprado deuda pública con fuertes rendimientos, mientras que al mismo tiempo se aseguran que no habrá una bancarrota pública, todo ello a expensas de la caída de los niveles de vida de la gente que debe pagar esta deuda a través de los impuestos y los ingresos del petróleo no percibidos. Las divisas destinados al pago de la deuda externa ha sido compensadas por la reducción de las importaciones de alimentos, medicamentos o insumos industriales esenciales.

Así, mientras los manifestantes anti-gubernamentales luchan contra la policía y el ejército en las calles y el gobierno de Maduro evoluciona cada vez más hacia un régimen autoritario, la clase obrera se queda sin amparo. El programa económico y social de la oposición es el tradicional de los capitalistas nacionales apoyados por el imperialismo: a saber, la reforma de las leyes laborales (es decir, más explotación y saqueos), la privatización o la re-privatización de las empresas estatales, la desregulación de los controles sobre la inversión ( es decir, garantizar una alta tasa de explotación laboral) y, por supuesto, la liberación de precios y la unificación de los tipos de cambio. La implementación de este programa impondría aún más recortes en su nivel de vida a la mayoría. Al igual que las sanciones previstas por el imperialismo norteamericano y sus acólitos en la región.

¿Qué salió mal con los loables objetivos del chavismo? ¿Podría haberse evitado esta tragedia? Sí, si la revolución chavista no se hubiese quedado a menos de la mitad, dejando la economía predominantemente bajo el control del capital. En lugar de ello, los gobiernos chavistas y Maduro se apoyaron en los altos precios del petróleo y sus enormes reservas de hidrocarburos para reducir la pobreza, pero no para transformar la economía a través de la inversión productiva, la propiedad estatal y la planificación. Entre 1999 y 2012 el Estado tuvo ingresos de $ 383.000 millones del petróleo, debido no sólo a la mejora de los precios, sino también al aumento de las regalías pagadas por las transnacionales. Sin embargo, estos ingresos no se utilizaron para transformar los sectores productivos de la economía. Sí, algo se utilizó para mejorar el nivel de vida de las masas más empobrecidas. Pero no había un plan de inversión y crecimiento. Al capital venezolano se le permitió seguir adelante operando como siempre - o no, según fuese el caso. De hecho, la participación de la industria en el PIB se redujo del 18% en 1998 al 14% en 2012.

Ahora la derecha pro 'libre mercado' nos dicen que Venezuela demuestra que el 'socialismo' no funciona y que no se puede escapar a los rigores del mercado. Pero la historia de los últimos diez años no es la del fracaso del 'socialismo' o de la planificación, sino la del fracaso para poner fin al control del capital en un (cada vez más aislado) país capitalista aparentemente débil con un único activo: el petróleo. No hubo inversión en la gente, en su formación, en el desarrollo de nuevas industrias y la innovación tecnológica: todo ello se dejó en manos del sector capitalista. Basta comparar con el 'socialismo con características chinas', aunque en un país más grande que ahora es la economía en el mundo.

Hace poco más de un año, escribí  en una nota que, para salvar los objetivos del chavismo, “es probable que sea demasiado tarde, ya que las fuerzas de la reacción ganan terreno cada día en el país. Parece solo estamos a la espera de la decisión del ejército de cambiar de bando y expulsar a los chavistas”.

* Michael Roberts es un reconocido economista marxista británico, que ha trabajador 30 años en la City londinense como analista económico y publica el blog The Next Recession.

 A lire aussi A propos du Venezuela (Vincent Présumey)

Dossier Vénézuela au 12 Aout 2017

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.