Ce qui "(se) passera" si l'on accepte que l'accueil des migrants "ça ne passera pas"

Je relaie cette brève de Reuters mise en ligne sur Mediapart. Avec une dédicace aux déboussolé-es de la FI qui parlent de plus en plus le langage brun sur les migrants : par petits bouts plus ou moins honteux encore (Ruffin), plus ou moins (de moins en moins, Kuzmanovic) contrebalancés par la rhétorique de la générosité humanitaire mais ça monte, ça monte, élections à venir obligent...

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J'ajouterai ceci quand même : il est certes important de déconstruire le mythe de "l'invasion" étrangère (arabe ! Musulmane !) mais, une fois pulvérisé ce fantasme extrême-droitier, je suis de ceux et celles qui disent : si explosion de l'arrivée des migrant-es en Europe il y a, on ouvre large les portes, sans restriction... J'entends déjà la méchante petite musique "cela ne passera pas dans la tête des gens" ? Eh bien, il y a une campagne politique à mener pour que cela passe. Le courage c'est aussi savoir aller à contre-courant des idées toutes faites, idées funestes de l'extrême droite, il faut savoir le dire. Qu'elles soient populaires à un moment donné, n'enlève pas qu'elles sont d'extrême droite et qu'elles doivent être combattues. Sans rien céder au pseudo réalisme électoral où le bulletin de vote finit par phagocyter l'idée politique. L'électoralisme, car, plus que de réalisme, c'est de cela qu'il s'agit, est un opportunisme qui fait le lit des politiques ennemies des couches populaires, y compris de celles qui se croient à l'abri en se fanatisant anti-migrant-es. Elles passeront à la casserole anti-migrante (avec les politiciens opportunistes) tôt ou tard et il faut l'expliquer. Car le racisme est une des armes ultimes du capitalisme et, là aussi, l'histoire montre que toutes les couches populaires sont potentiellement les "migrants" de la caste qui se nourrit du système : le peuple, dans toutes ses couches, d'ici et d'ailleurs, est structurellement l'étranger du capital et, dans les circonstances de crise de la valorisation de ce capital, cet "étranger", migrant ou pas, est, dans sa globalité, l'ennemi. Chercher à ruser, par exemple électoralement, avec cette dynamique globalisante antipopulaire, c'est préparer la victoire de ses promoteurs : par où l'unité internationaliste des peuples n'est pas qu'un slogan, c'est la réponse, interne-externe au système, de contestation qui laisse sa chance à l'alternative antisystémique ! Visiblement à la FI, cela n'est pas acquis... Mais est-ce si étonnant de la part d'un groupement politique qui laisse, sans (trop) réagir, son chef (car on est insoumis mais pas à son chef qui peut décider seul de réorienter à 180° ! Lire ici) se réjouir de voir se rapprocher à lui les débris d'un PS, jusqu'à il y a peu voué aux enfers des traîtres... Un PS si prolixe, sans contestation interne digne de ce nom, en mesures liberticides, attentatoires aux droits sociaux et particulièrement attaché à cogner sur les migrant-es !

Pour conclure : ce qui passera inéluctablement si ... passe l'idéologie du "accueillir tous les migrants, ça ne passera pas", c'est le fascisme ou sa variante terriblement menaçantes pour les libertés que des apprentis sorciers taillent déjà en pièces. Etre insoumis c'est s'insoumettre au discours antimigrants qui est en train de migrer dans la FI  et qui, en cas de succès électoral, corsètera les impétrants dans l'alternative finale : ou persévérer dans cette voie à l'issue fatale ou périr pour avoir cru pouvoir jouer au plus fin avec le racisme !

 

Mon dernier billet à ce sujet : Ruffin, migrant politique. Impossible à régulariser !

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