La France... à l'espagnole. Le Benallagate, un Macrongate ?

Un article espagnol parfaitement documenté sur le retour de bâton violent qui ébranle le macronisme au plus haut de l'Etat, piégé dans sa propre brutalité, exacerbée par un total sentiment d'impunité, qu'il inflige à la société, plus exactement à ses couches populaires...

Voilà une affaire qui "parle" aux Espagnols,  abreuvés qu'ils sont, depuis des mois, des effluves de ce qu'ils dénomment "les égouts de l'Etat" (1) ! Avec une nouvelle confirmation des affinités (2) du macronisme avec l'opacité monarchico-affairiste espagnole ! Adeptes tous deux d'un droit à géométrie variable, alias à deux vitesses : tendre pour les uns, implacable pour les autres ! (3)

(1) Las cloacas del Estado: El documental sobre las cloacas que no quieren que veas et la vidéo qui révèle tout (en espagnol)

(2) Catalogne. L'Espagne désavouée par la justice allemande, Macron est avec elle !

3) Mariano Rajoy, pourtant clairement désigné dans les documents du trésorier du PP, condamné pour "caisse noire", comme ayant bénéficié de fonds illégaux, échappe, à ce jour, à toute poursuite judiciaire ! Lire Barcenas, l'homme qui fait trembler Rajoy

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Article en espagnol de Público (22 07 2018)

"Benallagate" : Macron envoyé dans les cordes

L'affaire Benalla n'est pas un problème de choix erroné d'un collaborateur. Il s'agit d'une affaire d'Etat, car il dévoile la possibilité qu'existent des dispositifs opérationnels extra-officiels et extra-policiers pilotés depuis la présidence.

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Pour suivre :

"Au moment où il se pourrait que la justice espagnole se trouve en mesure, en cas d'extradition, d'instruire l'accusation de malversation à l'encontre de Carles Puigdemont, devra-t-elle, pourra-t-elle, voudra-t-elle se pencher enfin sur toutes ces révélations qui ternissent, c'est peu dire, l'image de Juan Carlos et par rebond celle de toute cette famille royale qui jouit d'une fortune si fortement suspecte d'avoir été mal acquise, à savoir aux dépens des finances publiques ? En un moment où c'est au nom de la rigueur budgétaire que le bon peuple est appelé à continuer à se serrer la ceinture !

Si l'on veut bien avoir à l'esprit qu'une malversation est "une faute grave (spécialement un détournement de fonds), commise dans l'exercice d'une charge.", ce dont on accuse Carles Puigdemont et qui, de l'avis de ses défenseurs a peu de chances d'être avéré, n'est rien comparé à ce dont pourrait devoir rendre des comptes Juan Carlos si la Justice espagnole se décidait à opérer autrement qu'elle a fait jusqu'à présent : en Catalogne, comme l'on sait, ou à Madrid en condamnant lourdement pour insultes envers la Couronne espagnole ! Etant entendu que le verrou constitutionnel qui rend le Roi irresponsable pénalement (c'est dire !) et que certains voient jouer en faveur d'un Roi ayant cessé de régner, pourrait amener à ne plus sacraliser une Constitution qui n'a pas fait qu'établir la démocratie en 1978 mais aussi donner une échappatoire à ceux qui, en douce, la déconsidèrent depuis le début. Belle empoignade politique en vue qui, à défaut que l'ex Roi soit traîné devant les tribunaux, pourrait permettre à l'idée républicaine de gagner les esprits (on se rappelle qu'en octobre 2017 c'est une République qui a été votée en Catalogne et abattue par un gouvernement monarchique des plus corrompus appuyé, en première ligne télévisée, par le royal fils de son père ?)." ((Peut-être) extradé, Puigdemont sourit, l'Espagne grimace ! )

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