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Le gouvernement de Madrid a obtenu la paralysie des systèmes électroniques de communication de la Generalitat (Autonomie catalane). Rajoy et ses comparses crient victoire et affirment que de fait le référendum est annulé. Les organisateurs de la consultation estiment, eux, que c'est l'activité générale de la région qui va s'en ressentir, pas l'organisation des votes et leur comptage.

Le gouvernement de Madrid a obtenu la paralysie des systèmes électroniques de communication de la Generalitat (Autonomie catalane). Rajoy et ses comparses crient victoire et affirment que de fait le référendum est annulé. Les organisateurs estiment eux que c'est l'activité générale de la région qui va s'en ressentir, pas l'organisation des votes et leur comptage. C'est à voir mais je pense que les choses vont se compliquer énormément pour eux. L'inconnue : ce que sera demain la mobilisation sur le terrain et ce qui se passera si le constat est fait par les gens descendus dans la rue que le référendum est empêché... Une autre inconnue majeure : l'attitude que la police catalane (Mossos de Esquadra) va adopter. Placée sous contrôle de la police de l'Etat espagnol, elle dit qu'elle obéira mais les consignes données sont de ne pas recourir à la violence face aux manifestants. A mon avis il faut avoir en tête 1/ que cette police catalane a une désormais assez longue histoire de répression, souvent violente, des mouvements sociaux mais que 2/ elle est déstabilisée dans son noyau idéologique de fidélité à l'autorité de l'Autonomie catalaniste. Je n'ai guère d'espoir qu'elle vienne en aide au mouvement national en cours mais nous sommes dans une situation où bien des choses inattendues peuvent arriver. On verra bien. Dans l'immédiat elle procède à la fermeture de tout ce qui ressemble à des collèges électoraux sans rien faire dans le cas où ils sont déjà occupés par des partisans du référendum (surtout des écoles).

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Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2017-09-30%2Ba%25CC%2580%2B17.59.09.png A noter l'arrivée dans ce rassemblement de l'ancienne ministre de l'Education et de la Culture, ancienne présidente de la Communauté autonome de Madrid, ancienne porte-parole du PP à la mairie de Madrid, Esperanza Aguirre ! Moins nombreux étaient les rassemblements d'extrême droite à Barcelone, Logroño, Santander, Murcie ou Tolède.

Tension à Vitoria (Pays Basque) où la trentaine de fascistes s'est retrouvée ciblée par la centaine de partisans du référendum catalan.

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