Luther King, l'hommage au Cirque d'Hiver en 68

Dans «mon 68 à moi», il y a un événement avant le mois de mai, qui m'a marqué. L'assassinat de Martin Luther King et l'hommage qui lui a été rendu à Paris, quelques jours après organisé par le MRAP. C'était au Cirque d'Hiver !

Résultat de recherche d'images pour "Luther King caricatures"En France depuis un peu plus d'un an, je découvrais les grandes réunions politiques, les manifestations de rue, les meetings à la Mutualité. Et c'est la première fois que je rentre au Cirque d'Hiver que j'avais déjà aperçu de l'extérieur, n'ayant retenu que le mot cirque, lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam.

C'était la stupéfaction, la disparition de Martin Luther King, même si j'ai appris depuis que finalement les discriminations et les violences contre la population noire aux États Unis ne se sont jamais arrêtées. Ailleurs non plus, dans des contextes différents, on peut faire des liens avec les supposées «bavures» contre Traoré et d'autres jeunes noires en France. Et ce n'est pas seulement en Amérique qu'on constate l'impunité policière...

La position de Martin Luther King était d'exprimer sa colère par la non-violence. Son combat n'était pas seulement pour défendre la population Noire de l'injustice et des humiliations policières, il s'engageait aussi contre la discrimination sociale et la pauvreté qui touchait également les blancs. Il était un opposant résolu à la guerre au Vietnam.

Dans mes vertes années, au Portugal, les camarades communistes considéraient que Martin Luther King étant un pasteur, exprimait un combat limité et je me souviens que son discours «I have a dream» avait été accueilli avec des réticences car «l'Amérique ne serait jamais fraternelle», c'était le combat contre l'impérialisme.

Le meeting au Cirque d'Hiver était organisé par le MRAP, (mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et pour la paix) que je suivais un peu. Le souvenir que je garde est d'un grand nombre de manifestants et, du discours d'un professeur du Collège de France, Jacques Monod, soulignant le combat pacifiste de Martin Luther King. Je le redécouvre dans des archives aujourd'hui "L'âme de Gandhi avait retrouvé un corps (...). Comme Gandhi, Martin Luther King a connu le martyre, auquel, je le sais, car il me l'avait dit, il s'était préparé (...). Ce n'est pas seulement pour les Noirs de son pays qu'il exposait sa vie, mais pour les Blancs aussi (...). La seule arme du combat qu'il livrait-il s'agissait bien d'un vrai combat - c'était la non-violence (...). Gardons-nous de trahir son enseignement (...)."

Je me souviens (et ça m'a d'autant plus marqué) qu'au même moment, le lendemain de son assassinat, en Tchécoslovaquie un programme était adopté, «la Voie tchécoslovaque vers le socialisme», de Dubček, qui ouvrait à l'espoir d'un renouveau chez les peuples de l'Est. L'histoire est venue nous prouver le contraire...

Je reste dans cette conviction et aujourd'hui plus qu'hier que le combat de Martin Luther King, pour limité qu'il soit reste celui qui peut mobiliser le plus de citoyens quelque soit la couleur de leur peau ou de leurs engagements. Une «marche des pauvres» était prévue par Martin Luther King, sur Washington en mai 68. A notre échelle, une « marche de la Roya à Calais! » est en voie d'organisation du 30 avril au 8 juillet. Un autre thème mais un même esprit contre l'exclusion de l'Autre et pour la fraternité!

* * Un billet très complet sur ce 4 Avril 68: Martin Luther King est assassiné dans le blog de Jean-marc B  et sa série sur "1968".

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