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Billet de blog 28 juil. 2022

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Au Canada, enfants autochtones « arrachés » à leurs familles - Et à la Réunion ?

Le pape est actuellement en visite au Canada et il est arrivé aujourd’hui au Québec. Du 24 au 29 juillet, en réponse à une demande de la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones (2015). Il fait un « pèlerinage pénitentiel » pour présenter des excuses officielles du Vatican.

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Ils seraient environ 150 000 enfants autochtones, (entre la fin du 19ème siècle et les années 1990) arrachés à leurs familles, envoyés de force dans des écoles, majoritairement catholiques, coupés de leur milieu, de leur langue, de leur culture, et très souvent victimes de violences et abus.

Il y aurait eu environ 6 000 enfants morts pendant cette période. Il y a un an, mai 2021, il y a eu ladécouverte des ossements de 215 enfants enfouis dans une fosse commune d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops (Colombie-Britannique). En juin 2021, 750 tombes anonymes ont été découvertes lors de fouilles sur le site d’un établissement dans la commune de Marieval.

Le pape François a demandé « pardon pour le mal commis » sur ces enfants, et le fait que certains membres de l’Église ont contribué à la « destruction culturelle ». Se disant «affligé. Je demande pardon ». Une déclaration forte contre « Les politiques d’assimilation [qui] ont fini par marginaliser systématiquement les peuples autochtones […]. Vos langues et vos cultures ont été dénigrées et supprimées. Nous souvenir des expériences dévastatrices qui se sont déroulées dans les écoles résidentielles nous atteint, nous indigne et nous fait mal, mais cela est nécessaire.» 

Ceci me rappelle ce qu’écrit Dominique Rankin, né durant l’hiver 1947 dans un tipi sur les rives de la rivière Harricana, dans le Territoire de la Baie James. Il est emmené par les autorités à l’âge de 8 ans et prend le chemin du pensionnat de St-Marc de Figuery, où une violence omniprésente le marquera pour toujours.

Il raconte que les enfants ne pouvaient pas rencontrer leurs parents qui n’étaient autorisés à leur rendre visite qu’après six mois. Et il exprime, simplement, cette impossibilité de dire... ‘‘nous n’avions pas de mots pour leur dire ce que nous vivions’’. (Dans son livre, On nous appelait les sauvages, coécrit avec Marie-Josée Tardif, Le Jour EDS, éditeur québecois).

La Visite du Pape au Canada, m’a rappelé un autre arrachement violent d’enfants, nés pauvres et sous d’autres culturelles que la nôtre : L’Île de la Réunion...

Et chez nous, alors! ‘‘Les enfants de la Creuse’’

C’est connu que de 1966 à 1982, l’État français a "arraché" à leurs familles près de 2 150 enfants réunionnais, des bébés et des adolescents, ayant été confiés à des familles métropolitaines et adoptés dans des départements peu peuplés, touchés par l’exode.

Une mesure dictée par Michel Debré, député de la Réunion, à partir de 1963, à travers un office créé à cette fin. Le BUMIDOM (BUreau pour le développement des MIgrations dans les Départements d’Outre-Mer) chargé de l’émigration des habitants d’outre-mer (notamment la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane) vers l’hexagone. Et quand des voix se levaient contre ces déplacement forcés d’enfants, il n’hésitait pas à écrire ‘‘L'entreprise doit être poursuivie avec d'autant plus de constance qu'elle peut être combinée avec un admirable mouvement d'adoption que nous n'arrivons pas toujours à satisfaire’’. Adoption qui ne concernait pas des enfants abandonnés ou orphelins où cela aurait pu se justifier.

Ce n’est qu’en 2002 que l’affaire a été un peu plus médiatisée par la plainte déposée par un Réunionnais amené en France en 1966, à l'âge de sept ans, maltraité et abusé sexuellement par sa famille d'accueil.

M Debré, créateur de l’ENA, principal rédacteur de la Constitution de la 5ème République, est donc l’inspirateur du déracinement des enfants Réunionnais... pendant quinze ans. Il ne s’agissait pas de l’Église, il n’y aura donc pas ‘demande de pardon’...

Le président qui en ce moment visite le Cameroun a proposé de créer une commission composée d’historiens des deux pays, chargée de «faire la lumière» sur l’attitude des autorités françaises pendant la colonisation et après l’indépendance formelle du pays, en 1960. Et il a ajouté «Il est primordial que ce travail mémoriel s’engage au sein de nos deux pays et débouche sur des réparations pour les victimes de ce conflit...» Et il conclut en disant vouloir en tirer des «éléments de reconnaissance» car «C’est la vérité qui permet de construire l’avenir».

Est-ce que ce discours ne s’applique qu’aux rencontres où la presse internationale est présente? Et quand il s’agit des citoyens français d’outre-mer "qu'est-ce qui permet de construire l'avenir"?

Lors de la visite de Macron en octobre 2019, selon antigone974 ‘‘Les 1500 policiers à son service, 3 ministres présents, 2 avions dont un rempli de journalistes nationaux accrédités par l’Élysée, la police et la gendarmerie de notre île réquisitionnées, l’hébergement, les frais de bouche, ça coûte un pognon de dingue! Tout ça pour gazer, dés son arrivée, la centaine de GJ rassemblés sur un rond-point périphérique de Gillot. Les journalistes locaux, dés le 1 jour, sont maltraités, voire humiliés. L’Élysée refuse, le jeudi 24 octobre, qu’ils prennent le bus avec les journalistes nationaux pour se rendre aux camélias...’’ in /sejour-de-m-macron-la-reunion

Nous sommes donc sous la Vème République qui, entre autres ‘‘performances’’pour l’histoire, a aussi usé et abusé de son pouvoir pour ‘voler des enfants’ déshérités. En attendant que nous citoyens, exerçons notre ‘‘devoir de réagir’’.

Le résumé de l'album  *   Piments zoizos * Les enfants volés de la Réunion

Des personnages fictifs, une histoire vraie, un récit documenté sur un chapitre peu reluisant de l'histoire de la Ve République : les enfants de la Creuse. Années 1960. Dans un quartier populaire d'une ville de La Réunion, Jean et Madeleine sont arrachés à leur mère par les services sociaux qui leur promettent une vie meilleure en métropole, une bonne éducation et des retours réguliers sur leur île. Lucien, jeune fonctionnaire fraîchement affecté à La Réunion, arrive à la préfecture et découvre ses fonctions à la Section 4 : il devra notamment superviser le transfert de " pupilles de l'Etat " dans l'Hexagone... Transplantés en Creuse, Jean et Madeleine sont séparés. De foyers en familles d'accueil, Jean rencontre d'autres enfants réunionnais dans la même situation que lui. Une vie durant, entre errances et recherches, il tentera de comprendre pourquoi...

Scénario : Téhem Dessin : Téhem (sept 2020) * Éditeur : Steinkis

à lire le  Reportage de la visite du Pape par - Delphine Jung(avec AFP) - 26 juil. 2022 - /au-canada-le-pape-demande-pardon-aux-autochtones

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