La très lente évidence de l’allergie à la nicotine du tabac

L’histoire de la médecine nous a déjà montré combien il était difficile d’évaluer la toxicité d’une molécule naturelle ou synthétique. Il faut parfois plusieurs décennies pour reconnaître les effets secondaires de molécules naturelles ou synthétiques, voire même un siècle pour l'amiante...Alors que dire du glyphosate....

L’histoire de la médecine nous a déjà montré combien il était difficile d’évaluer la toxicité d’une molécule naturelle ou synthétique.

Il faut parfois plusieurs décennies pour reconnaître les effets secondaires des molécules issues de l’industrie pharmaceutique, les exemples du rofécoxib (Vioxx) ou du benfluorex (Médiator) en sont les dernières preuves.

Il faut parfois plus d’un siècle pour confirmer les effets dévastateurs d’une substance minérale comme l’amiante par exemple qui a duré pendant tout le 20ième siècle, montrant comment les intérêts financiers l’emportaient sur la santé des êtres humains :

https://www.mediapart.fr/journal/economie/010716/amiante-letat-protege-les-interets-des-coupables

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/210218/amiante-fipronil-nicotine-et-aluminium-des-vaccins

On observe également la même lenteur concernant la nicotine, molécule très présente dans la vie quotidienne des êtres humains depuis le 19ième siècle alors que des intérêts financiers considérables sont en jeu, notamment avec la vente du tabac, les effets secondaires à long terme avec les cancers, maladies respiratoires et cardio-vasculaires impliquant les médecins et l’industrie pharmaceutique :

https://www.ofdt.fr/publications/collections/rapports/rapports-d-etudes/rapports-detudes-ofdt-parus-en-2015/le-cout-social-des-drogues-en-france-decembre-2015/

Alors que le tabac est bien reconnu comme facteur étiologique en cancérologie, la nicotine dégradée en cotinine dans les urines des humains n’est cependant pas encore reconnue totalement comme haptène sensibilisateur car les maladies de la peau ne mettent pas en péril la santé des êtres humains. L’industrie du tabac, les dermatologues et l’industrie pharmaceutique ont tout intérêt à continuer dans un monde enfumé dans tous les sens du terme…

Alors que le dermatologue P.G. Unna de Hambourg décrivait pour la première fois une dermite soit-disant « séborrhéique » en 1887, il y eu une lente évidence de l’implication de la nicotine à l’origine de réactions cutanées au cours du 20ième siècle.

En effet, la première description d’un choc anaphylactique avec une goutte de nicotine au millionième a été décrite par le dermatologue C.L. Karrenberg en 1928 chez une patiente atteinte d’une dermatite dans l’industrie du tabac :

https://books.google.fr/books?id=DXrWDQAAQBAJ&pg=PA9&lpg=PA9&dq=karrenberg+zur+kasuistik+der+berufsdermatosen&source=bl&ots=id3r-BjcL4&sig=ACfU3U3pokw4z9_BJADSLk-XAoJXSB1nZQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwif4vvW3L3hAhUE3aQKHZ7uDa0Q6AEwAnoECAgQAQ#v=onepage&q=karrenberg%20zur%20kasuistik%20der%20berufsdermatosen&f=false

Les rares dermites « séborrhéiques » de P.G. Unna vont devenir de plus en plus fréquentes durant le 20ième siècle pour affecter actuellement en 2019 entre 3 et 5% de la population mondiale !

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/bjd.17826

Après mes nombreuses publications en dermatologie depuis 1978 impliquant l’haptène nicotine à l’origine de ma dermatite familiale :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/170818/de-1887-2019-l-effondrement-du-dogme-de-la-dermite-seborrheique

on peut retrouver une publication de 1998 mettant en cause la nicotine à l’origine d’une réaction urticairienne suite à l’inhalation de fumée de tabac :

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1046/j.1365-2133.1998.02130.x

les conclusions des auteurs qui ont « oublié » mes travaux datant de 1978…sont claires et confirment ma recherche :

« Nicotine in tobacco smoke can act as an inhalant allergen and induce urticaria in hypersensitive persons

La nicotine dans la fumée de tabac peut agir en tant qu'allergène inhalé et provoquer l'urticaire chez les personnes hypersensibles »

Il fallait cependant préciser que la nicotine seule était un haptène et non un allergène, car seulement après couplage à une protéine porteuse comme l’albumine sérique humaine, l’ensemble nicotine-ASH peut devenir un allergène…

Finalement, une récente publication scientifique de 2018 montre l’implication de l’haptène nicotine dans un cas de dermite « séborrhéique »

https://www.researchgate.net/publication/324057693_Nicotine_allergy_in_correlation_with_different_sources_and_individual_predispositions

« The highest correlation was established  for  the  diameter  of  the  urticaria between examinee with seborrheic dermatitis and examinee with an allergy to tree and grass pollen »

«La corrélation la plus forte a été établie pour le diamètre de l'urticaire entre patient atteint de dermatite séborrhéique et patient allergique au pollen d'arbre et de graminées»

En conclusion, on ne peut que constater la lente évidence de l’allergie à la nicotine du tabac dont il faudra à l’avenir déterminer tous les facteurs de blocage de cette recherche de santé publique si importante.

Mes travaux avaient été confirmés par Alain L. de Weck (Berne, Suisse) en 1978, celui-ci me proposant de retirer mon manuscrit en cours de publication dans la Revue Française d’Allergologie pour publier « ensemble » ses résultats…

britishmedicaljournalsudan1978

 Suite à mes multiples efforts pour rassembler les sera des membres de ma famille atteints de dermite « séborrhéique », Alain de Weck ne publiait pas ses résultats…après la publication soudaine de mon manuscrit dans la revue « Allergie et Immunologie » en août 1978, préférant publier ses travaux sur l’allergie à la pénicilline beaucoup moins dangereux…

Après la détection de glyphosate dans les urines de centaines de personnes testées récemment, faut-il s’attendre au même blocage d’une recherche trop dangereuse pour l’industrie chimique ?

Une récente publication sur la toxicité potentielle du glyphosate à faible dose dans les urines traduit bien l’impossibilité actuelle de tirer des conclusions :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6141822/

« The effect of chronic low-dose exposure to glyphosate on human health should also be evaluated.

L'effet de l'exposition chronique à faible dose au glyphosate sur la santé humaine devrait également être évaluée ».

L’auteur de cette publication avait précisé qu’il n’avait aucun lien d’intérêt…

« The author declares no conflict of interest »

contrastant avec les conclusions hâtives et non scientifiques de « chercheurs » n’ayant aucun impact scientifique international…dont l’un deux, spécialement connu pour son obscurantisme concernant les travaux du grand chercheur Jacques Benveniste :

https://www.lepoint.fr/societe/toutes-les-agences-sanitaires-indiquent-que-le-glyphosate-ne-presente-pas-de-risque-07-04-2019-2306274_23.php

travaux récemment élucidés par le physicien belge Auguste Meessen :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-sudan/blog/290119/vers-l-evidence-du-phenomene-de-la-memoire-de-l-eau-de-jacques-benveniste

J'ai l'impression de revivre l'époque où la fumée de tabac passive ne présentait aucun danger malgré la présence de cotinine dans les urines en comparaison avec la présence actuelle de glyphosate dans les urines de pratiquement toute la population.

Suite à mes travaux, les lois protégeant les non-fumeurs commencèrent à être promulgées et appliquées. Faut-il attendre une catastrophe pour commencer à appliquer une mesure de bon sens: "Faire en sorte que les êtres humains ne soient plus exposés au glyphosate" !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.