Sivens: Le procureur Dérens peut-il bénéficier tranquillement d'une promotion?

Mis publiquement en cause pour l'ensemble de son œuvre dans l'affaire de Sivens, mis très particulièrement et très précisément en cause dans l'affaire de la Métairie Neuve, le procureur Dérens vient de bénéficier d'une promotion, signée par le président Hollande, deux jours avant le premier tour de l'élection présidentielle...

La fin d’un mandat présidentiel s’accompagne toujours de lots de nominations.

C’est l’occasion de placer dans des nominations qui font partie de mouvements habituels, des mouvements qui le sont beaucoup moins, d’où des controverses récurrentes en fin de mandats.

Je ne doute pas que les Rennais qui ont une très fâcheuse tendance à manifester sur des questions sociales seront heureux d’apprendre que Nicolas Léger, qui a défrayé la chronique, a été nommé à Papeete.

En revanche, si aucun des opposants au barrage illégal de Sivens ne regrettera son départ du Tarn, je ne suis pas sûr qu’ils seront heureux d’apprendre que le procureur Dérens a bénéficié d’une promotion.

Par un décret en date du 21 avril 2017, signé par François Hollande en toute fin du quinquennat, Claude Dérens a été nommé avocat général à la Cour d’appel de Limoges.

Selon mes informations, le pot de départ semble prévu cette semaine.

 

Comme si de rien n'était ?

Une plainte très circonstanciée a été déposée contre Claude Dérens le 22 mai 2017.

Un seul journal en a fait état à ce jour, c’est Reporterre :

https://reporterre.net/Le-procureur-du-Tarn-poursuivi-Il-a-laisse-detruire-la-memoire-de-Sivens

J’ai porté publiquement de graves accusations contre le procureur Dérens et j’attends toujours sereinement qu’il me cite en justice s’il les conteste.

Je dis ici que les comportements que je dénonce avec mes amis dans l’affaire de la Métairie Neuve sont des « comportements mafieux », que confirme l’omerta qui règne sur cette affaire.

Si le président/sénateur Carcenac et le procureur Dérens le contestent, qu’ils me citent en justice et je m’en expliquerai.

Interrogé par Reporterre, Philippe Folliot, chef de l’opposition départementale, a confirmé en effet qu’il avait appris la destruction de la Métairie Neuve par la presse, ce qui peut paraître surréaliste quand on connaît le fonctionnement républicain d’une collectivité territoriale mais c'est pourtant une réalité !

Les faits sont incontournables : alors que la Métairie Neuve de Sivens, construite en 1776, était protégée par le PLU de la commune, le président/sénateur Carcenac lui a réglé son compte à la pelle mécanique, avec ses comparses, sans jamais avoir soumis l’affaire au Conseil départemental, seul compétent pour décider du sort des immeubles du département, et il a fait et raconté n’importe quoi pour habiller les délits flagrants qu’il a commis avec la complicité du procureur-du-Tarn et du préfet.

A supposer qu’un bâtiment menace ruine (ce qui n’était pas le cas, on le revoit bien dans l’article de Reporterre), on ne le détruit pas avec un "coup de téléphone à un ami" comme l’a fait Carcenac.

Surtout, on n’a jamais vu en France les plus hautes autorités d’un département profiter d’un incendie criminel pour détruire illico presto des bâtiments protégés par la loi au seul motif inavouable qu’ils étaient le symbole d’une lutte sociale légalement justifiée contre un projet que "la mafia tarnaise" avait soutenu dans les conditions que l’on sait et avec les conséquences que l’on connaît.

Je réitère donc mes accusations :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-viguie/blog/220517/sivens-poursuivre-devant-la-justice-claude-derens-procureur-du-tarn

https://blogs.mediapart.fr/bernard-viguie/blog/020617/tarn-le-procureur-derens-peut-il-rester-en-place

Comment un avocat général fraîchement promu pourrait-il accepter qu’un ancien avocat comme moi porte de graves accusations publiques contre lui sans lever le petit doigt si elles sont infondées ?

Craindrait-il qu’il se trouve au bout du compte dans cette affaire quelques magistrats susceptibles de faire prévaloir LE DROIT ET L’HONNEUR sur toutes autres considérations ?

Va-t-il fêter sa promotion par un pot de départ à Albi comme si de rien n’était ?

Le préfet Gentilhomme n’est plus là. Mais le président-sénateur Carcenac va-t-il être présent au pot de départ ? Lui qui nous a communiqué des documents accablants contre son comparse Dérens dans l’affaire de la Métairie Neuve ?

Le bâtonnier et le bâtonnier désigné d’Albi, que j’informe de la plainte déposée contre Claude Dérens, seront ils aussi de la fête ?

Des journalistes qui ont fait silence sur la plainte très circonstanciée déposée contre Claude Dérens vont ils lui chanter le chant du départ ?

Le Barreau de Limoges va-t-il être honoré de voir arriver dans sa juridiction un avocat général qui a commis des délits caractérisés qui sont publiquement dénoncés ? Quelle crédibilité auront ses réquisitions ?

Je le dis tout net :

Ce qu’a fait Claude Dérens dans le Tarn « déshonore la justice ».

Je reprends ici volontairement les termes qui avaient valu une poursuite à Henri Guaino dans une affaire mettant en cause Nicolas Sarkozy.

Mais si Henri Guaino admettait qu’il n’avait eu connaissance du dossier/Sarkozy que par la presse, je parle pour ma part en connaissance de cause, détenant les preuves formelles de tout ce que j’ai pu dénoncer sur mon petit blog de combat.

C’est pour moi une honte suprême pour un procureur que d’avoir ordonné la destruction des scellés dans une affaire d’incendie criminel avant que les plaintes n’aient été classées sans suite. C’est une très grave atteinte aux droits des citoyens et à l’Etat de droit.

C’est une honte suprême pour un procureur d'avoir commis délibérément le délit d’abus d’autorité contre l’administration, c’est à dire d’avoir agi pour que des lois ne puissent pas être appliquées, puisqu’un procureur a justement pour mission de veiller à l’application des lois de la République.

Si le procureur Dérens conteste ce que je dis ou s'il pense que de par sa fonction, il va toujours bénéficier des complaisances les plus diverses visant à couvrir ses agissements délictuels, il DOIT me citer en justice suite à mes accusations publiques.

S’il ne me cite pas, c’est un aveu !

 

Je remercie tous ceux qui diffuseront ce billet où ils pourront et comme ils pourront dans le silence des médias mainstream sur une affaire aussi grave. Merci à vous, citoyen(ne)s !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.