Comment Thierry Carcenac a commis un délit d’entrave à la justice à Sivens

Il n’y a pire chose pour un délinquant que de se faire preuve contre lui-même. En se croyant au-dessus des lois … ou en voulant trop bien se défendre… C’est ce qu’a fait Thierry Carcenac dans cette affaire comme on va le voir maintenant.

Rappel des faits et épisodes précédents 

Suite à la destruction de la Métairie Neuve le 1er juin 2015, toutes les plaintes déposées début juin devant le procureur Dérens invoquaient le délit d’entrave à la justice et l’article 434-4 du code pénal qui punit « de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende le fait, en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité :

1° De modifier l'état des lieux d'un crime ou d'un délit soit par l'altération, la falsification ou l'effacement des traces ou indices, soit par l'apport, le déplacement ou la suppression d'objets quelconques. »

Citoyennes et citoyens qui me faites l’honneur de lire ce petit blog de combat, sans être des juristes plus ou moins accomplis, vous en conviendrez aisément : si votre maison est ravagée par un incendie criminel auquel vous êtes étranger, la première des choses que vous ferez ne sera pas de la raser immédiatement ! Non ?

C’est pourtant ce qu’a fait Thierry Carcenac à Sivens à ceci près que ce n’était pas SA maison qui avait été volontairement incendiée mais une maison appartenant au département, ce qui montre au passage le grand souci de la mafia tarnaise pour un patrimoine départemental.

Ayant fait savoir avec tambours et trompettes le jour de l’incendie criminel qu’il portait plainte suite à cet incendie, il s’était fort bien accommodé du classement sans suite de cette plainte, dont il avait été informé oralement par son complice d’alors, le procureur Dérens.

Confronté quelques mois plus tard à une demande d’autorisation de plaider qu’un contribuable départemental avait formée pour pouvoir le poursuivre au nom du département devant un tribunal correctionnel, notre président-sénateur n’avait rien trouvé de mieux pour se défendre que de porter plainte avec constitution de partie civile le 26 octobre 2016 devant le juge d’instruction d’Albi, tentant ainsi une escroquerie au jugement qui a fait l’objet de l’épisode précédent.

Quand Thierry Carcenac se fait preuve contre lui-même

De nombreuses affaires délictuelles sont difficiles à élucider, c’est acquis.

Mais il arrive, plus fréquemment qu’on ne le croit, qu’un délinquant laisse sa carte d’identité sur les lieux du crime. Ou à défaut de carte d’identité, sa signature.

C’est ce qu’a fait Thierry Carcenac à Sivens pour un délit rarement poursuivi et difficile à caractériser dans ses éléments matériels et intentionnel, le délit d’entrave à la saisine de la justice.

C’est entendu : Thierry Carcenac a fait raser la Métairie Neuve juste après un incendie volontaire, ce qui ne se fait pas d’ordinaire, vous en avez convenu plus haut.

Mais comme il y a eu quelques investigations juste après l’incendie et que du matériel incendiaire avait été mis sous scellés, on aurait pu soutenir que ces investigations avaient été suffisantes. En tout cas auprès de juges un tantinet complaisants… car les scellés ont été détruits sur ordre du procureur Dérens ! (je vais y revenir dans un prochain épisode)

Or, Thierry Carcenac, individu à ce jour au-dessus des lois, a eu le culot d’indiquer par écrit, dans sa plainte avec constitution de partie civile du 26 octobre 2016… qu’il n’y avait pas eu suffisamment d’investigations après l’incendie volontaire du jeudi 28 mai 2015 !

Il faut le lire pour le croire. Voici le début de la plainte :

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Point de « crime parfait » ici, voici maintenant le corps du délit :

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Bernard Donnadieu (et tous les plaignants et plaignantes du début juin 2015) avait porté plainte en visant expressément le délit d’entrave à la justice et l’article 434-4 du code pénal.

Citoyennes et citoyens, ce délit n’ayant pas été poursuivi à ce jour pour des raisons que je vais expliquer dans ce feuilleton, je vous en fais JUGES :

Peut-il y avoir meilleur aveu que celui de Carcenac qui a tout rasé juste après l’incendie et qui soutient ensuite par écrit versé devant le Conseil d’Etat (pour essayer d’arranger ses affaires de délinquant) qu’il n’y a pas eu assez d’investigations après l’incendie ?

La preuve par... l'ordonnance de non-lieu !

Depuis plus de trois années maintenant, nous nous battons avec mes amis pour avoir accès aux documents administratifs qui concernent directement ou indirectement cette affaire de la Métairie Neuve.

C’est dans une affaire visant à obtenir notamment la facture des travaux de démolition que nous avons appris devant le tribunal administratif de Toulouse qu’une ordonnance de non-lieu avait été rendue par la juge d’instruction d’Albi sur la plainte avec constitution de partie civile de Carcenac, nulle trace de cette affaire n’existant au conseil départemental pas plus que dans les médias. Bien entendu, nous avons eu quelques difficultés pour obtenir cette ordonnance et essuyé deux refus de communication. Mais notre ami Donnadieu étant décédé peu de temps après la décision inique rendue par le Conseil d’Etat contre lui, sa compagne a pu obtenir copie de cette ordonnance de non-lieu, conformément à la loi et au rapport Cadiet (p.55), l’ordonnance étant définitive.

J’ai alors noté que, malgré la lettre RAR de Bernard Donnadieu bien reçue au greffe albigeois, la juge a considéré que Thierry Carcenac pouvait représenter le département devant elle alors qu’il n’y avait aucune trace de cette affaire au département et que le délinquant Carcenac ne représentait que lui-même.

Or, ce qu’affirmait Bernard Donnadieu dans sa lettre a été confirmé ensuite par notre bagarre, devant la CADA, devant le tribunal administratif et devant le nouveau président du conseil départemental pour obtenir une trace quelconque de l’information de l’assemblée départementale de cette affaire par Carcenac, je vais y revenir plus tard.

Je note aussi que la juge n’a pas soulevé le défaut d’intérêt pour agir de Carcenac, alors que je ne vois pas comment on peut avoir intérêt pour agir contre des graffitis alors qu’on a tout rasé le lendemain du dépôt de plainte, et que, en revanche, la précédente juge d’instruction d’Albi avait soulevé le défaut d’intérêt pour agir du citoyen Egidio contre les délits caractérisés commis à Sivens par Carcenac et compagnie, dont… celui d’entrave à la justice, qui, lui, se trouve aujourd’hui clairement établi à la lecture de l’ordonnance de non-lieu du 13 décembre 2018 :

Voici le début de cette ordonnance :

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Au passage, ce petit blog de combat dit à la juge : « NON ! Thierry Carcenac n’était pas le représentant légal du département dans cette affaire, comme vous l’avait indiqué par RAR Bernard Donnadieu. Il n’était le représentant que de lui-même ! Dans cette affaire, vous auriez pu le vérifier aisément, il n’y avait aucune trace au département du respect par Carcenac des articles l’obligeant à informer l’assemblée départementale des affaires judiciaires du département ».

Mais surtout, voici, si je puis dire encore… le corps du délit ! 

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Ah ! Qu’en termes galants ces choses-là sont mises !». Comment reprocher à l’enquête des investigations insuffisantes alors qu’on a délibérément tout rasé après l’incendie ? Alors qu’un de vos comparses a fait détruire les scellés avant son classement sans suite ?

Citoyennes et citoyens, qui me faites l’honneur de lire ce petit blog de combat circonstancié dans notre monde où les fake-news font la Une de l’actualité à bon compte, je vous en fais JUGES.

Mais… vous venez de voir incidemment que la Métairie Neuve a été évaluée par les Domaines à hauteur de 56 000€, selon un document que le département a refusé de communiquer cet été à Christiane Savary, plaignante au départ, refus dont la commission d’accès aux documents administratifs est saisie, d’autant que la phrase de l’ordonnance semble poser un nouveau problème... Thierry Carcenac me semblant de plus en plus être un spécialiste des poupées russes en matière de délinquance. Vous avez aussi lu plus haut que nous nous sommes battus pour obtenir la facture de démolition… que nous avons finalement obtenue cet été après injonction du tribunal administratif : facture de 26 760€ (jugement du 7 juin 2019).

Nous nous sommes aussi battus pour obtenir les différents frais de justice de Thierry Carcenac. J’en détiens les preuves aujourd’hui.

En vérité, Thierry Carcenac ne s’est pas contenté de la série des délits dont je l’ai déjà accusé publiquement, il a commis de manière caractérisée plusieurs délits de détournement de fonds publics, comme on va le voir plus précisément dans la suite de ce feuilleton juridico-politique, étant entendu que ce délit est passible, comme le délit d’abus d’autorité aggravé, de 10 années d’emprisonnement.

 

A suivre

Thierry Carcenac, le cumulard… d’infractions

 épisode précédent :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-viguie/blog/081019/comment-thierry-carcenac-tente-une-escroquerie-au-jugement-devant-le-conseil-d-etat

 début du feuilleton :

https://blogs.mediapart.fr/bernard-viguie/blog/300919/tarn-des-vandales-sivens

 

Errata tatianibus (en français "erreur de lien")

En lieu et place de :

Citoyennes et citoyens, qui me faites l’honneur de lire ce petit blog de combat circonstancié dans notre monde où les fake-news font la Une de l’actualité à bon compte, je vous en fais JUGES.

(https://blogs.mediapart.fr/tatia/blog/131019/7-ans-de-cavale-la-route-sarrete-glasgow)

Il fallait lire :

Citoyennes et citoyens, qui me faites l’honneur de lire ce petit blog de combat circonstancié dans notre monde où les fake-news font la Une de l’actualité à bon compte, je vous en fais JUGES.

(https://www.youtube.com/watch?v=PUSA7-UhSK4)

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