SIVENS/ Relaxe pour le citoyen Egidio – Compte-rendu d’audience

Poursuivi le 30 mai 2017 devant le tribunal correctionnel d’Albi pour s’être rendu à une « audience/Sivens » du …18 décembre 2014 avec son opinel, le citoyen Egidio a été relaxé devant une salle d’audience bien remplie.

L’audience

Après un "appel des causes" interminable et quelques renvois d’affaires au 30 novembre prochain, ce qui donne une petite idée du fonctionnement de la justice aujourd’hui, l’affaire Egidio a été appelée.

Claude Dérens, procureur du Tarn, était présent, malgré les graves accusations que j’avais portées contre lui la semaine précédente dans un billet largement diffusé dans la région via les réseaux sociaux.

Le citoyen Egidio était défendu par Stella Bisseuil, du barreau de Toulouse, et comme les usages font que les avocats des barreaux les plus lointains plaident avant les avocats locaux, l’affaire Egidio a été appelée en début d’audience.

Les irrégularités devant être impérativement soulevées avant toute discussion sur le fond de l’affaire, la défense a soulevé d’emblée les irrégularités de cette procédure pour demander la nullité de la poursuite, Stella Bisseuil s’étonnant successivement des irrégularités formelles, de la durée d’une telle procédure et de son opportunité au regard du contenu du dossier.

Et, de fait, cette poursuite a été particulièrement étonnante.

C’est en effet en octobre 2016, près de deux années après les faits, que Jean Claude Egidio a été convoqué par la police à Albi et qu’il a eu la surprise d’apprendre qu’il aurait outragé un agent à l’accueil du tribunal le 18 décembre 2014 dans cette affaire invraisemblable d’opinel qu’il aurait voulu cacher, ce qu'il conteste formellement.

Il a été alors entendu sans que l’officier de police judiciaire ne lui notifie ses droits, sans que le délit de port d’arme de 6° catégorie ne soit visé.

Ma version de la situation

Je donne ici ma version des choses eu égard à toutes les poursuites qui ont visé les opposants au barrage illégal de Sivens et à tous les classements sans suite de délits caractérisés commis par les pro-barrage au cours du même litige de Sivens :

Il se trouve que le citoyen Egidio est en première ligne dans la bataille judiciaire ouverte suite à la destruction illégale de la Métairie Neuve de Sivens le 1er juin 2015.

Entre le 5 juin 2015 et le 10 mai 2016, il a envoyé au procureur du Tarn 13 lettres RAR très précises qui n’ont pas du plaire à Dérens.

Voyez la dernière en post, enregistrée le 12 mai 2016 au parquet d'Albi. Edifiant, non ?

J’en déduis que si mon ami Egidio a été convoqué par la police en octobre 2016, c'était dans le but de tenter de l’impressionner plutôt que de le poursuivre régulièrement pour un prétendu "délit d'opinel" qui a été propre à encombrer la justice albigeoise ce 30 mai.

Il est vrai qu'à l’époque, le procureur Dérens ne se doutait pas… que nous allions sous peu obtenir les preuves les plus formelles contre lui dans l’affaire de la Métairie Neuve, et que ces preuves, c’était Carcenac qui allait nous les donner devant le Conseil d’Etat !

Il allait nous les donner dans l’affaire Donnadieu et département du Tarn dont nous n’avions pas parlé publiquement et dont Carcenac lui-même n’avait fait état… nulle part ! en violation de la délégation de pouvoir qu’il avait reçue de l’assemblée départementale le 15 avril 2015.

 

Et enfin, la relaxe !

Stella Bisseuil ayant soulevé de belle manière l’irrégularité de cette procédure sous tous ses angles, nous avons eu droit au moment fort de ce procès :

La présidente a demandé au procureur Dérens de se prononcer sur la régularité de la poursuite.

Et là, en 15 secondes et deux phrases, le procureur Dérens a admis que la poursuite était irrégulière.

Ce qui s’appelle faire profil bas.

Le tribunal prononçait sur le champ la relaxe du citoyen Egidio, comme il peut le faire en pareil cas.

Petits remous dans la salle...

« Je vous demande de ne pas ricaner ! »

Tels furent les derniers mots de la présidente avant de passer à l’affaire suivante.

Mais pour nous, le combat continue, comme on va le voir...

 

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