Auteur d'une œuvre considérable et transdisciplinaire, aux confins de la philosophie et de la sociologie, Edgar Morin s'avère l'un des penseurs les plus importants d'aujourd'hui. Dans son dernier ouvrage, intitulé « L'aventure de La Méthode »*, il s'adonne à une synthèse magistrale et accessible de ce qu'il nomme, afin de mieux penser le monde contemporain, "la complexité".
Comment dire l'indicible ? Comment comprendre l'incompréhensible, tant l'ampleur des effroyables et tragiques attentats qui viennent de frapper Paris, en ce funeste vendredi 13 novembre 2015, dépasse tout entendement ? Comment concevoir l'inconcevable, tant la raison se voit là, face à l'odieux massacre de ce terrorisme aveugle, démunie ? Comment même exprimer l'inexprimable, tant l'émotion, en ces jours de deuil, nous étreint ?
L'histoire réserve parfois de bien étranges, dans leur aspect mortifère, coïncidences : c'est lors des obsèques, le 19 avril 1980, de celui, Jean-Paul Sartre, qui fut le « maître à penser », pour toute une génération d'intellectuels, de l'engagement, que j'ai rencontré André Glucksmann, mort ce 10 novembre 2015.
Belgrade, le 23 avril 1999. Le temps pressait si, comme convenu deux jours auparavant, je voulais me rendre sain et sauf (voyager de nuit étant alors, au vu du danger, fortement déconseillé par les autorités serbes) dans les hôpitaux de Djakovica et de Prizren, au chevet des blessés provenant de cette colonne de réfugiés kosovars prise pour cible, le 14 avril dernier, par un raid de l'OTAN alors qu'elle transitait, sur cette route reliant ces deux villes, en direction de Kukes, bourgade située quelque part derrière les premières montagnes de l'Albanie.
Les lettres belges, sinon françaises, sont en émoi. La polémique enfle, pour le meilleur si l'on s'en tient au débat d'idées, mais aussi, à voir la virulence de certains propos, pour le pire !