Fatiha Boudjahlat : « Pas d'appel au viol ! Enfin, sauf si … »

Fatiha Boudjahlat a appelé au viol de Rokhaya Diallo par tweet lundi 19 février 2018 : « Avis à tous les prédateurs comptabilisés par De Haas, Rokhaya Diallo est un corps à votre disposition ». Cette invitation pousse au crime s’inscrit dans la logique d’une violence inouïe d’Elisabeth Badinter qui faisait définitivement basculer en janvier 2016 le débat sur la Laicité en un combat débridé.

Fatiha Boudjahlat et Elisabeth Badinter Fatiha Boudjahlat et Elisabeth Badinter
Par Danyel Gill.

Fatiha Boudjahlat confirma dans la journée ses velléités de livrer le corps d’une femme aux prédateurs avec ce sidérant : « Pas d’appel au viol ! Enfin, sauf si (…) » et qu’importe le syllogisme imbécile qui suit pour justifier l’indéfendable! Cet appel au viol illustre le niveau de violence inouïe du débat en France mené par les obscurantistes identitaires de la laïcité.

Les associées ; Fatiha Boudjahlat et Céline Pina, sont des fanatiques absolues d’Elisabeth Badinter. Elles sont de la « Bande à Badinter », de ces sphères réacs qui la considèrent autant comme la référence idéologique, comme l’autorité intellectuelle ou encore la caution morale acceptée par tous dans le débat public virant au camaïeu brunâtre de 50 nuances de conservatismes. Et dans la concurrence des haines et d’un certain commerce éditorial, Elisabeth Badinter est la seule figure à faire l’unanimité. Des islamophobes du Printemps Républicain aux xénophobes de Riposte Laïque, elle est respectée aussi bien par l’extrême droite raciste de Valeurs Actuelles que par les ultraconservateurs du FigaroVox. Adorée par les petits commerçants de gros rouge qui tache d’un Causeur alcoolique. Et particulièrement soutenue ; jusqu’à la vénération, par les détrousseurs monomaniaque de Marianne. 

Les cofondatrices de Vivre la République adorent cette vestale fortunée et son mantra: «Il ne faut pas craindre d'être traité d'islamophobe !». Savamment, en janvier 2016, Elisabeth Badinter ouvrait avec brutalité les vannes de la parole haineuse sans filtre. Son éructation était l’absolution laïcarde anticipée  à l’expression anti arabe tant attendue, la validation d’un droit au racisme ethnique et social qui ne devait plus souffrir d’aucune limite que la morale et le débat d'idées imposent.

Elle offrait enfin cet horizon vers l’inconnu de meurs débridées aux mélancolies françaises, d’un monde pathétique sans aucune mesure de précaution dans le discours, sans besoin de modération des arguments parce que justement l’argumentation raisonnée et respectueuse relèverait dorénavant de l’inutilité. Son ‘Que foutre de l’islamophobie !’ était finalement leur vœux commun et intime d’être toujours plus frontal. Une licence tacite à l’invective raciste dans le débat, une invitation subliminale à l’insulte si nécessaire, à toutes les violences. Par tous les moyens arbitraires « faire rendre gorge » à l’adversaire et que ces prévaricateurs de la Laicité exsudent enfin leur haine folle des noirs, des arabes ou des musulmans.

« Il ne faut pas craindre d’appeler au viol en matière de Laicité ! » serait le parfait écho d’un troll de « La Bande à Badinter ». Et si Fatiha Boudeljhat est bien de la bande, elle n’est pas un troll. Elle n’est pas dénuée de discernement et de jugement pour connaître précisément le danger d’un tel ‘avis aux prédateurs’. Elle ne manque pas d’expérience  professionnelle, ni dans les médias, ni sur les réseaux sociaux, ni en matière de communication pour feindre d’ignorer à posteriori et sous couvert d’ironie, l’horreur des propos qu’elle a formulé en toute conscience. C’est donc avec expertise qu’elle a couché les mots hallucinants de son appel public au crime pour le viol de Rokhaya Diallo.

Pas une voix de « La bande à Badinter »; toujours si prompte à réagir en meute, n’a condamné cet appel au viol.

Demain Céline Pina défendra à nouveau les outrances de son amie qui insulte également ses interlocuteurs en plateau. Puis Céline Pina accusera  la vigilance de Macron face au risque d’une « radicalisation de la laïcité ». Elle dira : « Un appel au viol n’est pas un signe de radicalité, par contre le voile est la croix gammée des musulmans ! »

Puis Elisabeth Badinter exprimera à nouveau sa considération : «Je vois de plus en plus d'hommes et de jeunes femmes d'origine musulmane participer au combat pour la laïcité. (…)  Je pense, parmi d'autres, à Lydia Guirous, à Djemila Benhabib, à Fawzia Zouari ou à Fatiha Boudjahlat, (…) ».

Et donc, comme de rien, on aura lancé un appel public au viol d’une femme. Puis quand leurs appels aux viols seront une banalité ? Alors, ils violeront ! Pour « faire rendre gorge » comme ils disent. Voilà Le grand détournement de la Laïcité...

 

Elisabeth Badinter – Le sentiment Anti-arabe à peine voilé , à propos de sa déclaration : " Il ne faut pas craindre d'être traité d'islamophobe!"

Illustration : 08.02.18 - INTEGRALE - Elisabeth Badinter, Georges Vigarello, Fatiha Agag-Boudjahlat...

Fatiha Boudjahlat: "Avis aux prédateurs (..)"

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 Contact - Danyel Gill

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