Danyel Gill
Petite politologie de l'humain de la part inconnue des Illustres
Abonné·e de Mediapart

61 Billets

0 Édition

Billet de blog 28 juil. 2018

Benalla et Macron - Banal été d'une affaire d'État

Pour la première fois, l’homme dont tout le monde parle s'est exprimé. Il porte la première moitié du nom d’une affaire d’été, si ce n’était que la seconde est celle du président Macron, et donc d'une affaire d’état.

Danyel Gill
Petite politologie de l'humain de la part inconnue des Illustres
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Benalla-Macron - Banal été d'une affaire d'état

Pour la première fois, l’homme dont tout le monde parle s'est exprimé. Il porte la première moitié du nom d’une affaire d’été, si ce n’était que la seconde est celle du président Macron, et donc d'une affaire d’état.

La brute nous explique sa « grosse bêtise » par les détours de l’éloge des violences arbitraires ou du simple « fait divers ». Il prétend avoir la maîtrise du geste, comme le maladroit imbécile l’adresse des experts. Benalla, banal Garde du corps, affûté comme un vigile ubérisé d’un soir à MacDo, mais opportun garde du corps du corps physique du dernier monarque républicain. Il n’est pas doué de la même précocité que son protégé dans son rôle, ni par sa technique grossière ni par ses dispositions morales à la fonction. Au point que, dans l’écoeurement, nous serions presque à notre tour  légitimement pris « d’une envie de citoyen pour aider à appréhender le délinquant » du Président pour sauver ce corps politique. Finalement, à ce degré d’incompétence, à ce stade des révélations, à ce niveau d’impunité, on se demande (pardon, toute la France se demande !) qui est le protégé de l’autre dans cette histoire d’été ?

En direct sur TF1, l’interview en différée. C'est-à-dire fabriquée comme un spot de communication où la parole est découpée, remontée en séquences, avec autant de prises nécessaires, prompteur au poing.
Mais le tralala de Benalla ; bref artifice médiatique, se heurte « en même temps » à la disponibilité sur les réseaux sociaux de plusieurs vidéos qui multiplient les démonstrations : non pas d’un professionnel cherchant avec contrôle à maîtriser un individu mais l’acharnement d’une brute épaisse ultra violente sur une personne n’opposant aucune résistance.
Alors, le baratin différé de Benalla l’embrouille, se heurte encore et simultanément aux révélations par Libération ; extrait vidéo à l’appui, d’autres exactions au Jardin des Plantes sur d’autres personnes. Fin de l’exercice de propagande élyséenne en mode ORTF.

Bien évidemment, la place du coupable sous nos yeux, du personnage central du feuilleton national de l’été est dans les commissions d’enquêtes parlementaires. Ces auditions offrent de croustillants morceaux de mensonges et de contradictions dont nous avons tous perdu le compte.  Mais paradoxalement, ce sont de grands moments de vérité contrairement à la pathétique tentative d’explication en direct différé d’hier soir. D’ailleurs les audiences record sur la chaîne LCP témoignent de l’intérêt des français sur le fond de l’affaire. Jusqu’aux derniers marchés de nos villages, on délaisse la rumeur des fontaines en allant à la source, on redécouvre le fonctionnement de nos institutions avec un certain réconfort dans l’épreuve de vérité qui se joue.
Benalla est La théorie du ruissellement illustrée façon Macron, où les coups physiques de l’Elysée pleuvent directement sur les gens ordinnaires avec impunité au service de sa propre promotion. L’Affaire Benalla-Macron est le démolisseur d’opinion qui sera parvenu à mettre fin à la longue hallucination collective de son immunité éditoriale planante. Il marchait sur l’eau comme un patineur habile, il coule comme un monstre gentil dans la piscine hors-sol de son Palais.

La fin d’un rêve qu’il nomme « tempête dans un verre d’eau » où le cauchemar de la brutalité inouïe indéfendable est élevée au grade de banalités d’état.

A Propos de : «Le seul responsable c'est moi. Qu’ils viennent LE chercher !» lire Emmanuel Macron – Ils, c’est Nous ! Le, c’est lui !

Contact Danyel Gill, ici

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

Les articles les plus lus

À la Une de Mediapart

Journal
Du local au global, le mouvement climat assume de vouloir « faire école »
Finies les batailles en solitaire, le mouvement climat adossé aux luttes locales théorise désormais de voir les choses en grand. Un effort stratégique indispensable pour contrer l’appétit sans cesse renouvelé des aménageurs et industriels pour les « mégaprojets » et une certaine inertie politique.
par Mathilde Goanec
Journal — Diplomatie
Moyen-Orient : Macron réhabilite le « prince tueur »
Commanditaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, le prince héritier saoudien « MBS » était jugé infréquentable par les dirigeants occidentaux. En lui rendant visite, le président français brise sa quarantaine diplomatique, et vend au passage 80 Rafale à son homologue émirati et allié dans la guerre du Yémen, « MBZ ».
par René Backmann
Journal — Moyen-Orient
Nucléaire iranien : la solitude d’Israël
La volonté américaine de reprendre les pourparlers sur le nucléaire iranien s’oppose au refus israélien de toute perspective d’un accord avec l’Iran, contre lequel Israël menace de livrer une guerre, même si les États-Unis y sont hostiles. Mais Tel-Aviv dispose-t-il des moyens de sa politique ?
par Sylvain Cypel (Orient XXI)
Journal
Sous-effectif, précarité, règles obsolètes : le tracing est débordé par le coronavirus
L’assurance-maladie et les ARS, chargées du tracing des cas contacts, s’appuient sur un personnel précaire, rappelé en catastrophe à chaque rebond épidémique. Les cas contacts et une partie des cas positifs ne sont plus interrogés. Des clusters passent inaperçus.
par Caroline Coq-Chodorge

La sélection du Club

Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai
Billet de blog
Ah, « Le passé » !
Dans « Le passé », Julien Gosselin circule pour la première fois dans l’œuvre d’un écrivain d’un autre temps, le russe Léonid Andréïev. Il s’y sent bien, les comédiens fidèles de sa compagnie aussi, le théâtre tire grand profit des 4h30 de ce voyage dans ses malles aérées d’aujourd’hui.Aaaaah!
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
« Une autre vie est possible », d’Olga Duhamel-Noyer. Poings levés & idéaux perdus
« La grandeur des idées versus les démons du quotidien, la panique, l'impuissance d’une femme devant un bras masculin, ivre de lui-même, qui prend son élan »
par Frederic L'Helgoualch
Billet de blog
Sénèque juste avant la fin du monde (ou presque)
Vincent Menjou-Cortès et le collectif Salut Martine s'emparent des tragédies de Sénèque qu'ils propulsent dans le futur, à la veille de la fin du monde pour conter par bribes un huis clos dans lequel quatre personnages reclus n’en finissent pas d’attendre la mort. « L'injustice des rêves », farce d'anticipation à l’issue inévitablement tragique, observe le monde s'entretuer.
par guillaume lasserre