CAMédia est actuellement en sommeil. Vous avez dû vous en rendre compte, du fait que l'édition participative ne publie plus rien depuis mai 2016. L'équipe responsable a perdu beaucoup de son énergie militante.

Ce désengagement a plusieurs origines. Nous en distinguons trois :

 La première relève de la fatigue de celles et ceux qui, depuis sept ans, ont assuré, en petit nombre, l’activité de l’association et n’ont pas vu arriver le renouvellement des forces vives.

 La deuxième tient au changement d'époque, à la fin d'un cycle, après l'enthousiasme des débuts de Médiapart, où nous nous sentions utiles pour que ce journal s'implante et perdure dans la vie démocratique.

 La troisième consiste dans le fait que la rédaction de Médiapart n’a pas su développer suffisamment la dimension participative du journal ni relayer les efforts de CAMédia et de certains abonnés en ce sens.

 Là nous semble être le principal obstacle à l’existence d’une association de lecteurs comme la nôtre. Le journaliste de Médiapart, tel qu’il était défini dans le projet, en mars 2008, et selon l'ambition annoncée dans le nom même du journal, devait descendre de son estrade, se mettre en question en se confrontant à l’expérience et aux connaissances d’un lectorat exigeant, producteur d’information et d’analyse. Force aujourd’hui est de constater que la rédaction du journal est restée sur l’estrade, que sa pratique, sous cet angle, à de rares exceptions près, ne se différencie que bien peu de celle de ses confrères des autres médias. Le participatif dans Médiapart s’est essoufflé, n’a pas pris la mesure de l’ambition de départ. La rédaction s’est éloignée de ses lecteurs et ceux-ci restent cantonnés à la cour de récréation qu’est trop souvent le Club. Ils s'y expriment pêle-mêle chacun pour son compte, sans faire émerger, dans ce brouhaha, du collectif, du « commun ». La richesse des contributions est marginalisée par leur peu de temps de visibilité et étouffée par l’abondance des commentaires réflexes. Nous estimons que Médiapart ne s'est pas saisi du "participatif" comme d’un véritable objet de travail. Il y a là, sans doute, un espace collectif à inventer.

 Nous avons provoqué une réflexion sur « L’éthique du débat » dans notre édition sans que celle-ci donne naissance à de nouvelles pratiques.

 Au lieu d’inventer un journal « commun » (journalistes/lecteurs), Médiapart est resté un journal de journalistes. Si la rédaction le désirait, le participatif serait une réflexion à mener ensemble. Jean-Claude Charié s’y est essayé, son appel s’est perdu dans la mer des Sargasses du Club : https://blogs.mediapart.fr/jean-claude-charrie/blog/210616/mediapart-de-la-place-pour-les-locales

 Marielle Billy, qui est une abonnée de la première heure, qui a participé au lancement de CAMédia et l'a présidé, se désabonne maintenant de Médiapart. On peut lire ses raisons dans son billet "Quitter le net" (https://blogs.mediapart.fr/marielle-billy/blog/250117/quitter-le-net). Les questions que nous soulevons ici ne sont pas étrangères à sa décision.

 En créant CAMédia, nous avions l’ambition de susciter une synergie journalistes/lecteurs, mais il faut le constater, en dehors d’une participation annuelle de journalistes aux « Rencontres avec Médiapart » que nous organisions,  jamais une collaboration n’a vu le jour et, ces deux dernières années,  nous nous sommes épuisés dans l’indifférence de la rédaction.

 « L’essentiel est de comprendre que le commun n’est pas donné […] il est à construire contre l’évidence d’un monde partagé […] en inventant de nouvelles formes de vie ». ( Dardot et Laval Le Monde du 26/01/2017). C’est en réfléchissant et en agissant ensemble, rédaction et lecteurs, que nous redonnerons du sens au participatif et inventerons le « commun » du journal.

 La raison de CAMédia est d’être un cadre associatif ouvert pour des rendez-vous divers, locaux ou nationaux, de continuer le « Fonds d’abonnement solidaire », de soutenir des lanceurs d'alerte, de promouvoir le dialogue avec les journalistes, les lecteurs et les citoyens.

 Ce cadre, en partie déserté pour l'instant, ne demande qu'à renaître pour un nouveau cycle, qui passe par de nouvelles pratiques participatives.

 Nous vous invitons à nous indiquer vos pistes de réflexion et d'action en ce sens, soit dans les commentaires, soit à l’adresse de CAMédia : collectf.camedia@gmail.com.

 Dès maintenant, pour  adhérer ou à réadhérer à CAMédia, vous trouverez ICI le bulletin d'adhésion pour 2017.

 Roger Evano (président de CAMédia) Pascal Maillard, Chantal Evano (membres du conseil d’administration)

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.