Billet de blog 21 janv. 2022

La médecine scientiste, cet impensé religieux, fou de pouvoir et disposé au pire (2)

De la « recherche » de profits au « gain de fonction » crétin. Je n’ai pas un corps, je suis mon corps : une véritable recherche existe, loin du monde criminel et paranoïaque des apprentis-sorciers du jour.

Cham Baya
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Non, la modernité n’est pas seulement une malédiction incontrôlable, source de guerre, furie du pouvoir et oppression des corps. Y compris en termes de médecine évidemment. Mais sur la crête aventureuse et industrieuse de l’esprit humain, les deux abysses sont abruptes.
Sous l’influence d’autres disciplines, des sciences humaines par exemple, ou des sciences de la matière, comme dans le développement de l’imagerie médicale et de la microchirurgie, grâce également aux progrès en génétique, en biologie, ou dans l’étude des carences de terrain, qui permettent aujourd’hui de pointer la problématique croissante d’une alimentation appauvrie associée à des désastres environnementaux devenus incontestés, nombre d’alternatives prometteuses ou déjà acquises sont en effet venues enrichir les outils thérapeutiques des praticiens les plus entreprenants. Ces dernières disciplines, ouvrant par ailleurs la sphère capitale de l’endocrinologie (études des fonctions hormonales) à d’autres approches que le diabète ou les pathologies thyroïdiennes, comme la médecine anti-âge ou la micro-nutrition. Un courant thérapeutique illustré par exemple par la médecine dite fonctionnelle. Et on comprend, sous couvert de recycler les revenus monstrueux d’une recherche dévorée par la quête de profits infinis et de pouvoir absolu, qu’une pluralité de disciplines, associées aux études environnementales et toxicologiques, tout comme celles liées à une compréhension sérieuse et vaste de l’immunité, peuvent et doivent devenir le fer de lance d’une véritable politique de santé, en particulier dans les affections neurodégénératives, la cancérologie et bien sûr, l’épidémiologie.

Les alternatives en phytothérapie, en aromathérapie, en oligothérapie, en vitaminothérapie, en diététique, les découvertes du rôle essentiel du microbiote, en particulier dans l’immunité, sont aujourd’hui l’objet de recherches canoniques qui viennent enrichir les outils des naturopathes comme des médecins indépendants qui ne se contentent plus de la boîte à ressorts du visiteur médical. Quand on connaît en France l’hétérogénéité de la densité de médecins par région, beaucoup d’entre eux, accablés de charge de travail et qui accomplissent pourtant leur office avec abnégation, n’ont pas le temps, ou ne se le donnent pas, et auraient néanmoins tout à gagner à bénéficier de formation continue.
Mais offre-t-on à ces généralistes les formations et la liberté d’une recherche minimale en clinique, pour devenir les véritables spécialistes d’une approche transdisciplinaire, leur permettant de sortir enfin d’un taylorisme répétitif qui ne dit pas son nom ?

Je ne résiste pas à l’envie de vous transmettre un texte, plus que visionnaire, au regard du délire actuel, en l’occurrence la présentation du livre d’un médecin et chercheur français, qui a eu un rôle et une reconnaissance capitale et internationale, dans la seconde moitié du 20e siècle, François Grémy. Médecin, physicien, biostatisticien, épidémiologiste, informaticien et professeur des universités, fondateur de l'International Medical Informatics Association (IMIA) et co-fondateur de l’European Federation for Medical Informatics (EFMI), créateur de la première unité de recherche Inserm consacrée à l’informatique médicale, professeur de santé publique, et chef du service d'économie médico-hospitalière et actions préventives à Paris et à Montpellier, membre du comité de direction scientifique de l’Institut international de recherche en éthique biomédicale, et par ailleurs président du MRAP.
En somme tout sauf un médecin suiveur, rétrograde ou passéiste, n’est-ce pas.
Chercheur et enseignant adoubé par ses pairs, considéré par l’Etat comme un sage et un novateur pivot, il a laissé une marque que l’on aurait pu croire capitale pour l’avenir de la recherche et des politiques de santé hexagonale. Promoteur du  développement de la bio-informatique et biostatistique, développées alors dans un esprit transdisciplinaire, soucieux d’éthique et de progrès médicaux avérés, son élan aurait pu, aurait dû continuer à inspirer longtemps la maison INSERM
https://histoire.inserm.fr/les-femmes-et-les-hommes/francois-gremy

François Grémy « ON A ENCORE OUBLIÉ LA SANTÉ. Propositions pour une médecine de qualité et de solidarité. » Préface de Maurice Tubiana aux éditions Frison Roche.
Petite précision de poids, ça date de 2004 !
« La médecine est-elle encore une science humaine ? C’est la première question à se poser avant d’envisager de réformer notre système de santé. Mais on ne change pas si facilement les habitudes et les intérêts acquis… il faudrait que la médecine ne se prenne plus pour une science (dure) ; que les médecins ne fassent pas de leur spécialité l’alpha et l’oméga de leur pratique ; que l’administration n’ait pas qu’une vision comptable de la santé ; que les patients participent mieux aux décisions ; que les médias n’entretiennent pas de fausses peurs ; que le ministère de la santé ait enfin une politique et les moyens de la conduire dans la durée ; que la santé ne se cantonne pas au fonctionnement organique des individus, mais s’étende à celui, global et pérenne, de la société. Il faudrait… Le contexte a changé : nous sommes de plus en plus vieux, nos maladies sont de plus en plus chroniques et la médecine est en première ligne au chevet de notre société en mal de sens (...) »

Vous ne trouverez pas la moindre trace de François Grémy dans Wikipédia, ce qui est quasi comique, et montre une fois de plus si nécessaire, dans ce temps d’étranglement vertical, à quel point les filtres discrets, implicites, qui percolent le substrat de nos cultures et en particulier de cette encyclopédie hyper connectée, demanderaient à être sacrément secoués.
Si par bonheur, la reconnaissance de ce chercheur comme pionnier de l’informatique au service de la santé publique (et pas le contraire...) venait à nouveau à hanter le lieu, ça pourrait bien faire se retourner dans leur tombe (l’Inserm actuel) les morts-vivants masqués du jour, qui occupent au sens quasi militaire du terme cette institution, s’auto-attribuant à l’occasion de leur forfaiture Covid, les Prix annuels de la Maison.

https://www.inserm.fr/actualite/prix-inserm-laureates-et-laureats-2020/
Dominique Costagliola (on lui doit interdiction des traitements précoces, Hydroxychloroquine, Ivermectine), Yazdan Yazdanpanah (ex Monsieur Remdevisir, Gilead, AbbVie, Pfizer, etc, et pourfendeur du méchant pas bon Hydroxychloroquine), et là, il fallait vraiment oser, Anthony Fauci !
Ah Tony. Vous auriez fait un si bon personnage d’âme damnée dans une fiction d’anticipation n’est-ce pas ? Genre fin du monde gore. Vous avez le sourire finement narquois pour ça. Mais je me pose une question. Y seriez-vous aussi bon comédien, sans être de même, scénariste et producteur ? 


Plainte déposée auprès de la Cour pénale internationale contre Bill Gates, Klaus Schwab, le Dr Fauci, le président de la Fondation Rockefeller et quelques autres covidistes
https://fr.sott.net/article/38979-PLAINTE-DEPOSEE-AUPRES-DE-LA-COUR-PENALE-INTERNATIONALE-CONTRE-BILL-GATES-KLAUS-SCHWAB-LE-DR-FAUCI-LE-PRESIDENT-DE-LA-FONDATION-ROCKEFELLER-ET-QUELQUES-AUTRES-COVIDISTES


J’avais l’intention de redonner dans ce triptyque consacré à l’épistémologie du scientisme en médecine, une place importante à la vivisection et à Claude Bernard comme empreinte générique de l’hubris médical. Ayant traité ce sujet primordial précédemment, je viens d’en faire un billet spécifique. Vous le trouverez ici : Pulsions de mort ou réveil des consciences ?
https://blogs.mediapart.fr/edition/covid-19-penser-notre-monde-covide/article/191221/pulsions-de-mort-ou-reveil-des-consciences

 
Le mode de pensée encore majoritairement à l’œuvre dans nombre de disciplines scientifiques, le mode hypothético-déductif, outil étalon de l’idéal expérimental, lorsqu'il est employé de façon erratique, tentant des coups à l’aveugle, avoue cyniquement sa fonction première, en particulier dans la recherche médicale : paraître dans la cour des miracles de la presse spécialisée, gage de reconnaissance et de subventions. Dans cette optique si souvent vénale, il est inutile de s’intéresser véritablement aux conditions globales de la santé, pourtant largement étudiées par ailleurs. Dans son excès, ce mode cerclé d’œillères, obsédé par la réussite sociale du chercheur ou de l’équipe de recherche, est la plaie saignante de la modernité. Nous en payons la note aujourd’hui par le fait que les découvertes majeures pour la santé y sont de plus en plus rares. D’abord parce que les maladies les plus importantes, qu’elles soient innées ou acquises, sont la plupart du temps des maladies systémiques de l’environnement et du mode vie, quand elles ne trouvent pas l’un de leurs ingrédients surprise, dans les labos eux-mêmes, tel un certain Covid 19, son SARS-CoV-2 et son gain de fonction délirant, stérile et possiblement mortel pour les personnes âgées ou atteintes de graves comorbidités. 
Quand son premier maître, François Magendie proclamait compulsivement « Expérimentez, expérimentez, il en sortira toujours quelque-chose », Claude Bernard, tout en découpant en morceaux des centaines d’animaux vivants répondait cyniquement : « L'expérimentateur qui ne sait point ce qu'il cherche, ne comprend pas ce qu'il trouve ».
Est-ce cela, la croyance à la fin du 19e siècle, que les médicastres sont enfin devenus des connaissants ? Qui sait, des scientifiques ? Prêts à réitérer certaines de leurs expérimentations, devant le public bouche bée de leurs étudiants ou de leurs pairs ? Cette révolution balbutiante allait leur offrir au moins une première assise sociale indiscutée. Sans doute pas éternelle.

Que nous soyons croyants ou mécréants, journaliste célèbre ou s.d.f. ivre mort, poli comme il faut, ou grossier comme une mule, nous donnons encore volontiers du Docteur à notre médecin et protecteur. Voire au premier toubib pressé et surbooké qui accepte malgré l’heure de nous recevoir trois minutes entre deux patients assoupis dans sa salle d’attente. Contrairement à cette déférence instituée, le sauvetage de nos âmes et l’officiant en habit noir qui en avait la charge jusque-là, n’en imposent plus vraiment. Or ce transvasement du sacré pourrait ne pas être si problématique, à condition que cette nouvelle figure religieuse se double de véritables femmes ou hommes de foi, ayant quelque réelle puissance terrestre pour conduire leurs fidèles sur la voie du salut le plus tangible, pour ne pas dire immanent !

La différence essentielle entre une pratique médicale respectueuse et sincère qui ne joue pas à la roulette russe avec ses patients, et une autre qui considère la connaissance en soi comme plus importante que la survie du matos (le patient) est lié à plusieurs plans. Un véritable médecin ne cherche pas à endosser la posture du démiurge qui volera au premier malade attaché à ses soins, le secret de la pompe à Shadok. Il va surtout en accord avec la philosophie hippocratique « d’abord ne pas nuire » ou selon la devise du grand chirurgien Ambroise Paré, guérir parfois, soulager souvent, soigner toujours, offrir à celui qui lui confie une partie de son sort, quelques fois sa vie même, une écoute attentive, la plus perspicace possible.

Cette nécessité, forcément transdisciplinaire et interactive, c’est ce qui fait de cette belle vocation, non pas une science éternellement modélisable, mais un art de vivre et de faire vivre, qui, comme tout art, est rendu possible, en effet, par toutes sortes d’actes particuliers liés à des connaissances, des approches et des démarches scientifiques, dont toutes peuvent bénéficier de nouvelles avancées conceptuelles ou techniques.
Un art qui, lorsqu’il est assuré de conditions convenables, outre l’examen biologique et corporel, est par ailleurs pour le praticien, à chaque consultation importante, à la fois une enquête de nature anthropologique et un encouragement proposé au patient à rentrer en intelligence avec lui, à la seule fin d’aborder au mieux l’énigme ou la complexité de ce qui lui pose problème.

A l’opposé extrême, on trouve les médecins nazis, qui sous prétexte de scientificité, étaient parfaitement satisfaits après avoir charcutés des dizaines de milliers de bêtes, de passer enfin à un modèle « plus humain », les prisonniers slaves et juifs. Ou encore, ces apprentis sorciers œuvrant dans de grands labos tentaculaires, capables d'exploser les prix de certains de leurs rares médicaments novateurs, par le multiple maximal que la loi de l’offre et de la demande permet, en se foutant absolument de ceux qui ne pouvant se les offrir, mourront la gueule ouverte sans faire de vagues.

A suivre :
Le putsch scientiste de l’Etat, un héritage suicidaire, entre Ubu et Machiavel (3)
https://blogs.mediapart.fr/cham-baya/blog/280721/le-putsch-scientiste-de-l-etat-un-heritage-suicidaire-entre-ubu-et-machiavel-3

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