Tarbes en marche, contre

En ce 5 décembre, sous un soleil bienveillant, Tarbes a été littéralement inondée de piéton·e·s descendu·e·s des montagnes, remonté·e·s des plaines et vallées, invitant des ami·e·s des voisinages alentour, de Muret, Lourdes, Lannemezan, Bagnères, Luz… et même d’Espagne!

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Là où personne jusqu’ici n’était parvenu à réaliser cette unité, Emmanuel Macron a réussi… fédération de toutes les oppositions autour de sa réforme des retraites, mais pas que !

 

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12 000 personnes selon les syndicats,

 

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autour de 8 000 selon la BAC 1 ! — qui s’est invitée ce matin en tête de cortège, discrète pour l’ensemble des manifestant·e.s.

1https://www.police-nationale.net/bac/ « spécialisée dans la petite et la moyenne délinquance » et https://www.police-nationale.net/bac/#equipement-bac

la B.A.C. (brigade anti-criminalité) en tête de cortège © Alain Haudebourg (©AH) la B.A.C. (brigade anti-criminalité) en tête de cortège © Alain Haudebourg (©AH)

 

Pareil nombre de manifestant·e·s densément « en marche » contre l’ensemble des actes passés, en cours et à venir du « président des riches” , cela s’est rarement vu : de la place Verdun à la Bourse du Travail, aucun espace n’est resté inoccupé !

« Le fond de l’air EFFRAIE »

Cette banderole donne le ton de l’état d’esprit de chacune et chacun, car pour qu’autant de mécontent·e·s descendent dans la rue, il en faut des raisons !

Comme on l’a vu, les Parcs Nationaux manifestent :

ils « sont soumis depuis quelques années à une baisse drastique de leurs moyens humains et financiers (20% de personnels en moins en 10 ans). Les personnels sont à bout : impossible de faire toujours plus avec moins !

À l’heure où les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme pour dénoncer l’effondrement de la biodiversité (rapport IPBES 2019) — qui pose à terme la question de la survie de l’humanité — [rien de moins] , nous devons défendre ce service public de l’environnement. » 1 Or les effectifs des parcs nationaux fondent comme neige au soleil : « 20% de personnels en moins en 10 ans. Les personnels sont à bout : impossible de faire toujours plus avec moins ! »

1https://www.snefsu.org/?Les-PARCS-NATIONAUX-sont-EN-DANGER-petition

Les glaciers fondent, les effectifs des parcs nationaux aussi ! © https://www.snefsu.org Les glaciers fondent, les effectifs des parcs nationaux aussi ! © https://www.snefsu.org

 

La SNCF ensuite. Alors que le gouvernement ne pense qu’à rogner tous azimuts, en prétextant des privilèges indus, prétendument sources d’inégalités et d’injustices sociétales. Mais c’est sans évoquer jamais l’origine de ces régimes spéciaux, acquis de longue lutte contre le patronat et les gouvernements successifs :

« Les cheminots de certaines compagnies obtiennent un régime de retraite dès les années 1860 et tous en disposent à partir de 1890. Ces régimes sont conçus pour compenser des salaires relativement faibles et une forte pénibilité. Les mineurs arrachent leur régime en 1894. 1»

Mais ce discours fallacieux et oublieux ne convainc pas et restreint la crédibilité de ceux qui le tiennent. Ce qui choque les Bigourdan·e·s, c’est aussi la casse du service public du transport : le bureau SNCF de Bagnères a été fermé il y a trois ans maintenant, alors que la ligne qui rejoint la ville à Tarbes est désormais saturée par 1500 allers-retours quotidiens en voitures. Le ministère de l’écologie devrait s’en émouvoir... de même que les élus En Marche présents et postulants (les mêmes à ce jour). Il ne suffira pas que de promesses orales pour dissiper les maux générés par le coût, la pollution et le temps perdu, la précarisation, en un mot. Et la réhabilitation du frêt prétendue ne saura compenser le privilège accordé (comme par l’OMC) à toute marchandise par rapport à l’humain.

1https://www.mediapart.fr/journal/france/021219/les-regimes-speciaux-de-retraite-de-l-horizon-au-privilege

SNCF - Non à l'extraction de masse de nos droits © ©AH SNCF - Non à l'extraction de masse de nos droits © ©AH

 

La reconstitution de “communs”, comme le Conseil National de la Résistance l’a mis en place en novembre 1945 prévoyait en effet que « nul ne peut être exclu d’un système “universel” qui est garanti par la participation de tous. Le système de répartition qui permet de payer les retraités avec les cotisations actuelles tout en assurant les droits futurs couronne le tout 1 » instaurant un système de salaire socialisé dont chacun pourra bénéficier le moment venu : « une retraite décente ».

C’est en ce 5 décembre le pavé lancé par le président et son gouvernement à la face de sa population, qui fédère l’opposition la plus déterminée et massive : la réponse en slogan ne se fait pas attendre :

« TU ATTENDS LA RETRAITE, MANU, TRAVERSE L’ADOUR »

1cf. note 3

 

Le Syndicat CFDT de la Métallurgie des Hautes-Pyrénées est là : première organisation syndicale chez les ouvriers 1, il répartit son action entre une douzaine de filières. 2

Syndicat de la métallurgie des Hautes-Pyrénées © ©AB Syndicat de la métallurgie des Hautes-Pyrénées © ©AB

Laurent Berger, sur LCI, lundi 2 décembre disait 3 que « le gouvernement avait un peu perdu tout le monde » , n’ayant pas présenté de texte précis sur le régime universel des retraites proposé depuis 2006 par la CFDT : le gouvernement a dit qu’ « il y avait aussi un problème économique et budgétaire qu’il faudrait régler », envisage de « mettre de la pénibilité mais on ne sait pas comment », prévoit une « progressivité du départ en retraite » — idée que porte aussi la CFDT — « mais sans donner d’éléments ». L’élu syndical synthétise en disant que le gouvernement est « dans une logique d’affrontement, donnant l’impression que cette réforme est un peu faite pour se payer les régimes spéciaux. »

Il poursuit : « Les femmes ont 30 % de retraite en moins.Les gens qui ont des métiers pénibles ne sont pas tous reconnus.Les personnes qui cotisent mais qui sont des salariés précaires qui ne travaillent pas 150 heures sur un trimestre cotisent pour la retraite mais ne se créent pas de droits.Tout ça, c’est la réalité aujourd’hui. »

« Mais si c’est pour que le gouvernement demande davantage de sueur et de larmes aux travailleurs, en leur demandant de travailler plus sur la durée de carrière, la réponse est clairement “non !” »

Le ras-le-bol est patent, au vu des chiffres issus du patronat :

« Pour le secteur industriel, l’année 2017 a été particulièrement favorable en Occitanie, avec une hausse du chiffre d’affaires de 4,9 % au global. […] Les prévisions pour 2018 sont favorables avec une hausse de 4 % de l’activité globale et une reprise dans le secteur des équipements électriques et électroniques. Les effectifs des entreprises industrielles augmenté de 2,3 %. On compte aujourd’hui environ 4 000 établissements industriels pour 120 000 salariés dans la région, hors agroalimentaire et chimie. Les trois-quarts sont répartis sur l’ancien territoire de Midi-Pyrénées en raison de la présence des grands donneurs d’ordre de l’aéronautique et du spatial. » 4

1http://sgencfdt65.free.fr/spip.php?article1774

2https://industrie.usinenouvelle.com/classement/departement-66

3https://laurentberger.cfdt.fr/portail/presse/la-cfdt-dans-les-medias/-entretien-il-faut-remettre-de-la-justice-de-l-equite-de-la-solidarite-dans-le-systeme-des-retraites-srv1_1082369

4https://www.occitanie.cci.fr/zoom-sur-la-filiere-industrie-metallurgique

 

Le 3° producteur mondial de salaisons Toupnot 1, dont le siège a brûlé le 10 janvier dernier, qui a bénéficié du soutien de l’État, de la Région et du Département, engendrant la mise au chômage technique des « 71 salariés de l’entreprise d’aliments en conserve et plats cuisinés.» Or, « le groupe Cofigeo, propriétaire de Toupnot et des marques William Saurin, Garbit, Panzani, a bien perçu depuis et de source syndicale 18 millions d’euros de la part des assurances, {mais] n’a pas jugé bon de reconstruire l’usine et se montre peu empressé à trouver un repreneur. » La réforme des retraites se surajoute à ces questions de survie.

1https://www.humanite.fr/scandale-lourdes-cofigeo-profite-dun-incendie-pour-licencier-chez-toupnot-680215

TOUPNOT et l'ITEP du Château d'Urac © ©AH TOUPNOT et l'ITEP du Château d'Urac © ©AH

 

L’ITEP, tout comme l’EHPAD de Castelnau manifestent sur la même thématique.

EHPAD Castelnau © ©AB EHPAD Castelnau © ©AB

 

Les GJ invitent les secteurs public et privé à se rejoindre. L’AG d’après manifestation invitera d’ailleurs à contacter les employés des entreprises qui ne se sont pas encore décidés à se joindre au mouvement.

GJ Ciroyens du privé du public même combat © ©AH GJ Ciroyens du privé du public même combat © ©AH

 

Les enseignants FSU, SNUipp et les AESH sont en colère : Christophe Aguiton, chercheur en sciences sociales, annonçait sur France Culture ce matin qu’ils «  risquaient de perdre entre 400 et 900€ par mois sur leur retraite » du fait de la réforme. 1 Mais ce manque à gagner est potentiel aussi pour ceux et celles pour qui il défend sa réforme : « Prenez le cas des femmes ; le gouvernement n’arrête pas de nous dire que le régime par points, c’est mieux pour elles. Mais quand on regarde les choses aujourd’hui, on calcule une retraite sur les 25 meilleures années. Or on sait que ce sont le plus souvent les femmes qui ont des carrières hachées, parce qu’elles sont restées à la maison un an ou deux pour s’occuper des enfants, parce qu’elles ont travaillé à temps partiel souvent contraint — c’est le cas de beaucoup d’emplois “dits féminins” —.

Si vous calculez la retraite sur 25 ans, vous prenez les meilleures années. Si vous la calculez sur 42 ou 43 années, vous prenez le tout, y compris les périodes où vous êtes en arrêt parce que vous êtes en garde d’enfant, et les périodes où vous êtes en travail précaire… il y a un collectif féministe qui a publié une tribune très récemment qui montre que les femmes vont perdre beaucoup par cette retraite. Et je pense que ce sentiment est assez général, il touche, comme vous l’avez dit dans votre revue de presse, les services publics et l’impression que tout ça fout le camp … et que tout ça prépare une casse généralisée à la fois du modèle de protection sociale et des services publics. »

1https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/greve-peut-comparer-decembre-2019-a-decembre-1995 à 2:00 pour les enseignants, de 2:15 à 3:09 pour les femmes.

On ne peut à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc © ©AH On ne peut à la fois se serrer la ceinture et baisser son froc © ©AH

 

 

Les pompiers aussi poursuivent la grève, méprisés par le pouvoir le 15 octobre, qui leur a envoyé la force “de l’ordre” pour les écouter !

« POMPIERS - Des incidents ont éclaté ce mardi 15 octobre à Paris à l’issue de la manifestation de plusieurs milliers de pompiers qui ont défilé dans la capitale pour dénoncer le manque d’effectifs et de reconnaissance.

Aux alentours de 18h, les forces de l’ordre ont tiré des dizaines de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants rassemblés sur la place de la Nation, destination finale du cortège qui était parti aux alentours de 14h de la place de la République. 1

Il y a une baisse des effectifs préoccupante alors qu’on est débordés par le nombre d’interventions. On nous demande tout, y compris de remplacer des ambulances. À un moment donné on ne va plus y arriver”, a expliqué à l’AFP Mathias Gosse, 53 ans, pompier à Grasse (Alpes-Maritimes). “Et en plus, on menace notre régime de retraite qui nous permet de partir à 57 ans (avec 42 annuités, ndlr)”, ajoute-t-il. »

« Interrogé sur la mobilisation lors des questions au gouvernement, le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez a assuré que les problèmes des sapeurs-pompiers étaient pris à “bras le corps” par le gouvernement et a annoncé l’expérimentation d’un “numéro unique” d’urgence -le 112-  qui permettrait de mieux orienter les appels. 

Pour rappel, les pompiers avaient entamé le 26 juin dernier un mouvement de grève face au “déni de dialogue” de la part du ministre de l’Intérieur. »2

1https://www.huffingtonpost.fr/entry/heurts-entre-pompiers-et-policiers-en-marge-de-la-manifestation-a-paris_fr_5da5f7f3e4b02253a2f963b0

2https://www.huffingtonpost.fr/entry/heurts-entre-pompiers-et-policiers-en-marge-de-la-manifestation-a-paris_fr_5da5f7f3e4b02253a2f963b0

Pompiers en grève © ©AH Pompiers en grève © ©AH

 

À Tarbes, le combat ne se limite pas à cependant aux questions territoriales : la question de la gouvernementalité algorithmique – industrie planétaire multimodale à plusieurs têtes –, de plus en plus de citoyen·ne·s commencent à y être sensibilisé·e·s.

Quand tout sera privé, on sera privé de tout. Taxons les GAFA © ©AB Quand tout sera privé, on sera privé de tout. Taxons les GAFA © ©AB

 

Pourtant les solutions pourraient être décidées rapidement :

« “Les grandes entreprises qui font du profit en France doivent y payer l’impôt ”, déclarait Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée du 10 décembre dernier. “Dans l’Union européenne, les multinationales du numérique ne paient que 9 % d’impôts sur leurs bénéfices, quand les autres sociétés, y compris les PME locales, sont taxées en moyenne à 23 %”, souligne la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager. 

Mais les décisions au sein de l’UE se prennent à l’unanimité des 28 États membres, la situation semble pour l’instant bloquée. D’autant que le gouvernement [irlandais] n’hésite pas à pratiquer des négociations sur mesure en sous-main pour abaisser le taux d’imposition jusqu’à moins de 1 % comme ce fut le cas pour Apple en 2014.» 1

1https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/gafa-de-tous-les-pays-taxez-vous-en-irlande-04123513

Une seule taxe sur les GAFA © ©AH Une seule taxe sur les GAFA © ©AH

 

Mais le gouvernement ne jouerait-il pas double-jeu en ne comptant pas Microsoft dans les GAFAM ? mais la coopération officielle va bien plus loin que cela :

«L’excellence scientifique française se traduit par l’implantation des centres R&D de nombreux grands groupes. À titre d’exemple, plusieurs grands acteurs étrangers du numérique ont ainsi choisi Paris comme lieu d’implantation pour y conduire leurs travaux de recherche en IA. C’est notamment le cas de Facebook, dès 2015, mais aussi de Google, Fujitsu, Samsung ou encore Microsoft, qui développe avec Simplon un ambitieux plan de formation sur le sol français, avec pour objectif de sensibiliser plus de 400 000 personnes, tous profils confondus, aux enjeux de l’IA.

En 2017, le gouvernement s’est fixé comme objectif de faire de la France une « startup Nation » et a créé le 15 janvier 2018 un fonds de 10 milliards d’euros pour financer l’innovation, qui sera abondé par des cessions d’actifs publics.» 1

«Un grand plan d’investissement 2018-2022 d’une valeur de 57Md€ pour soutenir des réformes structurelles et préparer la France aux défis de demain.

Il est fondé sur quatre priorités :

20 milliards d’euros pour accélérer la transition écologique (améliorer les mobilités, augmenter la capacité de production d’énergies renouvelables) ;

15 milliards d’euros pour édifier une société de compétences (former et améliorer la formation initiale) ;

13 milliards d’euros pour ancrer la compétitivité sur l’innovation (soutenir l’excellence scientifique, améliorer l’innovation dans les entreprises) ;

9 milliards d’euros pour construire l’État numérique (améliorer la qualité et l’accessibilité des services publics, accélérer la numérisation du système de santé et de cohésion sociale)… »

Autrement dit, utilisons ces industries multinationales et ces plateformes américaines pour la plupart plutôt que d’investir dans les start-ups françaises et dans le logiciel libre, jetons toutes nos données dans les pattes de ces agences, et peu importent les scandales de fuites de données comme Cambridge Analytica 2 ou autres.

 

Mais le ressentiment est très ancré localement, si je puis dire, en France :

1https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/venir-en-france/entreprendre-et-investir-en-france/

2https://www.mediapart.fr/journal/international/210318/facebook-s-embourbe-dans-le-scandale-cambridge-analytica

Halte au hold-up sur nos retraites, intergénérations spoliées © ©AB Halte au hold-up sur nos retraites, intergénérations spoliées © ©AB

Macron nous re-traite de gens qui ne sont rien © ©AB Macron nous re-traite de gens qui ne sont rien © ©AB

Retraites à points, retraité·e·s dépité·e·s © ©AH Retraites à points, retraité·e·s dépité·e·s © ©AH

 

Des slogans se retrouvent déclinés diversement :

Gréver, c'est rêver grave © ©AH Gréver, c'est rêver grave © ©AH

 

Gréver, c'est rêver grave © ©AB Gréver, c'est rêver grave © ©AB

« IMPÔT SUR LA FORTUNE, RENDS-NOUS LES TUNES »

 

L’Affaire du Siècle interroge : il y avait 2 000 000 de signataires le 10 janvier 2019 pour cette pétition, lancée par quatre ONG de défense de l'environnement en soutien à une assignation de l'Etat français en justice pour "inaction face aux changements climatiques" 1

1https://www.mediapart.fr/journal/france/100119/deux-millions-de-signataires-pour-laffaire-du-siecle

L'Affaire du Siècle - où est Macron ? © ©AB L'Affaire du Siècle - où est Macron ? © ©AB

 

« La riposte à la crise écologique et environnementale comme à la violence des attaques sociales, se cristallise...» peut-on entendre et lire de plus en plus ; et dans nos montagnes et vallées, cela prend un sens collectif indéniable : chacun·e se sent concerné au premier chef par la qualité de l’air et l’évolution du climat. Le GIEC est passé deux fois par là, en 2015 et en 2018, sans compter les tables rondes et conférences diverses que l’IPBES 1, organisme placé sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies a complétées dramatiquement dans son constat du 6 juin dernier.

 

L’angoisse est manifeste pour les jeunes – les générations montantes qui tentent de se mobiliser – mais le gouvernement Macron use d’un pouvoir totalement déraisonnable à leur égard :

 

et leur promet un numéro vert alors qu’un étudiant vient de s’immoler à Lyon :

« Le 8 novembre, à Lyon, un étudiant de 22 ans a tenté de se suicider en s’immolant par le feu pour dénoncer sa précarité. Le 26 novembre, les organisations étudiantes appellent à une journée de mobilisation contre cette précarité. Mediapart donne la parole à cinq jeunes étudiants confrontés à ces difficultés financières. » 2

«"La précarité tue"

Personnels de l'Université solidaires avec les étudiant·e·s

Personnels (administratifs, bibliothécaires, chercheurs et enseignants) de l’Université de Lille, nous nous dissocions du discours tenu par la présidence de l’Université ces derniers jours et condamnons fermement sa décision de déposer plainte, suite à l’annulation de la conférence de F. Hollande. Nous tenons également à alerter les élu·e·s membres des conseils de notre université sur ce qui est et doit rester l'essentiel : des conditions d'étude de plus en plus intenables et indignes au sein de notre établissement. » 3

«20% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté. La précarité oblige près de la moitié d’entre eux à trouver un emploi afin de financer leurs études. Ces chiffres remontent à 2015, dans une enquête de l’IGAS. Il est à craindre que quatre ans après la situation des étudiants ne se soit encore aggravée. Les enquêtes de l’UNEF comme de la FAGE montrent chaque année des augmentations significatives du coût des études supérieures. Dans toutes les universités les services sociaux sont débordés par les demandes d’aides qu’ils n’ont pas les moyens d’accorder. Les bourses ne sont pas assez nombreuses, leurs montants insuffisants et les chambres d’étudiants font défaut » 4

in Blog : POLARED - Petit observatoire des libertés académiques. Recherche, Enseignement, Démocratie

 

Dans les Hautes-Pyrénées, plusieurs organisations se sont groupées pour les inviter à manifester et les soutenir,

1la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques

2https://www.mediapart.fr/journal/france/251119/n-pas-le-temps-d-etre-enerves-par-notre-situation-d-etudiants-precaires?onglet=full

3https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/291119/la-precarite-tue

4https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/111119/message-d-un-etudiant-immole-par-le-feu

Le 5 décembre, toutes et tous dans la rue - Assez de la précarité et de l'insécurité sociale permanente pour la jeunesse © F!DL, MNL, UNL, UNEF et Jeunes CGT Le 5 décembre, toutes et tous dans la rue - Assez de la précarité et de l'insécurité sociale permanente pour la jeunesse © F!DL, MNL, UNL, UNEF et Jeunes CGT

 

Message posté par l'étudiant de Lyon avant son geste désespéré © F!DL, MNL, UNL, UNEF et Jeunes CGT Message posté par l'étudiant de Lyon avant son geste désespéré © F!DL, MNL, UNL, UNEF et Jeunes CGT

Les travailleurs de l’Art aussi étaient présents en ce 5 décembre, qui ont publié une tribune en ligne

Les travailleurs de l’ART Le 5 décembre , La Buse travailleu·r·se·s de l’art , la Permanence, Documentations.art, l’Association des Installat·eur·rice·s d’Oeuvres d’Art, La part des femmes, Économie solidaire de l’art, Wages For Wages Against, Décoloniser les arts, Plein le dos, 343 Racisé·e·s, Page Jaune, vous invitent ... http://artengreve.com/

mais aussi les hospitaliers, réquisitionnés, les avocats, les magistrats et juristes, appelés à la grève par le Conseil National des Barreaux, le Syndicat de la Magistrature et le Syndicat des avocats de France et les personnels des transports, etc. et même de la police :

« Alliance et UNSA-Police, deux des principaux syndicats policiers, ont appelé à des « actions reconductibles » à partir du 5 décembre, si des réponses « ne sont pas apportées sur le maintien » de leur régime spécifique de retraite. Lautre grand syndicat policier, Unité SGP Police-FO, a appelé tous les agents travaillant de nuit « à ne sortir que sur appel au 17 », afin de protester contre leurs conditions de travail et de rémunération. 1 »

« Le 5 décembre 2019 VIGI. appelle à manifester et dépose un préavis de grève

Les personnels de tous les corps de la Police Nationale sont épuisés par une accumulation de plus de 140 00 ans d’heures supplémentaires. Comme de nombreux français, nous n’arrivons plus à «boucler» nos fins de mois, car le gouvernement a décidé de : - Maintenir le gel du point d’indice... »

 

Le climat et la question de la Justice Climatique inquiète également :

1https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/11/28/enseignants-cheminots-avocats-qui-fera- greve-le-5-decembre_6020884_823448.html

 

Justice climatique © ©AB Justice climatique © ©AB

 

La question de l’injustice à deux vitesses – deux poids, deux mesures – est également bien dans les consciences :

Délit ou système économique-deux poids … © ©AB Délit ou système économique-deux poids … © ©AB

 

 

La citoyenneté irrespectée s’invite à tous les étages :

 

Ils décident qu'on doit … © ©AB Ils décident qu'on doit … © ©AB

 

 

GJ-RIC justice sociale, justice fiscale © ©AH GJ-RIC justice sociale, justice fiscale © ©AH

 

Chutes des murs - Exigeons un système citoyen © ©AB Chutes des murs - Exigeons un système citoyen © ©AB

 

Alors chacun attend immensément du mouvement, la réunion de tous·tes est gigantesque :

marée humaine à la Bourse du Travail © ©AB marée humaine à la Bourse du Travail © ©AB

marée humaine devant la Bourse du Travail © ©AH marée humaine devant la Bourse du Travail © ©AH

 

On se désole de la disparition de l’humain dans ce monde de logiques économiques, financières, et bien au-delà dans la conception même de l’humain, avant que l’on ne commence à envisager son “être au monde”, pourtant si important à l’heure du changement climatique :

La finance est-elle un cycle nécessaire à la vie ? où est passé l'être humain © ©AB La finance est-elle un cycle nécessaire à la vie ? où est passé l'être humain © ©AB

 

et chacun se rassure, se conforte, compatit :


Ils ne sont grands que si nous sommes à genoux © ©AB Ils ne sont grands que si nous sommes à genoux © ©AB

Au rond-point de l’entrée 12 de l’A64, l’après-midi à Ibos, c’est, comme toujours, la force qui nous accueillera : bloquer l’entrée du péage n’aura pas été possible, du fait cette fois de la gendarmerie, harnachée avec casques, boucliers et tonfas (et pas pour une reconstitution historique !).

GJ en CDI, Gendarmerie en tenue de combat © ©AB GJ en CDI, Gendarmerie en tenue de combat © ©AB

et juste à la limite de la zone autoroutière, c’est également la BAC qui surveillera nos tractages :

La BAC à la limite de son territoire © ©AB La BAC à la limite de son territoire © ©AB

 

Tractage de longue haleine © ©AB Tractage de longue haleine © ©AB

 

Nous aurons eu un excellent accueil …

Les routières sont sympas © ©AB Les routières sont sympas © ©AB

sauf bien sûr le seul récalcitrant de l’après-midi :

lui n'a pas apprécié … ah ! les goûts et les couleurs ! © ©AB lui n'a pas apprécié … ah ! les goûts et les couleurs ! © ©AB

L’humour était de la partie :

« À samedi, on compte sur vous ! » © ©AB « À samedi, on compte sur vous ! » © ©AB

 

Invitation pour tous les usagers à nous retrouver demain samedi 7 décembre 2019 à 10h place de Verdun à nouveau.

SAMEDI 7, 10h place de Verdun

 

UN AUTRE MONDE DOIT NAÎTRE

Un autre monde doit naître © ©AB Un autre monde doit naître © ©AB

 

FRONTIÈRE ENTRE DEUX MONDES, OU ENTRE DEUX TEMPS ?

frontière entre deux mondes ou entre deux temps ? © ©AH frontière entre deux mondes ou entre deux temps ? © ©AH

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