La loi Carle : un cas d’école, la commune de Cagny

Situé dans la Somme, dans la banlieue d'Amiens, ce village semi rural de 1.400 habitants illustre bien les probblèmes créés par la loi Carle.

Situé dans la Somme, dans la banlieue d'Amiens, ce village semi rural de 1.400 habitants illustre bien les probblèmes créés par la loi Carle.

 

Cagny organise son service public d’éducation dans deux écoles primaire et préélémentaire de quatre classes avec une centaine d’élèves. Cinquante autres élèves de Cagny, pour des motivations diverses, fréquentent des écoles privées d’Amiens et d’autres communes. Cagny devrait, au titre de la loi Carle, obligatoirement payer le forfait communal de 1000 euros (en moyenne aujourd'hui) x 50 = 50 000 euros par an pour 350 foyers fiscaux soit 150 euros d'impôts supplémentaires par famille y compris celles qui font le choix de l'école publique.

 

Le maire estime que le risque est grand de voir des parents sortir du public pour s'inscrire dans des écoles privées d'Amiens qui démarchent les parents , à partir d'arguments essentiellement subjectifs : le « privé accueillerait mieux", "aurait de meilleurs résultats" et surtout ne ferait plus payer pour ce "libre choix". La commune redoute la fermeture de classes, et d'abord si ses élèves d’Amiens se tournaient vers le privé, aujourd'hui obligatoirement financé par la commune de résidence. Cela signifie la fermeture de d’une ou deux classes dans le public. Imaginons avec cette aubaine de chèque éducation, le départ vers le privé de deux ou trois élèves. Cela ferait remonter, avec une fermeture, les classes de l’école publique à plus de trente.

 

Les inégalités et la ségréation sociale vont s'accroître, les communes rurales vont payer pour les villes, et la banlieue pour le centre ville où sont implantées les écoles privées. Les dépenses d'éducation vont considérablement augmenter, pour les communes. Un droit de tirage,sans autorisation préalable, sur le budget de la commune avec l'instauration de ce "chèque éducation" pour le privé désormais financé à guichets ouverts .

 

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