Les petits producteurs sont là
https://blogs.mediapart.fr/yves-guillerault/blog/270320/les-petits-producteurs-sont-la
(…) Bien d’autres initiatives sont initiées sur tout le territoire, faisant des circuits courts un lien humain contre le vent mauvais du coronavirus et une bouée de sauvetage pour les petits producteurs en vente directe privés de débouchés sur les marchés. Et contrairement à ce qui s’est passé sur les marchés dans les premiers jours du confinement, les circuits courts cités par Guilhem Cabanne, auxquels on peut ajouter les Amap (association pour le maintien d’une agriculture paysanne) sont aménagés pour assurer une sécurité maximum aux clients.
Alors n’hésitez pas à les solliciter pour commander ou initier vos propres circuits de distribution en contactant tous vos amis localement, même à distance. Les réseaux sociaux auront, dans cette optique, un bien meilleur goût !
Bastamag propose une carte nationale des circuits courts qui s’organisent sur le territoire national : https://www.bastamag.net/alimentation-agriculteurs-circuits-courts-amap-resilience-alternative-carte-gestes-barrieres-epidemie-coronavirus-covid19 et https://www.bastamag.net/Entraide-solidarite-covid19-ravitaillement-sdf-personnes-agees-hebergement
« L'objectif est d'inciter nos concitoyen.ne.s à s'approvisionner auprès des producteurs.trices locaux que ce soit par les marchés, les drives fermiers, la vente à la ferme, les magasins paysans ou la livraison à domicile. Il s'agit aussi de montrer aux élu.e.s des autres communes et aux services de l'État que le bon sens permet la mise en œuvre de mesures sanitaires tout à fait honorable », note Guilhem Cabanne, membre de la Confédération paysanne et solidaire du marché bio. (...)
Réapprendre le métier de paysan.
C’est une découverte étonnante pour l’agriculture et l’élevage en particulier, c’était hier soir sur France 3, dans l’émission « Pièces à conviction »1. (…)
De jeunes éleveurs y découvrent que la vache n’est biologiquement pas faite pour ingurgiter des quantités de soja OGM (voire de farines animales il n’y a pas si longtemps) ou des aliments industriels, mais qu’elle est un herbivore ruminant et qu’elle mange de préférence… de l’herbe. De plus, c’est bon pour la planète et avantageux économiquement selon les calculs même d'un converti récent.
C’est ironique et affligeant à la fois. Qu’un agriculteur du Nouveau Monde, compétent par ailleurs, vienne apprendre à de jeunes éleveurs français ce que leurs ancêtres pratiquaient il n’y a que quelques décennies, juste avant l’industrialisation outrancière de l’agriculture, donne une idée du degré de déviance de notre agriculture. Comment en est t’on arrivé là ?
L’émission a raison de s’intéresser à ceux qui veulent sortir de leur soumission au néo-libéralisme agricole car c’est la seule voie viable. Et ce n’est pas une nouveauté. Beaucoup ont déjà fait cette démarche, dès les années 1970, par réaction justement à cette force de domination qu'est le capitalisme, traduit dans la Politique agricole commune dès sa création. Cette dernière a favorisé l’inflation de la taille des « exploitations » et leur ultra spécialisation ; le gigantisme vorace des coopératives et la soumission à une industrie et une grande distribution, véritable oligarchie de cette branche stratégique du capitalisme mondialisé qu’est l’agro-alimentaire.
Et les nouveaux paysans, néo ruraux ou pas, ont dû, et doivent toujours, se battre face à l’agriculture industrielle et sa représentante, la FNSEA, pour exister. En lobby influent qui se respecte, cette dernière n’a cessé de railler ces paysans, leur indépendance et leurs méthodes alternatives qui ne collaient pas à la politique agricole massivement subventionnée des grandes cultures et des élevages hors-sol.2 Elle a organisé des campagnes de communication pendant longtemps pour décrédibiliser l’agriculture paysanne et BIO et aujourd’hui pour en récupérer l’image positive au profit d’une production industrielle sous couvert d’un label BIO européen dévalorisé ou d’une agriculture dite « raisonnée ». Sans doute par opposition à ses précédentes pratiques irraisonnées mais surtout sans contenu réel puisque sa consommation de pesticides a continué d’exploser.
Mais la nouvelle agriculture paysanne progresse malgré les difficultés. L’une d’elle est la rupture de la transmission du savoir et du lien à la terre, au terroir, avec les anciens. Les nouveaux paysans doivent donc souvent réinventer, ré-expérimenter, pour récupérer ce savoir ancien façonné sur des millénaires, ce qui n’empêche pas de progresser dans leurs pratiques en lien avec quelques scientifiques dédiés et de trop rares études expérimentales. Cette nouvelle/ancienne agriculture est aussi viable économiquement, surtout lorsqu’elle maîtrise le processus de la fourche à l’assiette. Des petites fermes font vivre leurs familles souvent bien mieux que de grands élevages endettés et ne maîtrisant pas leurs prix. Même des micro-fermes en maraîchage et/ou permaculture de moins de deux hectares, peuvent être viables dans ces conditions. A plus grande échelle, des coopératives, là aussi à taille humaine et éthique, voient le jour localement pour collecter des productions de qualité.3
Une performance ?
Dans l’agriculture industrielle, ce terme se traduit exclusivement en chiffres, en rendements, en courbes de prix sur le marché mondial, en contrainte techniciste du vivant, en travail hors-sol.
Dans l’agriculture paysanne, ce terme traduit un travail de précision en coopération avec le vivant, une capacité d’observation de son environnement et de ses animaux, enfin un lien humain tissé autour d’un fil vital : l’alimentation.
https://blogs.mediapart.fr/yves-guillerault/blog/260320/reapprendre-le-metier-de-paysan
Construisons dès maintenant le monde d’après
Pas de grands discours mais de l'action, de l'émancipation populaire pour faire face à une catastrophe amplifiée par la gestion néo-libérale d'un commun essentiel qu'est la santé pour tous et toutes.
Il faut immédiatement tisser des liens de solidarité populaire qui permettront, le drame passé, de faire face à la tutelle autoritaire d'un gouvernement néo-libéral qui tente de préserver à tous prix, comme en 2008, leur monde de domination.
Ces liens permettront ensuite, d'occuper l'espace politique et social pour proposer un autre monde désirable. Émancipons-nous, reprenons le pouvoir.
Alors, rendez-vous sur :
- Reporterre, Bastamag, Médiapart, Lundi Matin, Politis, Terrestres, Regards, Rapports de Force, Mouvements, Contretemps , pour le manifeste
- https://covid-entraide.fr/ pour entrer en action
- https://covidentraide.gogocarto.fr pour inscrire un groupe local
- https://covid-entraide.fr/signe-la-petition-pour-lentraide/ pour signer l'appel
Les objectifs de Covid-entraide :
- La diffusion d’infos vérifiées et sourcées.
- La participation à l’entraide et l’auto-organisation dans les immeubles, hameaux, rues, quartiers, villages, villes, départements, régions. Sur le terrain et en ligne.
- Le soutien conscient et précautionneux aux personnes les plus vulnérables face à la pandémie de Covid-19.
- Le soutien des soignant·e·s et de tous les services publics exsangues.
- Le soutien aux solidarités, à la résilience écologique et sociale et à l’autonomie alimentaire des territoires .
Tisser une toile commune face à la gestion gouvernementale pour se défendre de toute instrumentalisation autoritaire de la crise sanitaire et économique.