Michel Onfray s'égare .

M. Onfray est l’auteur d’une nouvelle traduction du Coran dont il estime la lecture indispensable. C’est ainsi qu’il en vient à apostropher M. Juppé « je trouve grave que vous n’ayez pas lu le Coran(…) Comment peut-on dire que l’Islam est compatible avec la République, si on n’a pas lu le Coran » A y réfléchir, d’aucuns concluraient : on le peut, et même on le doit

 M. Onfray est l’auteur d’une nouvelle traduction du Coran dont il estime la lecture indispensable.  C’est ainsi qu’il en vient à apostropher  M. Juppé «  je  trouve  grave  que  vous n’ayez pas lu le Coran(…) Comment peut-on dire que l’Islam est compatible avec la République, si on n’a pas lu le Coran » :cf. https://www.facebook.com/AlHusseini.Waleed/videos/1461653610529207/     

 A y réfléchir, d’aucuns concluraient plutôt : on le peut, et même on le doit. Et ce dans la mesure où  le référentiel à l’aune duquel se mesure cette compatibilité n’est pas le Coran  mais la loi de décembre 1905. Laïcité veut dire, exactement, séparation du pouvoir Spirituel et du pouvoir Temporel, ou plus clairement séparation des Eglises et de l’Etat. « Charbonnier est maître chez soi ». Les Eglises ne doivent pas se mêler de la gouvernance de l’Etat ni interférer avec ses lois ; l’Etat ne doit pas se mêler du spirituel - tant qu’il n’y a pas de trouble à l’ordre public - ni reconnaître aucune religion en particulier, mais doit veiller à la liberté des cultes et à l’égalité devant la loi  - c’est le corollaire de la constitution (art.1) et de la loi de décembre 1905(art.1).

 M. Onfray  ajoute : « Nombre de sourates montrent qu’il n’y a pas de compatibilité.  Une sourate qui vous explique qu’il faut égorger les juifs ; une sourate qui vous explique que la femme est inférieure (…) ».

 Pour ce qui est des juifs. La loyauté exige de situer la citation dans son contexte.  Ce qui compte, ce n’est pas ce qui a été dit, ponctuellement, à l’époque  Koreïch ou lors de la fuite vers Médine- période durant laquelle l’Islam naissant, persécuté, était sur la défensive. Ce qui compte, c’est ce qui a été dit - et surtout fait - quand l’Islam a eu « pignon sur rue ». C’est ce que doit retenir un réquisitoire équitable. Il ne viendrait à l’idée de personne de juger le Christianisme des catacombes, n’est-ce pas ?

 Il faut comparer les contemporains aux contemporains, et le symbole au symbole .Et, à ce jeu des comparaisons circonstanciées, l’Islam s’en sort plutôt honorablement .Observons les situations du  7ième siècle au 14ième : la liberté de culte pour les chrétiens, les juifs et les bahis, en terre d’Islam ; les persécutions religieuses et la prolifération des bûchers de l’intolérance religieuse, en Europe. Ainsi donc,  pour être juste, vous auriez pu donner un grand coup de balai dans les encombrants vestiges qui s’entassent sur le seuil de notre mémoire collective : ceux de notre Torquemada, de notre Bernard de Clervaux, de  notre St-Dominique, de notre Savonarole, et  même ceux de notre immense Saint-Augustin et sa guerre, soi-disant sainte. Et, ne serait-ce que par souci d’œcuménisme, vous auriez pu  citer  aussi «  le crâne de l’enfant de Mésopotamie fracassé sur le rocher » et tous les raffinements de ce genre dont la Thora est émaillée. Pendant que vous étiez encore chaud, sur votre élan, que n’eussiez–vous esquissé un petit crochet par les « exploits »  d’Hitler, de Staline, de Mao-Tsé-Toung et du CENTCOM de notre « bon maître » du moment. Et, puisque manifestement vous ne manquez pas de souffle, que n’eussiez-vous fait un détour par le colonialisme de l’Espagne, des Pays-Bas, du Portugal, de l’Angleterre et de la France, qui ont montré, dans la durée, qu’ils ne manquaient ni d’expertise ni d’efficacité en la matière – mais, c’est vrai, c’était aux colonies : cela ne compte pas !

 Non ! Rendons-nous  à l’évidence : ce n’est pas l’horreur qui manque à l’histoire des hommes  et pas seulement à la religieuse.

 Par ailleurs, en quoi  l’enfant musulman, rivé à sa télévision et en butte, depuis le berceau, aux crachats et à l’insulte à la religion de ses parents serait-il responsable, aujourd’hui, des éventuels égarements de l’Islam balbutiant de 632 ? Sans être un aigle de la pensée, à tout un chacun  de conclure : il restera toujours musulman, avec juste un peu plus de  colère à chaque fois- colère qu’il aura tout le temps de   recuire.  Est-ce là le meilleur moyen de faire de cet enfant  le citoyen de demain ?

 Quant à ce qui est de « l’infériorité des femmes ». Pourquoi attendre de l’Islam une autre pratique que celles des autres sociétés patriarcales de son temps ? Rappelons que Judaïsme, Christianisme et Islam sont socialement et culturellement de la même extraction .L’Islam se voulant sceau du message divin s’est glissé, insolemment, entre ses deux aînés, revendiquant  les mêmes apôtres et portant l’outrecuidance jusqu’à se réclamer d’Abraham, Moïse, Jésus et Marie, eux-mêmes. Il est venu prendre une part de marché sans demander la permission ; et effectivement, il a pris une partie de  la « crèmerie », le beurre et  la crémière. Alors, forcément, il n’est pas le bienvenu.   

 Le voile de Fatima -héritage de la tradition abrahamique- c’est celui  de Marie et de Sarah – pour ces deux dernières  préconisé, respectivement  par l’épître aux Corinthiens et par l’exode. Remarquons – et cela ne manque pas de piquant -  qu’aucun des principaux livres de l’Islam ne mentionne le voile ; l’Aoura – prescription  relative à la pudeur pour laquelle  les tenues minimales sont celles de la femme et de l’homme, lors des moissons, en pleine chaleur (de l’été, bien sûr !!!)  - n’est abordée que dans la Sira et relève donc plus de la coutume que de la religion. En toute logique, donc, ce qui a été facile pour les chrétiennes et les juives devrait l’être encore plus pour les musulmanes.

 Dans cette perspective, Il faudrait  juste que nous cessions les vexations, la morgue et le mépris gratuit, contreproductifs car sources de crispation.

 De plus, il n’y a franchement pas de quoi se rengorger : notre jet ne porte pas si loin que ça. Le droit de vote des Françaises ne date que de 1945, et le virage significatif de la libération des femmes  a pour point d’inflexion mai 1968.

 1975/79, est la période qui a vu la guerre civile éclater au Liban- polarisant les clans religieux-la chute du gouvernement communiste d’Afghanistan, le déclenchement de la Révolution Iranienne et ses retombées, la mutation du Pakistan démocratique d’Ali Butho en Pakistan Islamiste de Zia-Ul-Haq. La situation des femmes musulmanes n’a cessé de se dégrader depuis : recul en Egypte, en Tunisie, au Liban, en Algérie, en Afghanistan.

A qui la faute demanderait-on ? A l’Islam, vous diraient en choeur les uns et les autres.

 Pourtant, ceux qui ont eu à servir dans la coopération durant les années 70 pourraient témoigner que, contrairement à un Valls  fébrile , congestionné ,s’énervant  des soubresauts des burkinis de  ces dames, l’Islam d’hier  n’a fait qu’effleurer - pour ainsi dire , du bout des yeux  -  ceux de la  minijupe qui  brassait, à sa traîne, les nuées ardentes des avenues, en apnées à l’unisson, d’Alger et d’ailleurs ;  l’Islam n’a pas imposé, non plus, le voile dans les rues de Tunis, d’Alexandrie et de Beyrouth . Mieux, les pères interdisaient à leurs adolescentes de sortir en a’adjar, ou haïek, visage et formes occultés, car, estimaient-ils, elles auraient pu rencontrer, ainsi, qui elles voulaient, incognito,  et se mettre en danger, physique et social : ils n’avaient pas toujours tort. De même, l’Islam d’aujourd’hui ne brime ni les femmes d’Indonésie ni celles de Malaisie ni celles des ex-républiques soviétiques.

 Donc ceux qui concluent hâtivement à la culpabilité de l’Islam sont, pour le moins,  injustes.

 Nota .Expliciter clairement  et honnêtement les raisons  de ce repli et de cette crispation lèverait ,en même temps, le voile  sur les dynamiques de prédation déployées par les uns et les autres .Mais, c’est vrai, M. Valls a dit « Chercher à comprendre c’est excuser ». Que s’entrechoquent, donc,  les ignorances et tant pis pour l’innocence. Quoi qu’il en soit, quand la discorde s’installe, ce sont toujours les plus faibles « qui trinquent » : c’est vrai à l’échelle de la famille, du pays ou de l’humanité.

 M. Onfray  déclare : « Il y a au moins 2 Islams ». Non ! Cette dichotomie oppose l’Islam de France aux sicaires salafistes. L’Islam est, au moins, aussi multiple que le christianisme dans ses obédiences et chacune a sa charia : Cf. https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/270916/de-la-soi-disant-unicite-de-la-sharia-et-du-pseudo-monolithique-islam

M. Onfray déroule sa pensée : « il y a un Islam  qui considère qu’on peut prélever dans le Coran cette  phrase qui consiste à dire «  pas de contrainte en religion » ».

 En droit, un article ayant trait au même contenu que celui d’un article précédent rend  ce dernier   caduque et ce, afin que la loi demeure  d’interprétation stricte et ne donne  prise à aucune équivoque.De même, dans l’Islam, une sourate traitant du même sujet, venue après une première - quelle que soit la teneur de celle-ci – rend cette dernière caduque. Car le contraire aurait pour résultat de confiner le culte dans des boucles de logique et de perturber grandement sa réception : tous les cultes qui se sont fait prendre dans de tels tourbillons ont mal fini.

 Aussi, «  pas de contrainte en religion » est la règle dans toutes les obédiences de l’Islam  sauf  pour la secte wahhabite, salafiste, d’Arabie Saoudite,  la révolution Iranienne, l’Afghanistan, les principautés du golfe persique (soit : moins de 10 % des musulmans du monde).

 M. Onfray ajoute  «  Si on veut que la République soit compatible avec l’Islam et l’Islam avec la République, il faut  faire un travail qui consiste à dire : quel prélèvement faites-vous dans le Coran ,le prélèvement majoritaire qui fait qu’on a des musulmans qui sont en intelligence avec la République ou le prélèvement minoritaire ? Et, jouer la majorité contre la minorité en disant : aidez-nous pour la République (…)

 M. Onfray nous rejoue la querelle Mencheviks versus Bolchevicks. Pourquoi la République se compromettrait-elle  en se mêlant de telles considérations ? La République est une et indivisible .Sa loi n’est pas un menu dans lequel chacun vient puiser ce qui lui agrée ; elle doit s’appliquer de manière égale  à tous les citoyens croyants, agnostiques, athées et de tous les sexes. L’équation, née de la loi de décembre 1905, qui se pose à elle  est la suivante : ne rien prélever dans le Coran, ni dans l’évangile ni dans la Thora, ni dans l’opinion de tel groupe de pression ou tel autre  et, en même temps  les mettre sur un même pied  d’égalité, en droit et en devoir, tous. Les articles 25, 26, 27, 28,29, 31, 32, 33, 34,35 et 36  de la loi de décembre 1905, confèrent à l’Etat la responsabilité du maintien de l’ordre public, y compris à l’intérieur des églises, des temples, des synagogues et des mosquées.

 Ces derniers, précisons-le bien, demeurent des lieux publics  - du fait de l’article 25.  Car toute religion porte en elle un germe potentiel, non négligeable, de troubles à l’ordre public : elle ne peut, de ce fait,  être une affaire privée et  doit demeurer au sein de la société, au grand jour, et sous la surveillance de l’Etat, sinon du citoyen.

 L’Islam de France est dans sa majorité malékite - donc sans clergé. Si les oulémas censés veiller à l’intégrité du Fiqh malékite sont cooptés, les imams doivent normalement être élus par les fidèles et leurs prérogatives se limitent à la conduite des différents types de prières .En conséquence, les imams autoproclamés sont autant d’aberrations et relèvent de la police des cultes : les associations cultuelles concernées demeurent  justiciables  et partant, responsables  devant la société.

 Le Malékisme est donc une obédience égalitariste. Dès lors, pourquoi voulez-vous que la minorité prime sur la majorité ? Dire avec  M. Onfray que 99 % des adeptes de l’Islam de France vivent  en intelligence avec la République  revient à dire en toute légitimité, équité et simplicité : l’Islam de France vit en intelligence avec la République.

 L’absence de clergé rend difficile le dialogue de l’Islam de France  avec sa société et avec l’Etat. En outre, l’immixtion - pas toujours bien intentionnée – de telles forces ou telles autres, endogènes et exogènes, dans les débats, brouille la situation tant et plus, suscite l’incompréhension et à terme la peur et le rejet.

 L’Etat – garant de l’ordre public- a entrepris, par la force des choses, de promouvoir un organisme «  courroie de transmission », entre l’Islam de France et lui-même .Ce faisant, il s’inspire de la démarche volontariste de Napoléon, au début du 19ième siècle, consistant à imposer la création des consistoires  protestant et juif, après avoir imposé le Concordat et ses articles organiques à l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine.https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/071016/une-pagnolade-0

 La tentative en cours peut marcher. La nomination de M. Chevènement -  qu’on ne pourrait soupçonner de zèle salafiste – est doublement salutaire .D’une part, elle coupe court à toutes les divagations particularistes de nos amis laïcistes, consistant à voir le loup islamiste dans toutes les bergeries et  à le crier sur toute la gamme. D’autre part,  elle  sectionne les jarrets des forces centrifuges- agissant à l’intérieur même de l’Islam de France - qui ont rendu vains bien des efforts, ces dernières années.

 Pour ce qui est de ce dernier point. Il y a des places à prendre ; les écuries se positionnent ; les candidats hennissent, se cabrent  sur la ligne de départ et s’entre distribuent des coups de dents à l’occasion. Il n’y  a, donc, rien de nouveau  sous les cieux : le monde fait son tour de piste.

 Comme le montre Emmanuel Todd dans son dernier ouvrage, les adeptes de l’Islam de France sont victimes d’ostracisme et  constituent la partie la plus faible, socialement, de notre pays. Cette faiblesse est accentuée par leur propension à l’abstention lors des élections .Ce qui se veut de la retenue, châtre, en réalité,  leur citoyenneté ; les  politiques en ont  pris acte et considèrent cette citoyenneté-là comme stérile, donc négligeable parce qu’elle ne constitue pas un lancinant rappel, une sorte d’épée de Damoclès, au-dessus de leur réélection.

 M. Onfray part à l’assaut de l’opinion ; celle qui, par son  « matraquage médiatique »  facilitera la vente de  sa littérature. D’où le  sacrifice au rituel laïciste qui assouplit l’échine et fait la renommée facile : la torchée préalable des chaussures sur la dignité du musulman. Bref, il est en service obligatoire. Service minimum, certes, mais suffisant pour interposer la gêne entre un homme et son image dans le miroir ; cette même gêne qui meurtrissait le cœur et l’esprit de l’adolescent que je fus, contraint  par la force des choses – qu’il savait foncièrement injustes- d’immoler l’innocence au nom  de la phratrie , par peur de l’exclusion, ou par peur tout court.

  Les laïcistes ont «  l’art universel d’enchanter l’esprit par des arguments » (Phèdre 261) ; lequel art n’a rien à voir avec la vérité, car les opinions- changeantes par essence- en sont le but. En effet «  c’est des opinions que procède la persuasion, mais non point de la vérité » (Phèdre 260).

 Hannah Arendt fait remarquer (origines du totalitarisme, p.29) que: « La différence la plus frappante entre les sophistes antiques et les sophistes modernes est que les anciens se contentaient d’une victoire fugitive dans la discussion, aux dépens de la vérité, tandis que les modernes veulent une victoire plus durable, aux dépens de la réalité. En d’autres termes, les premiers détruisaient la dignité de la pensée humaine, tandis que les seconds détruisent la dignité de l’action humaine. Dans l’antiquité, les manipulateurs de la logique embarrassaient le philosophe, tandis que les manipulateurs de faits, à notre époque, gênent l’historien. Car l’histoire elle-même est détruite, et sa compréhension (…) est en danger si les faits ne sont plus regardés comme des composants et des parcelles du monde passé et présent, mais sont utilisés à tort afin de prouver telle ou telle opinion ».

 La dynamique coupable impulsée, il y a 30 ans déjà, pour asseoir l’opinion laïciste, ne procède pas autrement. Elle coalise  leurs efforts pour la défense d’intérêts particularistes - athéisme, féminisme, sionisme, gays et lesbiens, extrême droite, des Rastignac de la littérature et du  journalisme. Ces intérêts s’entre potentialisent et entrent en résonnance, sous forme de fièvre médiatique sporadique, hystérique et délétère,  contre le même  bouc-émissaire : avant-hier le tronc de figuier, hier, le crouille, et aujourd’hui, le musulman ; mais c’est le même, seules les nuances du vernis changent au gré des convocations de l’histoire.

 Exploitant la  veine « Islamisme » ad nauseam, la rhétorique laïciste, débridée, excise une phrase ici, interpole une autre là, occulte des pans entiers de nos lois et de notre histoire,  interpose entre le citoyen et la laïcité -telle que matérialisée par la loi de décembre 1905- des arguments développés par Emile Combes,  il y a 110 ans,   puisés dans un décret abrogé, il y  a 225 ans. https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/011016/lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique

 Un honnête mensonge, qui se veut « de la belle ouvrage », doit instiller, à l’instar de la chimie, une dose de soluté « vrai » dans une solution de «faux », professait le cynisme de Goebbels, «  pape » de la désinformation. Les laïcistes, nos contemporains, ont compris la leçon .A ceci près que Goebbels, lui, a menti pour que prospère sa foi : l’Hitlérisme ; les laïcistes, ces inconscients,   donnent des arguments au FN , taillent une panoplie de Jeanne d’Arc de la laïcité à Mme Le Pen , morcèlent le corps social après avoir  semé  la discorde à longueur de longueurs d’ondes depuis 30 ans et canalisent enfin  les citoyens en proie à la peur ou à la colère , ou aux deux à la fois , vers les rangs du FN .Quel talent !

                                                                                                                                  Belab

 

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