Melle Caroline Fourest , égérie du mouvement "Gay et lesbien"

Il n’y a que Melle Fourest pour ignorer que la liberté des uns ne doit pas empiéter sur la liberté des autres. Et ce, d’autant mieux que liberté d’opinion et liberté religieuse sont toutes deux inscrites dans le marbre Constitutionnel et la loi de décembre 1905 ; le strict équilibre, entre elles deux, est proclamé explicitement par l’article 1 de la Constitution .

 

J’ai connu Melle Fourest du temps où elle présidait le mouvement  gays et lesbiennes. J’ai admiré sa verve juvénile, sa passion, sa fougue. La justesse de son combat pour le droit des homosexuels  était, alors, indubitable. Le combat qu’elle mène aujourd’hui - toujours aussi partisan- est  radicalement anti républicain, antilaïque, antidémocratique et dangereux pour la paix civile.

 Melle Caroline Fourest vient de faire paraître un livre intitulé « Génie de la laïcité », en toute simplicité,  comme d’aucun titrait « Génie du Christianisme ».

 Au profit de sa cause, Melle Fourest  interpose les victimes de  Charlie Hebdo, comme le  religieux progresse derrière les  effigies ou les reliques de saints. Le sang de ces «  martyrs »  tracerait, selon elle, la ligne de partage des eaux : d’un côté le monde des  défenseurs de la  laïcité, et de l’autre, le monde des Islamistes, des mous  permissifs, des traîtres.

 Un exemple. Prenant prétexte du livre « intégrisme Républicain contre la laïcité », Melle Fourest s’en prend  violemment à son auteur, jean Baubérot ; page 240, ligne 3 : « très critique envers Charlie Hebdo, il  (Jean Baubérot) reproche à l’hebdomadaire de mélanger la laïcité et la « dénonciation de la religion ». En réalité c’est lui qui mélange tout. Puisque Charlie Hebdo critique la religion au titre de la liberté d’opinion et défend la laïcité  comme principe d’organisation (sic !)  ».

 Il n’y a que Melle Fourest pour ignorer que la liberté des uns ne doit pas empiéter sur la liberté des autres. Et ce, d’autant mieux que  liberté d’opinion et liberté religieuse sont toutes deux inscrites dans le marbre Constitutionnel et la loi de décembre 1905 ; le strict équilibre, entre elles deux,  est proclamé explicitement par l’article 1 de la Constitution : «  La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ». https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006071194

 Melle Caroline Fourest, titre «  la laïcité n’est pas un glaive, mais un bouclier ». Mais - comme chacun peut le constater-  elle ne cesse de pourfendre et  de lacérer ; ses armes sont l’intolérance,  l’accusation, la diffamation et  la vexation. A l’évidence, elle signe un ouvrage  non pas de défense mais d’attaque tous azimuts.

 De la page 7 à la page 67, Melle Fourest chauffe à blanc le lecteur  en jouant sur la peur. Elle commence par écrire «  la laïcité » -  principe  français par définition selon elle – mais  dès la 6ième ligne elle enfourche  l’Islamisme, un problème mondial. L’instrumentalisation de ce fléau, chacun l’aurait compris, n’est là que pour enfermer la laïcité  dans une restriction qui permet à l’auteure de développer sa lutte - toute partisane- sous l’uniforme de l’Universel et d’asseoir l’affirmation  selon laquelle la «  monstruosité théocratique (de l’islamisme) nous rappelle l’ardente nécessité de séparer le temporel du sacré ».

 Ce télescopage spécieux, sophiste, force  l’équivalence logique : « Séparer le Temporel du sacré » = Séparation du pouvoir Temporel et du pouvoir  Spirituel = «  séparation de l’église et de l’état »  =  laïcité.

 C’est malhonnête. Les Islamismes ne sont pas des religions mais des politiques instrumentalisant les religions. En la matière, il ne peut être question que  d’un  et un seul pouvoir : le pouvoir temporel avec, pour otage, la religion. La laïcité- la loi de décembre 1905 - n’est, dès lors,  aucunement interpelée comme telle. L’intégrisme zélé et le terrorisme aveugle relèvent d’autres lois ; l’arsenal  judiciaire de la République  n’est en rien dépourvu en l’espèce.

 Les politiques instrumentalisant la religion , ces dernières années ,sont nombreuses .Il y a eu ,d’abord, en 1979 , celle de la révolution iranienne  puis celle du régime pakistanais de Zia-Ul-Hak qui  proclama l’Etat islamique  et se rendit indispensable  à  la résistance afghane qu’il mit aussitôt au service de la  Doctrine Carter et de la sienne  propre  -  d’où les « yeux de Chimène » des USA  qui , le cœur débordant d’amour ,  lui greffèrent aussitôt un hymen flambant neuf et lui pardonnèrent le coup d’état contre Ali Butho , démocratiquement élu : « kiss me ,you fool ! » . Rappelons que la Doctrine Carter, par le biais du CENTCOM, s’évertuait, alors, à endiguer l’avancée soviétique vers le  « pré carré » américain  du grand moyen orient pétrolifère. Il y a eu, ensuite, surtout à partir de1982,  la politique du  FIS  algérien déployée progressivement  au cours de son ascension vers la victoire aux législatives. Il y a, aujourd’hui,   celle de  l’Arabie Saoudite à deux objectifs : répondre au besoin du CENTCOM – assurant la défense du Royaume, poule aux œufs d’or –  et, œuvrer dans l’intérêt bien compris du wahhabisme, salafisme prosélyte au messianisme agressif. (Voir : https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/270916/de-la-soi-disant-unicite-de-la-sharia-et-du-pseudo-monolithique-islam    ). Il y a enfin, DAESH, qui n’est ni  un état, ni une religion. C’est le résidu de l’armée Baasiste irakienne – hier encore farouchement laïque -  renvoyée violemment à son obédience religieuse originelle , et des tribus orphelines du clientélisme de Saddam Hussein. Les USA  verrouillèrent  l’Irak utile- pétrolier-  et confièrent  la clé aux seuls Shiites et Kurdes («  souviens-toi de qui t’a fait roi !») .Ils condamnèrent  ainsi les laissés- pour-compte de la destruction de l’Etat Irakien à la «  portion congrue » de leur sunnisme et à la misère (l’Irak des années 1970 avait un niveau de vie qui n’avait rien à envier au nôtre). Ceux-ci  ont entrepris de se tailler un fief - plus comme l’Ile de la Tortue, avant-hier, que comme la vertueuse et démocratique Norvège d’aujourd’hui.

 Aussi, pointer un doigt accusateur sur l’Islam en général - ou seulement sur l’obédience embourbée dans  ce cloaque- est injuste.

 Exploitant la  veine « Islamisme » - désormais aurifère, comme chacun ne l’ignore plus -   Melle Fourest écrit :  « Héritiers de Briand , Buisson  et  de  Jaurès, ils  assument  le  combat  anticlérical  qu’il  a  fallu  mener  et  qu’il  faut parfois reprendre pour préserver la séparation . Ce combat suppose une vigilance de tous les instants envers le cléricalisme et son nouveau visage intégriste, que le danger vienne de la religion majoritaire ou de la religion minoritaire, sans discrimination (…) »  

 Constatons que Melle  Fourest se livre à un véritable hold-up sur la mémoire d’Aristide Briand, de Jean Jaurès et de Ferdinand Buisson afin d’en parer, illégitimement, le combat des laïcistes, nos contemporains.   

Aristide Briand et Jean Jaurès étaient deux parlementaires modérés, c’est pourquoi  la majorité  républicaine leur a confié le soin d’élaborer un projet de loi sur la séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel et qu’on appelle aujourd’hui laïcité. Ce projet de loi modéré a  été voté à la majorité : c’est la loi de décembre 1905. Quant à Ferdinand Buisson , laissons-le exprimer lui-même sa vision de la laïcité  Cf. lien ci-dessous .

La  minorité  battue, conduite par Emile Combes et d’autres ténors , proposait , elle, un projet de laïcité dite de combat et se référait au décret du  21 février 1795 , ( voir : Jean Tulard , les Thermidoriens , page107https://books.google.fr/books?id=AmeoiiSU63gC&lpg=PA108&dq=decret%20du%201795%20%2C%20Eglise&hl=fr&pg=PA107#v=onepage&q=decret%20du%201795%20,%20Eglise&f=false  .

Ce sont les arguments   développés par Emile Combes-  il y a 110 ans -  puisés dans un décret abrogé- il y  a 225 ans- que nos laïcistes effrénés du moment interposent entre le citoyen et la laïcité telle que matérialisée par la loi de décembre 1905. Quelle légitimité ces arguments, puisés dans un décret abrogé, pourraient-ils avoir en face de la loi de décembre 1905 - qui, elle, est toujours en vigueur - si ce n’est celle de semer les graines de la discorde ?https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/011016/lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique

 En 1906, Aristide Briand est devenu ministre pour mettre en place la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Des troubles à l’ordre public ont éclaté, lors des inventaires (cf. billet : https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/111016/1906-laborieuse-mise-en-application-de-la-loi-de-decembre-1905-les-inventaires  ) Conciliant, il  a préféré suspendre ces derniers. Ils n’ont jamais été repris. 

Ferdinand Buisson  a, certes,  été l’un des plus acharnés pour que se réalise  la séparation du spirituel et du temporel .Mais , une fois la séparation de ces deux pouvoirs devenue effective, il s’était retiré des affaires dans un premier temps puis , dans un second temps ,  il joua la carte de la réconciliation ( voir son discours aux instituteurs, en 1909  : https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/281016/une-histoire-de-manuels-scolaires )

 Pour les besoins de la cause, Melle Fourest porte l’audace jusqu’à frelater un grand classique. C’est ainsi qu’au lieu de  «  le cléricalisme, voilà l’ennemi » elle met dans la bouche de Gambetta  «  l’intégrisme, voilà l’ennemi ». Goebbels, aussi, procédait par excision et interpolation. A la guerre comme à la guerre, n’est-ce pas, Melle Fourest ?

 Pour convaincre  les  plus  sceptiques, observons  Melle  Fourest  dans  un  exercice de distorsion de la réalité et ce, dans le but d’établir un rapport, des  plus  approximatifs , qui  lui  permettrait  «d’amener de l’eau au moulin » de son véritable combat  qu’elle  livre sous couvert de laïcité.

 Rappelons que la Constitution  d’un Etat endigue , censure, sanctionne, réajuste ;  bref ,elle  est  à  la base  du Droit  et  garante  du  bon fonctionnement du législatif et de l’exécutif.

 Considérons le « Bill of Right » des USA (Constitution des USA)   : https://www.law.cornell.edu/constitution/first_amendment     traduction sur      https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_des_Droits_(%C3%89tats-Unis) : « Le Congrès ne  fera  aucune  loi  accordant une  préférence  à une  religion ou en interdisant  le  libre exercice, restreignant la liberté d'expression, la liberté de la presse ou  le droit  des  citoyens  de  se  réunir  pacifiquement  et  d'adresser  à  l'État  des  pétitions  pour obtenir réparation de torts subis. »

 Observons la Constitution Française de 1958 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006071194   Article 1 : La  France est  une  République  indivisible, laïque, démocratique  et  sociale. Elle assure l'égalité  devant  la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

 Remplaçons le mot « laïque » par sa définition donnée par l’article 1 de la loi de décembre 1905 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070169&dateTexte=20080306« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public ».

 Nous obtenons : La France  est  une  République  indivisible, démocratique et sociale, (elle) assure la liberté  de conscience. Elle  garantit  le libre  exercice  des  cultes  sous  les seules restrictions édictées ci-après  dans  l'intérêt  de  l'ordre  public. Elle  assure  l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

 Constat : les Constitutions américaine et française  sont identiques dans leur article premier respectif.

 Malgré  cela , Melle  Fourest ose  écrire , page 76 , ligne 18  , prenant  prétexte , entre  autres  de la loi française  sur les  signes  religieux  à  l’école  établie , selon   elle , « pour protéger l’égalité et   la liberté de  conscience, mais que le Département d’État américain, une bonne partie des médias et de  l’opinion  perçoivent  comme    violant   la « liberté religieuse » , l’alpha  et  l’oméga  du modèle américain. »

 1) Constatons  que  liberté  de  conscience  à  l’école  fait rire – du moins, les élèves Toto et Jibus. Non ! Il n’a  été  question  que  de  la  sécurité des enfants dans   la  loi   de 2004. Comme   l’écrit   Jean Baubérot, c’est  une  exception  à  la  règle de la laïcité, une restriction volontariste qui soustrait l’école  à l’ambiance délétère du  moment. Cette loi de 2004  est un « pompage » intégral  des circulaires Jean Zay , 1936  et  1937, vous  dirait  le  vétéran de  l’école  communale  que  je  suis. Cette  loi  n’était  pas  nécessaire: les deux circulaires Jean Zay, en leur temps, avaient rempli  le rôle  qu’on attendait d’elles ; il  suffisait de les réactiver. Mais, nos Lucky-luke du légiféré express, dans   un  souci  de  dramatisation   électoraliste , ont  préféré  une  loi  qui  aussitôt  baptisa « laïcité  à  l’école » ces  2 pauvres  circulaires «  marche  droit  ou  je  te  chauffe les oreilles !» qui  ne demandaient pas tant d’honneur.

 2)  Ôtons , un instant , «  la poutre » de notre  œil et  prenant  acte  du  fait que  si  l’article  premier de la Constitution  américaine et celui de la française - portant sur  le  même  sujet - sont   identiques , en  tous  points,  ce  qui  est «l’alpha  et  l’oméga  du modèle» de  l’une  devrait  – en toute logique -   être «l’alpha  et  l’oméga  du modèle»  de  l’autre, n’est-ce pas?

 Pas  pour  Melle  Fourest  et  ses  amis laïcistes, qui savent être sourds et aveugles quand leurs causes particularistes l’exigent.

 La  différence  entre   les   République   américaine  et   française  est   culturelle. L’une  a  poussé  sur  un terreau protestant, l’autre sur un catholique; l’une a un fond anglo-saxon, l’autre latin; l’une a pour  origine  l’expulsion  d’une  occupation  étrangère , l’autre  la  discorde et les horreurs de 1793.  Aucun contentieux sérieux n’oppose la première au protestantisme   – mieux, ce  dernier participe  du mythe  fondateur et partage l’aura de ceux qui ont porté la  République américaine sur les  fonts   baptismaux.   La deuxième n’a pu se faire  une  place  qu’en  démêlant  « le tien du mien » dans  une  lutte  acharnée  contre l’Eglise Catholique Apostolique  et   Romaine -  Rappelons  que  le  Vatican n’a reconnu la 3ème République, et sa laïcité, qu’en 1920 ; soit 40 ans après sa création.

 Alors, forcément,  le   rapport  des  Américains  à  la  religion  est  moins hystérisé.  Cette   différence -purement culturelle - entre les deux républiques a permis à Melle Fourest le tour de force  d’écrire  42 pages de babillage franchouillard.

 En  1996, Melle  Caroline  Fourest  et  sa  compagne  de  PACS, Fiammetta  Venner- collaboratrices  de  Charlie Hebdo, toutes deux - avaient  claqué  la porte  du  journal  satirique  , choquées  par  un  article  homophobe  de Siné. Le  lecteur de  conclure : tout de même, je savais bien moi qu’il y a des limites à la liberté de conscience et la liberté de la presse ! C’est mal connaître le cœur des Hommes.

 Melle  Caroline  Fourest  revint  à  ce  journal  de  2005 à 2009 . En  février  2006,  Melle  Fourest ,  M. Philippe Val, de Charlie Hebdo, et le directeur de la rédaction de France Soir - journal  déjà  agonisant-  furent  parmi les plus ardents à  plaider  en  faveur  de  la  publication  des caricatures  de  Mahomet, parues dans un journal danois,  JYLLANDS-POSTEN,  le 30 septembre 2005.

 Le mercredi 8 février 2006,   CHARLIE HEBDO  publiait  un  “NUMERO SPECIAL” (n° 712), consacré  aux caricatures de Mahomet. Page 4, sous le titre «TOUT CE FOIN POUR DOUZE DESSINS ! », Melle Fourest écrivait  : « Les  journaux  qui  ont  osé  publier  les  caricatures  de  Mahomet  se  voient  menacés   de représailles, tout comme les Etats ou leurs ressortissants considérés comme  complices  du  blasphème. Face  à  cette  déferlante  de  violence , Charlie  tente  d’analyser  la  polémique  et  ses  conséquences.  Histoire de montrer que la  liberté d’expression doit être plus forte  que l’intimidation ». Elle  expliquait  que « comme d'autres journaux  français  et  européens ,( CharlieHebdo )  avait  décidé  de publier  ces  dessins. Par solidarité. Pour  montrer  que  l'Europe  n'est  pas  un  espace     le  respect  des  religions  prime  sur  la  liberté d’expression. Parce que la provocation et l’irrévérence sont des armes pour faire reculer l'intimidation de l'esprit critique dont se nourrit l'obscurantisme ».

 (Remarque : il y eut 4 mois entre les publications  danoises  et  françaises de  ces caricatures. Au cours de  ce  laps  de temps, l’Egypte  se  rendit  compte  du  fait  que  sa  représentante au  Danemark  était  tombée dans un piège: au moins 3 caricatures supplémentaires avaient été ajoutées aux douze  titrées par Melle Fourest et  ce furent celles-là qui - particulièrement  insultantes  et  voulues  comme  telles -   mirent  le  « feu aux poudres ».Qui avait  intérêt à intoxiquer et mystifier  ainsi  Mme l’Ambassadrice ?  Palliant  au  plus  pressé, l’Egypte remplaça cette  dernière rapidement  et  son  successeur  entreprit d’aplanir  la  situation. Le  Danemark, navré  de  l’état  des  lieux,  ne  fut  pas en reste.  Bref, l’incident  était  clos. Nous  pouvons  donc  affirmer que  le 8 février 2006, France soir  et  Charlie Hebdo avaient  relancé l’affaire , portant , cette  fois-ci , l’ire  des  musulmans du monde entier -toutes composantes confondues-  à son paroxysme . Je  laisse  le  lecteur  méditer  sur  la  présente parenthèse …)

 Reprenons  notre  fil  conducteur  et  constatons  que  , pour  Melle  Fourest , toutes  les « libertés   de conscience et d’expression» ne se valent pas: il y a deux poids et deux mesures. En 1996, elle ne tolère pas un article homophobe de Siné  et  pour  faire  entendre son désaccord, claque la  porte du journal . La provocation et l’irrévérence, dans ce cas de figure,étaient donc inacceptables. En 2006, elle estime,  au  contraire, que la  religion  ne  doit  pas  primer  sur  la  liberté  d’expression  et  que  la   provocation   et l’irrévérence  sont  des  armes  pour  faire  reculer  l'intimidation  de  l'esprit  critique  dont se nourrit l'obscurantisme ». Melle Fourest  nous  invente  la liberté d’expression girouette qui tourne avec le vent de sa cause  de prédilection.

 Le  dernier  tiers  de  son  ouvrage,  Melle  Fourest  le  consacre  à  ses  règlements  de  compte . Même   des personnalités et les associations, respectables, soucieuses de la démocratie  et  du vivre ensemble, ne sont pas épargnées. Ce faisant, Melle Fourest pousse la  calomnie  et  la  diffamation  jusqu’à  ternir l’honneur de ceux qui , de  tout  temps, ont  œuvré  pour  les  causes  féministe  ,  homosexuelle et des minorités . Il  serait vain de rechercher la reconnaissance.

 Et, si on sortait de ce cercle - aussi vicieux qu’infernal - dans lequel chacun, campé sur la barricade de son insurrection, autiste à sa façon, proclame sa précellence en matière de laïcité ?

 Quand on en arrive là, il faut faire table rase des polémiques – meurtrières pour le coup – et revenir aux lois de la république et à sa Constitution et tenir fermement la rampe. Rappelons que la Constitution est le crible législatif par le biais duquel doivent – impérativement – percoler toutes les lois d’un Etat. Rappelons, également, que toute loi est d’interprétation stricte, ce n’est pas un menu dans lequel chacun vient piocher ce qui lui agrée : ajouter ou soustraire un mot à une loi revient à  la dénaturer. Arrêtons de  tripoter  la loi de décembre 1905.

                                                                                                                                  Belab

 

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