Hebdo du Club: des premiers billets qui décoiffent!

Cette semaine, nous vous proposons de faire un zoom sur les billets des nouveaux blogueurs du Club : droit des victimes des attentats, lettre d’une Beurette, Fillon et la colonisation, expositions sur François Maspero et réflexion sur “la communauté asiatique”. Bienvenue à eux !

Place aux nouveaux et au vent frais ! Cette semaine, je vous propose de nous pencher sur les billets des nouveaux blogueurs qui ont rejoint le Club. Les sujets abordés, le ton, l'intérêt suscité, petit tour des petits nouveaux qui se sont fait remarquer.

  • Victimes des attentats, de la compassion, peu de droits

En allumant la radio ce matin, vous avez peut-être entendu la polémique du jour : « la médaille de reconnaissance aux victimes du terrorisme » ne convainc ni les familles, ni ceux qui affectionnent les reconnaissances officielles. Le premier billet de Frédéric Bibal, avocat de nombreuses victimes d'attentats, publié la semaine dernière, permet d'aller un peu plus loin dans ce débat. Intitulé « Victimes de l'attentat de Nice: beaucoup de compassion, peu de droits », cet article fort instructif et très documenté nous détaille la réalité des droits dont bénéficient ces victimes. « Alors même que le terroriste de Nice a utilisé un véhicule comme instrument de sa barbarie, il n’est pas certain que les victimes de cet attentat auront les mêmes droits que celles d’un accident de la circulation », fait-il remarquer, légèrement amer. Périmètre des victimes prises en charge, assistance lors des expertises, sommes pouvant venir en déduction de l'indemnisation due aux victimes, définition des préjudices, sur tous ces plans, tout est négocié à la baisse. « La parole publique abonde pourtant de prévenance à l’égard des personnes frappées par les attentats, conclut-il. Et il n’est pas question un instant de contester la sincérité de cette compassion générale à l’égard des victimes. Mais pourrait-on aussi respecter leurs droits ? »

  • Quand Patou invite une « beurette des années 80 »

Le même jour, Patou Philippe a diffusé dans son blog, la « Lettre d'une beurette des années 80 à sa génération et aux autres » signée She Ouarem, ex-membre de SOS racisme, ex-membre de « Ni putes, ni soumises » et contrôleur de travaux publics. Ce billet « du combat d'une vie », pour lequel Patou Phil a visiblement été « d'une aide précieuse » a été beaucoup lu et commenté dans le Club (217 commentaires et 74 recommandés !). Alors que raconte ce billet ?  1 / « la beurette des années 80 qui a réussi », et fait même un métier autrefois réservé aux hommes, fait partie « du haut de la pile ». Et « qu'il est resté le bas de la pile : ceux qui sont restés dans les ghettos et que la crise a collés aux murs et au chômage, ceux qui ont versé dans le trafic en lien avec la puissante mafia de la drogue et… de la prostitution qui y importe ses méthodes violentes anéantissant la vie de centaine de milliers de gens ». 2/ que les « millions versés pour la rénovation des quartiers firent surtout "les beaux jours du BTP", sans améliorer l'éducation, ni les processus d'intégration (droit de vote, contrôle au faciès), ni la protection des femmes et jeunes filles des quartiers « qui subissaient de multiples façons les agressions de la pauvreté, de l'ignorance et des trafics en tout genre ». 3 / Pendant ce temps-là « les quartiers ont vu débarquer les mosquées, les imams de l'étranger et les voyous "fondamentalisés" alors que "nous n’avons pas manifesté pour avoir des mosquées (...) Nous demandions d’entrer nous aussi avec l’aide de l’État et de ses services, dans la modernité ». 4/ « La société française a regardé, inconséquente, ce processus à l’œuvre. (...) » ; « Les responsables politiques sont peu nombreux à avoir compris le niveau et la taille de l’enjeu... » 5 / « Il y a urgence (...) à faire œuvre de pédagogie plutôt que de communication sur fond d’élection ou par souci d’autorité et de relancer un plan pour les banlieues en milliards. »

Des propos, loin de la liberté de porter le voile ou de se baigner en burkini… qui ont mis du baume au cœur aux nombreux(ses) abonné(e)s toujours prompt(e)s à réagir sur le sujet de "la place des musulmans" ou qui tout simplement sont plus à l'aise avec ceux qui ne se reconnaissent pas d'autres identités que celle de "la République une et indivisible". Mais qui ont hérissé ceux qui n'ont vu là que des propos « creux » d'une « beurette » toujours prête à se faire instrumentaliser par des « politiques arrivistes ». En revanche très peu de discussions ont porté sur l'agonie de certaines banlieues… Bref, on l'aura compris, les joutes verbales sur les jeunes/femmes/issues de l'immigration/ musulmanes/ de banlieue… ne sont pas près de s'arrêter. 

  • Cours d'histoire pour François Fillon

Gilbert Pago, historien et notamment directeur de l'IUFM de la Martinique pendant 10 ans, fait lui aussi une entrée remarquée dans le Club cette semaine avec son « Fillon, à l’aise dans le cambouis identitariste! ». « A Sablé-sur-Sarthe, le dimanche 28 août, l’ancien premier ministre, François Fillon, candidat à la candidature présidentielle aux primaires de la droite et du centre s’en est pris aux programmes scolaires dont il pense le plus grand mal, rappelait-il. Ce faisant, il s’intéressait à ce qui nous importe. » Après avoir décortiqué ses propos sur les bienfaits de la colonisation, et les grandes figures de l'Histoire de France, de Saint Louis à Chirac, « il les mélange tous, eux ces grands hommes (ce sont d’ailleurs tous des mâles !) », Gilbert Pago nous propose un cours d'histoire pour rappeler ce que visait la colonisation (« la domination » et « l'écrasement de sociétés ! »), en partant des navigateurs-marchands du sud de l'Europe, jusqu'à Jules Ferry. Pour que nous refusions « le négationnisme de l'histoire du monde, c'est-à-dire de notre histoire, c’est-à-dire de notre histoire à toutes et à tous. Il faut tant du côté des descendants des vainqueurs que du côté des descendants des vaincus, que du côté de l’imposant métissage et créolisation du monde que nous affrontions notre nouvel univers ».

  • Expo à Lausanne sur François Maspero

Plus poétique et rassurant sur le temps présent, l'Ittinérante, a publié son premier billet sur « François Maspero - Résistances de la poétique » pour nous annoncer que « du 5 au 26 novembre les expositions "François Maspero et les paysages humains" et "Les éditions d’en bas, 40 ans d'édition engagée" seront regroupées sous le nom de Poétiques de la résistance. À cette occasion, nous donnerons, chaque mardi [à Lausanne !] la parole à celles et ceux que nous croyons les plus aptes à témoigner de l'importance de François Maspero, hier et aujourd'hui ». François Maspero qui, comme le rappelle Edwy Plenel dans ce fil, « a inspiré notre crieur de journaux ».

  • Des voix plurielles pour une sortie par le haut

Enfin pour finir ce tour des premiers billets de la semaine, nous avons accueilli avec un grand plaisir celui de Myriam Dao, intitulé « Suite à la marche pour Zhang Chaolin: des voix plurielles doivent se faire entendre », tant il est riche en réflexions et nuances sur la question des "communautés" en France, sur leur représentation et sur tout ce qu'il reste à faire…

« Des citoyens de toutes origines, et pas seulement membres de la mythique "communauté asiatique", soutiennent la lutte contre les préjugés qui assassinent. Il est urgent de mettre en avant des mesures éducatives, culturelles et sociales, pour fédérer les gens, plutôt que de chercher à les diviser. »

 

Et pour conclure cet hebdo du Club, je vous informe que le billet de Caroline de Haas (qui n'en est pas à son premier !), « Demain nous appartient » annonçant qu'elle rejoint la campagne de Cécile Duflot pour l'élection présidentielle, et qui a suscité de nombreuses inquiétudes dans le Club – Caroline de Haas ayant expliqué en juillet dernier, dans un Live, sa volonté de Pirater la présidentielle, avec l'AG citoyenne –, donnera lieu à un article du journal très prochainement.  

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