Sous forme de verbatim, voici une synthèse des questions-réponses très nombreuses (plus de 800 questions posées et près de 200 réponses apportées) qui ont alimenté le fil de cet échange en direct. Edwy Plenel, directeur de la publication, Christophe Gueugneau, Mathieu Magnaudeix et Stéphane Alliès, du service politique, Sabrina Kassa et Bruno Doguet, responsables du Club ont répondu longuement à vos questions et vos remarques.

  • Un tchat sur le thème du traitement de la campagne électorale et en particulier de celle de Macron et Mélenchon

Commentaire de la part de Abe Road : Est-ce principalement une remontée des commentaires d'articles qui vous ont décidé à ouvrir ce débat et question plus générale quelle importance accordez-vous aux commentaires et quelles sont vos méthodes de traitement/analyse de ceux-ci ?

Sabrina Kassa: Bonjour, oui en effet c'est en raison des interpellations nombreuses dans les fils de commentaires et les billets que nous avons décidé d'organiser ce tchat. Nous avons une veille collective sur les fils de commentaires et une équipe dédiée aux alertes.

Commentaire de la part de Visiteur : Bonjour, à la lecture de ce tchat je me demande : pourquoi avoir voulu cet échange à propos d'un mécontentement d'une partie des abonné(e)s sur votre traitement de l'élection, Macron et Mélenchon ? A vous lire rien à vous reprocher, pas le moindre doute ni questionnement, Mediapart a bien "travaillé", pourquoi tant d'abonnés mécontents alors ?  

Edwy Plenel: Je ne sais pas où vous voyez "tant d'abonnés mécontents". Ceux qui le disent se font entendre, grâce aussi au respect par Mediapart de ceux qui le critiquent puisque les billets annonçant des désabonnements ne sont évidemment pas censurés. Mais sont-ils si nombreux ? Je n'en suis pas certain. Je crois même que leur sectarisme ou leur virulence fait fuir des fils de commentaires une large majorité silencieuse d'abonnés qui ne supportent plus cette intolérance empêchant tout débat constructif et respectueux. Si nous avons ce tchat, c'est d'abord à l'intention de tous nos abonnés, dans le respect de leur diversité, sans en oublier aucun. Pour mémoire, Mediapart approche aujourd'hui des 150.000 abonnés après une forte progression dans les dernières semaines de l'élection présidentielle. Et nous ne constatons pas de reflux de cette courbe quels que soient les désaccords exprimés individuellement sur leur blog par tel ou tel abonné.

  • Un traitement qui n’est délibérément pas hostile à la France insoumise

Commentaire de la part de Benoit : Sans parler de Mélenchon lui-même, avez vous tenté d'inviter sur votre plateau des personnalités qui représentent la France Insoumise (je pense à Charlotte Girard par exemple) pour faire le point sur ces refus répétés ?   

Christophe Gueugneau: Bonjour, Charlotte Girard était justement hier soir l'une des invités de notre live. Nous avions par ailleurs organisé le 19 avril un live spécial avec quatre représentants de la France insoumise. Eric Coquerel, Corine Morel-Darleux sont également régulièrement invités. 

Commentaire de la part de Mimi : Je suis abonnée depuis peu à Médiapart, mais en effet, une question me tarabuste : pourquoi n'avoir pas invité MELENCHON ? Merci pour votre réponse.

Christophe Gueugneau: Déjà répondu. L'invitation a été envoyée, Jean-Luc Mélenchon n'a pas souhaité venir.

Commentaire de la part de Shadok : Faut-il encore le redire ? Les lecteurs courroucés, dont je fais partie (fidèle abonné de la première heure, mais sur le départ), ont constaté un traitement systématiquement négatif et superficiel à propos de Mélenchon, dont le programme pourtant semblait correspondre aux valeurs portées par Médiapart jusqu’à ces fameuses élections de 2017. A ma connaissance, les insoumis ne demandaient PAS que Médiapart accorde de traitement de faveur ou délaisse toute capacité critique s’agissant du mouvement porté par Mélenchon. Nous souhaitions simplement que le travail journalistique soit accompli, ce qui entre autres choses, passait par une analyse critique approfondie du programme « L’Avenir en commun », par une attention portée au fond de la révolution citoyenne, et par quelques précautions sémantiques pour ne pas reproduire la propagande médiatique ouvertement décidée à faire barrage non au Front national, mais à la France insoumise. Que répondez-vous à cela ?   

Christophe Gueugneau: Je réponds qu'ayant assuré le traitement, je dois être à deux doigts de me faire virer pour incompétence  Le fond du programme de Mélenchon a été abordé dans chacun de mes papiers ou presque. L'analyse a été faite au moyen d'un comparatif, qui est plus à même selon nous d'éclairer les lecteurs. Concernant la révolution citoyenne, je vous avoue que j'attends tout de même de voir ce que deviendra la France insoumise une fois les élections passées. 

Commentaire de la part de Boulette : Je crois qu'il y a surtout une différence de vision entre les insoumis et la rédaction de Médiapart qui va dans le sens de "tout sauf Le Pen" alors que les insoumis expriment un extrême ras-le-bol de la politique libérale qui nous a été servie pendant 5 ans alors que nous avions élus un socialiste, et qui va clairement se poursuivre avec Macron sans aucune ambiguïté, ainsi que le prouve le 1er ministre nommé et son gouvernement. Les insoumis estiment qu'avec cette politique nous allons droit dans le mur, que les écarts vont encore un peu plus se creuser entre riches et pauvres, et que Le Pen ou peu importe le nom qui portera les idées xénophobes qui sont les siennes, n'en sortira que renforcé, d'où l'incompréhension des insoumis face à l'appel de MDP à voter Macron.  

Edwy Plenel: Bien sûr que le danger FN n'est pas écarté au lendemain de cette élection, loin de là même après que 11,6 millions d'électeurs aient voté pour l'extrême droite. C'est bien pourquoi, fort de notre attitude de l'entre-deux tours, nous serons les plus vigilants critiques du nouveau pouvoir s'il continue, comme les précédents (Chirac, Sarkozy, Hollande) à faire le lit de l'extrême droite, à être comme eux "pompier pyromane". Mais jamais nous ne laisserons dire qu'une démocratie libérale imparfaite c'est la même chose ou pas moins pire qu'un pouvoir d'extrême droite. Laisser s'installer cette équivalence, c'est banaliser l'extreme droite et son idéologie d'exclusion.

Commentaire de la part de Eric : Bonjour, que pnsez-vous de l'idee que la France Insoumise serait un mouvement autoritaire parce que la psychologie de Melenchon le serait? Y a-t-il des arguments structurels, sociologiques qui plaideraient pour cette idée, ou bien n'est-ce que de la psychologie de comptoir?   

Edwy Plenel: La psychologie n'est pas le problème. La question, c'est la pratique démocratique, la culture démocratique du mouvement, sa façon de faire, d'être et d'agir. Il suffit de questionner les autres forces et militant-e-s de gauche, dans leur diversité (PS, PCF, EELV, NPA, etc.) pour s'apercevoir qu'il y a là un vrai problème. Aucune force, encore moins celle qui existe depuis une année, ne peut prétendre être propriétaire de la "vraie croix" de gauche, à la manière des sectes religieuses qui jugent que tous les autres croyants sont en fait des mécréants. La gauche, en tant que résistance aux injustices et aux inégalités, a une histoire très longue, de Spartacus à aujourd'hui qui est tissée de diversité. C'est sa richesse et vouloir l'appauvrir en imposant l'hégémonie d'une seule force, c'est à coup sûr l'entraîner dans une impasse.

Commentaire de la part de philippe Bonjour, je suis un vieux monsieur à la retraite, plutôt de droite et récemment abonné à Mediapart. Je suis passionné par cette campagne et comme j'ai le temps, j'ai tout regardé à la loupe en essayant de vérifier chaque affirmation des candidats. Nouvel abonné, j'ai eu l'impression que JLM a été plutôt ignoré ou passé sous silence par Mediapart. EM a été examiné à la loupe par Mediapart et je dois dire que son dernier interview du vendredi avant l'élection était passionnant. EM s'y est exprimé complètement, loin des discours pour ses jeunes ou vieux fans. Mais, j'aurais vraiment aimé que le travail approfondi de l'équipe de JLM ait été aussi passé au crible de Mediapart . Tant pis, puisque la FI va malheureusement s'effacer progressivement.   

Stephane Alliès: Même si vous êtes un lecteur attentif, je me permets de vous glisser les liens vers les deux dossiers regroupant les articles de Mediapart durant la campagne présidentielle, sur Macron et sur Mélenchon, il ne me semble pas qu'il y en ait un qui ait été plus “ignoré” que l'autre (sachant que l'un était moins connu que l'autre au départ)…

Commentaire de la part de AM : Bonjour. Il y a eu une demande extrêmement violente à l'égard de Mélenchon pour qu'il appelle à voter Macron face à MLP. Il a eu une injonction insupportable vis-à-vis de la FI en faisant passer ses électeurs pour des électeurs de MLP ou pour des ordures en cas d'abstention ou vote nul. Or, personne n'a harcelé les électeurs de Hamon, Poutou, Arthaud, Lassale... Pourquoi cette violence envers la FI? Vous n'avait pas ressenti une espèce de deux poids, deux mesures dans ces appels au vote?  

Christophe Gueugneau: Il ne me semble pas qu'on s'en soit pris aux électeurs de la France insoumise. Effectivement, la position de Jean-Luc Mélenchon posait question par rapport à ses précédents engagements bien plus clairs. Et puis on a expliqué ce positionnement par une dynamique propre à la France insoumise : c'est ici.

Commentaire de la part de Jean Claude Meyer du 18 : @ Christophe Gueugneau. J'ai parcouru le renvoi que vous m'avez indiqué.... Mais je constate encore une fois que les questions de fond soulevées par les insoumis ne sont pas traitées équitablement... La sécurité sociale intégrale par exemple telle qu'elle existe déjà en Alsace... C'est bien beau de louanger un mec qui n'a que le patronat à la bouche... Et qui ne dit mot des problèmes sociaux écologiques qui impactent en priorité les plus pauvres...

Christophe Gueugneau: Plutôt que parcourir lisez les articles, vous verrez que la sécu par exemple, a été abordée lors d'un meeting dont il a été longuement rendu compte. Pour le reste : d'où "louangeons" nous Macron ??

Commentaire de la part de Jean Claude Meyer du 18 : Je n'ai pas suivi le fil de la discussion... Mais je me pose de nombreuses questions sur le "traitement" qui est fait ici aux "Insoumis" (Je ne suis pas un Mélenchonophile absolu)... Pourquoi n'indiquez vous pas que le travail de ce mouvement est l'un des plus complet en ce qui concerne l'écologie et le social? Pourquoi n'indiquez vous pas que le régime de sécurité sociale complète qui est proposé par les Insoumis s'applique déjà en Alsace? Pourquoi soutenez vous Macron qui va appauvrir plus encore les plus pauvres (dont je fais parti) pour soulager les plus riches d'un impôt justifié... Pourquoi ne parlez-vous jamais du système d'impôts??? Macron va augmenter la TVA et ce seront plus pauvres (dont je fais parti) qui en pâtiront! Pourquoi ne soutenez vous pas l'idée de multiplier les tranches supérieures pour rendre les impôts directs plus équitables? En soulignant qu'il s'agit du mode le plus juste d'imposition... Etc... Etc...   

Christophe Gueugneau: ON NE SOUTIENT PAS MACRON ! Quant au programme de Jean-Luc Mélenchon, il en a été largement question durant toute la campagne. Voir ici.

Commentaire de la part de Seb : JLM a été victime les 15 derniers jours d'une campagne de désinformation incroyable.A moins que je ne les ai ratés, pourquoi ne pas avoir fait des articles pour rétablir les vérités à rétablir ?   

Christophe Gueugneau: A quatre jours du premier tour, nous avons invité quatre membres de la France insoumise, dont Manuel Bompard le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, pour répondre justement à ces interrogations. C'est ici.

Commentaire de la part de Rouslan Gauchet : Pourquoi n'alimentez-vous que la thèse selon laquelle la FI est responsable de "division à gauche" ? Pourquoi refusez-vous de relayer les preuves de mauvaise foi du PCF communiquées par des candidats de la FI, alors que Plenel exige de la FI qu'elle se "ressaisisse" et cite directement Caroline de Haas sans contradiction ?   

Christophe Gueugneau: Une question tout en finesse ! Non je n'alimente pas de thèses. Lors de l'échec définitif des discussions entre la France insoumise et le PCF, j'ai écrit un article expliquant que ce qui bloquait au PCF c'était la volonté d'hégémonie de la France insoumise (https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/jean-luc-melenchon-la-marche-du-tribun). Ce terme, hégémonie, m'a valu une longue série de commentaires m'accusant d'utiliser un terme négatif ou péjoratif. Ce n'était pas mon intention. Et il se trouve que le lendemain de cet article, Jean-Luc Mélenchon expliquait qu'il souhaitait "remplacer" le PS, en clair, devenir hégémonique ! Concernant Caroline de Haas, elle a un blog sur Mediapart comme tous les abonnés, et comme tous les abonnés elle peut y poster ce qu'elle veut. Le Club n'a pas reçu de demande de réponse de M. Vannier, mais s'il veut s'abonner ou envoyer une tribune, qu'il n'hésite pas.

Commentaire de la part de Dominique DELAVAL : Bonjour, la lecture de Mediapart est toujours intéressante mais j'apprécie également énormément toutes les vidéos du Studio, dont par exemple celles de Dans la chambre d'Osons Causer. Mais pourquoi n'avoir pas hébergé leur vidéo appelant à voter Mélenchon au 1er tour ? Bien à vous.  

Christophe Gueugneau: Parce qu'ils n'ont pas fait cette vidéo pour nous ! Les vidéos d'Osons causer que nous diffusons sont celles qu'ils faisaient spécialement pour nos émissions live.

Commentaire de la part de Markus : Bonjour. On sent bien tout de même qu’une partie de la rédaction historique (Edwy Plenel, François Bonnet et Fabrice Arfi) a un contentieux avec Mélenchon (et non avec la France Insoumise). Il y a donc avant tout un problème avec l’homme politique, son passé, sur lequel vient se greffer des sujets d’actualité. Peut-on en convenir ?   

La rédaction de Mediapart: Il n'y a aucune confusion. Cette question a été abordée et une réponse donnée par le directeur éditorial https://blogs.mediapart.fr/francois-bonnet/blog/100417/mediapart-et-melenchon-un-d-invitations-un-de-refus... 

Commentaire de la part de Moorgrimm : Je suis étonné de l'accusation de ne pas avoir invité JLM, j'avais cru comprendre qu'il refusait les interviews de MediaPart (information qui par ailleurs m'a toujours un peu étonné) ?   

Christophe Gueugneau: Jean-Luc Mélenchon ne refuse pas les interviews de Mediapart. Il refuse de venir sur notre plateau pour un live, du moins le refusait-il pendant la campagne présidentielle. C'est son droit de choisir ses priorités, c'est notre droit de le regretter. 

  • Le Club : un participatif commenté

Commentaire de la part de Jeanbabibel : Comment faites vous pour rester motivés devant autant de lecteurs (donc personnes avisées ?) n'ayant finalement aussi peu de "jugeote" ?  

La rédaction de Mediapart : Bonjour Jeanbabibel, nous avons une dose infinie d'amour pour nos abonnés. Plus sérieusement, nous restons motivés car c'est le prix à payer pour continuer à débattre ensemble.

Commentaire de la part de Disderi : Nous sommes tous d'accord pour déplorer la qualité déplorables de trop nombreux commentaires durant cette campagne. Et je me pose à ce sujet une question, au vu de l'aspect répétitif et mécanique d'un certain nombre d'entre : compte tenu de l'anonymat, peut-on imaginer qu'il soient en partie le fruit d'une tactique prédéterminée, visant à semer le trouble et la discorde ? Enquêtez-vous sur cette hypothèse ? Je pense à un activisme potentiel de la Taverne des Patriotes, de Fdesouches...   

Edwy Plenel : Nous essayons de ne pas ressembler à certains de nos critiques qui versent dans le complotisme, pensant qu'il y a toujours une cause cachée derrière ce qui leur déplaît à Mediapart. Bref, je n'en sais rien. Il y a sans doute des gens qui, parfois, se donnent le mot pour polluer des fils de commentaires ou squatter le Club. Mais la nature humaine étant diverse, avec sa prétention à se croire Homo Sapiens alors qu'elle est aussi Homo Demens, qu'il n'y a pas besoin de main cachée pour qu'il y ait parfois des excès, des dérangements et des débordements. 

Commentaire de la part de dom : Bonjour, un dénommé lancêtre tire souvent a lui les fils de commentaires par des propos violents qui empêchent tout débat, beaucoup se sont plaints de sa présence obsessionnelle dont le maitre mot est "Flinguer" à tout prix et pourrir le dialogue. Allez vous modérer ses ardeurs. Bien à vous.   

Sabrina Kassa : Bonjour, l'équipe en charge de la modération n'est pas passive à ce sujet. Les droits de participation de Lancêtre ont même déjà été bloqués. 

Commentaire de la part de SylD : Abonnée à Mediapart, je lis rarement les commentaires qui sont devenus au fil du temps assez affligeants (peut-être depuis la disparition de Rue89 ?) mais quand je le fais, je remarque qu'outre l'indignation habituelle qui n'apporte rien au débat, on ne trouve aucune trace d'humour. Le regrettez-vous ?   

Sabrina Kassa : Bonjour SylD, il est vrai que l'humeur est souvent sombre dans les fils de commentaires, mais ce n'est pas toujours le cas. Suivez par exemple le blog de Juliette Keating qui a chroniqué l'expulsion des Roms de Montreuil et vous verrai dans les fils de commentaires une communauté bienveillante et solidaire. Il ne faudrait pas que la mauvaise monnaie chasse la bonne. Tous les fils de commentaires ne sont pas détestables, loin de là.

Commentaire de la part de toto69 : Avez-vous un problème avec le fait d'avoir un lectorat très coloré melenchoniste? Quelle incidence pour votre travail?  

Sabrina Kassa: Bonjour toto69, cela ne nous pose pas de problème sur notre travail en général. Et les contributions du Club pro ou anti France insoumise sont souvent passionnantes pour comprendre les débats à gauche, en revanche les fils de commentaires sont souvent décevants sur ces sujets car l'agressivité qui s'y déploie bloque toute discussion constructive. 

Commentaire de la part de toto69 : Question directe: avez-vous un problème avec le fait d'avoir un lectorat fortement coloré "mélenchoniste"? Considérez-vous que cela pose un risque pour votre indépendance avec le risque de passer pour l'organe de JLM? L'affaire du "saute-cadavre" et ses suites était-elle une volonté de "purger" votre lectorat pour le rendre plus diversifié?   

Edwy Plenel : Avec près de 150.000 abonnés individuels (très précisément 148.600 à ce jour), je ne crois pas que notre lectorat soit "fortement coloré mélenchoniste". Il est divers, varié, pluriel. En comparaison, Libération sur tous supports (kiosque, abonnements papier et numérique), c'est un peu plus de 50.000; Le Monde et Le Figaro c'est autour de 220.000. Donc Mediapart c'est près de trois fois les acheteurs de Libération ou plus de la moitié de ceux du Monde et du Figaro. Ce qui donne l'effet "mélenchoniste" que vous ressentez, c'est, hélas, durant cette campagne, la cannibalisation systématique et organisée des fils de commentaires par de supposés "insoumis" sectaires et intolérants. Je le répète : leur attitude contredit les engagements démocratiques dont ils se réclament.

Commentaire de la part de Sébastien : Bonjour, pouvez vous nous expliquer quels sont les mécanismes qui régissent l'ordre de publication des articles du Club Mediapart? Est-il possible que cet ordre soit dicté par le nombre de recommandations faites par les lecteurs de Mediapart?

Sabrina Kassa : Nous sélectionnons les billets du Club selon plusieurs critères : l'actualité, la diversité des sujets et la qualité des arguments. Nous ne nous basons pas sur le nombre de recommandés, car la plupart du temps nous les mettons en Une juste après qu'ils aient été publiés. 

Commentaire de la part de jean-yves : La réfléxion de MDP sur le participatif et notament les fils de commentaires progresse t-elle ?   

Sabrina Kassa : La réflexion progresse, oui. Il existe maintenant un blog de la modération et nous allons continuer à faire évoluer notre modération pour réduire le plus possible les commentaires nuisibles au débat, avec de nouvelles fonctionnalités. Je ne peux pas vous communiquer de date pour l'instant mais il y aura du nouveau avant la fin de l'année.

Commentaire de la part de DJ : En marge de cette discussion peut-être... J'aimerais beaucoup que les « commentaires » soient plus contrôlés. L'agressivité y est insupportable et manque souvent de dignité et de respect vis-à-vis de l'autre. Cela fait tâche pour un journal qui se veut sérieux. Mediapart n'a-t-il pas de projet pour réfléchir à la médiation et reprendre sérieusement cette question des commentaires ? 

La rédaction de Mediapart : Mediapart réfléchit à des solutions pour que les fils de commentaires ne dérapent pas (https://blogs.mediapart.fr/edition/lhebdo-du-club/article/230217/lhebdo-du-club-le-participatif-sur-mediapart-continuons-le-debat), que les contributeurs se respectent et que tous échangent dans le respect de la charte validée par tous. 

Commentaire de la part de louis girard : Comment les journalistes de Mediapart vivent-ils cette agressivité d un certain nombre d’insoumis ? A-t-on une idée de la proportion ou du nombre de commentateurs (souvent les mêmes ?) qui polluent les commentaires ?  

Christophe Gueugneau: Il n'y a pas que certains insoumis qui soient agressifs. Ensuite l'amertume de la défaite explique une partie de ces commentaires qui nous reprochent notre couverture de la campagne, de la France insoumise, de Macron etc. Par ailleurs, je ne dirais pas que ça pollue les commentaires, parfois certes, c'est un peu la foire d'empoignes, mais d'autres fois, des critiques sont justes et peuvent être entendues. Ou bien le fait d'apporter, nous journalistes, des réponses, finit par convaincre. Bref, c'est la joie du participatif.

  • Un traitement non complaisant à l'égard d'Emmanuel Macron

Commentaire de la part de David : Difficile de faire un reproche à votre journal mais j'ai été très surpris de voir Emmanuel Macron 2 fois de suite en Live... je vous avoue que cela m'a fortement énervé. Pour ma part je n'ai pas participé au second tour pour des raisons politiques... Il aurait été utile d'inviter Macron avec des intervenants de la société civile qui s'oppose à son projet afin d'avoir un véritable débat en évitant de rester dans des questions journalistique...   

Mathieu Magnaudeix : Bonjour. Nous avons invité Emmanuel Macron une première fois en novembre, à un moment où le mystère était très grand sur la réalité, la sincérité de sa candidature, et c'était l'occasion d'un grand entretien, long, durant lequel nous avons posé de nombreuses questions qui fâchent et qui ne lui avaient jamais été posées. Nous l'avons reçu entre les deux tours puisque nous avions toujours dit que nous recevrions le candidat qui serait opposé à Marine Le Pen, quel qu'il soit, puisque nous voulions pas de l'extrême droite au pouvoir. A chaque fois, les questions ont été posées. Après, il est normal que vous ayez peut-être des frustrations ou d'autres envies de questions sur certains points, c'est naturel et on ne peut pas tout aborder, même en plusieurs heures d'entretiens...  

Commentaire de la part de Chris : Comment se fait-il que les fins limiers de l'équipe de Médiapart n'aient pas encore trouvé ce que notre Président a fait des millions gagnés lors de son passage dans les milieux de la Banque d'affaire? Nous sommes à ce titre dans un flou certain et je ne peux pas croire que plusieurs fils à tirer n'existent déjà à ce jour. 

Mathieu Magnaudeix: Bonjour. Nous avons travaillé sur ce sujet et continuons à le faire. A ce stade, rien ne nous permet d'écrire qu'Emmanuel Macron aurait eu des activités illicites avec l'argent gagné. Il a eu un niveau très élevé de dépenses, c'est certain. Mais notre métier est de sortir des informations quand nous les avons, de lancer des fils pour y arriver, de travailler sans relâche pour se faire, mais pas d'entretenir des rumeurs sans base factuelle.

Commentaire de la part de louis girard : Mediapart est accusé d'avoir fait un deal avec Macron pour voir son redressement de TVA annuler. Qu'en est-il ?   

Edwy Plenel : N'importe quoi ! ;-)) Pour ma part, je n'avais jamais rencontré Macron avant qu'il ne vienne une première fois à Mediapart pour un Live, une semaine avant sa déclaration officielle de candidature. Quant à la TVA (les précisions sont ), nous avons payé ce qu'on nous réclamait, provisionné le reste et menons désormais la bataille sur le fond devant la justice administrative. Aucun deal secret, tout ce combat a été mené au grand jour. Et Macron n'a jamais été concerné par ce dossier.

Commentaire de la part de JACKYDU56 : Comment est il possible de nier le sentiment que le traitement de la campagne ait été pro Macron ?  

Christophe Gueugneau : Par définition on ne peut pas nier votre sentiment. Ce qui ne veut pas dire que votre sentiment soit justifié.

Commentaire de la part de Gilles : J'ai personnellement apprécié l'entretien avec Macron à la veille du second tour, il a été d'un très bon niveau. J'ai pourtant voté Melenchon et voterai encore FI aux législatives, pourtant PS depuis très longtemps. Cet entretien a été d'excellent niveau de part et d'autre, beaucoup de finesse dans les analyses, dans les explications de la part de l'ex candidat ... bien sûr je n'approuve pas ses solutions qui pour moi relèvent d'un dogme libéral n'ayant jamais fait ses preuves. Je n'ai pas changé d'avis sur ce point mais je remercie MDP de m'avoir fait mieux comprendre les "ressorts" et le mode de pensée de celui que je continue à combattre (sur le plan politique s'entend)  

Edwy Plenel : Un grand merci, vous illustrez parfaitement les idéaux démocratiques et sociaux que nous défendons et que, donc, nous partageons. 

Commentaire de la part de Pierre : J'ai été emballé par les 2 entretiens entre vos journalistes et Emmanuel Macron, en pariculier celui du vendredi soir avant le 2ème tour. Je ne comprends vraiment pas pourquoi il n'a eu aucun écho dans les autres médias (sur France Info le message était que le candidat s'était retiré au Touquet. Avez-vous une explication ?). Vous avez raison de dire qu'il est coriace ... C'est seulement là que j'ai pu approcher une certaine vérité des convictions et projets de Macron…

Stephane Alliès : La principale explication est que le dernier entretien ayant eu lieu peu de temps avant la fin de la campagne officielle, les médias audiovisuels ne pouvaient en parler.

Commentaire de la part de Chris : J'ai assisté à la dernière émission live avant le second tour invitant le désormais président de la république Emmanuel Macron et j'ai été frappé par la relative platitude et le manque de relances des journalistes présents. Même M. Mauduit m'a semblé en retrait. J'en ai, à part moi tiré la conclusion que l'équipe de Médiapart a décidé d'épargner quelque peu M. Macron par peur de favoriser Mme Le Pen lors de ce second tour. Suis-je dans le vrai ou n'est-ce l'expression que d'un délire paranoïaque?  

Edwy Plenel : Non, nous avons questionné Macron comme nous le faisons avec tous les politiques : questions directe, franches, cash, ce qui n'exclut pas d'être correct et civil (après tout quand on invite quelqu'un, ce n'est pas pour lui cracher dessus). Ensuite, il se passe ce qui arrive quand l'invité a du répondant et ne se laisse pas déstabiliser. Nos interviews en Live ne sont pas un débat entre l'invité et notre rédaction. Nous posons nos questions, prolongeant par des relances mais, au bout d'un moment, l'invité a forcément le dernier mot et le spectateur reste le seul juge (de la pertinence des questions et de la qualité des réponses). Bref, ce n'est pas comme dans un débat entre politiques (nous en avons aussi organisé, par exemple entre Eric Coquerel, soutien de Mélenchon, et Thomas Piketty, soutien de Hamon, sur l'Europe). Ce n'est pas nous qui avons le dernier mot pendant le Live, c'est forcément l'invité. Mais, avec Macron, si vous revisionnez l'entretien, vous verrez que nous n'avons cessé de prendre date, ce qui sera utile pour confronter ses engagements à ses actes.    

  • Traitement journalistique et ligne éditoriale

Commentaire de la part de Maria-Luiza : Bonjour et merci de nous donner l'occasion de vous poser des questions. Tout d'abord merci pour votre travail! La ligne éditoriale de beaucoup de medias dépend de l'orientation politique journalistes. Comment est-ce que Mediapart recrute ses journalistes? Est-ce que l'orientation politique est un critère important pour être journaliste à Mediapart? 

Mathieu Magnaudeix : Bonjour. Les journalistes de Mediapart sont des personnes adultes, libres et indépendantes, personne ne leur tient la plume ni ne pense à leur place. Nous avons au sein de la rédaction des points de vue parfois différents, et c'est heureux, cela fait la richesse des analyses et des traitements. Pour le reste, de fortes valeurs communes nous réunissent: souci d'une indépendance en actes, questionnement inlassable au sujet des pouvoirs, radicalité démocratique, vision ouverte de la société, curiosité éditoriale par rapport aux initiatives et aux mouvements qui permettent d'envisager un monde plus ouvert, plus solidaire, plus juste. Mais Mediapart n'est au service d'aucun parti, d'aucune personnalité politique. 

Commentaire de la part de David Sharp : Ce que je reproche le plus à Edwy Plenel c'est non pas le contenu de son édito appelant à un vote pour Macron, mais le fait qu'il a employé le "nous", sous-entendant qu'il s'agissait non pas de son opinion personnelle mais de celle du journal.   

Edwy Plenel : Oui, c'est bien l'opinion de Mediapart. D'ailleurs, ce "nous" vous le retrouvez aussi dans mon article d'avant le premier tour qui exprimait notre critique constante du présidentialisme, intitulé "Nous, Président(s): agir au-delà du vote" 

Commentaire de la part de Athenax : Médiapart d'un côté, les comptes twitter de l'autre... pensez vous que les tweets personnels des uns et des autres (et souvent très partisans) rentrent en contradiction avec votre volonté d'afficher une neutralité professionnelle ?   

Mathieu Magnaudeix : Mediapart est une agora de journalistes libres, indépendants, dans la vie, qui assument pour certains sur les réseaux sociaux des points de vue. C'est le choix de chacun. Les mêmes s'efforcent chaque jour de vous fournir une information sourcée, vérifiée, originale, d'intérêt public. 

Commentaire de la part de Pierre : Parce que les notions sont souvent confondues, un journaliste peut-il être à la fois indépendant et affirmer un point de vue politique ? J'ai ma réponse mais j'attends la vôtre.   

Mathieu Magnaudeix: Bonjour, Personnellement, je pense que l'objectivité n'existe pas. On parle toujours d'un point de vue et à mon sens, ce n'est pas nuire à la qualité de son travail journalistique que de l'affirmer. Je crois davantage à l'honnêteté, personnelle, intellectuelle, professionnelle. Et au respect rigoureux d'un ensemble de règles éditoriales élémentaires, à commencer par la vérification rigoureuse de ce que nous affirmons. Respect auquel nous nous astreignons quotidiennement ici et qui, au vu du nombre sans cesse croissant de nos lecteurs et abonnés, est reconnu de plus en plus.

Commentaire de la part de Adeurien : Je ne connais pas la position généralement acceptée du milieu journalistique concernant le populisme. Assimilez-vous la France Insoumise a une forme de populisme ? Quel en est votre définition ? Au risque de passer pour un idiot, est-ce qu'il est communément accepté de condamner le populisme sous toutes ses formes dans votre rédaction ?   

Edwy Plenel: Mediapart, dans le journal comme dans le club, a documenté très largement ce débat sur ce mot fourre-tout de populisme. Autant nous n'épousons pas la disqualification du "peuple" qu'il y a dans son emploi péjoratif par les médias dominants, autant nous sommes méfiants, par vigilance démocratique et refus du pouvoir personnel, vis-à-vis de certaines théorisations politique du populisme venues d'Amérique Latine qui le résument à la triade suivante : le peuple, le chef, l'Etat-nation. Le peuple est traversé d'intérêts divers et c'est cette vitalité populaire à laquelle il faut être attentive, qu'il faut savoir entendre et respecter. Dissoudre cette diversité dans une notion uniforme dont la cohésion dépend du seul leader qui la proclame et la rassemble, c'est prendre le risque d'une régression démocratique et sociale. Et c'est aussi risquer d'ouvrir la porte à des logiques sectaires, intolérantes, autoritaires, profondément anti-démocratiques, qui en viennent à dire : "nous sommes le peuple" (autoproclamé), "si vous ne nous suivez pas, c'est donc que vous êtes les ennemis du peuple, des traitres, des ennemis à abattre" (ce qui n'est pas la même chose qu'un adversaire avec lequel on assume des désaccords). 

Commentaire de la part de Annie Lasorne : Mélenchon élu aux présidentielles n'aurait jamais eu de majorité législative (c'est mathématique, UMP, PS et FN lui seraient tombés sur le râble) pourquoi n'en avez vous jamais parlé ? Est-ce parce qu'ainsi vous démontriez que dans le cas du FN gagnant cette même élection, il en aurait été exactement de même ? Et que par conséquent, votre théorie du VOTUTILE, que vous avez déployé avec zèle pour Macron, tombait ? J'ai pour ma part, trouvé ça, malhonnête... Ou stupide, à votre choix...   

Edwy Plenel : Nul besoin d'adjectifs désobligeants pour qualifier ce avec quoi vous n'êtes pas d'accord. Pour ma part, je ne vous traite ni de malhonnête ni de stupide. La réponse à votre question est simple : nous n'écrivons pas le futur, nous ne faisons pas de plans sur la comète, nous ne croyons pas que l'histoire est écrite par avance, nous laissons la porte ouverte à l'événement et à l'inédit. Si vous pouvez lire dans le mare de café des élections législatives, tant mieux pour vous. Mais pas nous. 

Commentaire de la part de Claire : Récemment abonnée à Mediapart, j’apprécie grandement le travail de finesse journalistique en application dans de nombreux articles malgré un partis pris qui est "trop à gauche" pour moi en grande partie car très emballée par la dynamique Macron depuis un an. A ce titre je trouve les journalistes de Mediapart très critique à son propos (Comme quoi ça dépend bien du point de vue) et je me suis aussi abonnée pour être confrontée à cette contradiction, à cette méfiance de la gauche envers ce nouveau pouvoir qui doit faire ces preuves. Ayant voté Mélenchon avec conviction il y a 5 ans, je pense que Mediapart est le bon lieu pour comprendre ce clivage Mélenchon/Macron avec raison ou passion qui représente une des "grandes questions" de la gauche qui est selon moi la représentation sociale du libéralisme et de l'économie de marché. Pour ma part ça fait un an que je rêve de ce débat Macron/Mélenchon (que Mediapart souhaitait organiser à cette époque) deux intelligences convaincues de ce qu’elles portent, et ceci pour accéder au sens profond de ces clivages mis en lumière par le quinquennat hollande. Je souhaite que ce débat continue avec vous, dans la pluralité des pensées de gauche afin d’accéder à plus de sens et de cohérence intellectuelle. Enfin tout ça pour dire que vous faites du bon travail… Merci !   

Mathieu Magnaudeix : Eh bien vous voyez! Certains lecteurs nous reprochent justement d'avoir été trop complaisant à son endroit. Nous ne devons pas être si loin d'une forme de "justesse" dans notre traitement. Bien à vous.  

Commentaire de la part de foetus : Bonjour et merci pour ce live. Pour ma part je trouve que Mediapart a fait une excellente couverture de la campagne, en contrebalançant notamment ses prises de positions avec une multitude de points de vues internes ou externes dans des articles, des interviews ou son live hebdomadaire. Bref, voici ma question : vous a-t-on fait des reproches similaires en 2012 et (selon vous) pourquoi ? 

Edwy Plenel : En 2012, les reproches sont surtout venus de la droite ou de l'extrême droite après que Hollande ait bénéficié du vote utile à gauche dès le premier tour (tout comme Mélenchon en a bénéficié cette fois, mais avec des électeurs qui, comme ceux de Hollande n'étaient pas tous socialistes, sont loin d'être tous insoumis).

Commentaire de la part de pp35 : Au soir du premier tour, les sondages indiquaient Macron gagnant contre Le Pen avec 60 % des voix. Le plébiscite de Macron dans le cadre exceptionnel des élections 2017 avec la remise en cause du système et l'arrivée d'un espoir nouveau de vivre enfin sur des bases humanistes (Melenchon). Le soutien à Macron n'est-il pas malvenu alors que la presse dans son ensemble n'a jamais développée autant de zèle pour soutenir le candidat des banquiers. Vous avez été invité sur France Inter sans doute parce que vous êtes suivi par de nombreux lecteurs de gauche pour appeler, avec tous les autres à voter Macron contre LE PEN donc à le renforcer pour les législatives. Pensez vous, aujourd'hui, après les résultats du 2eme tour que votre démarche était la bonne ?  

Edwy Plenel : Je ne sais pas de quel "plébiscite" vous parlez quand, dans notre pays, une force raciste, autoritaire, identitaire, xénophobe, héritière du fascisme européen, réussit au second tour d'une élection démocratique à rassembler 11,6 millions de voix. Elles ne disparaîtront pas par enchantement, et donc il y a du travail, tant ce combat antifasciste est primordial.

Commentaire de la part de Yan : Bonjour, nous vivons une époque où nous sommes couverts d'informations qui manquent d'impartialité, essentiellement de la part de la TV et des chaines d'info en continue. Il y a un vrai risque de formatage des pensées et des idées. Est-ce vous pensez qu'opposer votre sérieux et votre impartialité est suffisent contre ce genre de pratiques ? Ou pensez-vous qu'il faille agir davantage, en s'opposant de manière plus virulente et en dénonçant les autres sources et leurs intérêts ?   

Edwy Plenel : Je ne sais pas. Nous faisons notre travail, simplement, consciencieusement. Et nous espérons être ainsi utiles à nos lecteurs, à la société, à la démocratie. Et nous préférons avancer sans trop nous préoccuper de ce qui se passe dans les autres médias. 

Commentaire de la part de Paul : Personnellement, je trouve que les articles parus dernièrement qui traitent de politiques sont assez plats et ennuyeux. Ne faudrait-il pas mieux en réduire le nombre, privilégier l'analyse et la synthèse aux réactions à chaud ?  

Christophe Gueugneau : Merci du compliment  En règle générale on essaye à Mediapart de privilégier l'analyse et la synthèse. Mais dans le cadre d'une présidentielle un peu folle, où il se passait mille trucs par jour, avouez que c'était compliqué.  

Commentaire de la part de Aurélien : Bonjour à Médiapart ! Je suis un nouvel inscrit, et je tiens d'abord à vous remercier pour votre excellent travail, notamment dans les Live, puisque c'est l'un d'entre eux pendant la campagne qui m'a poussé à m'abonner ! Je voulais simplement rebondir sur la question de l'objectivité : si les articles ne s'écrivent pas tout seul, et que les faits ne se présentent pas d'eux-mêmes, mais impliquent justement un travail journalistique ("subjectif", si l'on veut), il est clair que la majeure partie de vos articles présupposent non seulement une prétention à la vérité, mais également de réaliser cette prétention en justifiant, en fondant vos affirmations. De ce point de vue, ce sont des articles objectifs au bon sens du temps, dans la mesure où ils ont une valeur "coercitive", qui vaut pour le journaliste et pour les lecteurs. On peut évidemment toujours aller plus loin dans la justification, ce qui implique que certaines affirmations peuvent toujours être corrigées par l'introduction de nouveaux faits, etc., mais dans l'ensemble, il est clair qu'il ne s'agit pas simplement d'un "point de vue" ou d'un "avis" ! Ce positionnement sur la question de la vérité me semble très important aujourd'hui, où la prétention à l'objectivité dans les gros organes de presse est parfois purement et simplement abandonnée au profit de la défense d'intérêts personnels ou de groupes justement voilés derrière le visage de l'objectivité journalistique.

Stephane Alliès : L'objectivité, comme disait Jean-Luc Godard, c'est “5 minutes pour les juifs, 5 minutes pour les nazis”. Nous assumons à Mediapart un journaliste “engagé” dont la valeur cardinale est l'honnêteté, dans la collecte des propos et le respect du contradictoire, comme dans la façon de relater l'événement, à partir des faits. Ce qui ne nous empêche pas par ailleurs d'avoir des opinions… 

Commentaire de la part de pucciarelli : Bonjour. Je regrette le fait que MDP donne un avis sur un choix électoral. Tel n'est pas le job d'un média en principe ,indépendant. Je regrette que que MDP légitime le "danger fasciste" dont le parti de Mme Le Pen serait la racine au profit d'un ultralibéralisme qui recèle des dangers totalitaires réels. Je regrette que MDP soutienne les politiques nourrissant le vote FN. Je regrette que MDP ne soit pas un journal, mais un vecteur d'opinion. Il en a le droit. Encore devrait-il l'affirmer à haute et claire voix. Vous allez pouvoir vous dresser fièrement contre les mesures antisociales que vous soutenez avec l'appel à voter Macron. M. Plenel, votre tactique est visible, MDP est complice des maux qu'il dénonce. Si vous avez une conscience, à elle de vos juger. Est-elle bien regardante?  

Edwy Plenel : Nous sommes en clair désaccord : je ne confonds pas le libéralisme économique et le fascisme politique (qui va de pair avec l'ultralibéralisme). Cf. mes réponses précédentes sur ce sujet et ce billet du philosophe Denis Guénoun.

Commentaire de la part de Le Figaro : Une question plus générale concernant le journalisme d'investigation : comment se fait-il que l'affaire Fillon ait été révélée en plein milieu de la campagne présidentielle? N'y voyez-vous pas un vol du vote des électeurs de droite? Dans votre métier, comment sont traitées ces affaires? Est-ce que vous attendez d'avoir un dossier complet prêt à être publier ou préférez-vous révéler au compte-goutte? Enfin, quelle limite posez-vous entre la confidentialité qui peut mener à cacher des irrégularités et la transparence menant au déni de la liberté individuelle et de dictature?   

Edwy Plenel : Il n'y a pas d'agenda secret ou acheter, ni de manipulation occulte. Quand il y a des candidats à la magistrature suprême, on enquête forcément de plus près sur eux (comme on le fait aussi sur les nouveaux ministres, ce qui a donné l'affaire Cahuzac, laquelle a produit, grâce à Mediapart, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique). Et quand l'enquête aboutit, on publie, sans attendre, sans calcul, ni dans un sens (se précipiter) ni dans l'autre (attendre). C'est d'allers ce que nous avons fait, en 2012, avec nos informations sur le dossier de financement libyen qui concerne Nicolas Sarkozy. 

Commentaire de la part de Martin Eden : Bonjour, Mediapart se présente-t-il comme un journal de gauche?

Edwy Plenel : Non. Comme un journal indépendant, numérique et participatif. Qui dérangera un jour la droite, le lendemain la gauche. Quant aux valeurs qui nous animent, elles sont celles de l'idéal républicain originel, celui d'une République démocratique et sociale, animée par l'égalité des droits sans distinction de condition, d'origine, de croyance, d'apparence, de sexe, etc.
 

  • Edwy Plenel interpellé répond du tac au tac

Commentaire de la part de Milouze Lazuag : Certains détracteurs vous accusent de proximité avec la gauche socialiste, notamment dans les rangs insoumis et chez les Républicains. Comment expliquez-vous ces accusations ? Qu'en pensez-vous ?   

Edwy Plenel : Oh je suis habitué depuis 41 ans que je fais ce métier à ce qu'on dise que le chien a la rage quand on veut le noyer ;-)) Bref Mediapart n'est lié à aucune force politique, quelle qu'elle soit. Quand nous avons sorti l'affaire Cahuzac et que Mélenchon a rebondi en faisant sa marche pour la Vie République, certains socialistes nous ont accusé de faire son jeu. Quand nous avons sorti les affaires qui ont dérangé Sarkozy, la droite nous a accusé de faire le jeu de Hollande. Etc. Il faut s'y faire : Mediapart est indépendant et ne suit qu'une ligne, la légitimité de révéler des informations d'intérêt public, au service du droit de savoir des citoyens. Ceux qui ne s'y habituent pas, préférant toujours voir derrière nos choix telle manœuvre ou telle influence, témoignent d'une faible confiance dans la démocratie et, surtout, d'une faible exigence envers son idéal. Une démocratie vivante suppose une presse libre, pluraliste, diverse, indépendante, loyale. C'est-à-dire une presse qui, parfois, dérange ses propres lecteurs, leurs convictions, leurs préjugés. Et comme, dans notre cas, elle est participative, avec une liberté d'expression que n'offre aucun autre média, les lecteurs ont toujours la possibilité d'exprimer leurs désaccords, critiques, regrets et reproches. Mais à condition qu'ils respectent notre travail, son intégrité, tout comme nous respectons leur liberté d'expression.

Commentaire de la part de Jean Claude Meyer du 18 : (@ Edwy Plenel) Je lis "Je ne sais pas de quel "plébiscite" vous parlez quand, dans notre pays, une force raciste, autoritaire, identitaire, xénophobe, héritière du fascisme européen, réussit au second tour d'une élection démocratique à rassembler 11,6 millions de voix." Alors pourquoi un tel parti est-il autorisé à répandre ses idées nauséabondes??? N'est-il finalement pas le repoussoir "nécessaire" pour contrer les idées progressistes en servant une gauche réformiste (dans le mauvais sens: délocalisations, destruction des acquis sociaux) et un droite égoïste servant une minorité contre une majorité de plus en plus appauvrie?

Edwy Plenel: Il existe ce parti, il a une histoire, une généalogie, des racines. Et ce n'est pas en l'interdisant qu'on les supprimera. Pour le faire reculer, il n'y a pas d'autre solution que d'arrêter de lui faire la courte échelle comme ce fut le cas sous Sarkozy puis sous Valls-Hollande. La seule digue contre le FN est une politique réellement démocratique, sociale, écologique et internationaliste.

Commentaire de la part de Rouslan Gauchet : Edwy Plenel s'excuse-t-il pour son tweet insultant et odieux sur Mélenchon au lendemain du 1er tour qu'il a depuis supprimé pour effacer toute trace ? Je considère une non réponse comme un aveu de culpabilité.   

Edwy Plenel: Vous n'êtes pas un tribunal et, donc, ici il n'y a pas de "coupable". Je ne publie jamais de tweet insultant, je fais toujours attention à respecter les opinions que je ne partage pas, et j'ai le droit, comme tout un chacun, de ne pas partager les vôtres sans que vous me balanciez des adjectifs ou des mots qui montrent votre refus du débat démocratique ("insultant, odieux, culpabilité"). Défendre la démocratie, ce n'est pas rêver d'une Vie République pour après demain, c'est déjà la pratiquer dans les échanges, les débats, les argumentations. 

Commentaire de la part de Markus : Bon, donc, la question de la rencontre Mélenchon/plenel au café du Sénat ne passe pas. Elle est évoquée publiquement par Edwy Plenel lui-même, devant ses lecteurs, mais nous n'avons pas le droit d'en savoir d'avantage. Et bien, c'est bien dommage de ne livrer qu'une partie seulement de la vérité, surtout lorsque on voit bien qu'il y a là l'origine d'un contentieux entre deux hommes (de talent).   

Edwy Plenel: Vous voulez parler de ma première rencontre avec JLM [au début des années 1990], que je ne connaissais pas, qui avait demandé à me voir (sur le ton de la convocation mais, comme je suis curieux, j'ai volontiers accepté) pour me faire reproche de mes enquêtes et révélations concernant la présidence de François Mitterrand. J'ai écouté, non sans étonnement, sur la forme comme sur le fond. Sa première phrase, avec un tutoiement qui m'a surpris (je répète: nous ne nous étions jamais croisés) : "Qu'est-ce que tu as avec le Vieux, pourquoi tu ne le laisses pas tranquille"… Comme le savent tous ceux qui ont lu mes enquêtes ou mes livres (et comme en témoignent des socialistes à principe, tel Pierre Joxe), je n'avais aucun différent personnel avec Mitterrand, je faisais simplement mon travail de journaliste, révélant des informations d'intérêt public qui ont, ensuite, nourri la réflexion de toute la gauche sur l'impasse du présidentialisme. 

Commentaire de la part de compta : Comment traitez-vous le fait que le vote LE PEN est considérablement utilisé par les politiques et les médias (pas vous) pour contrer toute volonté de débat démocratique. N'existe-t-il pas un contentieux PLENEL / MELENCHON susceptible de troubler ou orienter votre analyse de la France Insoumise ?

Edwy Plenel : Aucun contentieux personnel mais un désaccord, aussi légitime qu'il est estimable, sur le bilan de la gauche depuis qu'elle a approché le pouvoir présidentiel et gouvernemental sous la Ve République. Si vous lisez son dernier livre d'entretiens avec un confrère de Marianne, vous verrez que JLM assume tout l'héritage des quatorze ans de mitterrandisme, sans rien mettre en cause et sans prendre de distance avec la part d'ombre de cette présidence (1981-1995). Or, pour moi, c'est à partir du renoncement de l'auteur du "Coup d'Etat permanent" que se noue l'échec de la gauche socialiste, dont Mélenchon était, face au présidentialisme et au pouvoir personnel. Pour moi, on ne peut prétendre refonder l'avenir sans être au clair sur le passé. Et donc on ne peut prétendre sincèrement fonder une VIe République tout en faisant de Mitterrand et de sa monarchie présidentielle (avec les renoncements économiques, sociaux, européens aussi) sa référence absolue pour l'exercice du pouvoir. Pour approfondir, voir "La part d'ombre" (Folio) ou "Le Journaliste et le Président" (Stock)

Commentaire de la part de Antoine : M Plenel, vous venez de dire que vous remboursez 3900 euros sur un salaire de 6028 euros net ça fait un endettement de 65% pouvez-vous me dire comment les banques vous ont accordé un tel prêt pour financer MEDIAPART ??

Edwy Plenel : C'est très simple : j'ai hypothéqué un appartement que ma compagne avait reçu en héritage après la mort de son père. Si Mediapart n'avait pas marché, je l'aurais perdu. 

 

  • Le satisfecit des abonnés

Commentaire de la part de Guichardan : René J'ai l'impression que les Insoumis restent sur leurs discours habituels, alors que la logique macronienne est beaucoup plus fines, inclusives et synthétiques que tout ce qui a existé auparavant. 12h09 Commentaire de la part de Yohan reversat Je suis abonné à Médiapart depuis peu, et je suis vraiment satisfait de la qualité des articles et des blogs.

Commentaire de la part de VivHir : Bonjour, électeur de la FI je ne partage pas l'avis de certains sur le mauvais traitement réservé à Mélenchon par Médiapart. J'ai eu grand plaisir à lire vos articles durant les élections et n'ai pas ressenti un quelconque mauvais traitement infligé à celui ci. Vous lire tous les jours est un réel plaisir et vous avez tout mon soutien ! Merci encore à vous pour la qualité de votre travail.

Commentaire de la part de jac Fok : Pour ma part je pense que Mélenchon se discrédite souvent par un radicalisme à certains égards désuet, daté et outrancier, dernier exemple récent quand il se croit obligé de faire un couplet laïcard à propos du directeur de l'Essec (M. Blanquer) trop lié au catholicisme? une appartenance qui le disqualifierait?- curieuse conception de la laïcité de notre "leader maximo" qui se prétend le grand rénovateur de la gauche...

Commentaire de la part de Bernard Boudet : Lecteur régulier de Médiapart, et pour l'instant non intervenant sur le Club ou ailleurs, faute de disponibilité, je n'ai jamais eu le sentiment que vous "rouliez" pour Macron ou que vous cherchiez à saboter la campagne de la France Insoumise.

Commentaire de la part de Rmv : Merci pour le travail de tous vos journalistes. Je respecte les insoumis mais j'apprécie peu qu'ils phagocytent les commentaires avec beaucoup de violence.

Commentaire de la part de solei12 : Bonjour, merci de nous offrir cet espace d'expression.

Commentaire de la part de Lionel D : Je me réjouis que Mediapart reste libre d'analyser, de défendre ou de condamner les programmes et les personnes, quels qu'ils soient. Les militants de tous bords trouveront toujours à redire sur le traitement de leurs poulains, les origines diverses des soupçons de favoritisme attestent de l'impartialité de Mediapart. Je pense et j'espère que vos équipes ne s'engageront jamais pour un parti ou un candidat.

Commentaire de la part de Mathow : Merci pour vos choix, vos innovations, et notamment les rdv hebdomadaires en accès libre. Le vendredi avec EM d'avant second tour a permis de vois réellement ce que l'homme avait dans le ventre. On peut ne pas partager, voir être agacé par le côté groupie de ses partisans, mais quel bonheur que de laisser du temps à vos invités, y compris dans la contradiction. Très heureux de m'être réabonné avant ces élections, après vous avoir abandonné, parce que je me lassais justement du côté systématiquement critique et négatif de vos articles. On peut déplorer le monde dans lequel on vit, mais je vis dedans... Et à trop critiquer, on déroule un tapis rouge sous les pas des extrêmes, qui n'ont rien à proposer sinon la conquête du pouvoir qu'ils disent exécrer. Pour en revenir à votre débat du jour, le futur Président s'avère être très bon dans le type de confrontation que vous lui avez proposé, et forcément cela a pu le mettre en valeurs. En quoi pourrait-on en vouloir à Mediapart? Rien n'empêchait JLM de venir défendre ses idées avec brio. Pour ce qui me concerne, JLM et beaucoup d'insoumis dont je partage certaines idées et l'envie de renouveau par ailleurs se sont disqualifiés en ne faisant pas de choix entre deux tours. Cette incapacité à mettre en perspective ses adversaires, voire pire cet amalgame systématique entre le "banquier d'affaires" (principal reproche des insoumis envers EM) et le FN a même fini par me sembler nauséabond.

Commentaire de la part de captainlolo : Abonné de puis longtemps, je n'ai jamais été déçu par votre ligne éditoriale. Bravo pour votre radicalité et votre indépendance !!

Commentaire de la part de Pasiph : Merci pour votre travail. Force est de constater que les quelques énervés de la FI qui ont pollué les fils de discussion de notre journal depuis des mois ne sont pas au rendez-vous de ce tchat. Intéressant.

Commentaire de la part de Mathieu Gallais : Bonjour, je voulais juste vous dire merci pour votre live d'hier soir les deux parties étaient super intéressantes.

Commentaire de la part de Benjamin : Tout d'abord bravo à Mediapart, je suis abonné de longue date et je n'ai jamais été déçu.

Commentaire de la part de Williams MALARET. Je dois avouer, comme je l'ai écrit, que l'édito d'Edwy et son interview sur France inter, m'ont décidé définitivement à voter Macron sans adhésion au 2° tour alors que je pensais à l'origine voter blanc. Je voterai sans doute France insoumise aux législatives.

Commentaire de la part de Moorgrimm : N'en déplaise à l'animosité que certains porte à l'encontre de Mediapart, c'est la couverture de cette présidentielle associée à votre indépendance qui a fini par me convaincre de m'abonner.

Commentaire de la part de Hakim : Merci à monsieur Plenel et à vos journalistes pour le bon travail même si je ne suis pas toujours d'accord. 

Commentaire de la part de Benjamin : Tout d'abord bravo à Mediapart, je suis abonné de longue date et je n'ai jamais été déçu.

Commentaire de la part de Yvette : Merci pour votre excellent travail d'information. J'ai aussi apprécié l'intervention d'Edwy Plenel hier soir à l'émission "C'est à vous". Bon courage pour continuer, c'est tellement important un média libre.

Commentaire de la part de thierry dumon : Bonjour et merci pour votre boulot, en espérant que vous resterez sur la même ligne, même aux "prix" de quelques désabonnements qui ne peuvent qu'être salutaires à la qualité des commentaires.

Commentaire de la part de Julie Bélangeon : Bonjour durant cette campagne j'ai surtout apprécié la qualité des rencontres avec les candidats. Le timing leur permettaient d'expliquer précisément leurs projets 11h19.

Commentaire de la part de Hélène Ouvrard : Bonjour, et merci d'ouvrir cette fenêtre de dialogue avec vos lecteurs... Mais il semblerait que ceux et celles qui vous font tant de reproches ne soient pas au rendez-vous... dommage ... Pour ma part, je tiens à vous dire que MÉDIAPART reste une source d'information et de débat d'idées !! Alors comptez sur nous, abonné(e)s pour défendre "notre journal" !!

Commentaire de la part de David : J'ai regardé cette campagne depuis Londres ou j'habite et vos débats/interviews avec les candidats ont été salvateurs!

Commentaire de la part de Chris : Bonjour et merci pour le travail effectué au jour le jour.  

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.