100 mars de la Coméduc: ce n'est qu'un début !

Ce n'est pas l'heure des bilans. A bas la dictature des chiffres ronds ! Ce « 100 mars » n'est qu'un mercredi comme les autres : la Coméduc continue son travail et sa lutte pour une éducation affranchie du « monde de la loi travail ».

Ce n'est pas l'heure des bilans. A bas la dictature des chiffres ronds ! Ce « 100 mars » n'est qu'un mercredi comme les autres : la Coméduc continue son travail et sa lutte pour une éducation affranchie du « monde de la loi travail ».

Pour autant, on peut s'autoriser un bref coup d'oeil en arrière. Non pas pour clore quoi que ce soit, mais pour mieux mesurer ce qui nous reste encore à accomplir.

Et d'abord, que venions-nous chercher, chaque mercredi et chaque dimanche, par tous les temps ou presque, sur cette place de la République, redevenue publique par la grâce de Nuit Debout ? Et qu'y avons-nous trouvé ?

Peut-être, avant tout, un lieu où chacune et chacun se réapproprie la réflexion sur l'éducation, loin des cercles autorisés et des pensées formatées. Bien sûr, nous sommes surtout des profs... Mais pas que. Et bien sûr, nous sommes quelques-uns à militer déjà dans des syndicats ou des collectifs de l'éducation... Mais pas que. L'enjeu de se mettre ensemble afin de repenser l'école dépasse les problématiques que nous avons abordées pendant ces quelques premières semaines. Ici comme ailleurs dans Nuit Debout, ce qui se joue là, c'est la démocratie : que chacune et chacun se sente légitime à s'approprier le débat politique sur l'école.

Mais si la discussion et l'exigence démocratique restent le cœur de la Coméduc, nous avons aussi la volonté que cela n'en soit pas le seul horizon. Dès le début, nous avons eu conscience que si notre but était de changer l'école, alors il fallait aller plus loin. Des groupes de travail se sont donc créés pour transformer et alimenter notre réflexion par des projets concrets.

Première réussite : plusieurs temps de partage, sur la place, avec des collectifs pédagogiques (Freinet, GFEN, Fespi, Pédagogie Institutionnelle, collège coopératif et polytechnique d'Aubervilliers...), pour envisager autrement le « comment apprendre » et enrichir notre réflexion individuelle et collective.

Ensuite, il y a eu le manifeste « Debout l'Ecole ! », pour répondre à la double nécessité de poser des bases et de s’adresser à l’extérieur. Mission accomplie à notre avis. En témoignent les nombreux retours que nous avons eus sur ce texte, souvent critiques d’ailleurs, qui montrent qu’il a joué son rôle de déclencheur de débats. Tel était bien l’objectif.

Le but est maintenant de prolonger ce travail à travers l’écriture d’un « livre blanc », plus développé, qui reprenne les débats que nous avons en commission, sur des sujets comme : « à quoi sert l’école ? », « toutes et tous capables de tout », « école et démocratie », « les co-éducatrices et co-éducateurs ». Vaste programme qui mobilise un petit groupe d’entre nous, en lien étroit avec le reste de la Commission, habitué-es ou « de passage ».

Mais nous avons encore bien d’autres projets : le recueil de témoignages sur l’école, le groupe de travail « école et sexisme », une bibliographie, un groupe sur la convergence des luttes dans l’éducation… Vraiment, le 100 mars, ce n’est que le début !

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