Grenoble, tout n'est pas de la faute des cités

La ville de Grenoble a la particularité d'avoir eu un maire-ministre condamné pour corruption, d'avoir vu passer le Garde des Sceaux en 2008 suite à l'exécution au fusil à lunettes d'un détenu dans la prison (qui devait témoigner devant le juge), et la visite du ministre de l'intérieur précédant celle du président de la République au milieu d'une guérilla urbaine ayant connu une montée de violences après un braquage de casino ayant mal tourné. Le tout dans une atmosphère de règlements de compte sanglants, une réputation de milieu et de mafia. Ce n'est pas du cinéma ni une série télé. C'est en France, en 2010.Le discours sur les cités de non droit a des limites qu'il faut savoir dépasser pour comprendre un tel phénomène. La police et la justice à Grenoble portent une responsabilité dans ce qui se passe, pas tant les fonctionnaires en place que ceux qui les dirigent, hauts-fonctionnaires et politiques.

La ville de Grenoble a la particularité d'avoir eu un maire-ministre condamné pour corruption, d'avoir vu passer le Garde des Sceaux en 2008 suite à l'exécution au fusil à lunettes d'un détenu dans la prison (qui devait témoigner devant le juge), et la visite du ministre de l'intérieur précédant celle du président de la République au milieu d'une guérilla urbaine ayant connu une montée de violences après un braquage de casino ayant mal tourné. Le tout dans une atmosphère de règlements de compte sanglants, une réputation de milieu et de mafia. Ce n'est pas du cinéma ni une série télé. C'est en France, en 2010.

Le discours sur les cités de non droit a des limites qu'il faut savoir dépasser pour comprendre un tel phénomène. La police et la justice à Grenoble portent une responsabilité dans ce qui se passe, pas tant les fonctionnaires en place que ceux qui les dirigent, hauts-fonctionnaires et politiques.

Devant une telle accumulation, la fatalité ne paraît plus en effet pouvoir être une excuse raisonnable, surtout quand on constate les dérèglements dans la la gestion des personnels de la police et le sort réservé par l'administration à quelques uns d'entre eux.

Deux exemples :

Un officier de police de Grenoble fait condamner la France par la Cour de Strasbourg

Un officier de police de Grenoble écarté de son travail sans raison pendant des années et condamné pour s'en être plaint, au profit d'une hiérarchie mise en cause par voie de presse pour des actes de torture.

Ces exemples montrent que les pouvoirs publics comme les syndicats (de policiers) n'ont pas un grand souci de la sécurité publique, quand ils ne glissent pas dans la confusion, même politique. Cette confusion montre que le ministère de l'intérieur est capable de régler rapidement des problèmes, ce que les deux officiers de police n'ont pas connu.

La gestion par la menace et la contrainte des personnels de police conduit à leur neutralisation, à l'augmentation de l'insécurité et à la confirmation du milieu de pouvoir faire ce qu'il veut. Le ministère de l'intérieur est donc responsable de la situation. Le Garde des Sceaux est lui mêmet interpelé sur les dysfonctionnements de la justice. Sans effet.

Les deux cas d'officiers de Grenoble montrent que le ministe de l'intérieur serait plus inspiré de lutter contre le non droit au sein même de sa propre administration. A moins que Grenoble ne soit une situation isolée. Cela ne semble pas être le cas. La police vit sous la coupe, les témoignages sont censurés (l'auteur donne une explication) ou sanctionnés et/ou poussés dehors.

Ce qui arrive à Grenoble est la conséquence d'un scandale ordinaire couvert par le voile des apparences, celui du formalisme, des tampons à la bonne place pour mettre des bébés en centre de rétention. Qui habite la Villeneuve ? Ils s'en foutent de la Villeneuve...

Le système judiciaire Grenoblois a montré un grande perfectibilité ces dernières années. Les critiques de la famille Vuarnet, une instruction annulée sur le grand banditisme, la réouverture d'une instruction bâclée sur des disparitions d'enfants, la séquestration et le viol d'une femme par l'ancien gardien de la mairie de Grenoble (vidéo) ayant volé les fichiers des employées et tapissé un mur de sa maison avec, le procureur général de Grenoble qui critique un rapport de l'Assemblée nationale révélant l'implantation de la mafia, etc. Cela fait beaucoup. Cela ne fait pas sérieux.

Woerth- Bettencourt / Grenoble, les mêmes causes ne produisent pas forcément les mêmes effets. Si la pièces est différente, on retrouve les mêmes dans les rôles principaux. Pourquoi ont-ils laissé dégénérer la situation à Grenoble jusqu'à l'hyperviolence ? Pourquoi préfèrent-ils sanctionner des fonctionnaires que de réagir aux faits qu'ils dénoncent ?

La sécurité publique est méprisée. La situation contredit le discours sécuritaire.

Les familles des victimes de viols ou de violence peuvent engager la responsabilité de l'Etat compte tenu de son abstention fautive et d'avoir écarté sans raison légitime des personnels de leur mission de sécurité publique.

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