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Billet de blog 8 janv. 2020

Nîmes 2020 : bailaora, guitarista, cantaora, l'embarras du choix

Pour son 30e anniversaire, le Festival flamenco de Nîmes, fait la part belle aux femmes, qu'elles soient chanteuses, guitaristes ou danseuses.

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Le 9 janvier 2020, Nîmes frappera les trois coups de son 30e festival de flamenco. C'est l'occasion de rendre hommage à Pepe Linares qui fut la cheville ouvrière d'une manifestation qui est devenue au fil des ans incontournable dans le mundillo flamenco et au-delà. En trente ans, avec ses ferias de Pentecôte ou des Vendanges,  son festival flamenco, la ville est devenue Nîmes l'Andalouse. On peut presque imaginer des orangers fleurir sur le Victor Hugo, artère emblématique de la cité.

Patricia Guerrero danse Distopia © Oscar Romero

Cette trentième édition propose un éventail à spectre large. La programmation navigue entre une expérimentation avant-gardiste dans l'air du temps, Galván revisite Falla et son Amour sorcier, Falla a d'ailleurs le vent en poupe, puisque Estevez/Paños y compañia proposeront leur version du Tricorne, et la programmation de quelques joyaux flamencos plus traditionnels qui sont à mettre au crédit de la gent féminine. Les femmes, longtemps reléguées au second plan, tiennent aujourd'hui toute leur place sans aucune discussion possible. Quand elles sont danseuses, elles sortent du cadre de la bailaora stéréotypée ; elles sont inventives et prennent leur destin en main. Cette année, sur la scène du Théâtre Bernadette Lafond, Patricia Guerrero donne une création, « Distopí», regard très personnel sur le monde,  et Rocio Molina revient à l'Odéon pour un dialogue inédit avec le guitariste Rafael Riqueni.

Antonia Jiménez © Paco Lobato

Quand elles sont guitaristes, elles forcent le respect dans un univers très masculin. Depuis un siècle, les hommes avaient réussi le tour de passe-passe de les faire disparaître. Aujourd'hui, elles se font entendre, sortent du cercle confidentiel des connaisseurs pour se révéler au grand jour. C'est la guitariste Antonia Jiménez, inventive, sensible et virtuose, qu'on avait déjà pu écouter dans les spectacles de Manuel Liñan, qui occupera le devant de la scène au théâtre de l'Odéon et ce n'est que justice. A ses côtés, l'excellente chanteuse Inma La Carbonera, pleine d'une énergie rayonnante. Quand elles sont chanteuses, elles s'imposent doucement et sûrement. Gema Caballero, l'imaginative, la curieuse, à la voix inclassable, accompagnée par Javier Patino, sera au musée de la Romanité pour l'unique concert acoustique du festival.

Gema Caballero, accompagnée par Javier Patino © Beatrix Molnar

L'acmé de ce festival sera sans conteste le concert de la pionnière, celle qui depuis maintenant trente ans, impose le chant féminin, Mayte Martín. Sa voix, qui passe de la raucité la plus impressionnante à une douceur presque éthérée, a une capacité à émouvoir que ce soit en chantant une petenera, un campanillero ou une solea en happant chaque auditeur. Seule sur la scène du Grand Théâtre, accompagnée par la guitare du jeune Alejandro Hurtado, sans effets additionnels, elle appellera les mânes des grands anciens qui ont légué au fil des ans cette musique si complexe, si fragile, qui s'enrichit chaque jour.

Mayte Martín © Isabel Camps

Jeudi soir, 9 janvier, c'est encore une femme, Mariola Membrives, qui aura le redoutable honneur d'ouvrir le festival. La cantante, spécialiste de Lorca, assure la première partie de David Lagos.

Cette présentation serait incomplète si nous ne mentionnions pas l'excellent bailaor Eduardo Guerrero et le non moins excellent cantaor Tomas de Perrate qui auront, l'un et l'autre, l'honneur du Grand Théâtre.

Pour finir, on ne peut que regretter l'absence d'artistes français, ce pour la seconde année consécutive. Pour ses trente ans, un coup de chapeau du festival aux artistes français qui font vivre cet art au quotidien aurait été bien venu.

Rendez-vous est donné du 9 janvier au 19 janvier.

Renseignements et réservations sur le site du Théâtre Bernadette Lafont

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