COVID-19/ Mesure n°2: transparence et encadrement des prix

La crise causée par le COVID-19 révèle la justesse du constat de tous ceux qui dénoncent la privatisation de la santé et les conséquences dramatiques des politiques d'austérité, qui mettent en danger la population, car en cas de grave pandémie, notre système n’est pas prêt à faire face à l’urgence. Nous proposons 5 mesures. N°2: transparence et encadrement des prix des produits de santé

voir notre dernier communiqué : jeudi 14 mars sur le sujet : COVID-19 : la transparence sur le prix des diagnostics est une urgence ! 

Prix du dépistage du COVID-19 en France = 135 €. Coût de production estimé = 12€. Si l’ensemble de la population était dépisté, cela reviendrait à 10 milliards d’€. La production locale publique de diagnostics est une urgence, car son absence nous place dans une situation de dépendance absolue vis-à-vis de producteurs, qui sont dans une position de force pour fixer quasi unilatéralement les prix.

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Mesure n°2 : La mise en place immédiate de la transparence et l’encadrement des prix des médicaments, produits de santé et diagnostics

(L’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament propose, à côté des nécessaires dispositions d'hygiène, de précaution et de confinement, 5 mesures d’urgence qui doivent être reprises par l’exécutif) 

 

  • Constat : comme l’ont montré des études de chercheurs de l’Université de Liverpool et de l’OMS, en étudiant les prix réels de la matières premières, les prix des produits de santé sont très éloignés des coûts de production réels. Il n'y a pas de corrélation entre un coût de production, l'intérêt thérapeutique du produit, le niveau socio-économique du pays et son prix. Le prix est le simple fruit d'une négociation ou reflète simplement un rapport de force entre le producteur et un acheteur. Ce rapport de force semble la plupart du temps très déséquilibré et nos institutions publiques doivent retrouver du pouvoir dans les négociations. L’industrie pharmaceutique dégage des marges plus élevées que n’importe quel autre secteur. Un contrôle et une régulation de ces prix est possible, et nécessaire, afin de réorienter les dépenses de santé vers les besoins réels. Le gouvernement a été très réactif pour dénoncer l'augmentation illégitime des prix du gel hydroalcoolique et pour annoncer très rapidement son contrôle par décret, mettant fin aux prétentions de celles et ceux qui entendaient s'enrichir sur notre santé. Il a apporté la preuve qu'un contrôle des prix appliqué aux produits de santé est possible. 

 

 Mesure n°2 (bis) : La mise en place immédiate de la transparence sur les prix, coûts réels de production, origine des réactifs et plateformes diagnostiques, utilisées pour tester le COVID-19

  • Constat : le dépistage est un élément clé de la lutte contre le Covid-19 comme semble le montrer l'exemple sud-coréen, où un usage étendu des tests diagnostics est corrélé à une progression faible du virus. C'est aussi ce que recommande l'Organisation Mondiale de la santé (OMS) dans la situation française. Or, le manque de personnel, de stocks de réactifs, de plateformes ouvertes et de budget semble empêcher un recours étendu au dépistage en France. Ainsi, les raisons qui poussent aux choix qui sont actuellement faits en matière de diagnostic du COVID-19 en France ne sont pas claires. Quelles sont les plateformes de diagnostics PCR[1] utilisées dans le dépistage du COVID-19 ? Notre système de santé est-il doté de suffisamment de plateformes de diagnostic "ouvertes" permettant l’utilisation de kits pour le COVID-19, supportant l’utilisation de kits et de réactifs qui ne sont pas ceux des firmes qui profitent d’une situation oligopolistique sur le marché du diagnostic leur permettant de fixer unilatéralement les prix de ces réactifs ou kits (Abbott, Roche, Quiagen, etc.) ? Qui sont les fournisseurs de ces tests et kits ? Le CDC aux Etats-Unis a publié sur son site la liste des kits et réactifs utilisés pour dépister le COVID-19[2].

 

  • A titre d’exemple : les exemples recensés des prix pour réaliser des tests PCR pour différentes maladies infectieuses descendent rarement en dessous de 20€ par test dans les pays où les informations sont disponibles. Dans de nombreux pays, les prix sont bien plus élevés. Si l’ensemble de la population française avait recours à un test PCR au prix de 20 euros par test très conservateur pour le COVID-19, cela reviendrait à plus d’un milliard d’euros de dépenses exclusivement liées à ce test. Le recours à des kits diagnostics de fabricants privés nous place dans une situation d’ultra-dépendance vis-à-vis de ces producteurs, qui peuvent fixer unilatéralement les prix. Cette situation nous met en danger.

 

  • Mesures à prendre : le gouvernement doit mettre en place une transparence totale sur les choix en matière de priorités de dépistage, et nous rassurer sur le fait qu'il ne s'agit pas avant d'un raisonnement économique. Il doit par ailleurs communiquer les prix des tests de dépistage (type de plateformes utilisées, kits de prélèvement, outils PCR en temps-réels utilisés, réactifs, etc.), dans la crise du COVID-19. Le prix par test du COVID-19 et le nom des fournisseurs doivent être rendu publics. 
    • Une des raisons pour lesquelles le gouvernement limite le nombre de tests semble lié au refus de promouvoir une politique de production locale de diagnostics sur le long terme, ce qui nous aurait permis en cas de pandémie d’être plus réactifs dans la production d’outils de dépistage. Cette crise doit être une opportunité pour nous obliger à prendre des mesures nécessaires pour notre système de santé.

 

[1] Test pratiqué pour dépister le COVID-19 : real-time RT-polymerase chain reaction (rRT-PCR) detection of the SARS-CoV-2 virus (qui provoque le COVID-19)

[2] Tests utilisés aux Etats-Unis pour dépister le COVID-19 https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/lab/testing-laboratories.html

 

 

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