Le jardin naturel (4)

Les composants du jardin biologique : Le compost, le purin d'ortie et la bouillie bordelaise.

  suite des billets: Le jardin naturel (1) ; Le jardin naturel (2) ; Le jardin naturel (3)

 

 Les composants du jardin biologique

Le compost

 Au potager ou au verger, à force de nourrir les plantes, le sol a tendance à s’appauvrir. Il faut donc parfois lui rendre ce qu’on lui a pris. Le jardinier qui se préoccupe de son environnement préférera l’utilisation du compost à celui des engrais chimiques.

 

photo-6

 Le compost est le résultat de la transformation des déchets organiques en éléments à nouveau assimilables par les plantes. Il apporte les éléments nutritifs de manière progressive, ensemence le sol en micro-organismes et améliore la structure du sol.

 Pour obtenir un bon compost, il est nécessaire de respecter certaines règles: un bon équilibre entre matières sèches et humides, une bonne aération, un bon taux d'humidité.

 Le compost mûr est atteint après 6 à 12 mois. Il a l’aspect du terreau et dégage une odeur d’humus de forêt. Au-delà d’un an il perd progressivement son effet fertilisant par minéralisation et lessivage par les eaux de ruissellement.

 

dechets-admis-compost

 

                                      Les déchets à éviter

Les plantes montées en graines (les semences résistent à la chaleur du compost), résidus de plants, légumes, arbustes ou arbres malades, litières non biodégradables, couches-culottes, poussières d’aspirateur (contiennent des matières synthétiques), huiles et graisses végétales ou animales (parc à container), matières synthétiques (plastiques,…), sable et terre.

 

                                      Les avantages du compost 

Meilleure croissance des végétaux et des racines grâce à la matière organique et aux oligo-éléments qu’il apporte,

Meilleur rythme de diffusion des éléments : ils ne sont libérés que lorsque la plante en a besoin, surtout quand il fait chaud et humide,

Il améliore la porosité du sol grâce à ses particules de taille différentes,

Il améliore la capacité de rétention d’eau du sol, la matière organique se comportant comme une éponge,

Il limite l’apparition de maladies grâce à des composés antiparasitaires. Du plus un compost en formation chauffe jusque 70 °C, ce qui détruit les semences et les maladies.

 © julien populin © julien populin

 

 

                                     Conseils de mise en œuvre 

 

  • Alterner les déchets « verts et humides » (riches en eau et en azote) avec les « bruns et secs » (riches en carbone et ayant un rôle d’aération). Le rapport C/N (carbone/azote) est déterminant dans la réussite du compostage, avec une fourchette allant de 12/1 à 25/1 ;
  •  Bien aérer les déchets, qu’ils soient mis en tas, en fût ou en silo (on peut utiliser une fourche ou une canne d’aération pour cela). Le mélange ne doit pas sentir ;
  • Le tas doit être en contact avec la terre pour permettre aux divers organismes décomposeurs de coloniser le compost (bactéries, lombrics, insectes, cloportes,…)
  • Plus les déchets seront petits et broyés, plus vite ils se décomposeront ;
  •  Le compost doit être humide mais pas trop, mieux vaut le protéger de la pluie ;
  •  Il vaut mieux tamiser le compost mûr avant son utilisation dans le potager, pour retenir les éléments grossiers. Ces derniers peuvent être remis sur le tas de compost jeune ;
  •  La dose à appliquer dans le potager sera de 2 à 8 kilos par m² en fonction des exigences spécifiques des légumes. Mélanger à la terre sur 7 à 10 cm d’épaisseur.

 

                                       Quelle technique utiliser ?

 

Jardin de plus de 100 m² : compost en tas, dans un endroit ombragé

photo-7

 

Jardin de 30 à 100 m² : silo à compost, d’environ 1 mètre cube. Soit fait maison (planches, palettes, piquets de clôture + grillage,…) soit acheté dans le commerce. Le mieux est d’en combiner 2 voire 3 (composts d’âges différents).

photo-8

 

Jardin de moins de 30 m² : fût à compost 

 

 © julien populin © julien populin

 

 Le purin d'ortie

 

 

Le purin d’ortie est autant un herbicide qu’un engrais efficace. Il est 100% naturel et disponible sur place !

 

          Fabrication

 

Au printemps, avant que les orties ne fleurissent, récolter 1 kg de feuilles fraîches, les hacher grossièrement avec un sécateur et les mettre macérer dans 10 l d’eau de pluie dans un récipient en bois ou en plastique (pas de métal !) couvert. Attention, l’odeur produite est assez forte. La durée de la fermentation influence la qualité du purin :

 

24h à 18°C- insecticide et fongicide

 

15 jours à 18°C ou 7 jours à 30 °C - engrais et stimulateur de croissance

 

La fermentation est terminée lorsque le mélange ne produit plus de petites bulles quand on le remue. Agir dans les 24 h sinon la putréfaction commence avec son lot de mauvaises odeurs : Filtrer le mélange au travers d’un tissu. Jeter les feuilles sur le compost, c’est un excellent activateur, et mettre le jus en bouteille. Stocker au frais et à l’abri de la lumière. Il se conserve jusqu’à 2 saisons (si filtration fine car ainsi on arrête la fermentation). Ce purin très concentré ne doit jamais être utilisé pur mais en dilution. Attention il peut être agressif pour la peau!

 

          Dilutions et utilisations

 

 Pur : herbicide très efficace.

 

Pulvérisation foliaires : dilution à 5% (1 l de purin concentré dans 20 l d’eau) s’utilise tous les 10 à 15 j durant toute la croissance : fortifie les plantes et agit en prévention contre les pucerons, acariens et maladies (mildiou, rouille, oïdium, etc.).

 

Arrosage au pied : dilution à 20 % (= 2 l de purin concentré dans 10 l d’eau) s’utilise surtout au printemps comme engrais et régénérateur du sol du fait de sa richesse en azote et minéraux.

 

 

La Bouillie bordelaise

 

C’est un fongicide efficace autorisé en agriculture biologique qui est vendu dans le commerce en solution de sulfate de cuivre (20%) et de chaux. C’est une poudre de couleur bleue que l’on dilue avant de la pulvériser. Attention le sulfate de cuivre est toxique, il faut donc l’utiliser avec parcimonie et respecter les indications de dosage (en général entre 10 et 20g/litre) et ne pas pulvériser ce produit par forte chaleur et/ou soleil. Ne pas pulvériser le produit dans les 15 jours précédent la récolte (temps de rémanence du cuivre sur la plante).

Elle est utilisée pour le traitement des plantes, légumes ou fruitiers du jardin contre le mildiou, la cloque du pêcher, la tavelure, le chancre,…. Elle exerce son effet par le biais des ions cuivre (Cu 2+) du mélange. Ces ions affectent des enzymes dans les spores des champignons parasites de manière à empêcher leur germination. C'est pour cette raison que la bouillie bordelaise doit être utilisée de manière préventive, avant que la maladie fongique ait frappé, donc à partir du mois de mai, à raison d’une pulvérisation tous les 15 jours.

 

Dans le prochain billet : Contrôler les limaces, L’éclairage du jardin, Les plantes exotiques invasives, Les vieux déchets de jardin

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.