Edwy Plenel
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Billet de blog 17 nov. 2019

Sur les gilets jaunes, quelques interventions

L’originalité du travail collectif de Mediapart sur le mouvement des gilets jaunes m’a amené à le promouvoir et à le défendre dans différentes interventions. Et notamment autour de l’essai que j’en ai tiré, La Victoire des vaincus. Inventaire en forme de rapport d’activité.

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Le dernier chapitre de La Victoire des vaincus (Éditions La Découverte, lire ici) s’intitule « Parier sur l’improbable ». En voici le début qui me semble plus que jamais d’actualité en cet automne 2019 où les gilets jaunes sont toujours présents tandis que s’annoncent les mobilisations face à l’offensive la plus brutale depuis la Libération contre les principales conquêtes sociales – retraite, chômage, sécurité sociale… 

« Toute politique de l’opprimé est une politique de l’événement. C’est pourquoi les révolutions sont rarement à l’heure. Leur inattendu se glisse dans un entre-deux temporel où se chevauchent passé, présent, futur. Écart où peut aussi survenir la tragédie. Trop tôt, trop tard, on ne le sait par avance. Seul la suite, donc la lutte, le dira.

« À l’inverse, la politique des classes dominantes est une histoire sans événements. Le réel y est intangible. Immobile, répétitif, sans alternative, sans autre possible. Ce n’est pas affaire d’idéologie mais d’intérêt bien compris. Qu’il ait le visage de Trump, de Macron, de Poutine ou de Xi Jinping, le conservatisme au pouvoir – le conservatisme chargé de conserver des intérêts socialement minoritaires – est un réalisme qui ne supporte pas l’imagination et l’invention politiques.

« Comme l’a montré Emmanuel Terray (Penser à droite, Galilée 2012), ce réalisme a peu à voir avec la réalité, vivante et mouvante. Non, c’est un réel qui s’impose comme une contrainte, qui nous résiste et nous domine. Un réel qui barre la perspective, bouche les issues, ferme l’horizon. Un réel qui clôt le débat. Si cette « pensée de droite », qui peut aussi bien s’emparer de pouvoirs de gauche, « est d’abord un réalisme », écrit le philosophe, c’est parce qu’elle « accorde un privilège à l’existant et tend à s’incliner devant “la force des choses”, la puissance du fait acquis ». « Il n’y a pas d’alternative » est son mantra, congédiant le rêve, l’espérance, l’utopie. C’est une pensée de l’acquiescement à l’existant, une « pensée du oui », résume Terray, qui « n’accepte le réel que sous condition de l’ordre »

« Dès lors, sauf à se résigner et à se soumettre, on ne peut que souhaiter l’avènement d’un non qui brise cette immobilité et ouvre des possibles. »

Aussi bien sur des plateaux de télévision, face à l’adversité médiatique qui diabolisait et caricaturait les gilets jaunes, que dans diverses conférences ou rencontres, je me suis donc efforcé de plaider pour un non qui fédère et rassemble face à la catastrophe en cours – tout à la fois sociale, démocratique, écologique. Ma première intervention fut sur France 2 à ONPC, juste avant les fêtes de la fin d’année 2018 : 

À ONPC sur France 2 le 22 décembre 2018

En février 2019, après la tentative de perquisition des locaux de Meciapart dans le cadre de l’affaire Benalla, des gilets jaunes appelèrent spontanément à un rassemblement de soutien à notre journal place de la République à Paris, le dimanche 17 février. Je suis passé les saluer et les remercier, tout en mettant en garde, dans une brève intervention, contre la haine indistincte du journalisme (en plaidant pour les travailleurs de l’information) et contre le poison redoutable de la xénophobie et du racisme (en défendant les causes communes de l’égalité) : 

Place de la République le 17 février 2019

En mars 2019, la parution de La Victoire des vaincus m’a amené à intervenir dans plusieurs émissions d’actualité, dans l’ordre sur France Inter, à C à vous, sur LCP, à LCI et sur BFM. Si je les donne toutes à voir, c’est parce qu’elles montrent aussi combien notre traitement du mouvement des gilets jaunes était à contre-courant médiatique :

Sur France Inter le 2 mars 2019
À C à vous le 5 mars 2019
Sur LCP le 8 mars 2019
Sur LCI le 11 mars 2019
Sur BFM le 17 mars 2019

Puis se sont multipliées les invitations à des rencontres avec le public ou à des conférences suivies de débats. Plusieurs vidéos en gardent la trace (à Saint-Dizier fort lieu de mobilisation des gilets jaunes, à Roubaix pour l’Université des quartiers populaires, à Montpellier avec nos partenaires du D’Oc, à Lorient lors du Festival Interceltique, à Port-Leucate avec l’historien Gérard Noiriel). Mais c’est sans doute à l’Université de Lausanne, en Suisse, qu’eut lieu, en avril 2019, le débat le plus approfondi, grâce aux étudiant.e.s du Comité Sciences Politique Lausanne (COSPOL) et à leur professeur Olivier Fillieule :

À l'Université de Lausanne le 25 avril 2019

Pour terminer ce qui est en quelque sorte, comme je l’ai souvent fait sur ce blog, un rapport d’activité, j’ajoute cette vidéo réalisée, cette même année 2019, par les Amis des Éditions de l’Atelier où j’avais publié Voyage en terres d’espoir, hommage au Dictionnaire du mouvement ouvrier et social, livre dont La Victoire des vaincus prolonge et actualise le propos : 

Les gilets jaunes et le mouvement social

> Le dossier de Mediapart sur le mouvement des gilets jaunes

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