S’abonner à Mediapart ou l’offrir : un cadeau d’intérêt public

Pour que les yeux du peuple restent grand ouvert, nous avons plus que jamais besoin d’une presse radicalement libre et vraiment indépendante. Quelques bonnes raisons de profiter des abonnements cadeaux à Mediapart.

À Bordeaux, un samedi de novembre dernier, des activistes solidaires des gilets jaunes et, plus largement, des luttes sociales, écologiques et démocratiques, durant lesquelles des citoyen.ne.s affrontent la violence de la répression étatique, ont fait tomber d’un échafaudage une bâche publicitaire pour dévoiler la banderole qu’ils avaient fabriquée. Allusion aux vingt-cinq yeux crevés par des tirs de LBD (voir notre bilan “Allô place Beauvau ?”), on y lisait cette phrase : « Ceux qui ont crevé les yeux du peuple lui reprochent d’être aveugle ». Elle date de 1642 et son auteur, le poète John Milton (1608-1674), protagoniste de la révolution parlementaire britannique, fut l’auteur en 1644 d’un célèbre plaidoyer Pour la liberté d’imprimer sans autorisation ni censure.

À Bordeaux, le 23 novembre 2019 ©DR À Bordeaux, le 23 novembre 2019 ©DR

Ce texte inspira les idéaux démocratiques portés par la Révolution française. En 1788, an avant son surgissement, Mirabeau publie Sur la liberté de la presse. Imité de l’anglais de Milton. Son exergue : « Tuer un homme c’est détruire une créature raisonnable ; mais étouffer un bon livre, c’est tuer la raison elle-même ». Dans ces années de matin du monde, où tout était encore frais et jeune, la liberté de s’informer, de diffuser des connaissances, de partager des savoirs, de rechercher les vérités du présent et du passé, se résumait par un symbole présent un peu partout : un œil qui regarde et d’où partent des rayons de lumière. Non pas l’œil de la surveillance, mais l’œil qui cherche, qui veut connaître, découvrir, apprendre.

On le retrouvait ainsi sur les médaillons des colporteurs de journaux, attribués à l’automne 1789 quand la Révolution n’avait pas encore renoncé au Roi :

Médaillon des colporteurs de journaux, automne 1789 Médaillon des colporteurs de journaux, automne 1789

Et d’ailleurs, cet œil du peuple, on le croise encore aux rambardes de l’ancien Palais de Justice de Paris, sur l’île de la Cité, où se tiennent désormais les seuls procès en appel et en cassation. La justice se rend en public, sous le regard du peuple au nom duquel elle est prononcée. Tout comme le bien commun exige que soit public tout ce qui relève de l’intérêt public, que rien ne soit caché de ce que doit légitimement savoir le peuple pour exercer sa souveraineté. « La publicité est la sauvegarde du peuple » : proclamation fort moderne du premier maire de Paris, Jean-Sylvain Bailly, le 13 août 1789. Deux ans après, en 1791, dans le bouillonnement où s’élaboraient les textes fondateurs de nos valeurs républicaines, Condorcet résumera l’esprit qui animait ce regard que les pouvoirs autoritaires ou despotiques voudraient aveugler : chercher la vérité. « Les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent, et non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée » : c’est la première phrase, souvent mal citée, d’un discours sur les « conventions nationales » prononcé devant l’Assemblée fédérative des Amis de la vérité, le 1er avril 1791.

Chercher la vérité, enquêter, vérifier, recouper, puis publier, révéler, faire savoir, rendre l’information à celles et ceux qui ont le droit de savoir : c’est toute l’histoire de Mediapart depuis sa création. Sa raison d’être, au service d’une liberté fondamentale sans l’exercice de laquelle il n’est pas de démocratie vivante et consciente. En somme, notre mission de journalistes : rendre au peuple ce qui lui appartient, contribuer à ses résistances et à ses émancipations par des savoirs et des connaissances dont il peut s’emparer. Les plus précieux sont évidemment ceux que les pouvoirs, politiques ou économiques, veulent garder par devers eux, cacher à notre regard, dissimuler au public, dérober au débat. L’enquête n’a d’autre finalité que mettre au jour ces biens communs dont la société peut ensuite se saisir pour agir.

En ce sens, les vérités les plus utiles sont celles qui dérangent. Car elles bousculent, réveillent, alertent et mobilisent. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) l’a rappelé dès 1976 dans un arrêt célèbre dit Handyside : « La liberté d’expression vaut non seulement pour les informations ou les idées accueillies avec faveur, ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent l’État ou une fraction quelconque de la population. Ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’y a pas de société démocratique ».

Depuis bientôt douze ans que Mediapart existe, nous n’avons pas d’autre ligne : servir ce droit fondamental qui vous appartient, à toutes et tous. C’est la finalité de nos nombreuses révélations, quels que soient les domaines visés, les protagonistes concernés et les intérêts bousculés. Et, pour respecter vraiment cet engagement, sans compromis ni renoncement, nous avons fait le choix d’une indépendance radicale. Désormais contrôlé par une structure à but non lucratif au service de l’intérêt général (lire ici), par conséquent totalement dépourvu d’actionnaires individuels, Mediapart ne reçoit aucun subside de la puissance publique ni de mécène privé. C’est une exception solitaire dans le paysage de la presse quotidienne d’information politique et générale avec laquelle nous sommes en compétition.

Tous nos concurrents directs – les quotidiens, qu’ils soient imprimés ou numériques – vivent ou survivent avec des aides provenant des caisses de l’État, donc de nos impôts, et c’est notamment le cas des journaux propriétés d’oligarques, à l’instar de ceux du groupe LVMH (Bernard Arnault), premier bénéficiaire de ces subventions publiques avec un total de près de 14 millions d’euros en 2017 (les titres et groupes de presse aidés, avec les montants accordés sont ici pour la dernière année disponible). Et cette exception est encore renforcée par la généralisation des aides financières apportées par les GAFAM, notamment Google et Facebook, dont profitent aussi nos concurrents (et de façon croissante) alors qu’elles accroissent leur dépendance aux principaux acteurs de la destruction de la valeur de l’information (lire ici).

Mediapart, lui, ne vit que de votre soutien. Vos abonnements sont notre seule ressource. Ce qui nous permet de dire, ainsi que nous le proclamions dans une vidéo en janvier 2015« Seuls nos lecteurs peuvent nous acheter ». Qui, à part sans doute Le Canard Enchaîné et nos partenaires de la presse indépendante d'information en ligne, notamment ceux avec qui nous couvrons les municipales à venir, peut en dire autant ?

Pour que les yeux du peuple restent grand ouvert, nous avons plus que jamais besoin d’une presse radicalement libre et vraiment indépendante. C’est une bonne raison pour vous abonner à Mediapart si ce n’est déjà fait ou pour l’offrir à vos proches. Et cela tombe bien, nos offres cadeaux vous proposent actuellement des abonnements avantageux : trois mois pour seulement 25 euros, six pour seulement 50 euros et un an pour seulement 75 euros (toutes les précisions sont ici).

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