Un dîner rue de Solférino (23)

Coming back de René. Le même et l'autre, c'est finalement ça, le fil rouge de ce troisième acte. Comme cela reste un feuilleton, va falloir attendre un peu...

Le même et l'autre

Coming back de René

 

1rue-de-solferino
- Et bien, dis-donc, tu n’y allais pas avec le dos de la cuillère !

- Et encore, j'ai changé la conclusion. je te l'envoie par mail, la conclusion de 2007...

...

- Tu vois ?

Et même si j’ai dix ans, je ne suis pas si con. Tu crois que ça va suffire, deux claques, pour nous sauver de la dépression ? Il faudra bien construire, aussi, Nicolas, alors réfléchis… Il faudra bien construire, et pas seulement des barrages… Un petit coup de sécurité pour faire plaisir aux fachos, un petit coup de compassion pour faire plaisir aux cathos, un peu moins d’impôts pour faire plaisir aux fromages, ça ne suffit pas, tout ça, ça ne suffit pas… Je me méfie et je n’ai pas l’impression que tu vas y arriver, à nous sortir de la dépression. Et je ne suis pas certaine que ce soit la bonne méthode non plus, deux claques et tous ces clivages. On est dans la dépression, tous, et on n’est pas si cons. On a bien compris que les Trente Glorieuses, c’est fini, que les soutiens-gorge Dim, il faudra bien les fabriquer en Pologne ou en Chine, et que La Duchère, c’est plus comme avant…

Et vous, les socialistes, bossez un peu. Bossez un peu, pour une fois, ça vous changera, ça fait déjà cinq ans que vous ne foutez rien. Toutes vos histoires de qui va au FMI, de qui est meilleur que qui, on s’en tape, c’est rikiki. De qui couche avec qui, c’est rikiki aussi. Nous ce qu’on voudrait, c’est un vrai projet, un projet qui nous ferait du bien, auquel on pourrait croire… Pas un truc débile comme le SMIC à 1500, pas un truc de poker menteur. Moi, à 1600 je vois, à 1700 je me couche. Pas un truc de bobos, non plus, quelque chose qui aurait de la substance.

Non mais.

Quand je vous disais que la colère, c’est un truc sérieux.

Paris, 2007

 ...

- Tu m'achèves...

- Oui, c’est un fait. En me relisant, je me dis que j’étais une drôle de visionnaire, mais je crois aussi que c’est ça qui ne lui a pas trop plu, à la fille de la maison d’édition. On était encore en pleine lune de miel, à ce moment-là, entre lui et sa Carla, à Eurodisney...

- Et en 2012, alors, tu as écrit quelque chose sur les élections ?

- Non, en 2012, j’étais con, j’y croyais. J’avais écrit un peu, c’est vrai, et, d’ailleurs, je ne sais vraiment pas pourquoi je me mets à faire une crise aiguë d’écriture à chaque élection, mais en 2012, j’étais encore branchée sur ma carrière sentimentale, celle qui s’est mal terminée.

- Sur Marco, alors ? Et tu avais écrit quoi, sur Marco ?

- Et bien, qu’il était beau, oh-oh-oh, Cuba si, Cuba no

- N’importe quoi !

- Oui, c’est ça, n’importe quoi. Et le beau Mike, alors, comment il va ?

- Très bien, très bien… Je crois qu’il va demander  à prolonger sa convention de recherche, parce qu’aux États-Unis, en ce moment, vu l’ambiance… Au fait, tu ne m’avais pas dit que tu nous enverrais un truc sur Donald Trump ?

- Non, tu as dû te trumper, hi, hi… En fait, ce n’était pas sur Trump mais sur Bush.

- Envoie quand même…

- Je veux bien, mais n'empêche que je t'ai cherché partout, t'étais où ?

- C'est compliqué, Louise, figure-toi que Jean-Rémi me fait un procès.

- Un procès ??? Mais un procès sur quoi ?

- Atteinte à sa vie privée et violation de son image.

- Alors ça, mais pourq...

- Je n'ai vraiment pas le temps, là, ma chérie. Envoie ta nouvelle et je te raconterai tout la prochaine fois. Bises.

- Bon, j'ai compris. alors, on fait comme ça. Bises.

 

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 Prochain épisode : Viens me sauver, George !

Olé !

Et pour ceux qui auraient du mal à suivre : https://blogs.mediapart.fr/emma-rougegorge/blog/280218/la-depression-cest-bien-pire-que-la-crise-melanges-economiques-et-personnels

 

 

 

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