Du politique et de deux systèmes pour l'incarner - fragments de quatrième billet.

social et individu, commun et liberté, communisme et libéralisme

Je transfère ici deux commentaires écrits sur deux autres fil.

Je le modifierai dans la journée pour trouver un titre, et peut-être lier les deux.

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Sur le fil d'un billet de Velveth , je répondais à Jean-Claude Charrié :

"Dans la perspective du réarmement idéologique, comment contourner cette représentation que le communisme a indubitablement donné de lui même, pour réhabiliter non pas le mot mais la promesse dont il est le nom ?" (Jean-Claude Charrié)

Commnet ? A mon avis, en discutant calmement de cette idée et de ses applications, de leurs possibilités et impossibilités, - entre nous, sur Mediapart - sans recourir ou attacher trop d'importance aux slogans, injures, diversions.

 

Je souhaite la même attitude envers le capitalisme, ou le libéralisme politique.

Au-delà des slogans, idées toutes faites, représentations qui nous viennent sans interrogations de nos héritages respectifs, quelles sont les valeurs ou les réalités qui portent, sous-tendent ces idées, ces systèmes ? Pourquoi certains les ont-ils pensées, ou défendues ? Qu'en attendaient-ils, qu'en attendent-ils ?

Et que refusent-ils dans l'autre système ?

 

-D'un côté, biens communs, construction d'un espace social partagé et vivable pour tous, impasse sur l'individu, sa liberté, sa singularité comme désir fondamental. Or le principe de l'égalité des singularités ne tient pas devant chaque question pragmatique-

*cf "la décision". Quels intérêts, ceux exprimés, portés par quels individus singuliers, vont l'emporter dans une décision "commune" ?

 

-De l'autre, individu et liberté de la vie individuelle, impasse sur le socius, considéré comme résultant d'une simple addition ou juxtaposition d'individus, sans régulation collective. Or le principe de la liberté totale de chaque individu dans ses libres entreprises ne tient pas devant la réalité des inégalités des individus dans les interactions ordinaires.

*cf. la violence conjugale, plus généralement la violence de ceux qui détiennent un capital (économique, culturel, symbolique...) contre ceux qui en détiennent moins.

 

Les humains ne sont pas que rationnels, ils ont un inconscient qui les divise. Aussi, aucun de ces deux systèmes, chacun fondé sur une vision d'un homme rationnel, ne peut convenir seul aux humains!

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Sur le fil d'un billet de Hêtre , (non ! là j'ai parlé d'autre chose... voir plus bas).

Donc, sur le même billet de Velveth je répondais à Pascal b, qui écrivait :

"Le communisme passe par la mise en commun des grands moyens de production.

Mais cette mise en commun pose alors la question de "qui décide?". Une démocratie renouvelée, enfin établie dans les entreprises, avec ses délégués révocables et ses syndicats refondés est alors nécessaire. Ce ne saurait être que conflictuel.

Communisme, démocratie, dissensus, autogestion: ces mots sont liés.

Le communisme comme projet collectif conscient et non délégué à une avant-garde devenant bureaucratie doit permettre une émancipation. Que chacune et chacun ait plus de liberté, que ce ne soit pas au détriment des autres.

Communisme, liberté, libération, invention, subjectivité sont alors à lier dans un même projet qui se construit dans les luttes actuelles. Ce n'est pas qu'une déclaration d'intention. Les anarchistes et libertaires agissent et proposent, c'est à étudier. L'expérience du Chiapas et du sous-commandant Marcos, etc.

Et encore: communisme et écologie ont partie liée: la planète court à la catastrophe, l'Humanité court à la catastrophe écologique. Le projet communiste ne peut qu'être renouvelé profondément, en un écocommunisme, proposa Bensaïd.

Le communisme fut déjà renouvelé par la prise en compte du féminisme comme réponse à la domination séculaire des femmes par les hommes. D' autres dominations, autres que celle salariés/patrons (oppositinon toujours structurante) ont été l'objet de luttes, de réflexions, de renouvellement du projet communiste. Qui n'est plus exclusivement marxiste, qui a toujours une dette envers Marx, qui s'est enrichi, en opposition au "socialisme réel" de Staline et de Mao et de leurs successeurs." (23/01/2010 09:53Par pascal b)

 

Ma réponse :

Votre commentaire cerne le problème central du communisme, Pascal.

Comment prendre des décisions en commun ?

En particulier des décisions économiques.

Je suis convaincue qu'il est nécessaire ici de sortir des projections, des utopies, du monde des idées, et d'aller prendre ce qu'il y à prendre du côté des sciences humaines. Beaucoup de disciplines depuis Marx, les théoriciens anarchistes, ou ceux des premières utopies, se sont penchées sur la vie des groupes.

Mon désir : que nous décidions de sortir du rêve de l'harmonie, pour entrer aussi dans le pragmatisme de la vie sociale quotidienne avec sa multitude d'occasions de décisions.

 

Sans même rentrer dans le processus des décisions -

- processus d'une redoutable complexité, puisque déjà décider à deux pose le problème de la domination, cf, le couple comme l'a montré le féminisme ! Alors décider à 3, à 10, à 100, à 6 milliards...

-Mais, dans la journée, dans la vie sociale, comment on décide des actions qui attendent une décision - 100 occasions par jour, peut-être; ou mettons, 2 ou 3.

On fait une AG à chaque instant ou bien on délègue ?

 

Et dès qu'on délégue, on sort du commun. Notre délégué n'est pas un robot programmable par le commun, il n'est aps le délégué idéal, c'est un humain donc un individu, avec du singulier.

Alors comment va-t-on "désigner" ce délégué ? Pourquoi lui ?

Impossible de penser le commun" sans penser en parallèle l'individu, et surtout, les rapports entre l'individu et le collectif, entre le collectif et l'individu.

 

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Sur le fil d'un billet de Hêtre , un de ses commentaires m'a frappée, d'où un début de discussion à trois :

Je commence par le commentaire initial de Prevalli, pour davantage de compréhension de l'échange :

 

"La criminalité consubstantielle du communisme est que pour supprimer la propriété privée il faut la dictature du prolétariat car l'instinct de propriété est naturel et essentiel à l'expression de la liberté.

Il faut donc travailler sur cette contradiction comme le dit le goff.

Pour le prétendu argument économique d'alcylme, comment explique t'il que les russes ont réussi à investir et à envoyer un spoutnik dans l'espace ? Lisez Aron sur le marxisme et vous verrez qu'il y eu de réelles réussites du communisme en terme économique mais aussi de graves et lourds échecs. Souvent induit d'ailleurs par la nature totalitaire et politique du régime." (22/01/2010 12:41Par prevalli)

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"prevalli,

Vous faites l'hypothèse que "la propriété privée" est naturelle, que le capitalisme est naturel. Même si vous aviez raison, n'avez-vous pas remarqué qu'il est déjà arrivé à l'homme de combattre et de vaincre la Nature ?" (22/01/2010 18:18 Par hêtre)

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Combattre et vaincre la nature.

Une vraie question. (22/01/2010 19:54Par Fantie B.)

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Fantie B.,

Merci d'avoir relevé cela. "Une vraie question."

Combattre et vaincre. Et non détruire. Détruire la Nature : Un acte suicidaire.

(22/01/2010 20:42 par hêtre)

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"Combattre et vaincre" ? vous êtes sûr ?

(23/01/2010 07:46 ParMarielle Billy

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Marielle Billy,

Oui, "combattre et vaincre".

Par exemple, rien de plus naturel qu'une épidémie. Pour la combattre, la vaincre : La médecine.

Rien de plus moins naturel que les arts. Les sciences. L'agriculture. Etc.

(23/01/2010 09:13Par hêtre

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@ Hêtre. Le problème dans la nature c'est l'humain.

Sur la nature de l'humain :

L'humain a un langage, donc un inconscient.

Avec l'inconscient, pas question de vaincre.

L'être humain est divisé, et il projette cette division, en des combats fratricides ou auto fratricides.

La médecine ou l'enseignement -et le militantisme en est un - passent beaucoup de temps à vouloir vaincre, ce qui ne correspond pas toujours à soigner ou éduquer ou émanciper. ((23/01/2010 11:25 par Fantie B.)

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Marielle Billy,

Un "plus" s'est glissé entre le "de" et le "moins" du commentaire précédent... La relecture (sur Internet, notamment, où tout va si vite...) : Un combat ?

(23/01/2010 12:04 Par hêtre

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Fantie, j'avais tiqué, moi aussi, sur le rapprochement présenté comme une évidence dans le message de Prevalli :"propriété" et "naturelle"

Peut être que Prevalli voulait dire : coutumière ?(23/01/2010 07:50 Par Marielle Billy)

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il sera bien de parler d'économie, moi je crois c'est cela qui me
chagrine quand on parle de cette pensée est que on ne se soucie pas
d'observer par exemple ce qui se passe en économie actuellement" (23/01/2010 08:25 Par jonath)

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Sur ce point nous sommes d'accord, moi et vous, Jonath, et peut-être les seuls parmi ceux qui s'expriment ici. (23/01/2010 11:28 Par Fantie B.)

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Fantie B.,

"Au revoir madame Economie... et bienvenue, camarade Politique !"

(Voir mon dernier billet : "Slavoj Zizek : "Au revoir monsieur Socialisme... et bienvenue, camarade Communisme !"") (23/01/2010 12:12 Par hêtre)

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J'avais vu, Hêtre : mais pour moi toute économie est politique.Et inversement.

La chose politique se pose dès la première domination, donc dès le premier échange, dès al première interaction, entre deux êtres humains.

Les humains ont plusieurs types d'échanges : économiques, affectifs, symboliques. Chaque échange concret combine les trois types, dans une proportion variable.

(Fantie B.)

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Intéressante discussion sur la croyance (Jean-Paul-Yves, Jonath).

Nous fonctionnons sur nos représentations.

Si nous nous pensons comme un individu rationnel et "maître et possesseur de sa nature" , nous sommes en plus persuadés que nos représentations sont rationnelles.

(23/01/2010 13:01 Fantie B.

 

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