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Billet de blog 8 déc. 2011

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Encore une révolte au CRA de Vincennes

Les étrangers n'acceptent plus le sort qui leur est fait, quand ils sont arrachés à leur vie en France, enfermés pour être expulsés, alors que c'est l'application même de la loi qui leur interdit de vivre la vie qui est la leur. Et les Français, s'ils le savaient, l'accepteraient-ils?

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Les étrangers n'acceptent plus le sort qui leur est fait, quand ils sont arrachés à leur vie en France, enfermés pour être expulsés, alors que c'est l'application même de la loi qui leur interdit de vivre la vie qui est la leur. Et les Français, s'ils le savaient, l'accepteraient-ils?

Le mercredi 6 décembre 2011 à 17h, une alerte est postée sur le site de l'ASSFAM (Association Service Social Familial Migrants), présente dans le centre de rétention de Vincennes:

"Dans la nuit du 5 au 6 décembre 2011, entre 4 h et 7 h du matin environ, vingt-deux personnes retenues au centre de rétention de Paris-Vincennes se sont enfermées dans une chambre du CRA 3. Elles contestaient l’éloignement de deux d’entre elles. Ces personnes ont été délogés par la force et dix-huit d’entre elles ont été déférées. Durant l’intervention, les autres personnes retenues au centre ont été, selon leurs déclaration « placées dans la cour, pour certains sans manteau et sans chaussures, » et cela pendant plus de deux heures. A l’heure actuelle, les dix-huit personnes impliquées sont encore placées en garde à vue."

Dès la nouvelle connue, les "veilleuses" se mettent en quête d'information et les détails de la révolte commencent à filtrer. Deux algériens retenus, dont l'expulsion était programmée pour le lendemain, se sont tailladé le ventre pour résister à cette expulsion. Avec leurs 22 compagnons de rétention solidaires, ils ont été transportés dans deux commissariats. Les 22 ont été libérés après environ 12 heures de garde à vue apparemment sans suite. Mais les conditions de l'incident vont être examinées de près à partir des témoignages des étrangers impliqués.

Les deux réfractaires auraient été déférés au tribunal. En effet, le refus d'embarquement est une infraction pénale qui peut vous envoyer en correctionnelle puis en prison, et vous valoir une interdiction du territoire.

A suivre.

Les drames et les révoltes dans les centres de rétention sont récurrents, comme nous le rappelions dans un billet de mars 2011: automutilations, tentatives de suicide, incendies se répètent de mois en mois.

Toutes ces violences pour une politique fondée sur une ignorance insondable des réalités des migrations...

Martine et Jean-Claude Vernier

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