Je ne rigole plus, ce confinement doit être boycotté

C'est « Notre » sacro sainte économie néolibérale qui a provoqué le transfert du corona virus de certains animaux vers les humains. Pour un problème qui n'était QUE sanitaire, la défense de cette économie par son plus ardent défenseur, E.MACRON, a déjà coûté plus de 600 milliards, contre seuls 7,5 milliards alloués au secteur santé. Avec un déficit de 52 milliards pour la sécu. Je ne rigole plus.

Je ne rigole plus, ce confinement doit être boycotté

 

Les virus sont programmés pour survivre, qui peut le leur reprocher ? tous les moyens leurs sont bons, suivant les opportunités, tandis que la bagarre fait rage entre prédateurs pour se partager les proies. Il y a 10 000 ans, la population des animaux humains explose. « Chouette », se dit le virus de la rougeole, confiné jusque là aux animaux, je profite de ce nouveau marché, et hop, je te colonise définitivement l'animal humain. Quelque milliers d'année plus tard, les humains pour nourrir Monsanto et l'industrie agro-alimentaire détruisent un certain nombre d'espèces animales à coup de pesticides. Ce coup-ci, ce n'est plus l'espèce humaine qui augmente (encore que) mais les animaux qui font défaut. Du coup, que font les coronavirus ? Ils vont là où ils trouvent, et colonisent les humains. Si bien d'ailleurs que cette année le COVID a fait des coudes et marginalisé le virus de la grippe (3600 morts seulement, contre 8 à 15000 chaque année, parfois plus (sans que l'on confine)

Dès février, je savais (c'était facile) que, comme les humains ne bénéficiaient d'aucune immunité face à cette maladie nouvelle, nous courrions forcément à une pandémie, et je l'écrivais le 1er mars, alors que tous les messages gouvernementaux restaient rassurants : https://blogs.mediapart.fr/frederic-pic/blog/010320/non-le-corona-virus-ca-nest-pas-de-la-petite-biere. Mais comme tous j'ai été sidéré par la violence de l'impact, et j'ai participé sans rechigner au confinement.

Mais dès le 12 mars, je m'étonnais que le secteur santé ne bénéficie pas d'aides aussi conséquentes que l'économie et je proposais donc d'inverser la tendance: https://blogs.mediapart.fr/frederic-pic/blog/120320/sauvons-dabord-leconomie-pour-les-vies-verra-plus-tard

Le 9 mai, c'était facile aussi, (je n'étais pas le seul) je soulignais sur mon blog les incohérences du déconfinement et le tout répressif ( 15 millions de contrôles tâtillons) en lieu et place de l'explication et du consensus. Le 11 septembre je dénonçais le discours apocalyptique du gouvernement alors que la situation ne le justifiait pas, tout en reconnaissant la possibilité d'un nouvelle vague. Et le 20 octobre, j'expliquais comment l'argent allait à l'argent et non au vrai traitement de la crise.

Aujourd'hui, je pourrais rigoler à entendre E.MACRON, J.CASTEX et R.FERRAND nous expliquer que le lieu où je risque le plus de me contaminer est l'appartement que je partage avec mon épouse, alors que c'est dans le métro que réside le moindre risque, surtout aux heures de pointe (ce qui explique que tout le monde s'y précipite pour se protéger). Je pourrais sourire à la fable qui voudrait que le virus va nous croquer dans les tribunes ventées d'un stade où nous sommes 2500 spectateurs pour une capacité totale de 15 000. J'aurais pu m'esclaffer devant ce trait d'humour qui prétendait que les jeunes n'avaient pas visité leurs parents de tout l'été (sauf mes enfants et mes petits-enfants, mais reconnaissons-le, ce sont bien les seuls). Ou pouffer en entendant dire qu'ils se sont contaminés comme des fous tout l'été sans qu'aucun des millions de tests pratiqués ne le décèlent, le virus faisant alors preuve d'une duplicité remarquable (d'autant qu'il est comme chacun sait porté à se dupliquer) l'amenant à prolonger de 2 mois, tapi dans le pharynx de nos galipettants adolescents, une période de contagion habituellement limitée à une semaine.

Aujourd'hui, malgré le côté loufoque à la Alphonse Allais limitant les déplacements à 1km pour aller courir (si le stade est à 1,1km, paf, 135 euros) ou aller dans un parc ou à la plage. (heureuse initiative malgré tout de laisser les parcs ouverts comme les fenêtres, afin qu'ils puissent abondamment se ventiler). Ou apprendre que si je fais 10 km seul dans ma voiture je suis plus dangereux que si j'en fais 1, et 100 fois plus si j'en fais 100.

Mais là je ne rigole plus, pourquoi ?

Parce que, en écoutant ce que dit le pouvoir : « les effets des mesures se feront sentir en une semaine, deux au maximum » (ce qui a été dit pour les bars par exemple) je suis allé revoir les effets du 1er confinement, et, ô surprise, la courbe ne s'est pas inversée, ni même le moins du monde calmée ou aplatie, ni en une semaine, ni en deux, ni trois, ni quatre, mais à la 5ème semaine, comme si le virus avait suivi son évolution épidémique habituelle en cloche, d'autant plus indifférent à l'agitation gouvernementale que ce confinement n'était que partiel, partial, désordonné.Pour se calmer l'été parce qu'il n'aime pas la chaleur, et revenir aux premiers rafraichissements de l'atmosphère 

Parce que Amazon, la Fnac et le commerce international sont jugés indispensables, alors que la culture, le petit noir au bar, les repas entre amis, le ciné, le théâtre et le livre en librairie , tout ce qui fait la vie en fait sont considérés sinon comme dérisoires, du moins comme accessoires et secondaires. Et qu'il vaut mieux un confinement programmant la mort du corps social tout entier qu'une blessure même légère à l'économie néolibérale.

Parce que j'apprends aujourd'hui sur statista :

https://fr.statista.com/infographie/21476/comparaison-pays-aides-economiques-plans-de-sauvetage-crise-coronavirus/ que au 6 juin, le total des aides économiques déployées par l'État français en réponse à la crise du coronavirus s'élèvait à 620 milliards d'euros. Tandis qu'en 6 mois le déficit de la Sécu a été creusé de 52 milliards, et que le Ségur de la santé a généreusement accouché de 7,5 milliards .

Parce que je n'accepte pas ou disons plus, l'effarant mépris du président osant dire encore il ya peu aux hospitaliers qu'ils n'avaient pas besoin d'argent, mais de mieux s'organiser (des baffes!) Ni qu'il dise qu'il a formé 7000 personnes pour la réa (où sont-ils, il y a moins de soignants qu'en mars)

En réitérant les propositions faites dès mars, et que d'autres portent chaque jour, à savoir inverser la tendance et faire en fin de compte ce qui paraît normal devant un problème sanitaire, soutenir quoiqu'il en coûte le système de santé, j'appelle à refuser l'actuel confinement, qui n'a aucune cohérence sanitaire. Soignons correctement les porteurs du covid, et nous pourrons (malheureusement) accepter qu'il y ait des morts Comme nous acceptons que des diabétiques, cardiaques, accidentés, déprimés traités meurent bien qu'ils soient correctement traités, et justement parce que nous savons qu'ils le sont.( et quand je dis « ils », merci aux féministes de ne pas me jeter la pierre, j'ai déjà mon content d'emmerdements avec MACRON, la finance, le climat et les religieux décérébrés de tous poils)

Frédéric PIC, médecin retraité, militant politique et associatif

 

 

 

 

 

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