Palestine recherche paix durable pas celle des cimetières

Troisième rassemblement à Clermont-Ferrand pour le respect du droit et une solution politique au lendemain d'un cessez-le-feu bien provisoire. Rappelons l'enchaînement des faits et de la politique qui ont amené ces bombardements meurtriers. La lâcheté internationale se poursuit. Les populations lassées des combats et des morts accumulés, devront s'insurger pour imposer la paix avec le temps.

Manifestant·es au pied de la statue de Vercingétorix © Georges-André Photos Manifestant·es au pied de la statue de Vercingétorix © Georges-André Photos
Ce 22 mai, après le rassemblement du 28 avril pour dénoncer les agressions de l'extrême-droite israélienne contre des palestiniens à Jérusalem-est et les expulsions de palestiniens de leurs habitations du même quartier pour implanter des colons, après celui du 15 mai avec plus de 600 personnes pour protester contre le déchaînement militaire israélien qui s'est abattu une fois de plus sur la population palestinienne, l'AFPS63 a pris l'initiative d'un troisième rassemblement place de Jaude avec le soutien des Amis de l'Humanité 63, des Amis du Temps des Cerises, ATTAC 63, Cimade 63, CGT-UD 63, FSU 63, LDH 63, LFI 63, Libre Pensée 63, MRAP 63, NPA 63, PCF 63, PG 63, POI 63, RESF 63, Solidaires 63, UNEF Auvergne.

Rappelons l'enchaînement des faits

Après plusieurs élections successives ces deux dernières années et plusieurs tentatives ratées à leur issue pour former une coalition, le gouvernement sortant Nétanyahou ne parvient pas à se succéder à lui-même ce dont il a besoin entre autres pour échapper à la justice de son pays, toujours accusé de corruption. Après l'implantation de colonies dans toute la Cisjordanie qui torpille depuis des années la solution de paix durable de deux états, la tentative d'annexion de la vallée du Jourdain en 2020, il s'agit, ce printemps, d'exproprier les palestiniens d'Israël de leurs quartiers de Jérusalem-Est annexé depuis la guerre des six jours en 1967.

Lire cet historique bien documenté : « Brève histoire des expropriations de Shaykh Jarrah »

 © Georges-André Photos © Georges-André Photos

Ce Premier Ministre, avant même l'intérim actuel, pour son besoin de coalition et réussir à se cramponner au pouvoir, a propulsé en avant des groupes et partis racistes et ultra-violents. Début avril, « les troupes du député Ben-Gvir avaient déjà marché dans Jérusalem aux cris de « Mort aux Arabes , avant d’aller provoquer la baston à Cheikh Jarrah [un quartier de Jérusalem-est] ».

Lire : « Itamar Ben Gvir, un ultranationaliste accusé d’avoir attisé les violences à Jérusalem »

La foule écoute ou chante © Georges-André Photos La foule écoute ou chante © Georges-André Photos

« Plus de 175 Palestiniens, et 6 policiers israéliens ont été blessés, vendredi 7 mai, la plupart sur l’esplanade des Mosquées, dans les plus importants affrontements des dernières années à Jérusalem-Est […] Dans le quartier de Cheikh Jarrah... des manifestations ont lieu tous les soirs depuis une semaine pour protester contre une possible expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens »

Lire : « Jérusalem-Est : des heurts entre Palestiniens et policiers israéliens font plus de 180 blessés »

NI antisémite, ni haineuse ... le droit ! © Georges-André Photos NI antisémite, ni haineuse ... le droit ! © Georges-André Photos

Ce nouvel affrontement résulte en premier lieu de ce Premier Ministre qui ne recule devant rien pour se maintenir au Pouvoir mais aussi d'un jeu politique côté palestinien que résume Leila Seurat : « La fuite en avant sécuritaire de Benyamin Nétanyahou a suscité un élan nationaliste palestinien et offert au Hamas l’occasion de s’affirmer grâce à sa capacité de riposte militaire face à un Fatah moribond, analyse la chercheuse dans une tribune au « Monde ».

Lire l'excellente tribune de Leila Seurat, chercheuse associée au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip) : « Si la réponse du Hamas était prévisible, elle a pourtant surpris par son envergure »

In memoriam © Georges-André Photos In memoriam © Georges-André Photos

De fait, c'est le peuple palestinien hommes, femmes, enfants, une fois de plus, qui paye le prix de cette politique inique et destructrice : l'expansionnisme, l'apartheid, les agressions israéliennes mais aussi la lutte interne pour le leadership palestinien entre Fatah en Cisjordanie – Mahmoud Abbas (président de l'Autorité palestinienne) déconsidéré qui annule les élections – et le Hamas islamiste dont le modèle n'est à l'évidence pas celui de la démocratie ou d'un partage du pouvoir. Ce sont toujours les populations qui, ici et partout, payent de leur sang les intérêts supérieurs des nations ou de politiques cyniques quand bien même ceux-ci louent les martyrs qui n'ont pas demandé à mourir sous les bombes.

Ce sont bien tous les citoyens d'Israël (juifs et palestiniens) et les palestinien·nes des territoires occupés qui sont victimes de cette politique inique et meurtrière menée toujours plus à l'extrême-droite raciste même si la dissymétrie totale des chiffres au détriment de la population palestinienne est évidente. Les victimes c'est l'addition de toutes les victimes. Aucune n'a voulu mourir sous les bombes ou les missiles. Il demeure que les citoyen·nes palestinien·nes d'Israël comme les autres palestinien·nes, sont des citoyen·nes de seconde zone, vivent cette occupation et cet apartheid quotidien.

Le troisième rassemblement à Clermont-Ferrand

Le rassemblement

Des tables étaient cette fois dressées pour se procurer T-shirt BDS et keffieh sous un ciel couvert. Une participation inférieure à la précédente mais tout aussi résolue dans ce jour d'après d'un cessez-le-feu fragile qui ne conduit pas à la paix ni même à la suspension des expulsions, réponse et amorce de ces bombardements meurtriers.

Le rassemblement © Georges-André Photos

L'intervention

Au nom de l'AFPS63 et des organisations qui soutiennent, Bernadette prononce une déclaration où l'exigence de la solidarité avec « la résistance du peuple palestinien et la dénonciation des complicités de la France » sont affirmées quand « l’occupation, la colonisation, la répression quotidienne sont des violences ». avec « un cessez-le-feu mais la paix toujours dans un tunnel »

Elle explicite également la campagne BDS lancée en 2005, pour contraindre Israël par des boycotts ciblés à revenir sur sa politique actuelle et continue, donne des précisions pour le réaliser en précisant que ce boycott est légal.

  • Boycott : c'est le moyen pour chaque citoyen d'agir pour les droits des Palestiniens dans sa vie quotidienne.
  • Désinvestissement : pour obtenir des entreprises qu'elles cessent toute implication dans la colonisation et l'occupation de la Palestine.
  • Sanctions : les Etats doivent prendre des sanctions contre Israël pour le contraindre à respecter le droit international. (extrait d'un tract AFPS)

Bernadette lit l'intervention au nom des organisations et de l'AFPS63 © Georges-André Photos

La lecture éprouvante des noms des enfants morts

La foule présente s'allonge par terre pour symboliser ces corps meurtris d'enfants morts. Une lecture à deux voix donne les noms, les âges et le lieu des enfants palestinien.nes morts sous les bombes. Moment éprouvant où chacun touche du doigt la réalité de ces morts tragiques, de ces deuils impossibles que les chiffres occultent dans leur froideur ou "un" ne compte pas quand toute vie ne peut être occultée.

La lecture devant le parterre couché © Georges-André Photos

La déambulation

Autour de la place de Jaude, une déambulation est lancée rendant plus visible cette protestation dans ce samedi où des clien·tes se pressent au centre Jaude récemment réouvert.

La déambulation autour de la Place © Georges-André Photos

"On est là" version PALESTINE

En fin de protestation, la version « Palestine » du chant célèbrissime « On est là » est chanté par tou·tes. Vous en avez les paroles en fin de billet.

On est là version Palestine et AFPS63 © Georges-André Photos

Et maintenant

« Malgré l'apparente complexité du conflit entre Israéliens et Palestiniens, la question de fond se résume à une explication simple: Israël ne peut pas à la fois être un État juif, avoir un caractère démocratique et garder le contrôle sur tous les territoires et toutes les populations qu'il domine désormais. Ségrégation ethno-religieuse, flambée de violences récurrentes et détérioration de l'image internationale d'Israël sont les résultats directs de l'irrésolution de ce trilemme. »

  • et aussi le témoignage éclairant sur le blog de Sarah Benichou : « Le dernier article d'Asaf Ronel » refusé par « Haaretz » , publié dans « The guardian » traduit ici en français.

La lâcheté du concert des Nations qui laisse l'état d'Israël sans sanction, comme elle ne laisse aucun pays au monde, ne peut conduire à intervalle qu'à des actions guerrières de cet Etat qui ne veut pas la paix mais une occupation/annexion toujours plus poussée et impunie au mépris des résolutions de l'ONU et du droit international.

Ce sont les populations lassées des combats et des deux côtés qui peuvent imposer la paix au prix de mille sacrifices, mille impasses, mille répressions et avec le temps, mais c'est la seule voie pour une vraie paix qui ne soit pas celle des cimetières sous un croissant de lune ou sa pleine lueur.


ON EST LA pour la PALESTINE
(par des militant-e-s AFPS 63)

On est là, on est là
Même si Macron ne veut pas nous on est là
Pour défendre la Palestine
Contre le colonialisme
Même si Macron ne veut pas nous on est là

On est là, on est là
Même si Darmanin ne veut pas nous on est là
Pour le liberté d'expression
Et la lutte contre l'oppression
Même si Darmanin ne veut pas nous on est là

On est là, on est là
Même si le CRIF ne veut pas nous on est là
Pour défendre la liberté
Et pour la fraternité
Même si le CRIF ne veut pas nous on est là

On est là, on est là
Même si les sionistes ne veulent pas nous on est là
Contre les suprémacistes
Et tous les colons fascistes
Même si les sionistes ne veulent pas nous on est là

On est là, on est là
Même si Israël ne veut pas nous on est là
Pour que le monde soit plus sûr
Faut abattre tous les murs
Même si Israël ne veut pas nous on est là

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