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Billet de blog 12 août 2022

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Une aventure de Julie en Pays de Caux - 7

Quelle agitation en ce vendredi tant attendu ! André s’est levé tôt pour sortir la remorque. En s’étirant sur le pas de la porte, avant son bol de café, il a pris un grand bol d’air frais et regardé le ciel sans nuage. « Une bien belle journée ensoleillée se prépare... pense-t-il, heureux d’en être, et d’en être au milieu de cette jeunesse dynamique et joyeuse.

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Pour commencer la lecture au chapitre 1

Chapitre 7 – C'est parti !

Au hasard des rencontres © Georges-André Photos

Quelle agitation en ce vendredi tant attendu ! André s’est levé tôt pour sortir la remorque. En s’étirant sur le pas de la porte, avant son bol de café, il a pris un grand bol d’air frais et regardé le ciel sans nuage. « Une bien belle journée ensoleillée se prépare... pense-t-il, heureux d’en être, et d’en être au milieu de cette jeunesse dynamique et joyeuse.

Avec l’ardeur et l’efficacité qui le caractérise, il a sorti les vélos du garage, revérifié leur bon fonctionnement des pneus, freins, sonnettes et hauteur des selles, sans oublier de graisser chaînes et pignons, jeté de grosses sangles dans la remorque vérifiée pour fixer solidement les vélos au retour et accroché celle-ci à la voiture. Jeanne s’est levée peu après, a préparé les petits-déjeuners et, dans la foulée, sandwichs et salades pour le pique-nique. Elle n’oublie pas les pêches blanches dont elle raffole tout autant que son compagnon et quelques abricots. Les gourdes emplies d’eau ou d’antésite, étancheront la soif. Elle met le tout dans un grand panier aux larges bords, soigneusement entretenu et rangé dans une pièce à tout faire où les légumes et les fruits sont préparés pour la conserve. Elle passera devant la boulangerie tout à l’heure, en route, pour acheter du pain frais bio traditionnel.

Quand André rentre dans la maison, Julie est déjà debout ou plutôt assise à la cuisine à déguster, comme à son habitude, jus d’orange et céréales dans son bain de lait. Elle n’a pas eu besoin d’être réveillée, même tôt. Elle s’est endormie sitôt couchée, en pensant au lendemain enchanté. Après une bonne nuit, une petite voix intérieure, ce matin, lui a murmuré dans son sommeil : « C’est l’heure de te réveiller, Princesse. Nous partons à vélo ». Aussitôt, elle s’est levée d’un bond pour se précipiter dans la cuisine sentant le café matinal.

À 8h32, Charlotte entre dans la cour de « Mondouillet » avec vélos et petites-filles dans la voiture. Celles-ci se précipitent, les yeux pétillants de malice vers Julie qui les accueille avec un sourire complice. Les congratulations matinales ne durent pas, on passe vite aux choses sérieuses : André vérifie les vélos d’Eva et d’Anaïs. Jeanne apporte le panier du pique-nique dans la voiture.

C’est au moment de donner rendez-vous à Charlotte pour le soir qu’André a une idée géniale : « Au fait Charlotte, pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous ? Plus on est de fous, plus on rit ! Je sais bien que c’est une proposition de dernière minute, mais si tu es disponible, nous serions tous heureux que tu te joignes à nous ! Honte à nous de n’y avoir pensé plus tôt. »

Visiblement émue, les yeux de sa compagne s’illuminent, son visage arbore un sourire resplendissant. Elle désirait tant amener avec elle son amie ! Dans l’instant, elle tourne son regard vers son cher André pour l’embrasser d’un battement de paupières, l’air de dire : « Tu ne pouvais pas me donner plus de plaisir ! ».

Charlotte, tout aussi surprise, hésite, cherche dans sa tête si une obligation dans la journée ne la contraindrait pas à refuser…

« C’est tellement gentil à vous ! Voyons ma journée… Je ne voudrais surtout pas vous déranger... Bien sûr c’est tentant, très tentant... »

Elle n’a pas le temps de terminer que les trois filles se mettent à crier joyeusement : « Char-lotte ! Char-lotte ! Avec nous ! Char-lotte ! Avec nous ! Char-lotte ! Avec nous ! »

– Dis oui, lance enfin Eva.

– Eh bien, devant cette unanimité, j’accepte avec grand plaisir ! Mais je n’ai rien amené pour le pique-nique, vous savez.

– Ne t’inquiète vraiment pas, Charlotte. Si tu veux, tu achèteras le pain en passant devant la boulangerie, ce sera bien suffisant. Je suis en-chan-tée ! répond Jeanne sans hésiter. Merci de nous faire ce plaisir. Nous aurions pu y penser avant, mais André veille ! »

André poursuit : « Bien sûr, il faudra partir avec les deux véhicules pour pouvoir ramener tout ce monde au retour. À l’aller, les femmes conduisent, les enfants et moi partons à vélo. Au retour, on pourra mettre les vélos dans la remorque et repartir en voiture. Si l’une ou l’autre de nos conductrices est fatiguée, bien sûr je prendrai le volant. »

Au moment du départ, chacun examine la carte IGN au 25 000e partiellement dépliée sur le capot de la voiture pour repérer le trajet, et surtout, le point de rendez-vous à l’arrivée, au bord du bois. On se retrouvera au bord de la D28, route du grand Moulin, près d’un chemin. De là, il devrait être aisé de trouver un endroit agréable pour pique-niquer après l’effort.

9 heures : c’est le départ, à l’heure prévue. Les quatre vélos enfourchés par nos quatre cyclistes s’élancent avec prudence sur la route du bonheur. Un moment, les deux voitures les suivent à vitesse réduite, puis les dépassent, faisant signe de la main, provoquant en retour, un concert joyeux de sonnettes. La route est ouverte, le ciel sans nuage. L’aventure est au bout des pédales.


Les premiers kilomètres s’enchaînent avec légèreté, dans une nature épanouie et tranquille. Peu de voitures. Un léger vent arrière facilite l’effort. Vers le dixième kilomètre, ils mettent pied à terre, sortent les bidons et détendent les jambes. Eva affirme haut et fort que cette balade est formidable et qu’elle peut faire encore trente kilomètres. À quoi André répond que quinze kilomètres supplémentaires seront suffisants pour aujourd’hui. Le moral de la troupe est au beau fixe, comme le temps sur la région. On repart en pleine forme.

André a vu juste. Il faut les faire, ces vingt-cinq kilomètres ! Ce n’est pas rien, mais la volonté et la détermination des trois fillettes sont là pour donner des ailes. Plusieurs arrêts, une vitesse plus lente, le grignotage de quelques fruits secs sont néanmoins nécessaires pour que tous s’acheminent sans trop de difficultés au point de rendez-vous, où les deux véhicules attendent sagement rangés sur un terre-plein en bordure de route, près d’un chemin qui s’enfonce dans le bois. Près de ceux-ci, un peu à l’écart, nos deux amies semblent bavarder, assises dans des fauteuils confortables. Il est 12h40.

« Alors les cyclistes, vous avez fait bonne route ? Pas trop fatigués ? Venez boire un peu d’antésite, ça vous rafraîchira, adresse Jeanne.

– Ben moi, je suis bien contente d’être arrivée, répond Eva visiblement fatiguée, Mamie, tu me prends dans tes bras s’il te plaît ? »

Charlotte prend sa petite-fille chérie sur ses genoux et l’entoure de ses bras. Quelques minutes de repos et un verre d’eau plus tard, le groupe se décide à entrer dans le bois avec le panier.

« Tu nous as bien dit que ton José t’attend près d’une cabane, c’est ça Julie ? demande André.

 Oui une cabane, mais je ne sais pas où elle se trouve.

– Et si nous la cherchions tout de suite ? Ce bois n’est pas si grand.

– Franchement André, je crois qu’il vaudrait mieux trouver un coin pique-nique rapidement et déjeuner. Après cet effort, les enfants, et toi aussi, avez besoin de manger. On aura tout le temps avant 15 heures pour la trouver cette cabane », rétorque Jeanne.

Et il en fut ainsi. La cabane oui, mais un peu plus tard. Le repas s’est imposé de lui-même. Les forces revenues, il sera plus facile et plus tranquille de chercher. Le coin pique-nique est trouvé au frais sous les arbres, dans un carré d’herbe parsemé de pierres qui servent de sièges. Une nappe est déployée, assiettes et couverts sont disposés sur celle-ci. Enfin, le contenu du panier est peu à peu distribué : de la bonne nourriture préparée avec amour et délicatesse, soigneusement emballée qu’attendent de pied ferme langues avides et ventres vides. Le thé pour les grands, l’infusion pour les plus jeunes terminent le repas avant ce petit moment de repos silencieux, allongés dans l’herbe, bien mérité par tous, si nécessaire à André qu’il finit par s’assoupir...


« Alors cette cabane, on la cherche ? Il est maintenant 14 heures », lance Jeanne d’une voix claire.

André sursaute au rire des filles : il émerge d’un léger assoupissement qu’indiquait un ronflement régulier et sonore ! Les filles, elles, sont déjà debout.

« Vous pouvez partir trouver la cabane, moi je ramène les affaires à la voiture, dit Jeanne. De toute façon, j’ai mon portable et je vous appelle si on ne se retrouve pas. Ce bois est petit, on ne devrait pas trop se chercher. Tu viens avec moi, Charlotte ? J’aimerai beaucoup.

– Avec plaisir », répond-elle.

Elles s’éloignent vers les voitures, tandis que les quatre autres s’enfoncent dans le bois en poursuivant sur le chemin. Sous les arbres qui cachent l’horizon, il n’est pas facile de repérer une cabane, même sur ce terrain assez plat.

« Une chose m’intrigue Julie : Pourquoi José t’a-t-il donné rendez-vous dans ce coin un peu perdu, ce n’était pas plus simple de venir à la maison ? »

Julie ne s’attendait pas à cette question d'évidence à celui qui ne sait pas. Troublée, elle regarde ses amies, pâlit un peu. Son grand-père s’en aperçoit.

« Cette question t’embarrasse ma petite-fille, je le vois bien, mais tu peux me parler sans crainte.

– Grand-père, pour te répondre, il faut que je parle avec mes amies, tu veux bien qu’on s’éloigne un peu ? »

André acquiesce sans hésiter et les laisse s’éloigner. Pendant ce qu’il lui paraît être comme une délibération collective, il songe à ses secrets d’enfants à lui, qu’il gardait vaillamment alors que, souvent, l’envie presque insoutenable d’en révéler un peu lui brûlait les lèvres. Chaque fois, invariablement, tout le secret y passait. Il n’attend pas bien longtemps.

« Grand-père, je vais t’expliquer : José va venir à la cabane avec d’autres grandes personnes, on ne sait pas combien. Ce sont des trafiquants, mais il ne sait pas de quoi. Il y aura son oncle, un homme qui le déteste. Il veut qu’on arrête ce trafic. Nous, on veut aider José, on veut les espionner et tout dire à la Police pour les faire arrêter. »

Encadrée par ses deux amies qui approuvent du chef, Julie s’est lancée en respirant un grand coup, en espérant que grand-père comprendra leur désir, qu’il ne retournera pas avec elles à la maison, là tout de suite, sans rien faire, prendre la fuite quoi, en laissant José seul et perdu. Elle espère, mais elle craint tellement. André regarde les filles l’une après l’autre, les yeux écarquillés puis, lentement, d’une voix désarmée comme vaincue : « Eh bien les filles, si je m’attendais à ça !

– Ben nous aussi, vous savez ! ajoute Eva qui ressent son embarras.

– Bon. Comment on va gérer ça ? Je ne peux pas vous faire courir le moindre risque... D’un autre côté, nous sommes là et pourrions bien être les seuls à pouvoir faire quelque chose. Dis-moi, tu as bien dit que ces gens arrivent à 15 heures ? »

Julie s’empresse de répondre : « Ils viennent à 15h30 précises pour prendre la marchandise. Il faudrait les espionner et relever le numéro de toutes les plaques d’immatriculation, s’il y a plusieurs voitures, puis prévenir la Police pour qu’elle les poursuive et les arrête. En fait, José m’a dit que le camion de son oncle est utilisé pour transporter des caisses, mais il ne sait pas où elles sont amenées. Il faudrait le découvrir.

– Oui, mais c’est peut-être dangereux. Les trafiquants n’aiment pas les gêneurs, encore moins les espions. Vous me mettez dans l’embarras, les filles. À supposer que nous trouvions la fameuse cabane, que faire sans danger ? Si je ne trouve pas de réponse, on repart tout de suite… »

Il cherche, cherche, en pensant à Jeanne. « Que ferait-elle, elle ? Peut-être rentrer aussitôt, pense-t-il. Alors, que faire si ce n’est pas rentrer et que faire surtout sans danger ? »

Il réfléchit longuement dans un silence absolu... « J’ai une idée ! Nous nous cachons près de la cabane derrière les arbres sans bouger, sans nous montrer. Dès que les trafiquants arrivent, je téléphone avec mon portable au 17 – c’est la Police –, nous lui expliquons rapidement les choses pour qu’elle arrive vite et coffre tout ce monde. Je ne vois pas bien ce que nous pouvons faire d’autre. Surtout, pas de risques. On reste cachés assez loin, on ne bouge pas. Vous êtes bien d’accord ? Je répète : on ne bouge pas, on reste cachés et loin pour ne pas être vus. On ne parle pas, on n’éternue pas, on ne se mouche pas, on ne fait au-cun-bruit. Espérons que la Police voudra bien se déplacer. De toutes façons, on ne bouge pas. Si elle ne vient pas dommage mais pas de risque on les laisse partir. Pas question de les suivre c'est trop dangereux. D’accord ?

– Oui, c’est d’accord ! répondent-elles en chœur, vraiment soulagées et satisfaites de ce plan, à leurs yeux parfait, qui permet au moins de continuer l’aventure pour aider José.

– Alors, cherchons la cabane et déjà, pas de bruit. Vos grand-mères ne nous ont pas encore rejoints. Tant pis, on y va. »

L’heure avance. La cabane se fait invisible. Mais où est-elle ? À arpenter les chemins de long en large et dans les deux sens, rien n’apparaît à l’horizon qui ressemble à une vieille cabane. José se serait-il trompé ? Lui saurait les guider, mais il est avec cette bande de trafiquants qui, une fois de plus, va se livrer à son commerce illégal. Quel commerce ? Dans les têtes, mille idées surgissent : des bijoux volés dans quelques joailleries de luxe ? Des tableaux de maîtres dérobés au Louvre pour de riches propriétaires ? Des animaux interdits en France et revendus fort cher ? Un trafic de drogues, de médicaments ? Tout peut être imaginé qui tient dans des caisses. Même une machine top secret, démontée pièce par pièce pour une organisation criminelle ! Une fusée peut-être… enfin, un morceau… À force de glisser d’une idée à une autre, tellement absorbés par leurs pensées changeantes, sans vraiment s’en rendre compte, nos quatre explorateurs se sont engagés sur un nouveau chemin qu’ils n’avaient pas vu au premier passage. Quelques centaines de mètres plus loin, Anaïs en tête, lance :

« Je vois une clairière au bout de cette allée, la cabane est peut-être là ! Youpie ! »

Tous allongent le pas, pressés de voir ce qu’il en est. Eva se met à courir, il est presque 15 heures. Le temps presse. C’est André qui, le dernier, se met aussi à courir. Julie ne veut pas dépasser la plus jeune, même si l’envie est forte. Oui, c’est bien une trouée dans le bois que l’on aperçoit. Cette fois, c’est la cavalcade... Tous redoublent de vitesse. Anaïs passe en tête, suivie d’André qui souffle fort, mais tient bon. Julie accélère, elle se voit sur le stade avec ses camarades. Eva dépassée par toutes ne renonce pas. Chacun souffle de plus en plus fort. Pour l’inspiration, la bouche remplace le nez. Hors d’haleine, Anaïs, arrivée en tête, se met à crier :

« C’est la cabane, je la vois, elle est là ! Hourra ! J’ai trouvé ! »

Un à un, les coureurs essoufflés pénètrent dans la clairière. Oui, c’est bien LA cabane qu’ils cherchent depuis une bonne heure.

André annonce : « Mes enfants, l’heure est grave, cette fois. Nous parlerons en chuchotant et par geste. Pas d’initiatives, écoutez-moi, il reste peu de temps. »

Les trois filles ont bien compris le message : pas question d’en faire à leur guise, comme d’habitude. Cette fois, c’est du sérieux et grand-père est là pour superviser l’opération en chef du commando. Julie, jamais, n’aurait rêvé mieux.... lui non plus d’ailleurs !

Ils s’approchent, cette fois lentement et sans bruit pour faire le tour de la cabane. Les volets sont clos, la porte verrouillée par un cadenas. Impossible d’entrer, impossible de voir à l’intérieur.

« Une forteresse ! susurre Eva

 Peut-être pas une forteresse, rectifie Julie, mais un endroit idéal pour planquer des choses volées !

Bon, les enfants, c’est le moment de nous cacher en bordure de cette clairière, derrière les buissons ou les arbres de ce côté-ci. De là, l’entrée de la cabane est bien visible. »

André explique qu’il faudra rester cachés tout le temps nécessaire, observer et pas bouger. Ils ne seront pas loin les uns des autres. André et Eva trouvent un gros buisson pour se cacher ensemble. Julie et Anaïs font de même derrière un gros arbre dont le tronc offre un abri bien commode. Ils ne seront pas à portée de voix basses, mais peuvent communiquer par geste.

« Personne n’a besoin de faire pipi ? C’est le moment. Après c’est plus possible. Aucun bruit, aucun cri, quoiqu’il arrive. Personne ne bouge sans mon ordre. J’ai mon portable et le réseau, donc j’appellerai la Police dès leur arrivée et nous l’attendrons sans bruit, bien cachés. C’est compris ? »

Toutes hochent la tête, heureuses d’avoir un chef digne de ce nom. Eva sent bien qu’il lui faudra, cette fois, tenir sa langue ou se parler « en dedans » !

« Allez, on se planque, motus et bouche cousue ! »

Chacun s’installe confortablement pour n’avoir pas à bouger. Ils sont si bien cachés que personne, pénétrant dans la clairière, ne pourrait soupçonner leur présence. Le silence est retombé mais le silence plein de sons de la campagne : le chant des oiseaux nichés dans les hautes futaies, ceux qui passent au-dessus en un long vol planant, apportent leurs musiques aux oreilles qui écoutent et tous ces bruits qui témoignent de la vie cachée et bien souvent non identifiés.

L’attente a commencé. Certains ferment les yeux pour mieux savourer ce moment d’intense excitation aventureuse. André se prend à douter :

« Mais dans quoi me suis-je embarqué ? Et les femmes qui ne nous ont pas rejoints ? Où sont-elles ? pas d’appel téléphonique ! Au fait, il faut que je coupe la sonnerie de mon téléphone et le vibreur au minimum ! Enfin, on verra bien. De toute façon, on ne bouge pas. Espérons que tout se passera pour le mieux. Faut y croire ! »

Chacun en est là de ses réflexions, de ses impressions, de ses doutes, quand un véhicule 4X4 arrive d’un chemin opposé, contourne le repaire et se gare devant son entrée, bien visible. Un petit camion, sur lequel est peinte la mention « Le joyeux Portugais » le suit, ne laissant planer aucun doute. C’est le camion de l’oncle ! Scrutant la scène derrière leur cachette, tous se disent en eux-mêmes : « Les voilà ! »

© Georges-André ... la suite au chapitre 8


Bonne lecture et à la semaine prochaine....


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