14 juillet

C'était un soir, au crépuscule quand les ombres sont douces et incertaines, et la lumière mesurée. Le Président avait le dos au frais (de la Princesse Liliane? c'est honteux de le penser...), et le sang froid de la fonction. Le Journaliste avait le dos au mur ("pas vous Monsieur Pujadas, pas vous!"). Le rapport avait tous et tout blanchi en une nuit, jusqu'aux cheveux. (1)
«Là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe calme et volupté.» Point de drame caché derrière les rideaux, point de crime, paraphrasant Balzac, derrière chaque grande fortune, un espace traversé de lignes droites, verticales et horizontales, sans zones d'ombre dans un souci de perfection classique, au centre duquel trône gravement le maître des lieux qui se prête avec simplicité et sincérité à l'exercice périlleux du passage sous les fourches Caudines du peuple. (2)
À la grille du parc, au loin, le coq de France s'endort : c'est un «petit soir», avant le quatorze juillet, au crépuscule. (1) «Le public est de plus en plus exigeant!», a déclaré notre président à propos de son rôle de... Président ! (3)
Accrochés à nos rêves, griffes et dents serrées, tous les pouvoirs nous laissent sans parole, il est temps de tourner la page. Qu'attendons nous pour mettre cette république en terre ? Foutons-nous de celle-là et découvrons-en une autre. (4)
On va pas pleurer. On va pas se lamenter.
Depuis qu'on attendait.
A peine trois ans ça a tenu, cet assemblage de bric et de broc. Construit sur du vent par un maçon du dimanche.
Normal.
Langlois dit qu'un bon maçon pourra reconstruire.
Oui mais pour cette maison, là, de bon maçon, il n‘y a pas.
Moi je pense que c'est plus facile de faire du neuf plutôt que reconstruire sur des ruines fumantes. (5)
Debout peuple français, debout peuple éternel
Ô peuple forgeron du droit universel
Peuple qui abattit les tours de la Bastille,
Peuple dont les idées de par le monde brillent,
Qui, lorsqu'il se fâchait, brisait sous son bâton
Le géant Robespierre et le titan Danton,
Oui, ce peuple invincible, oui, ce peuple superbe
Tremble aujourd'hui, pâlit, frissonne comme l'herbe,
Claque des dents, se cache et n'ose dire un mot
Devant Sarko, ce reître, ce lideur minimo !» (6)

Les va-nu-pieds s'en retournent donc à leur détresse, accusés de vouloir remettre de l'ordre dans un monde en désordre. La chaleur leur donne des frissons. Cette calamité ambiante est décidément insoutenable. Ils suent, ils suffoquent, ils courent rejoindre l'ombre de leur Disgrâce. Assis dans les ténèbres, ils fulminent. Le soleil se couche. Ils ferment les yeux sur un siècle maudit où règnent l'ego, l'orgueil et l'arrogance dans tout leur éclat ! Splendeur des vices... Merveille des infamies... (7)
Puisque Sarkozy à réussit à citer une phrase de Saint Just dans son discours, ce qui est quand même un comble, rendons à Saint Just ce qui est à Saint Just : « le plus grand ennemi du peuple, c'est son gouvernement » disait aussi le révolutionnaire. Celle là, à coup sûr, Nicolas Sarkozy l'a gardé pour lui. (3)
Liberté, égalité, fraternité: Tous ces gens-là s'en contre-foutent ! (8)


Merci à tous les abonnés

 

(1) Un petit soir, par BENAOUR
(2) Sarkozyday Part II, par Oblomov
(3) Des éléments de langage du discours sarkozien, par emmanuelG
(4) Commentaire, par Seed
(5) Il faut partir maintenant, par Gabrielle Teissier K

(6) 14 juillet. Debout modernes Sans-culottes! Renversons les sarko-bastilles ! par Victorayoli

(7) Estomacs estomaqués, par Majead

(9) Commentaire, par BENEHARNUM

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